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Actualités, enquêtes à Lyon et dans la région

Pour la Ville de Lyon, c’est à « Ligne 37 » d’apaiser la Guillotière

Pour la Ville de Lyon, c’est à « Ligne 37 » d’apaiser la Guillotière

Lors du conseil municipal du 11 mai, une délibération portant sur le réaménagement urbain de la Guillotière (Lyon 7e) a suscité de vives critiques de la part de l’opposition. En retour, la Ville de Lyon a sorti sa mesure phare : Ligne 37.

Comme souvent, la Guillotière, quartier populaire du 7e arrondissement de Lyon, a cristallisé les tensions lors de ce conseil municipal du 11 mai. Les élus de l’opposition n’ont pas été tendres avec les nouveaux aménagements proposés par la Ville de Lyon, taxés de « mesures superficielles ».

La municipalité, elle, semble miser beaucoup sur le volet social de son projet, notamment le nouveau dispositif Ligne 37 (prononcer 3-7), lancé en octobre 2022.

À la Guillotière, les actions de la Ville de Lyon se font attendre

La délibération dont il était question lors de ce conseil municipal portait en particulier sur l’attribution de 1,5 millions d’euros pour le réaménagement urbain de la place Gabriel-Péri, et le lancement de nouvelles études sur le sujet.

Simplification des traversées piétonnes en élargissant les trottoirs notamment, végétalisation, création d’un petit square devant la Poste, édification d’une nouvelle piste cyclable (la voie lyonnaise numéro 12) : les projets de la Ville sont nombreux mais peinent à satisfaire l’opposition, qui considère que la priorité du quartier ne se trouve pas là. Ils et elles attaquent encore l’exécutif écologiste sur le plan de la sécurité.

David Kimelfeld, du groupe Progressistes et Républicains, est vite monté au créneau, reprochant à l’exécutif écologiste ses « tergiversations » sur le dossier Guillotière. « Ce qui dicte votre action tient plus de l’urgence à construire les voies lyonnaises qu’à apaiser le quartier », a grincé l’ex-président de la Métropole de Lyon.

Fin janvier, la Métropole et la Ville de Lyon annonçaient un investissement de plus de 10 millions d’euros pour le quartier de la Guillotière d’ici 2026.

« On se demande à quoi serviront les trois prochaines années, a cinglé à son tour Charles-Franck Lévy, du groupe Pour Lyon. On n’agit pas tout de suite, mais on communique beaucoup ! »

Et de rappeler que le quartier de la Guillotière ne se résume pas à la place Gabriel-Péri, mais englobe également la place Mazagran, qui fait actuellement l’objet d’un réaménagement de l’aire de jeux et de ses abords.

Des mesures jugées insuffisantes par Béatrice De Montille, du groupe Droite, centre et indépendants, qui ne jure que par la présence policière. « Si la situation s’est améliorée place Péri, c’est bien parce que l’État a mis plus de bleus dans le quartier ! » a-t-elle affirmé.

Ligne 37, le joker de la Ville de Lyon pour la Guillotière

Une réponse aux antipodes de celle choisie par la Ville de Lyon pour « apaiser » la Guillotière. Du côté de la municipalité, si on salue la présence des forces de l’ordre, on mise sur la « prévention situationnelle » et surtout sur l’accompagnement social. Sur le sujet, l’exécutif a sorti sa meilleure carte – et la seule – à savoir « Ligne 37 », ce nouveau dispositif social lancé en octobre 2022.

« Ligne 37 est à pied d’œuvre de 8h à 21h, et va bientôt disposer d’un local, a ainsi assuré Fanny Dubot, du groupe écologiste et également maire du 7e arrondissement de Lyon. Pour la place Mazagran , nous avons la même approche que pour Péri : une présence policière renforcée et deux caméras de surveillance, et Ligne 37 est présente aussi. »

Charge donc à Ligne 37 d’apaiser la Guillotière. Ce dispositif inédit est porté par l’association lyonnaise Le Mas, et financé conjointement par l’ARS, l’État, la Métropole et la Ville de Lyon. L’équipe est composée de deux travailleurs sociaux des associations Alynéa et Capso, d’éducateurs dont un de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), d’une infirmière, d’un psychologue, d’un médecin et d’un médiateur santé pair. Son rôle délicat est de prendre en charge les jeunes migrants qui errent à la Guillotière.

jeunes migrants en errance Guillotière place Gabriel Péri Lyon
La place Gabriel-Péri est souvent ciblée pour les problèmes de sécurité.Photo : PL/Rue89Lyon.

Des jeunes à la rue et addicts aux médicaments qui errent à la Guillotière

Nombre de ces jeunes sont des adolescents non reconnus mineurs par la Métropole de Lyon ou des jeunes adultes en provenance de pays du Maghreb. Sans solution d’hébergement ni de travail, ils échouent souvent à la Guillotière et cumulent des problématiques de précarité, d’addiction, de santé mentale et diverses pathologies physiques.

Beaucoup sont addicts aux médicaments, notamment les benzodiazépines et la prégabaline. Ils poursuivent ou commencent la pratique dite du « Karkoubi », bien connue au Maghreb depuis le début des années 2000, qui consiste à ingérer un mélange de médicaments anti-épileptiques et anxiolytiques. Un cocktail dangereux, aux graves effets secondaires et à la très forte dépendance. À haute dose, les jeunes peuvent notamment avoir des hallucinations, devenir paranoïaques et se mettre en danger.

C’est un chantier d’ampleur dans lequel s’est engagée la petite équipe de Ligne 37, sans local pour le moment. Lancé en octobre 2022, le dispositif doit s’étendre jusqu’en octobre 2023. Plus que six mois, donc, pour convaincre l’opposition.

La Ville de Lyon demande l’expulsion de 36 jeunes migrants hébergés à la Croix-Rousse

La Ville de Lyon demande l’expulsion de 36 jeunes migrants hébergés à la Croix-Rousse

La Ville de Lyon a demandé l’expulsion des 36 jeunes migrants qui dorment dans le squat du Pa55age, à la Croix-Rousse (Lyon 1er), depuis début novembre. L’audience doit avoir lieu ce vendredi 12 mai au tribunal de Lyon.

Le 5 novembre 2022, le Collectif soutiens/migrants Croix-Rousse ainsi que la Coordination Urgence Migrants ont investi des bâtiments vacants de la Ville de Lyon situés à la Croix-Rousse (Lyon 1er) pour y loger des jeunes migrants à la rue. Un lieu que les collectifs ont renommé « squat du pa55age », désormais menacé d’expulsion.

Un rassemblement contre l’expulsion de 36 jeunes migrants à Lyon

Dans ce lieu dorment actuellement 36 jeunes migrants, en provenance pour la plupart d’Afrique subsaharienne. Leur minorité ayant été contestée lors de l’évaluation faite par l’association Forum Réfugiés pour le compte de la Métropole de Lyon, la collectivité ne les a pas pris en charge au titre de la protection de l’enfance. Depuis, ces jeunes sont en recours devant le juge des enfants pour être reconnus mineurs. Dans la métropole, 80% de ceux qui font ce recours obtiennent gain de cause.

En attendant, leur situation administrative est floue, sans instance identifiée pour les mettre à l’abri. Si certains jeunes dans ce cas ont pu être pris en charge par la Métropole de Lyon, la préfecture ou la Ville de Lyon, d’autres dorment encore dehors. C’est pourquoi le collectif soutiens/migrants Croix-Rousse, qui assure le soutien logistique et moral de ces jeunes depuis plusieurs années, avait décidé d’ouvrir ce squat.

Ces bâtiments appartenant à la Ville de Lyon, celle-ci a demandé l’expulsion des occupants. Après un premier report, l’audience aura lieu ce vendredi 12 mai à 9 heures au tribunal judiciaire de Lyon. Les collectifs appellent à un rassemblement de soutien à partir de 8h30 devant les portes du tribunal.

Si expulsés, les jeunes migrants devront sans doute rejoindre le nouveau campement de fortune installé dans le square Sainte-Marie Perrin, à proximité de la Métropole de Lyon.

squats jeunes migrants Lyon Croix-Rousse
Certains des jeunes migrants pris en charge par le collectif soutiens/migrants Croix-Rousse à Lyon.Photo : OM/Rue89Lyon

Des jeunes migrants expulsés pour ouvrir un lieu d’accueil pour femmes précaires ?

C’est que, d’après nos informations, la Ville de Lyon avait d’autres projets pour ce lieu inoccupé. Celle-ci souhaitait les mettre à disposition de l’association Au Tambour, afin d’y monter un second lieu d’accueil de jour non-mixte pour les femmes précaires.

Un accueil qui devait initialement ouvrir le 8 mars 2023, journée internationale de lutte pour les droits des femmes. La Ville avait confirmé cette volonté auprès de Rue89Lyon en décembre 2022 par la voix de Sandrine Runel, adjointe aux Solidarités :

« La volonté de la Ville de Lyon est de récupérer au plus vite son bien pour mettre en œuvre deux projets, dont l’accueil de jour de femmes sans-abri par Au Tambour. On espère pouvoir l’ouvrir à l’issue du mandat. »

À l’époque, l’association Au Tambour se disait partagée entre la nécessité de trouver rapidement un second lieu pour accueillir plus de femmes à Lyon et le soulagement de voir les jeunes migrants dormir au chaud.

Contactée, la Ville n’a pas reconfirmé ce projet.

Dix ans après : le Village Vertical, une utopie urbaine devenue réalité à Villeurbanne

Dix ans après : le Village Vertical, une utopie urbaine devenue réalité à Villeurbanne

En 2013, une quinzaine de ménages s’installaient à Villeurbanne dans les murs du Village Vertical, parmi les toutes premières coopératives d’habitant·es de France. Dix ans après, ils et elles tirent un bilan plutôt positif d’une expérimentation qui n’en est plus une.

« On nous donnait perdant, mais on est toujours là ! »

Antoine, membre du Village Vertical depuis ses débuts, a le succès modeste. Mais quand même. Parmi le groupe de départ à avoir lancé ce projet à Villeurbanne, il peut témoigner d’une chose simple : l’habitat coopératif, ça marche. À la lecture des commentaires véhéments laissés sous notre premier article sur ce sujet il y a dix ans, cela n’allait clairement pas de soi.

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Lyon : la jeunesse dans la rue jeudi contre la réforme des retraites

Lyon : la jeunesse dans la rue jeudi contre la réforme des retraites

Une nouvelle manifestation contre la réforme des retraites a lieu ce jeudi 11 mai à Lyon, à l’initiative des organisations syndicales de la jeunesse. Le cortège partira à 14 h de la place Jean-Macé (Lyon 7e).

Après un 8 mai agité, les mobilisations continuent à Lyon. Une nouvelle manifestation a lieu ce jeudi 11 mai contre la réforme des retraites. Dans un communiqué national, des organisations lycéennes (FIDL, Voix Lycéenne), étudiantes (Unef, Poing Levé, Union étudiante) et politiques (Insoumis, Ecolo, Générations, NPA) ont appelé à la mobilisation de la jeunesse. À Lyon, l’appel circule via l’Unef, le NPA, les jeunes écologistes, socialistes, LFI, les jeunes communistes, Génération·s, la voix lycéenne et le mouvement national lycéen.

Le cortège partira à 14 h de la place Jean-Macé, dans le 7e arrondissement, pour rejoindre la place Guichard, dans le 3e.

Cortège lycéen manifestation retraites Lyon
Le cortège lycéen à la manifestation du 28 mars contre la réforme des retraites.Photo : OM/Rue89Lyon

Une opposition à la réforme des retraites qui se durcit à Lyon

Cette nouvelle mobilisation, déclarée, fait suite à quatre mois d’une opposition farouche à la réforme des retraites. À Lyon, le 1er mai a été marqué par la formation d’un black bloc conséquent, à l’origine de nombreux feux, bris de vitrines et autres dégradations.

Une semaine plus tard, le 8 mai, à l’occasion de la venue d’Emmanuel Macron au mémorial national de la prison de Montluc, une casserolade s’est muée en manifestation sauvage, stoppée par les forces de l’ordre. Les portes de la mairie du 3e arrondissement de Lyon, notamment, ont été enfoncées.

Dans ce contexte, cette manifestation du 11 mai pourrait, elle aussi, donner lieu à quelques débordements. L’opposition devrait se poursuivre ces prochaines semaines. L’intersyndicale a d’ores et déjà arrêté la date du 6 juin pour une journée de mobilisation nationale.

Sorties à Lyon : la sélection culture de la rédaction du 10 au 16 mai

Sorties à Lyon : la sélection culture de la rédaction du 10 au 16 mai

Lou Reed (ou presque), 20 ans de Nuits Sonores, Rachid Taha... La musique a une place centrale dans notre sélection de sorties à Lyon. N’hésitez pas à ajouter vos suggestions en commentaires.

Dérider Lou Reed

Transformer, c’est l’album, génial, par lequel Lou Reed est sorti en 1972 de l’underground velouté dans lequel il s’ébattait jusque-là. Ceci grâce au tube immense qui y figure : Walk on the wild side. Un disque que le projet musico-théâtral de Fanny de Chaillé et Sarh Murcia a décidé de « transformer ».

Les deux n’incarnent pas Lou Reed et David Bowie (qui fut le producteur de ce disque) mais se mettent à leur place et adaptent Transformer, joué uniquement à la contrebasse, à la voix et à la loop box. Au passage, ils glissent vers le théâtre. Un spectacle singulier qui ravira les fans.

Transformé. Au TNG-Ateliers Presqu’île, les 10, 11 et 12 mai.

Sorties à Lyon Transformé TNG
Transformé de Fanny de Chaillé et Sarah Murcia.Photo : TNG.

20 ans de Nuits

Le festival électro référence en Europe et fierté de toute une ville fête ses 20 ans cette année. Ce qui implique une édition forcément exceptionnelle. Les « Days » et les « Nuits » se répartissent en trois lieux principaux (dont les usines Fagor pour la dernière fois). La programmation est comme toujours pléthorique mais on pourra y applaudir tout spécialement Todd Terje, The Darkside, Chilly Gonzales, Moderat, Ellen Allien ou encore Marcel Dettman. Seul bémol, l’historique Laurent Garnier est empêché au plus mauvais moment.

Nuits sonores. Un peu partout dans la ville, du 17 au 21 mai.

Sorties à Lyon. Black Madonna. Nuits Sonores
Le groupe Black Madonna, passé en 2019 aux Nuits Sonores.Photo : Brice Robert.

Fiat Lux

Les Lyonnais ont encore une petite quinzaine de jours en mai pour se précipiter voir l’exposition de Véronique Joumard à la BF15 baptisée Avril. Son truc, à Véronique Joumard, c’est la lumière dont elle semble vouloir épuiser toutes les possibilités, en assécher tous les rayons et reflets. On finit par en oublier qu’elle présente des sculptures, des toiles… Ainsi que les références dont elle s’inspire, car ce qui reste avant tout (ou peut-être après tout), c’est l’énergie lumineuse qui s’en dégage.

Véronique Joumard – Avril. À la BF jusqu’au 27 mai.

Sorties à Lyon. Véronique Joumard. Avril BF15.
Une pièce de l’exposition Avril de Véronique Joumard.Photo : BF 15.

Étoile brûlante

La soirée s’intitule « Sous l’étoile de Rachid Taha » et entend rendre hommage – il n’y en a jamais trop – à l’artiste lyonnais, disparu il y à déjà cinq ans. Au menu : deux artistes qui l’ont bien connu. Laurent Benitah (ex-Zen Zila) et, surtout, Brigitte Giraud qui a écrit en 2018 La Brûlure. Un texte qui retrace le parcours de Taha et ce que furent ses années d’émergence entre Rillieux-la-Pape et Lyon. Une époque que la jeune Brigitte Giraud a vécue en première ligne. Le texte très émouvant, sans jamais verser dans le pathos, déjà joué de nombreuses fois est sublime et porté par la guitare lancinante et métallique de Christophe Langlade.

Brigitte Giraud et Christophe Langlade – La Brûlure. À l’Opéra Underground, le 12 mai.

#BF15

« À Lyon, le 8 mai c’est pour résister, même contre Emmanuel Macron ! »

« À Lyon, le 8 mai c’est pour résister, même contre Emmanuel Macron ! »

Emmanuel Macron s’est rendu à Lyon ce lundi 8 mai pour commémorer les 80 ans de l’arrestation de Jean Moulin au mémorial national de la prison de Montluc. Près de 4000 personnes, selon la préfecture, ont formé une manifestation sauvage pour exprimer leur opposition à la politique du président de la République.

Des casseroles et encore des casseroles. Venu pour commémorer les 80 ans de l’arrestation de Jean Moulin au mémorial national de la prison de Montluc, le président de la République était attendu de pied ferme ce 8 mai à Lyon. À tel point que le 5 mai, la préfecture a décidé d’interdire la manifestation dans le secteur où elle était initialement prévue. Les recours des syndicats CGT et FO, déposés dans la foulée, ont été rejetés par le tribunal administratif.

Il faut dire que niveau sécurité, l’ancienne prison de Montluc était bien gardée ce lundi. Au petit matin, les riverains ont vu leurs véhicules évacués dans le périmètres de sécurité mis en place autour du bâtiment. Un large carré, délimité par la voie ferrée à l’ouest, l’esplanade Nelson Mandela au nord, l’avenue des Frères Lumière au sud et la rue Villon à l’est. Selon les calculs du Progrès, entre les différents périmètres sécurisés liés à la visite d’Emmanuel Macron, 86 hectares étaient interdits à la manifestation. Soit plus de 115 terrains de foot.

Le point de rendez-vous de la mobilisation a donc été déplacé, à la limite du périmètre d’interdiction, à l’intersection de la grande rue de la Guillotière et de l’avenue des Frères Lumière, en face de la Manufacture des Tabacs. En milieu de matinée, des cars de CRS étaient déjà positionnés sur le pont ferroviaire et sur le boulevard des Tchécoslovaques, bloquant tout accès au président.

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À l’OL, Jean-Michel Aulas poussé vers la sortie par John Textor

À l’OL, Jean-Michel Aulas poussé vers la sortie par John Textor

Ce lundi 8 mai, la gouvernance d’OL groupe a annoncé par communiqué que Jean-Michel Aulas quittait ses fonctions de président-directeur général. Un départ brutal qui marque la fin d’une époque.

C’est une petite tornade dans l’univers du football français. Jean-Michel Aulas, président historique de l’Olympique lyonnais (OL) a été mis de côté par la nouvelle direction du club. Dans un communiqué paru le 8 mai, la direction du groupe annonce la nomination de l’États-Unien John Textor comme PDG.

« OL Groupe remercie très sincèrement Monsieur Jean-Michel Aulas pour son engagement et son dévouement sans réserve envers l’Olympique Lyonnais pendant plus de trois décennies, au cours desquelles plus de 50 titres ont été remportés aussi bien pour les équipes masculines que féminines », indique le communiqué.

Une surprise qui fait suite au conseil d’administration de l’OL du 4 mai dernier. Selon Le Progrès, c’est lors de cette réunion que le nouvel actionnaire du club, Eagle Football, dont John Textor est président, a décidé de l’éviction de celui qui tenait les rênes depuis 36 ans. Visiblement, celle-ci serait liée à des « divergences stratégiques » notamment sur la cellule de recrutement du club. Jean-Michel Aulas reste président d’honneur du club.

Jean-Michel Aulas Président de l'Olympique Lyonnais
Jean-Michel Aulas est mis de côté par le conseil d’administration de l’OL.Photo : Pierre Maier/Rue89Lyon

À l’OL, la fin de 36 ans de règne de Jean-Michel Aulas

Une fin de carrière surprise pour celui qui a sorti Lyon de la D2 (deuxième division, ancêtre de la ligue 2), il y a plus de 30 ans, et construit un club de référence. Avec les féminines, il aura, notamment, remporté huit titres de championnes d’Europe et neuf coupes de France. Chez les hommes, il compte sept titres de champions de France et deux coupes de France. Presque tous les titres du club ont été remportés durant sa présidence.

Fort en gueule, adepte du « trolling » et des phrases assassines, le patron de l’OL avait pris une place à part dans le football français. Son son règne, l’OL s’est fait construire son nouveau temple à Décines-Charpieu : le « Groupama stadium » ou grand stade des lumières. Un projet controversé, mêlant argent public et privé, qu’il parvient à imposer avec le soutien de son partenaire de l’époque à la Métropole de Lyon, Gérard Collomb. Anti-écologique, le chantier verra face à lui la colère d’un paysan du secteur et l’arrivée un temps d’une Zad (Zone à défendre). Après-coup, Jean-Michal Aulas mettra au grand stade un coup de peinture verte, avec un peu de retard.

Polémique, adoration et détestation sous l’ère Aulas

Jean-Michel Aulas a fait sa fortune avec l’entreprise de logiciel Cegid qui a aussi eu des difficultés dans différentes affaires, notamment dans les Football leaks. Rue89Lyon avait révélé comment l’équipe féminine avait pris comme sponsor Herbalife, une entreprise condamnée par la justice en France, au Canada et aux États-Unis.

À Lyon, des hommages commençaient à se faire entendre ce lundi, mais pas seulement. L’ancien attaquant de l’OL, Hatem Ben Arfa, a ainsi commenté son départ par un cinglant : « Tu ne vas pas manquer au football. » Adulé à Lyon, Jean-Michel Aulas est détesté par certains autres supporters de l’Hexagone. Les supporters marseillais sont ainsi connus pour entonner régulièrement le fameux « Jean-Michel Aulas, on va tout casser chez toi ».

Le départ brutal de « JMA » n’a sûrement pas fini de faire couler de l’encre. À Lyon, en tout cas, une page se tourne. Après le départ de la vie politique de Gérard Collomb dernièrement, de Michel Mercier en 2020, c’est un nouveau baron de la ville qui s’en va.

Clap de fin pour De l’Autre côté du pont à la Guillotière : « C’est un crève-cœur »

Clap de fin pour De l’Autre côté du pont à la Guillotière : « C’est un crève-cœur »

C’est le 5 avril dernier que l’un des bars culte de la Guillotière (Lyon 7è) a définitivement baissé le rideau. Situé cours Gambetta, De l’Autre côté du pont a été l’un des premiers bars-restaurants en coopérative de France. L’établissement qui a longtemps été l’un des QG des altermondialistes lyonnais n’a pas survécu au Covid et aux métamorphoses du quartier. Rue89Lyon revient sur 19 ans d’histoire et un espoir de reprise.

« Je crois que l’histoire du Pont [diminutif de De l’Autre côté du pont ndlr] a vraiment commencé en 2002. J’avais 23 ans. Avec Axel Hernandez et Jérôme Duparc, on a fait un pèlerinage à vélo jusqu’à Millau, pour se rendre sur les ruines du Macdo cassé par José Bové. »

C’est avec un brin de nostalgie dans le regard que Boris Tavernier aujourd’hui âgé de 44 ans, membre du trio fondateur du bar De l’Autre côté du pont, rassemble les morceaux.

Originaire du nord de la France, il travaille en 2002 dans les Pentes de la Croix-Rousse, au Bistroy (aujourd’hui renommé Les Valseuses) quand l’idée de monter un bar restaurant émerge de ses conversations avec ses deux compères.

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Littérature et changement global, quelle écriture pour dire les luttes ?

Littérature et changement global, quelle écriture pour dire les luttes ?

Cette semaine, Radio Anthropocène s’installe au sommet de l’une des trois collines de Lyon. Direction la Villa Gillet au cœur de son Littérature Live Festival, pour questionner les auteurs sur la façon dont la littérature s’empare et capte les luttes face au changement global.

Ce 20 mars 2023, le GIEC (Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat) a publié son 6e rapport. Sans surprise, il réaffirme le consensus scientifique international sur les dérèglements à l’œuvre à l’échelle planétaire. Réchauffement climatique, intensification des variations météorologiques brutales, fonte des glaciers, modification des courants marins et de l’acidité des océans, généralisation des pollutions chimiques des eaux et de l’air, extinction massive des espèces, épuisement des ressources, déforestation, multiplication des mégafeux, etc. Et ce dérèglement global renforce toutes les formes d’inégalités. 

Face aux crises, on dit la science inaudible, la fiction l’est-elle plus ou mieux ? 

Et pourtant, les décisions qui s’imposent peinent à être prises, pire encore, elles font monter les tensions et les conflits. Sur l’eau, par exemple, alors que l’on pensait ce sujet réservé aux Suds, il est maintenant bien présent dans les Nords. Nous sommes nourris de cultures irriguées, or le stock disponible ne grossit pas : 3 % d’eau douce contre 97 % d’eau salée. Et le changement climatique, l’élévation des températures et les canicules de plus en plus intenses menacent les nappes phréatiques.  

En janvier 2023, Greta Thunberg a eu vingt ans. Stockholm, été 2018, nous la voyons avec son petit panneau devant le parlement suédois, seule, elle proteste contre l’inaction climatique. Elle est debout, tout entière engagée. Très vite, partout d’autres se lèveront, beaucoup de femmes ; d’autres crieront au loup, grand bien leur fasse, elle nous a remis debout. Cette puissance de celle ou celui qui dit non, là où il se trouve, seul ou collectivement, me sidère et m’emporte. 

La science documente et alerte, les citoyens luttent 

Rien n’est jamais donné. Les mobilisations pacifiques cheminent aux côtés d’épisodes de violence pour avancer vers un monde plus juste : mouvement des droits civiques aux États-Unis, mouvement indépendantiste en Inde, mouvement pour le droit de vote avec les Suffragettes, mouvements actuels en faveur du climat. C’est ce que nous donnent à lire les ouvrages de Maryline Desbiolles et de Sylvain Pattieu (que Valérie Disdier recevra à 13h).

Charbons ardents (Seuil, 2021) : 1983, de Marseille à Paris, des jeunes inspirés par Christian Delorme, curé engagé de la banlieue lyonnaise, “marchent pour l’égalité et contre le racisme ». Ils luttent pour leurs droits dans une France qui n’a pas digéré la décolonisation. Ils font le choix de la non-violence. Panthères et Pirates (La découverte, 2022) : deux étudiants afro-américains des années soixante sont emportés par l’élan révolutionnaire des Black Panthers, ils détourneront un avion. Plus tard, en France, ils comprendront que leur lutte est celle d’une convergence qui entremêle des questions de race et de classe. 

Que peut la littérature dans la lutte ? 

Le 9 décembre 1964, à l’invitation de Clarté, le journal de l’Union des étudiants communistes français, un débat à la Mutualité attira une foule nombreuse, défraya la chronique et devint très vite légendaire au point de passer pour emblématique de son époque. Ce débat réunissait Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Yves Berger, Jean-Pierre Faye, Jean Ricardou et Jorge Semprun, autour d’une même question : « Que peut la littérature ? ».

Le débat s’est reposé ensuite très régulièrement sans qu’il ne soit tranché. Jean-Paul Sartre dira qu’aucun roman ne tient devant la mort d’un enfant ou quelque drame semblable. Que la littérature ne peut rien. Si peu, ou alors seulement ceci : « Il s’agit, pour chacun d’arracher, de son vivant, sa propre vie à toutes les formes de la Nuit. » Plus proche de nous, Édouard Louis dit : « ce qui est écrit a été vécu, ce que vous allez lire est vécu, donc sujet à l’action concrète. » 

Je pencherai vers l’idée qu’écrire vous oblige. Vous oblige à aller chercher profond en vous, à remuer tant de choses pour faire vivre une histoire, des personnages, des intrigues et des récits, qu’elle fabrique un pan d’histoire, une vérité. Et sa réception n’est-elle pas fondamentale ? Ce qu’elle provoque chez la lectrice et le lecteur n’est-elle pas parfois décisive, source de bifurcation ? Tant de livres m’ont ouvert au monde, m’ont rendu « plus vaste », dira Antoine Compagnon, professeur au Collège de France. Christian Delorme, le curé des Minguettes, le pressentait lorsqu’il ne cessera de donner des livres aux jeunes afin de diriger leurs colères sourdes et leurs indignations vers une action collective de protestation pacifique. 

Vous l’aurez compris, nous parlerons de luttes et de littérature, mais aussi… 

Florian Fomperie, François De Gasperi, Damien Rondepierre et Emma Novel seront aux manettes de leur journal haut en couleurs. Bérénice Gagne ne manquera pas de faire une revue de presse réjouissante et lira Banquises de Valentine Goby, (Albin Michel, 2011) puis Capitaine Vertu de Lucie Taïeb (Editions de l’Ogre, 2022). Jindra Kratochvil et Valérie Disdier, avec leurs billets décalés, apporteront un peu de légèreté. Juliette Michel recevra Jan Carson autour de son écriture ancrée dans un territoire, et la manière dont notre époque nourrit ses thèmes.

François De Gasperi recevra Jakuta Alikavazovic pour échanger sur la nécessité d’opérer des ponts entre les langues et les cultures, afin de chercher des chemins de traverse et composer de nouveaux récits plus compatibles avec des enjeux toujours plus pressants. Anne Guinot lira Quand tu écouteras cette chanson (Stock, 2022) de Lola Lafon, livre magnifique où l’autrice narre sa nuit passée au cœur de l’annexe d’Anne Frank, où elle vécut cachée deux années avant d’être assassinée. Depuis sa cage, Anne Frank, encore une jeune fille en lutte contre les fureurs du monde. 

Radio Anthropocène – La littérature pour saisir les luttes face au changement global – 10 mai 2023
#lutte

Quand le grand bal de Lyon tente de faire valser les violences de genre

Quand le grand bal de Lyon tente de faire valser les violences de genre

Du 5 au 8 mai, l’Espace 140 de Rillieux-la-Pape accueille le plus grand bal folk ou « trad » de Lyon et ses environs, le Funambal. Stage en non-mixité, charte, lieu d’accueil en cas d’agressions… L’accent a été mis cette année sur les risques autour des violences sexistes. Récit d’une prise de conscience dans un milieu s’estimant souvent « protégé ».

Des lumières feutrées, des musiques enivrantes entrainant des milliers de personnes dans des danses à deux, à quatre, à six, à vingt, à cent… Depuis quelques années, les bals folks, ou « trads » (pour traditionnels), connaissent un regain de célébrité en France. Depuis le film documentaire Le Grand bal, réalisé par Lætitia Carton, une curiosité grandit pour cet univers remettant les danses « traditionnelles » au goût du jour en mélangeant anciennes et nouvelles générations.

À Lyon, le grand bal local a lieu légèrement à côté de la ville, à Rillieux-la-Pape. Ce week-end, le Funambal a pris ses quartiers à l’Espace 140. Ce festival accueille chaque soir près de mille danseur·ses venant de France, de Belgique, d’Italie et d’ailleurs venus profiter des sons de l’accordéon, du violon, clarinette, etc. Au cours des cercles circassiens, des gavottes ou des danses de couple, des inconnu·es ou des connaissances de bal se croisent, se touchent et s’enlacent. Un moment magique, à condition que les limites de son partenaire soient respectées durant la danse. Ce qui n’est pas toujours le cas.

bal Lyon
Près de mille danseurs sont attendus chaque soir au Funambal, le grand bal de LyonPhoto : Samuel Lagneau/Marshmallow Photo

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