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Actualités, enquêtes à Lyon et dans la région

La ligne de train Saint-Étienne – Lyon en déshérence : à qui la faute ?

La ligne de train Saint-Étienne – Lyon en déshérence : à qui la faute ?

Pannes à répétition, trains saturés, nouvelles rames inutilisables… La ligne de train Saint-Étienne – Lyon fait régulièrement couler de l’encre. Quelles en sont les causes ? La situation est-elle susceptible de s’améliorer prochainement ?

En Auvergne-Rhône-Alpes, les problèmes de la ligne de train qui relie Lyon à Saint-Étienne, Saint-Chamond, Rive-de-Gier et Givors s’accumulent. Rames saturées, pannes régulières, parkings-relais complets, les exemples ne manquent pas. Difficile de faire confiance à cette liaison ferroviaire qui, pourtant, joue un rôle essentiel dans la région, car très emprunté par les travailleurs et travailleuses. Concentration des entreprises, flambée des prix de l’immobilier à Lyon : la période est à l’allongement des distances domicile travail et les usager·es du train se font toujours plus nombreu·ses.

Pourtant, seul un axe ferroviaire en fonctionnement joint directement la Plaine du Forez, le bassin yssingelais et le Velay oriental à Lyon : la ligne « Sainté Lyon » qui serpente dans la Vallée du Gier, entourée par des montagnes.

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Elles témoignent contre un réseau de prostitution basé à Lyon, l’État les oublie

Elles témoignent contre un réseau de prostitution basé à Lyon, l’État les oublie

En octobre 2022, plusieurs anciennes prostituées victimes d’un réseau de prostitution basé à Lyon ont témoigné contre leurs exploiteurs. Problème : les titres de séjour auxquels elles ont droit se font attendre depuis de longues années, ainsi que l’indemnisation accordée par le tribunal.

C’est un sujet encore sensible, brûlant. Quand elle en parle, Estelle* panique et perd facilement son sang-froid. À 26 ans, cette jeune Nigériane a été victime durant plusieurs années du réseau de prostitution de « Papa Zion ».

Son histoire commence en 2016, au Nigéria. À cette époque, elle migre vers la France, poussée par une connaissance, lui vendant monts et merveilles. Le deal : travailler six mois sur place puis revenir et avoir ce qu’il faut pour nourrir ses deux enfants. « Si j’avais su, je ne serais jamais venue », lâche-t-elle.

Trompée, elle suit le parcours classique de nombreux migrant·es, passant notamment par la Libye. « C’était horrible », se souvient-elle. Les vols, les viols… Elle arrive finalement en Italie puis en France. Là, la personne qui l’a « aidée » à venir lui fait comprendre que les choses ne seront pas aussi simples que prévu. Si elle veut rentrer, elle doit rembourser une dette astronomique : 30 000 euros. 

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SUV pénalisés, tarif solidaire : la Ville de Lyon change de politique de stationnement

SUV pénalisés, tarif solidaire : la Ville de Lyon change de politique de stationnement

Mercredi 17 mai, la Ville de Lyon a annoncé une modification de ses tarifs de stationnement au mois. Au tarif unique se substituera en 2024 un tarif progressif, qui prendra en compte la situation des ménages et l’impact écologique des véhicules.

Fini le tarif unique à 20 euros par mois pour stationner dans la rue à Lyon. La Ville, menée par une majorité écologiste, changera ses tarifs de stationnement début 2024. Un tarif progressif sera mis en place et s’appuiera sur deux points : un aspect solidaire, pour les ménages les plus modestes, et un aspect pénalisant pour les véhicules les plus lourds et polluants. Une mesure annoncée par communiqué, précédemment présentée mercredi 17 mai dans une interview au Progrès.

Cette décision s’inscrit dans la continuité de la politique menée jusqu’alors par les écologistes à la tête de la Métropole et de la Ville, qui vise à réduire l’emprise de la voiture dans le cœur de l’agglomération lyonnaise. Leur objectif est de réduire la pollution de l’air liée à ces véhicules.

À la Métropole, la majorité écologiste a mis en œuvre une Zone à faible émissions (ZFE) plus contraignante que les obligations nationales. Le conseil municipal de Lyon a lui aussi voté la fin de l’attribution d’une deuxième vignette « résident » dans un même foyer, mesure applicable aussi en 2023.

À Lyon, un tarif de stationnement majoré à 45 euros pour les véhicules les plus gros

La nouvelle tarification pour les résident·es sera répartie en trois tanches : 15 euros, 30 euros et 45 euros. Un tarif progressif similaire sera appliqué pour les visiteurs. Les critères pour chaque tranche de tarification seront les suivants :

    Les familles nombreuses (avec plus de trois enfants), les foyers modestes, les véhicules électriques et les véhicules thermiques de moins de 1000 kg bénéficieront du tarif de 15 euros. Selon la Ville de Lyon, cela représente 60% des foyers lyonnais, mais les plafonds de revenus n’ont pas été spécifiés. Les véhicules thermiques de 1000 à 1725 kg, ainsi que les hybrides rechargeables allant jusqu’à 1900 kg s’acquitteront de 30 euros par mois, tarif dit « standard». Enfin, les propriétaires de véhicules thermiques de plus de 1725 kg, d’hybrides rechargeables de plus de 1900 kg et de véhicules « crit’air verte » de plus de 2200 kg verront leur tarif majoré à 45 euros.

En somme, les deux dernières tranches concernent les fameux SUV (de l’anglais sport utility vehicle), ces véhicules imposants caractérisés entre autres par leur lourdeur.

Visuel récapitulatif des futurs tarifs de stationnement, fourni par la Ville de Lyon.
Visuel récapitulatif des futurs tarifs de stationnement, fourni par la Ville de Lyon.

« Face aux enjeux d’encombrement de l’espace public et d’urgence climatique, le constat est celui d’un alourdissement et d’un agrandissement des véhicules motorisés, justifie Valentin Lugenstrass, adjoint au maire délégué aux Mobilités et à l’Espace public. Prendre en compte le poids des véhicules, en plus de la motorisation, pour la politique du stationnement permettra de créer une tarification plus juste pour notre espace public lyonnais. »

En parallèle, la Ville annonce aussi la mise en place de nouvelles tarifications pour les professionnel·les, dont les tarifs ne sont pas encore connus. Trois types de métier pourront bénéficier d’un tarif annuel, et même d’un tarif préférentiel si leur véhicule est électrique : les « dépannages urgents », les « Pro chantier » et les « Pro artisan-commerçants ». Le tarif applicable aux professionnel·les de santé sera aussi élargi à plus de professions.

Tarifs pénalisants pour les voitures polluantes : des réactions polarisées à Lyon

Comme nombre de décisions politiques des écologistes, lorsqu’elles touchent à la voiture et aux mobilités, ce changement de politique de stationnement a fait réagir dans les deux champs du spectre politique.

Pierre Oliver, maire LR du 2e arrondissement de Lyon, à la tête de l’opposition de droite au conseil municipal, s’est vertement opposé à cette mesure. « On retrouve là le discours anti capitaliste des écologistes », a-t-il pesté auprès du Progrès, dénonçant une « mesure injuste ». Il rapproche cette mesure de la suppression de la deuxième vignette « résident » pour les foyers.

« Cette nouvelle mesure vise à faire fuir les familles de Lyon et elle va continuer à accentuer la fermeture des classes », a-t-il prédit.

Dans un communiqué envoyé dans la foulée, l’élu de l’opposition a fustigé « des annonces aux contours encore bien flous », notamment concernant les critères pour entrer dans une des trois tranches et la liste des professionnel·les concerné·es.

Au contraire, du côté de « La Rue est à nous 69 », on se réjouit. Cette coalition rassemble des associations qui souhaitent une meilleure qualité de l’air dans la métropole de Lyon, aux valeurs proches de la majorité écologiste actuellement à la tête de la Ville.

« Victoire pour la qualité de l’air et la justice sociale, s’est fendue la coalition sur Twitter. Depuis 2 ans, nous demandons l’application du principe pollueur payeur sur le stationnement. La mise en place d’un tarif « SUV » – qui polluent davantage et colonisent l’espace – est une très bonne mesure dans ce sens »

Avec cette décision, Lyon devient la première métropole française à pénaliser les voitures les plus lourdes et polluantes dans ses critères de stationnement. Mais l’idée germe aussi ailleurs, à Paris ou à Bordeaux. Le maire de Grenoble, Éric Piolle, ne cachait pas son envie de mettre en place cette mesure, mais en pointait les difficultés techniques. Reste à savoir comment elle sera concrètement mise en application à Lyon.

Sorties à Lyon : la sélection culture de la rédaction du 17 au 23 mai

Sorties à Lyon : la sélection culture de la rédaction du 17 au 23 mai

Semaine plutôt calme en matière de sorties à Lyon, alors que Nuits Sonores battra son plein. On vous a tout de même sélectionné du théâtre de choix, du cirque contemporain et du métal ecclésiastique. N’hésitez pas à compléter avec vos bons plans en commentaires.

Le cirque de l’utopie

C’est déjà la 6e édition du Festival UtoPistes qui se tiendra un mois durant dans une kyrielle de lieux de la métropole au nombre de 14 (dont des chapiteaux). Pour continuer dans les chiffres : on y retrouvera 17 propositions artistiques dont 7 seront gratuites. Au menu, pas mal de cirque bien sûr mais aussi en vedette, si l’on peut dire, la comédienne Vimala Pons dans Le périmètre de Denver, ou le trampoliniste Mathurin Bolze et l’unijambiste Hédi Thabet pour l’acrobatique Ali. On retrouvera pour finir un solo musical et burlesque de Basile Forest baptisé Car tous les chemins y mènent – Car()men.

Festival UtoPistes. Du 23 mai au 17 juin

Une femme, un destin

Albertine Sarrazin, c’est un de ces destins météoriques qui, en dépit d’une courte vie, ont trouvé l’énergie et l’opportunité de marquer leur temps. Morte à 29 ans, en 1967, ayant connu l’errance, la prostitution et la prison, la jeune femme a surtout rencontré la gloire littéraire à 27 ans à peine. Gloire de courte durée donc, avec notamment le roman L’Astragale. C’est à cette figure fascinante que Julie Rosselo-Rochet a consacré un texte joué par une unique comédienne, Nelly Pulicani et une mise en scène de Julie Rébéré. Un spectacle 100% féminin sur une femme exceptionnelle et révoltée.

Sarrazine. Au Théâtre des Célestins, du 23 mai au 6 juin.

Corps et âmes

Venant de faire l’acquisition de plusieurs de ses œuvres, cinq grandes toiles et une vingtaine de dessins, le musée des Beaux-Arts ouvre une partie de son espace XXe siècle à Miklos Bokor. L’œuvre de Bokor, peintre français d’origine hongroise est notamment traversée par le souvenir des camps d’extermination (il fut déporté à Auschwitz). On retrouve notamment dans les œuvres de cet ami du poète Yves Bonnefoy des silhouettes humaines fantômatiques semblant errer ou se débattre dans des tableaux aux couleurs tristes. Poignant.

Miklos Bokor. Au Musée des Beaux-Arts jusqu’au 8 octobre.

Sorties à Lyon Miklos Bokor Musée des Beaux Arts
Le Combat (2002) de Miklos Bokor

La menace fantôme

Cette rubrique abrite généralement peu de metal – bien que le genre recouvre une multitude de sous-genre. Faisons une exception pour le groupe suédois Ghost. D’abord parce que c’était récemment l’Eurovision et que Ghost pourrait tout à fait concourir et l’emporter grâce à son art du grand-guignol (qui les rapproche d’un ancien vainqueur, Lordi). Dans un registre satanico-éclesiastique et mené par un antipape de chanteur – le tristement célèbre Papa Emeritus – Ghost est devenu l’objet d’un véritable culte – musical, qu’on se rassure. Ça fait peur mais pas trop et d’une certaine manière, c’est surtout très drôle.

Ghost. À la Halle Tony Garnier, le 22 mai.

#Musée des Beaux arts

Concilier écologie et logement : un casse-tête à Lyon, Bordeaux et Strasbourg

Concilier écologie et logement : un casse-tête à Lyon, Bordeaux et Strasbourg

[Les Verts au pouvoir, trois ans après 2/3] À Lyon, Strasbourg et Bordeaux, les maires écologistes doivent construire pour répondre à la crise du logement. Mais ils ne veulent plus le faire au détriment de la transition écologique, au risque d’augmenter encore les prix de l’immobilier.

Comme une majorité de métropoles françaises, Lyon, Bordeaux et Strasbourg se débattent avec une crise du logement. À cette crise, les écologistes arrivés à la tête de ces villes en 2020 en ajoutent une autre : la crise écologique. Selon le Ministère de la Transition écologique, le secteur du bâtiment représente 43 % des consommations énergétiques annuelles françaises et il génère 23 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) françaises. Sans compter l’artificialisation des terres qu’il peut engendrer.

Les trois villes entendent alors conditionner la construction de logements à leurs ambitions écologiques. En ajoutant dans la balance leur souci de rendre Lyon, Bordeaux et Strasbourg plus abordables, voilà qui devient un véritable casse-tête.

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À Lyon, Bordeaux et Strasbourg, les écologistes se débattent avec la crise du logement

À Lyon, Bordeaux et Strasbourg, les écologistes se débattent avec la crise du logement

[Les Verts au pouvoir, trois ans après 2/3] Lyon, Strasbourg et Bordeaux font face à une profonde crise du logement. Les écologistes doivent continuer de construire, pour répondre aux besoins de leurs métropoles attractives, où les prix grimpent en flèche. Leur solution : favoriser le logement social. Pas si simple au vu de la conjoncture.

Plus de 10 000 habitant·es au km² à Lyon, 5000 à Bordeaux, 3000 Strasbourg, et des milliers de personnes en attente d’un logement dans chaque ville. Les trois plus grandes métropoles remportées par les écologistes en 2020 font face à une inquiétante crise du logement, comme le reste du territoire national.

Pour faire face, les majorités écologistes ont pour objectif d’augmenter la proportion de logements plus abordables. À terme, elles aimeraient favoriser une nouvelle répartition des populations, moins centrée sur leurs métropoles, au profit des périphéries. Mais dans ce domaine, de nombreux paramètres ne relèvent pas des municipalités, ni même des Métropoles. Ce qui les oblige à négocier avec des élu·es de bords politiques différents. Un arbitrage délicat.

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[Data] Culture à Lyon : retour sur les coupes de subventions de la Région

[Data] Culture à Lyon : retour sur les coupes de subventions de la Région

Vendredi 12 mai, les conseillers de la région Auvergne-Rhône-Alpes se sont rassemblés en commission permanente pour décider du budget culture 2023. Les baisses de subventions, moins nombreuses qu’en 2022, continuent à handicaper les acteurs culturels de Lyon. Récapitulatif.

Le monde de la culture lyonnais accuse une nouvelle salve. À l’issue de la commission permanente de la région Auvergne Rhône-Alpes, qui s’est tenue vendredi 12 mai, plusieurs acteurs culturels ont vu leurs subventions diminuées, sinon supprimées.

Le festival Woodstower, entre autres. 34 000 euros, soit l’intégralité du soutien financier alloué à l’événement, retirés sans sommation. « Aucune explication n’a accompagné les raisons qui ont motivé cette décision (…) aucune demande de rendez-vous n’ont obtenu de réponse ces dernières semaines », regrettent les organisateurs dans un communiqué publié sur leur page Facebook. La Région est pourtant partenaire du festival depuis plus d’une vingtaine d’années.

Siège de la région lyon
Le siège de la région Auvergne-Rhône-Alpes, à Lyon.Photo : PL/Rue89lyon.

À Lyon, la Biennale d’art contemporain et le Théâtre Nouvelle Génération (TNG) accusent également une baisse (50 000 euros dans le cas de la première), voire une suppression de la totalité de leur soutien financier régional. Une punition, dans le cas du second, signée Laurent Wauquiez, non content des propos tenus récemment par Joris Mathieu, son directeur. La sentence a définitivement été votée en commission – sans le soutien des groupes de gauche, qui se sont abstenus ou opposés.

La situation, fortement relayée et contestée, n’a pas semblé irriter la première vice-présidente de la Région, qui présidait l’assemblée en l’absence de Laurent Wauquiez. D’après Lyon Capitale, Stéphanie Pernod y voyait même un moyen de faire émerger une « vérité populaire ». 

Deux ans de baisse continue des subventions des structures culturelles de Lyon

Ces coupes budgétaires s’inscrivent donc dans un contexte (très) tendu. Au printemps 2022, le président de Région avait annoncé une baisse conséquente des subventions à la culture, justifiée par un « rééquilibrage territorial » voulu « solidaire et équitable au cas par cas », selon un article du Progrès. Dès lors, 60% du budget régional devait être distribué différemment vers les territoires, « jusqu’aux plus éloignés ». Des opérations ponctionnées sur les structures des grosses villes, en grande partie celles de la métropole de Lyon. 

Le 18 mai 2022, Rue89Lyon publiait un tableau des baisses de subvention de la Région concernant les acteurs culturels lyonnais. Le voici, un an plus tard, actualisé des dernières coupes opérées. Les données sont extraites des délibérations émises lors des commissions, les dernières datant des mois de mars et mai 2023.

Les cases manquantes correspondent à des dossiers qui n’ont pas encore été votés. Aussi, par souci de lisibilité, ne figurent pas ces nouvelles attributions de subventions. En 2023, une poignée d’acteurs lyonnais se partagent une enveloppe d’approximativement 209 000 euros. Ce montant peut être amené à évoluer.

Les plus grosses sommes, 50 000 et 60 000 euros, sont acheminées en direction d’espaces de création, production et diffusion musicaux. La salle de concert Le Marché Gare hérite de la première somme ; l’association RESEAU, qui a contribué à la création du Périscope, bénéficie de la seconde. Le festival international des Quais du polar, lui, récupère 28 000 euros.

« C’est redonner un coup de fragilité dans un secteur qui n’est pas encore guéri »

À noter également, le retour pratiquement à l’équilibre de 2021 des budgets alloués à l’Opéra, qui hérite de 2,5 millions d’euros de subvention, ainsi que l’Institut Lumière, de retour à 660 000 euros. 

Ces efforts ne suffisent pas à contenter l’opposition, qui s’unit pour dénoncer un manque de communication et de transparence de la Région. En particulier Pascale Bonniel-Chalier, incertaine de la formule « rééquilibrage », utilisée par la présidence du conseil régional.

« Pour l’instant, nous ne voyons que des baisses, tempête la conseillère régionale, membre de la commission culture. Sur les structures de spectacle vivant, les lieux de diffusion accusent une baisse de 445 000 euros. Les festivals seraient soutenus à hauteur de 890 000 euros - et non 1 300 000 euros, comme la vice-présidente [Sophie Rotkopf, ndlr] l’avait annoncé. » 

Par ailleurs, elle saisit l’occasion pour contester l’ensemble des opérations :

« Il y a encore des traces des deux confinements dans le domaine du spectacle vivant. Les structures culturelles sont fragiles. Baisser les subventions, même en 2023, c’est redonner un coup de fragilité dans un secteur qui n’est pas encore guéri. »

Les dernières positions de la Région se sont frayées un chemin jusqu’en conseil municipal, qui s'est tenu ce jeudi 11 mai. Alors qu’il s’adressait aux élus LR, Grégory Doucet a relevé une tournure des événements « très grave » :

« Je me tourne à ma droite pour que vous portiez ce message au président de Région, a commenté le maire écologiste. (...) Il serait peut-être temps qu’en tant qu’élus lyonnais, vous fassiez entendre notre voix et que vous défendiez les institutions lyonnaises. »

Réindustrialisation : villes moyennes, les laissées pour compte de la mondialisation ?

Réindustrialisation : villes moyennes, les laissées pour compte de la mondialisation ?

Cette semaine, Radio Anthropocène déménage à Romans-sur-Isère. L’ancienne capitale mondiale de la chaussure de luxe est en passe de devenir un exemple de réindustrialisation durable dans une ville moyenne.

Trop longtemps, les villes moyennes ont été considérées en France comme des espaces économiques secondaires. Vouées à la désindustrialisation, Magali Talandier et Yatina Calixte ont montré qu’elles ont été reléguées au rôle d’hinterland des métropoles, des « arrières pays ». Les métropoles, elles, sont l’alpha et l’oméga des politiques d’attractivité. Tous les moyens leur ont été dédiés pour qu’elles puissent participer à la concurrence effrénée des villes-mondes et ainsi contribuer au ruissellement des richesses, au profit des petites villes.

Innovation, création, culture, loisir, consommation, la métropole se doit d’être performante sur tous ces aspects. Et le territoire environnant, de se mettre à son service en espérant un ruissellement tellement hypothétique que jamais il n’est advenu. C’est ce que souligne le géographe Michel Lussault, qui voit dans cette course néolibérale l’un des aspects les plus prégnants de l’urbanisation généralisée du monde, et par extension de l’anthropocène.

Le tournant libéral et la désindustrialisation

En France, le tournant libéral de la fin des années 70 a signé la mort d’une multitude de pôles industriels organisés autour de ces fameuses villes moyennes. Bassin minier dans le nord et à Saint-Etienne, chaussure à Cholet et Romans-sur-Isère, industrie lourde au Creusot, les exemples ne manquent pas. Pas assez grandes, pas assez attractives, la compétition internationale, qui se rejoue à l’échelle nationale sous l’impulsion des politiques publiques, n’a pas laissé de place à ces villes.

Et aux populations locales de s’adapter aux injonctions de la doxa managériale. Flexibilité, efficacité, adaptabilité, si les habitants ne trouvent pas de travail, ils en sont les premiers responsables. Incapables qu’ils ont été de vivre avec leur époque. Mais cette époque est aussi celle qui a plongé l’humanité dans une crise de l’habitabilité de la planète. Les systèmes économiques que l’on a imposé aux hommes, ont imposé au monde la destruction massive des écosystèmes. Loin de la course destructrice que mènent les métropoles, les villes moyennes proposent des configurations territoriales, sociales et économiques propices à un développement durable, respectueux des ressources et des humains.

Réindustrialisation des villes moyennes, terrains d’expérimentations pour une autre économie

C’est dans ces villes perçues comme sinistrées, où les taux de chômage a grimpé en flèche au passage du nouveau millénaire, que des acteurs alternatifs de l’économie ont su proposer des solutions allant à contre-courant. L’économie sociale et solidaire a souvent été pionnière, de par son ancrage dans le monde ouvrier. Réseaux associatifs, coopératifs, économie non marchande, monnaie locale et autres tiers lieux. Les propositions, les expérimentations, ont essaimé partout sur le territoire. En marge de ces fameux gagnants de la mondialisation.

Villes anciennement industrielles, ces espaces sont également sources de savoir-faire et de patrimoines nombreux. C’est en s’appuyant sur ces savoir-faire territoriaux que des associations et des entreprises de l’Économie sociale et solidaire [ESS] inventent une nouvelle façon de faire des chaussures à Romans-sur-Isère. Exit le titre de « capitale mondiale de la chaussure de luxe », la ville se voit désormais comme pionnière du textile et des chaussures durables et locales.

Une réindustrialisation des villes moyennes qui pose question

Face à ce tableau angélique, la réindustrialisation des villes moyennes interroge. Quels impacts économiques ces entreprises ont réellement sur le territoire ? À qui s’adressent ces productions ? Ces initiatives sont-elles si vertueuses environnementalement ? L’industrie est-elle la pierre angulaire de l’économie des villes moyennes ? On peut aussi noter que ce sont des espaces où la multiplication des centres commerciaux périphériques reste la norme. Et ils portent dans leurs bagages un modèle urbain tout voiture. On note également que l’attractivité n’y est encore pensée que pour attirer les fameuses classes créatives, soit pour qu’elles s’y installent soit en tant que touristes/consommateurs, aux dépens des habitants.

Ce sont toutes ces questions que l’on se posera durant cette journée spéciale à Romans-sur-Isère, mercredi 17 mai, en direct et en public, depuis la Cité de la Chaussure.

Radio Anthropocène – 17 Mai 2023 – Réindustrialisation : villes moyennes, les laissées pour compte de la mondialisation ?

Grenade lacrymogène dans un appartement à Lyon : un an après, l’affaire classée sans suite

Grenade lacrymogène dans un appartement à Lyon : un an après, l’affaire classée sans suite

Le 8 janvier 2022, une grenade lacrymogène arrivait dans l’appartement de Kady Matondo et ses quatre enfants situé à Lyon 1er. Plus d’un an plus tard, la vie de famille reste bouleversée par l’évènement. L’enquête judiciaire vient d’être classée sans suite, et sa demande de relogement traîne.

L’ancienne chambre des filles de Kady Matondo est maintenant inoccupée. Sur les trois lits, aucune couette ne vient accueillir le sommeil des enfants. Dans le fond de la pièce, deux valises cachent des brûlures circulaires, stigmates restants de la grenade lacrymogène arrivée dans son appartement un an auparavant.

Le 8 janvier 2022 vers 15h30, Jade, la plus âgée des trois filles se prépare dans sa chambre. La famille doit sortir manger à l’extérieur. Une grenade lacrymogène brise un carreau de la fenêtre, pénètre dans la pièce et explose. Elle délivre 7 palets brûlants qui inondent la pièce de gaz. Kady Matondo, son fils et ses trois filles évacuent l’appartement.

Dans la rue, une poignée de manifestants contre les restrictions sanitaires et la politique d’Emmanuel Macron, se dispersent, déjà échaudés par les tirs précédents. Les policiers entrent dans l’immeuble, dont la porte a été ouverte par les voisins, pour jeter les palets encore fumants par la fenêtre, avant d’appeler les pompiers.

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Un rassemblement ce dimanche à Lyon contre l’opération Wuambushu

Un rassemblement ce dimanche à Lyon contre l’opération Wuambushu

Un troisième rassemblement a lieu ce dimanche 14 mai place Bellecour (Lyon 2ème) à 15h contre l’opération Wuambushu. Lancée le 24 avril, cette vaste opération policière de démantèlement des bidonvilles est toujours en cours à Mayotte.

Le nom est désormais connu par presque tout le monde. « Wuambushu » (« reprise » en mahorais), c’est cette opération policière lancée le 24 avril dans l’archipel de Mayotte, département français qui se situe dans l’océan Indien.

Orchestrée par Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur et des Outre-Mer, son objectif est de démanteler les bidonvilles de Mayotte, et d’en expulser leurs occupants, en grande majorité comoriens, pour réduire la criminalité dans l’archipel. 1800 policiers et gendarmes sont mobilisés pour cette opération, dont la nouvelle CRS 8, spécialisée dans les violences urbaines.

Darmanin loi immigration Lyon
Gérald Darmanin en 2019.Photo : Jacques Paquier/Wikimedia Commons

Troisième rassemblement à Lyon contre l’opération Wuambushu à Mayotte

À Lyon, un premier rassemblement contre l’opération a été organisé le 30 avril par le Front de lutte pour une écologie décoloniale (FLED) puis le 7 mai à l’initative du FLED, du « collectif stop Wuambushu à Mayotte » (CSUM) et du « collectif de la diaspora comorienne d’Auvergne-Rhône-Alpes » (CDC-ARA). Pour ce rassemblement du 14 mai, l’information a surtout circulé sur des réseaux militants tels que Lyon Insurrection.

À près de 8000 kilomètres de là, à Mayotte, l’opération se déroule de manière plus que chaotique. Des affrontements ont lieu depuis plusieurs jours entre les forces de l’ordre et les Mahorais opposés aux destructions de bidonvilles.

Le 25 avril, le tribunal de Mamoudzou a suspendu l’évacuation de l’un d’eux, nommé « Talus 2 », à Koungou. Le même jour, le vice-président du conseil départemental mahorais Salime Mdéré a appelé à « tuer » les jeunes qui prennent part aux affrontements, les qualifiant de « voyous », de « délinquants » et de « terroristes ».

De nombreuses associations telles que Utopia 56, la Ligue des droits de l’homme (LDH) ou encore l’UNICEF se disent particulièrement inquiètes pour la suite.