La préfecture du Rhône ne respecte pas les délais légaux pour les demandes de titres de séjour et de naturalisation, ni les décisions de justice qui l’obligent à donner une réponse.Conséquences : des vies en suspens, du stress et des difficultés professionnelles pour les personnes en attente.Celles-ci ont décidé de se mobiliser mardi 2 mai pour interpeller la préfecture.
Des accusés de réception et des courriers qui s’accumulent. Malika G. a rassemblé dans de petites pochettes plastiques toutes les démarches qu’elle a effectué auprès de l’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides), puis de la préfecture du Rhône pour obtenir une protection et un titre de séjour.
Le 6 mai 2021, Malika G. a obtenu le statut de réfugiée. Elle était en France depuis deux ans, après avoir fui le Maroc, où elle était menacée. Elle aurait dû recevoir une carte de séjour pluriannuelle dans un délai de trois mois. Aujourd’hui, elle n’en a toujours pas vu la couleur.
Cette mère de famille enchaîne les récépissés de demande de titres de séjour de six mois, qui la maintiennent dans une situation précaire et l’empêchent de voyager hors de l’Union européenne.
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À Rue89Lyon depuis 2022, aujourd’hui journaliste associée. Enquêter sur l’extrême droite, c’est lutter contre l’extrême droite.
J’écris aussi sur la politique, le sans-abrisme, le logement, les violences sexistes et sexuelles. Pour me filer une info ou me contacter, c’est par là : mallenou@rue89lyon.fr
Lyon a enregistré une mobilisation record pour ce 1er Mai. 45 000 manifestants selon les syndicats et 17 000 selon la préfecture ont défilé sur un parcours laborieux jalonné de commerces vandalisés et de nuages de lacrymogène.Deux manifestants ont été blessés à la tête par des palets de lacrymogène.
Sophie (le prénom a été modifié) a les yeux embrumés de fatigue et de lacrymogène. Membre du service d’ordre syndical, elle a piétiné pendant six heures pour atteindre la place Bellecour (Lyon 2e) en partant de la place Jean-Jaurès (Lyon 7e). D’ordinaire, ce trajet ne prend que 40 minutes pour un marcheur lambda. Le tout, sous une pluie de lacrymogènes « vraiment agressive », décrit la syndicaliste CGT.
« La réaction des forces de l’ordre était disproportionnée. On avançait pacifiquement et on en a pris plein la gueule. Une grenade assourdissante a explosé près de moi à Guillotière, ça m’a fait le même effet que quand j’ai pris un coup de matraque le 6 avril. »
Cette année, la fête des travailleurs et travailleuses sonnait également la 13e journée de mobilisation contre la réforme des retraites. 45 000 participants selon l’intersyndicale et 17 000 selon la préfecture ont marché à Lyon ce 1er mai. Un record comparé à l’édition 2022, qui avait rassemblé entre 4 000 et 6 000 manifestants.
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Deux drones ont été utilisés pour surveiller la manifestation du 1er Mai à Lyon. Le recours à ces engins, retoqué par le passé, a cette fois-ci été validé par le tribunal administratif.
L’utilisation de drones en manifestation serait-elle en train de devenir la norme ? Ce samedi 29 avril, à l’avant-veille d’un 1er Mai qui s’annonçait particulièrement suivi à Lyon, la préfecture du Rhône a pris un arrêté autorisant « la captation, l’enregistrement et la transmission d’images au moyen de caméras installées sur des aéronefs » durant la manifestation. En clair, la préfecture annonçait ainsi son intention d’utiliser des drones.
Ce 1er Mai, deux drones ont bel et bien survolé le cortège à Lyon, de la place Jean-Jaurès jusqu’à Bellecour. Ces engins volants permettent une meilleure réactivité du dispositif de maintien de l’ordre, explique la préfecture :
« Les drones nous permettent d’avoir une vision globale des mouvements du black bloc, d’anticiper les manœuvres. Ça permet de diriger globalement le dispositif, de voir ce qu’il se passe en centre de commandement là où il n’y a plus de caméras. In fine, ça participe à notre capacité à interpeller. »
La préfecture confirme que les images captées par ces engins volants sont retransmises au centre de commandement.
Contacté par Rue89Lyon, le service de presse de la gendarmerie nationale, le Sirpa, nous expliquait début 2021 que les images captées sont enregistrées et qu’elles « peuvent être utilisées dans un cadre judiciaire, s’il y a une réquisition du parquet ».
Cette vidéosurveillance par les airs a fait l’objet de vives critiques. Le 18 mai 2020, le Conseil d’État avait enjoint à l’État de cesser la surveillance policière par drones mise en place à l’occasion du confinement, au motif que la captation d’images par drones constitue un traitement de données à caractère personnel et doit donc être assortie de garanties suffisantes.
En octobre 2020, la Quadrature du Net avait de nouveau saisi la justice administrative en constatant que des drones étaient malgré tout utilisés en manifestation. À Lyon par exemple, un drone de la gendarmerie avait été aperçu lors des manifestations contre la loi de sécurité globale, fin 2020. Cette utilisation avait été jugée illégale un mois plus tard par le Conseil d’État. Quelques jours plus tard, la Commission nationale informatique et libertés (Cnil) avait à son tour sanctionné l’État.
Lors de la deuxième manifestation contre la loi « sécurité globale » à Lyon, fin 2020, les gendarmes mobiles ont utilisé un drone, notamment au niveau du pont de la Guillotière.Photo : LB/Rue89Lyon
L’utilisation de drones validée par le tribunal administratif de Lyon
Dans plusieurs villes de France, les drones ont donc été ressortis des placards à l’occasion du 1er Mai. À Lyon, l’Association de défense des libertés constitutionnelles (Adelico) et le Syndicat des avocats de France (SAF) ont déposé deux requêtes en référé contre cette utilisation des drones. Le motif invoqué était l’absence de publication de règles d’utilisation de ces drones, rendant leur utilisation opaque, et le fait que la Cnil n’avait pas été sollicitée.
Un argument vite balayé par le ministère de l’Intérieur, qui a assuré à l’AFP avoir rédigé une « doctrine d’emploi » des drones, rappelant au passage que les arrêtés préfectoraux ne sont pas conditionnés aux avis de la Cnil.
La justice a validé l’utilisation de ces drones pour les manifestations du 1er Mai à Lyon, Paris et Bordeaux. Au Havre, les drones ont également été autorisés, sur un laps de temps et une zone réduits, validés par le tribunal.
L’Association de défense des libertés constitutionnelles (Adelico) a décidé de tenter un recours devant le Conseil d’État pour faire interdire les engins. Celui-ci doit se prononcer le 16 mai.
Cette semaine, Radio anthropocène vous propose une cure thérapeutique ! La Ville de Lyon se lance dans une politique locale de santé globale. L’occasion pour nous de revenirsur la transformation des villes en écosystèmes plus résilients, favorables à la santé.
La santé globale : quand l’humain prend conscience de la fragilité du vivant
La pandémie l’a rappelé, l’humanité est une espèce vulnérable. Son destin dépend aussi de la santé des non humains, autant d’espèces et d’écosystèmes que l’urbanisation croissante menace toujours davantage. Parti du marché de Wuhan, un minuscule virus est parvenu à franchir la barrière inter-espèces pour paralyser l’ensemble de nos économies. Le coronavirus a souligné en miroir la fragilité de nos espaces de vie. Ce fut particulièrement le cas de nos villes, qui regroupent l’essentiel de la population mondiale. Aujourd’hui plus de la moitié de la population est urbaine, soit 4,4 milliards d’habitants. Alors qu’on la croyait un instrument de puissance, un lieu de protection, la ville s’est révélée être un colosse aux pieds d’argile ! Les confinements ont souligné l’impréparation de nos sociétés urbaines. Nous n’avons eu d’autre choix que d’empêcher les habitants de sortir, pour éviter de courir le risque d’une contagion mondiale !
La santé globale, une vision intégrée de la santé
La crise de la santé globale, c’est finalement la crise de la ville
Conscientes de leur interdépendance avec le vivant, les villes doivent se réinventer. Car elles sont peu adaptées face à la généralisation des risques que constitue l’anthropocène. Et si l’anthropocène était en réalité un urbanocène comme le suggère le géographe Michel Lussault ?
La crise de la ville est plus largement une crise de l’habitabilité. Les risques liés au changement global augmentent, et particulièrement en ville. Elles sont confrontées aux canicules et îlots de chaleurs urbain, aux risques industriels, aux inondations… La ville devient un espace désagréable à vivre. Et ce du fait d’appartements exigus aux loyers exorbitants, du manque d’espaces verts, ou de pollutions nombreuses.
Pire encore, ce sont ces mêmes modes de vie urbains qui participent de ces fragilités systémiques. Gourmandes en énergie et en foncier, nos pratiques urbaines se normalisent autour de valeurs contraires aux enjeux écologiques. C’est le cas de la course généralisée à la vitesse, de l’hyperconsommation du fait d’une publicité omniprésente.
Penser local pour agir global
Les politiques urbaines se saisissent aujourd’hui de tous ces enjeux pour tenter de se réinventer. Dès le Sommet de la Terre en 1972, René Dubos l’avait pourtant formulé. Pour combattre le changement climatique, il est nécessaire de penser global pour agir local. Nous faisons ici l’hypothèse qu’il est essentiel de retourner cette proposition pour arriver à de véritables changements. La ville peut – et doit ! – devenir un terrain d’expérimentation pour être un lieu qui demeurera vivable dans le futur. Et puisqu’il nous faut maintenant atterrir, il convient aujourd’hui de penser localement pour agir globalement !
Prendre soin des Lyonnais·e·s, une urgence ?
Si la santé est globale, la ville peut être le lieu d’une thérapeutique. Ne faut-il pas substituer à la lutte pour la compétitivité urbaine une ambition de l’attrait ? Celle de retenir des habitants plutôt que de chercher à en attirer toujours davantage ! C’est l’approche soutenue par la santé environnementale qui revendique une conception collective de la santé. Loin d’un paradigme curatif qui consiste à mettre des pansements sur une jambe de bois, elle fait de l’environnement un levier d’action pertinent pour promouvoir une vie bonne. Prendre soin de l’espace, c’est finalement prendre soin des urbains.
« Madrid, prend soin de toi », communication municipale, 2015.
Fortes de ce constat, des municipalités développent des programmes de santé environnementale . S’inspirant des éthiques du care, la ville de Madrid a proposé un programme pour devenir une ville du soin.
Vers une politique de santé globale à Lyon
Agir sur la santé en ville ne saurait se réduire à des programmes d’aménagements. Les actions de végétalisation ou de réduction des mobilités carbonées contribuent à améliorer le bien être en ville. Elles ne peuvent suffire. D’abord car toutes les populations ne sont pas exposées de la même façon aux risques. L’action publique doit aussi prendre en compte ces inégalités pour faire de la transition écologique un programme socialement juste.
Plus encore, le soin de l’espace se doit aussi d’impliquer les habitants et de favoriser les rencontres. Car l’isolement concerne surtout les populations les plus fragiles : personnes âgées, handicapées, etc. Ainsi prendre soin des urbains c’est aussi recréer du lien entre humains, et entre humains et non humains. Car, comme l’a montré le sociologue E. Klinenberg dans un ouvrage qui a fait date, plus une communauté habitante est maillée, et plus les individus sont protégés. Forger des “infrastructures sociales” plus résilientes, voilà aussi un moyen de soigner les villes !
Penser la santé pour panser les villes
On le voit, la santé est bel et bien un concept global ! Et c’est depuis Lyon que les équipes de Radio Anthropocène penseront à ces liens entre santé et ville. Un moyen de panser les maux contemporains en mettant des mots dessus ! Pour cela, nous recevrons politiques, chercheur⸱e⸱s, artistes pour dialoguer ensemble sur ce sujet.
Radio Anthropocène – La ville qui soigne – 3 mai 2023
L’association Cité Anthropocène prend la suite des activités de l’Ecole Urbaine de Lyon et travaille à la mobilisation conjointe des sociétés et des sciences pour faire face à l’urgence des enjeux soulevés par le changement global.
Depuis 2018, la commune de Lamure-sur-Azergues, à une heure au nord de Lyon, accueille le Quartier métisseur. Dans un territoire très rural, ce tiers-lieu culturel cherche encore son modèle économique.
C’est une entrée d’ancienne ferme, qui semble a priori bien classique. À Lamure-sur-Azergues, commune de 1000 habitants, à une heure au nord de Lyon, l’entrée du tiers-lieu le « Quartier métisseur » laisse peu d’indices sur l’activité des lieux. En hauteur, un panneau indique un rendez-vous hebdomadaire « le marché des producteurs », tous les lundis de 17 h à 19 h. À côté, une bâtisse a été partiellement refaite. En son sein, une salle peut accueillir jusqu’à 120 personnes.
Il faut s’avancer un peu pour voir sur la vitre une flèche qui indique un bar associatif, un café et une brasserie. Un aperçu rapide de la richesse culturelle, économique et associative des lieux.
« C’est vrai, il va falloir faire quelque chose pour cette cour », souffle une bénévole en se grattant la tête.
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Journaliste lyonnais fan de l’Ouest, je suis à Rue89Lyon depuis 2020. Aujourd’hui associé et directeur de publication, je couvre les questions sociales mais aussi écologiques (pollutions industrielles, scandale des perfluorés). Le travail, c’est la santé, à condition que le droit soit respecté. Un œil politique sur le Rhône. Pour me laisser une info, c’est ici plemerle@rue89lyon.fr.
Jeudi 27 avril, Mediapart a révélé le circuit anormal pris par deux subventions municipales, d’un montant total de 40 000 euros. Cet argent public a fini dans les poches de deux protagonistes de l’affaire de chantage à la sextape.Gaël Perdriau n’a toujours pas démissionné de ses fonctions de maire et de président de la Métropole de Saint-Étienne. Chronologie des nombreux rebondissements de cette affaire.
C’est un véritable scandale politique qui secoue la ville de Saint-Etienne depuis la fin de l’été 2022. En cause : un chantage à la sextape visant le premier adjoint au maire, Gilles Artigues. Ce père de famille, très investi dans la communauté catholique, a été filmé à son insu dans une chambre d’hôtel en compagnie d’un escort boy. Cette vidéo a ensuite été utilisée pour faire pression sur lui. Un complot qui aurait été savamment orchestré par l’équipe du maire de Saint-Étienne.
Le 13 octobre 2022, nous avions fait une première chronologie de cette affaire. Fin avril, alors que Gaël Perdriau (ex-LR) est toujours en poste, de nouveaux éléments accablants sont venus s’ajouter au dossier. Nous vous proposons une (nouvelle) mise à jour. Retour en détail sur cette affaire.
Le président de la Métropole de Saint-Etienne, Gaël Perdriau, le 17 mai 2021.Photo : OM/Rue89Lyon
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L’observatoire de la qualité de l’air Atmo et la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) ont présenté jeudi 27 avril leurs conclusions concernant la pollution dans la région. Et les chiffres ne sont pas bons.
Mauvaise nouvelle pour la qualité de l’air dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. L’année 2022, ses températures élevées et ses faibles précipitations ont provoqué une augmentation des concentrations de polluants dans l’atmosphère, en particulier de l’ozone. Il s’agit des conclusions inquiétantes rendues jeudi 27 avril par l’observatoire de la qualité de l’air, Atmo, et la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal). Les deux organismes notent ainsi une augmentation de 18% de la concentration d’ozone dans la région depuis 2007, malgré des années de baisse.
« On espérait qu’il avait été possible d’enrayer cette pollution à l’ozone avec cette diminution sur les 15 dernières années, mais ce n’est pas le cas en 2022 », déplore Didier Chapuis, directeur des actions d’Atmo.
Les particules fines ne sont pas en reste : les concentrations de PM10 et PM2,5 (encore plus fines) ont elles aussi augmenté sur l’année 2022.
Photo d’illustration. Graffiti anti pollution à Lyon réalisé par Greenpeace et Alternatiba/ANV situé vers confluence, sous l’autoroute A7, le 7 février 2019.Photo : MG/Rue89Lyon
Pour améliorer la situation avec des solutions adaptées, Atmo et la DREAL ont mis au point une nouvelle méthode présentée jeudi 27 avril. Les enjeux n’étant pas les mêmes à Lyon, Roanne ou Salers, la région Auvergne-Rhône-Alpes a ainsi été découpée en quatre grandes zones, des territoires les plus densément peuplés et les plus exposés aux émissions de polluants aux endroits encore préservés.
La région lyonnaise et le Nord-Isère les plus touchés par des épisodes de pollution en 2022
Sans surprise, la région lyonnaise se trouve dans le haut du classement. Cette première zone rassemble les grandes agglomérations de plus de 150 000 habitants, où les habitants sont les plus exposés à la pollution de l’air. Aux côtés de Lyon, on trouve les agglomérations de Grenoble, Saint-Étienne, Clermont-Ferrand, Valence ou encore Annecy. Plus d’un tiers de la population régionale est concerné.
Dans cette zone numéro un, la qualité de l’air a été jugée « non satisfaisante ». Atmo et la DREAL notent que la quasi-totalité de la population de ces territoires est exposée à des concentrations d’oxyde d’azote et de particules très fines (PM2,5) bien supérieures aux valeurs recommandées par l’OMS.
« La région lyonnaise et le Nord-Isère sont les territoires qui ont été le plus concernés par des épisodes de pollution à l’ozone et aux particules fines en 2022, précise Didier Chapuis. On a constaté une légère augmentation d’oxyde d’azote sur les sites de proximité routière de la métropole de Lyon. Ça reste relativement modéré mais on est loin de la tendance à la diminution de ces dernières années… »
L’évolution de la concentration en ozone (O3), dioxyde d’azote (NO2) et en particules fines (PM10 et PM2,5) dans la région depuis 2007. Graphique d’Atmo.
Alors, que faire ? Pour Atmo comme pour la DREAL, il faut agir « prioritairement » sur les mobilités, en favorisant les mobilités douces et les Zones à faibles émissions (ZFE), ainsi que sur l’urbanisme. Les organismes recommandent également la rénovation des bâtiments pour améliorer leurs performances énergétiques.
Une mesure revendiquée depuis un an par les activistes de Dernière Rénovation, qui mènent des campagnes de désobéissance civile. Ils et elles ont entamé une quatrième vague d’actions à Lyon il y a quelques semaines.
Plus de 4000 décès liés à la pollution aux particules fines dans la région
« Plus de 4000 décès sont liés aux particules fines en Auvergne-Rhône-Alpes, alerte sombrement Éric Fournier, président d’Atmo. Les agglomérations moins importantes sont touchées aussi. »
Cette pollution de l’air n’épargne pas les villes moyennes (zone 2), qui représentent un tiers de la population régionale, ni les petites villes moins peuplées (zone 3), où vivent deux millions d’habitants sur la moitié de la surface de la région. Atmo et la DREAL notent même que les émissions de particules fines par habitant sont quatre fois plus importantes dans les petites villes que dans les grandes agglomérations.
Les quatre zones de la région, en fonction de leur pollution. Carte d’Atmo.
En cause, d’après eux, une pollution liée au chauffage au bois, associée à des pollutions industrielles ou agricoles souvent proches des habitations, en particulier des émissions importantes d’ammoniac. Autre source de pollution commune à ces deux zones : la voiture individuelle. Indispensable, souvent, dans ces territoires peu voire pas desservis par les transports en commun.
Atmo et la DREAL recommandent donc le recours au covoiturage ou au télétravail, un changement des pratiques agricoles, sans produits phytosanitaires, et un renouvellement des types de chauffage.
Face à la hausse des prix de l’énergie, le retour du chauffage au bois, source de pollution dans la région
Le chauffage au bois est problématique dans l’ensemble de la région Auvergne-Rhône-Alpes, y compris dans la quatrième zone de ce classement, les territoires dit « préservés ». Là, il y a cinq fois plus d’appareils de chauffage par habitant que dans le reste de la région. On trouve dans cette catégorie principalement l’Auvergne, dont le Cantal, connu pour ses hivers rigoureux. Atmo et la DREAL notent toutefois que l’air y est « de bonne qualité » malgré les émissions liées au chauffage et à l’agriculture.
Plus généralement, le chauffage pourrait expliquer que cette année 2022 ait vu la concentration des polluants augmenter dans la région. Et ce alors que les températures élevées de l’hiver laissaient présager un moindre recours au chauffage et donc une diminution des émissions.
« Un tiers des logements sont équipés en chauffage dans la région, détaille Matthieu Papouin, directeur adjoint de la DREAL. Parmi ceux-ci, 50% sont des chauffages d’appoint, dont 70% ne sont pas performants, parce qu’ils sont vieux, qu’il s’agit de foyers ouverts… »
« Avec le coût de l’énergie, il y a eu une augmentation de l’utilisation du chauffage au bois et des chauffages d’appoint, avec des combustibles moins chers donc plus polluants », explique Didier Chapuis.
Or, l’année 2023 voit déjà des températures déjà élevées et une hausse continue des prix de l’énergie. Dans ce contexte, la qualité de l’air ne devrait guère s’améliorer.
Repris en 2021 par le Groupe SOS Seniors, l’Ehpad de Montbrison, situé dans la Loire, traverse une crise interne sans précédent. Turn-over, nouveaux protocoles imposés et surveillance du personnel sont dénoncés par de nombreuses soignantes qui reprochent au groupe son management brutal.
Vu de l’extérieur, l’Ehpad de Montbrison a toujours un air vieillissant. Une façade beige abîmée par le temps, une architecture du siècle dernier que les arbres sans fleurs ne parviennent pas à cacher.
Pourtant, à l’entrée et le long des couloirs, des couches de peinture ont été appliquées. Du matériel neuf est désormais à disposition et les ascenseurs ont été remis aux normes. Depuis un an, des investissements ont été réalisés, et la nouvelle directrice aime le rappeler.
« Il faut voir dans quel état était l’établissement à notre arrivée. Nous avons investi dans des lève-personnes, des lits médicalisés, des chariots pour le petit déjeuner… », énonce la directrice, Sophie Magat.
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Ce mercredi 26 avril, des professionnels du tourisme fluvial et des élus de la Métropole étaient réunis à Lyon pour présenter un projet d’installation de bornes électriques afin d’électrifier les bateaux de croisière. Objectif : donner une image positive et verte de cette activité, parfois peu appréciée des habitants.
« Il y a un peu de retard, mais elle va arriver très vite »
Cécile Avezard a un sourire légèrement gêné, ce mercredi 26 avril. Sur les quais du Rhône, au niveau du pont de l’Université (Lyon 7e), la directrice territoriale Rhône-Saône des Voies navigables de France (VNF) présente l’emplacement, encore vide, où sera présent une future borne dite « IRVE » (Infrastructure de recharge de véhicule électrique).
En tout, il y en aura trois sur Lyon d’ici la fin de l’année. Onze le long de l’axe touristique Rhône-Saône allant de Saint-Jean-de-Losne (Bourgogne) à Port-Saint-Louis-du-Rhône (Bouche-du-Rhône).
Dans la métropole, les premières seront basées pont de l’Université, au niveau du musée des Confluences et sur les quais Rambaud (côté Saône). Celles-ci seront toutes opérationnelles d’ici octobre prochain.
Objectif : alimenter en électricité des paquebots de croisière à quais. Six d’entre eux pourront se brancher, en simultané, sur cette borne. Jusqu’à aujourd’hui, ces bateaux qui font voyager 110 000 touristes « d’un certain âge » par an (États-uniens, Allemands ou Australiens) s’alimentent en électricité à quai, à l’aide de groupes électrogènes.
Une énergie qui alimente les cuisines, les chambres… Bref, l’ensemble de la vie à bord. Une hérésie en termes d’économie d’énergie et un motif d’agacement pour les riverains du 7e arrondissement.
Cécile Avezard et Bruno Bernard, le 26 avril, lors de l’annonce de la mise en place de bornes électriques sur les quais du Rhône.Photo : PL/Rue89Lyon.
Un verdissement du tourisme fluvial sur les quais de Lyon
En ce sens, le président de la Métropole, Bruno Bernard (EELV) marque :
« On veut un tourisme plus responsable. Pour cela, il faut changer les pratiques et ce projet s’inscrit dans cet objectif. »
Ces installations de Saône confluences escales, une filiale de Engie (ex-GDF) Solutions, sont donc particulièrement attendues. Pour un investissement de 8,5 millions d’euros, l’émission de 8 500 tonnes de CO2 sera évitée sur l’ensemble du réseau géré par les VNF. Ce chiffre serait de 5 800 rien que sur le territoire de la métropole lyonnaise. Un bon début. Sur le bassin Rhône-Saône, les bateaux passent 68 % de leur temps à quais.
« Dans le cadre de la ZFE [Zone à faible émission, ndlr], cet investissement est primordial, poursuit Bruno Bernard. Comment pouvons-nous contraindre les habitants à accepter de nouvelles contraintes si des bateaux ne les respectent pas sous leurs fenêtres ? »
Un verdissement du tourisme fluvial qui s’accompagne de mesures sur le traitement des déchets des paquebots. Plutôt qu’une logistique routière, les acteurs du fluvial cherchent à débarrasser les déchets des paquebots par le fleuve. Un développement qui serait un autre motif de satisfaction pour les habitués des quais.
Ainsi, le Zulu 5, un bateau géré par la société Servis II et l’entreprise Blue Line Logistics, une filiale du transporteur Sogestran, doit récupérer les détritus directement sur le fleuve. En 2023, 21 bateaux, sur les 26 qui traversent Lyon, utilisent ce service travaillant cinq jours par semaine.
Le tourisme fluvial confronté à des conflits d’usage à Lyon
En plus de cette installation, la concession octroyée par les VNF prévoit l’installation d’une régie afin de faire échanger les habitants du quartier, les élus locaux et les acteurs du fluvial. Une autre manière d’éviter les « conflits d’usages », qui font grincer des dents certains habitants.
Après l’installation du service de logistique ULS l’année dernière ou les expérimentations menées côté Saône avec le bateau le Tourville, ces investissements montrent un regain de développement pour ce secteur longtemps en décroissance, entre Rhône et Saône. Alternative à la route, le fluvial intéresse à l’heure de la mise en place de la ZFE pour éviter l’utilisation de poids lourds ou de cars côté tourisme.
Une carte verte à travailler pour le fluvial
Ses partisans aiment à le rappeler : un bateau permet de remplacer pas moins de 250 camions. Le gain en terme écologique semble donc indéniable. Côté tourisme, 60 % des émissions de CO2 sont générées à quais. Sur ce point, ces bornes vont apporter un gain certain. Reste quand même 40 %.
« On dit souvent que le transport fluvial est écologique parce qu’il est massifié et c’est vrai, défend Cécile Avezard, en bonne défenseur de ce mode de transport. Mais il faut aussi travailler sur la qualité propre des bateaux. Nous n’en sommes pas encore au zéro émission carbone. »
Interrogés par Rue89Lyon à ce sujet, les acteurs du fluvial ne cachent pas certaines difficultés. Des moteurs puissants, et consommateurs de gasoil, sont encore nécessaires pour faire avancer des bateaux imposants capables de transporter 100 à 120 personnes. « Aujourd’hui, nous avons une mer d’huile [Mer très calme, sans vague ndlr]. Mais le Rhône peut se montrer capricieux. Or, si un paquebot ne peut plus bouger, ça pose problème », commente Léo Beilmann.
Représentant de la société Servis II et de la société Agis, spécialisé dans le conseil aux paquebots de tourisme, ce connaisseur du milieu essaye de relativiser l’impact environnemental du tourisme fluvial. D’après lui un touriste de paquebot consomme six à sept litres de carburant par jour. Ce qui représenterait, toujours d’après lui, une consommation relativement faible. « Mais on peut faire mieux », reconnaît-il.
D’après lui, la solution sur le court terme passe par le développement de bateaux hybrides, combinant électricité et carburant. Ces derniers sont également appelés à évoluer. « Nous testons notamment sur notre vedette Rhône l’utilisation de l’hydrogène », rappelle Cécile Avezard, pour les VNF.
Des solutions industrielles à envisager sur le long terme
L’utilisation de biocarburant est également une solution envisagée. En 2022, la compagnie de transport Sogestran avait notamment testé un nouveau biogazole de synthèse. En mars 2023, une station a été inaugurée par les VNF à Lyon pour proposer aux utilisateurs du fluvial des carburants alternatifs, moins polluants.
Mais ces changements prennent du temps. La construction de bateaux de tourisme, comme de fret, est beaucoup plus « artisanale » que celle de poids lourds, nous glisse à propos un membre de l’entreprise Neptunia, qui gère cette fameuse plateforme d’énergies mise en avant par les VNF.
Économie d’échelle oblige, les industriels ont moins intérêt à développer de nouveaux moteurs, car la demande est moindre que pour les poids lourds. De même, un bateau vit souvent près de 50 ans, soit bien plus de temps qu’un poids lourd.
Autant de freins industriels qui peuvent expliquer les difficultés d’évolution de la flotte. Cette dernière aura cependant certainement plus de facilités à jouer la carte verte qu’un secteur « routier » mis en difficulté dans la métropole de Lyon par le développement de la ZFE.
Le tourisme fluvial cherche à verdir son image sur les quais du Rhône, à Lyon.Photo : PL/Rue89Lyon.
Journaliste lyonnais fan de l’Ouest, je suis à Rue89Lyon depuis 2020. Aujourd’hui associé et directeur de publication, je couvre les questions sociales mais aussi écologiques (pollutions industrielles, scandale des perfluorés). Le travail, c’est la santé, à condition que le droit soit respecté. Un œil politique sur le Rhône. Pour me laisser une info, c’est ici plemerle@rue89lyon.fr.
Mercredi 26 avril, Mediapart a révélé une nouvelle vidéo tournée par Samy Kéfi-Jérôme et des échanges de messages accablants avec Gaël Perdriau, le maire de Saint-Étienne. Tous deux sont déjà mis en examen pour des faits de chantage. Gaël Perdriau n’a toujours pas démissionné de ses fonctions de maire et de président de la Métropole de Saint-Étienne. Chronologie des nombreux rebondissements de cette affaire de chantage à la sextape.
C’est un véritable scandale politique qui secoue la ville de Saint-Etienne depuis la fin de l’été 2022. En cause : un chantage à la sextape visant le premier adjoint au maire, Gilles Artigues. Ce père de famille, très investi dans la communauté catholique, a été filmé à son insu dans une chambre d’hôtel en compagnie d’un escort boy. Cette vidéo a ensuite été utilisée pour faire pression sur lui. Un complot qui aurait été savamment orchestré par l’équipe du maire de Saint-Étienne.
Le 13 octobre 2022, nous avions fait une première chronologie de cette affaire. Ce 26 avril, alors que Gaël Perdriau (ex-LR) est toujours en poste et qu’une nouvelle vidéo est venue s’ajouter au dossier, nous vous proposons une (nouvelle) mise à jour. Retour en détail sur cette affaire.
Le président de la Métropole de Saint-Etienne, Gaël Perdriau, le 17 mai 2021.Photo : OM/Rue89Lyon
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