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Actualités, enquêtes à Lyon et dans la région

Marche arrière pour les voitures à Bordeaux, Lyon et Strasbourg

Marche arrière pour les voitures à Bordeaux, Lyon et Strasbourg

Les maires écologistes de Bordeaux, Lyon et Strasbourg ont entrepris depuis 2020 de renforcer l’offre alternative (trams, bus, pistes cyclables) et de réduire la place dédiée aux voitures. L’augmentation du prix du stationnement (avec des tarifs solidaires et écolos visant les SUV) et la mise en place des Zones à faibles émissions (ZFE) a pour objectif d’accélérer les baisses de trafic routier déjà enregistrées. À mi-mandat, retour sur les travaux entrepris avec nos cousins de Rue89Bordeaux et Rue89Strasbourg.

L’expression ne sera jamais employée ouvertement, car un piéton, un cycliste ou un usager du tram (mais aussi un électeur) se cache derrière chaque volant. Ou alors lâchée par mégarde comme Pierre Hurmic, qui une fois élu maire de Bordeaux, évoquait « une interdiction de la voiture à terme ».

Mais de fait, en Gironde comme à Lyon et Strasbourg, les mairie écologistes ont bien amplifié la chasse aux voitures, lancée avant eux et menée dans la plupart des grandes villes d’Europe. Cela en jouant sur les tous les registres, de la contrainte (stationnement payant, zones piétonnisées…) au développement des alternatives (vélo, transports en commun…).

Un des principaux objectifs est que les villes « fassent leur part » dans la lutte contre le changement climatique, alors que la France vient de s’engager à baisser de 50% ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030.

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Sorties à Lyon : la sélection culture de la rédaction du 31 mai au 6 juin

Sorties à Lyon : la sélection culture de la rédaction du 31 mai au 6 juin

Encore une semaine dense du côté des sorties à Lyon avec le début des Nuits de Fourvière, du rock indé, du cirque poétique et du stand-up féministe. N’hésitez pas à ajouter vos bons plans en commentaires.

Objets animés

On pourrait définir Johann Le Guillerm comme un chercheur en équilibre, ou un clown acrobate expérimental. Une recherche qui s’inscrit dans l’élaboration d’un ensemble de machines poétiques qu’il manipule drôlement, créant ainsi un fascinant pas entre la matière et le mouvement. Il y a quelque chose comme un surgissement de l’inquiétante étrangeté, chère à Freud ou… à David Lynch, mais en version circassienne. Ce Terces sous chapiteau, dans le cadre du festival UtoPistes, est si visuel que les mots ne lui rendent pas justice.

Terces de Johann Le Guillerm. Du 30 mai au 4 juin au Parc de Parilly.

Decouflé en Stéréo

C’est un peu le spécialiste des ouvertures puisque Philippe Découflé est mondialement connu pour avoir orchestré la cérémonie d’ouverture de JO d’Albertville. Depuis le chorégraphe, à l’univers si particulier, a fait quantité d’autres choses. Entre autre, le spectacle Stéréo en 2022, qu’il a quelque peu amendé en Stéréo Deluxe pour l’ouverture des Nuits de Fourvière. Un spectacle total, comme il les aime, qui mêle concert, spectacle de danse et acrobatie. Il constitue un hommage plein et entier au rock.

Stéréo Deluxe de Philippe Decouflé. Du 31 mai au 3 juin aux Nuits de Fourvière (Théâtre antique).

Chante Forest !

Voilà un moment que l’on attendait le deuxième album solo original de l’Ardéchois-américain. Depuis le premier, Forest Pooky avait publié un EP et un disque de reprises, loin de chômer. Mais ce Violets are red, roses are blue and dichotomy est évidemment le bienvenu dans une veine qui mélange habilement toutes les marottes du musicien dont la fratrie fut à la tête des cultes Uncommonmenfrommars : rock, punk et folk. Un mélange de genres qui se prête particulièrement bien à la scène du Marché Gare qui l’accueille en live pour une release party.

Forest Pooky. Le 2 juin au Marché Gare.

La saison du Transfer

Festival de « musiques indépendantes et intrépides », « enfant terrible des festivals lyonnais », le festival Transfer est l’un des rares événements musicaux à programmer du rock autrement que sous l’angle de la nostalgie ou du gros raout stadier (ce qui va souvent ensemble). Bon, de nostalgie il y en a un peu en l’espèce quand même avec la présence du groupe belge Deus. Mais à moitié seulement. Car la bande de Tom Barman est toujours bien en activité discographique après quelques interruptions. Cette année, elle a sorti l’album How to replace it.

Deus est surtout connu pour une poignée d’albums des 90’s d’un rock foutraque et destructuré tels In a Bar Under The Sea et The Ideal Crash, pensionnaire du tube du groupe : Instant Street. À part ça, Transfer accueille des espoirs tels que le duo de guerrilleras Vulves Assassines et les Lyonnais de Vipères sucrées salées.

Festival Transfer. Le 3 juin au Transbordeur.

Soirée pyjama

Difficile, quand on s’intéresse au stand-up d’être passé ces derniers mois à côté de Rosa Bursztein. Rosa, son pyjama en satin (en soie ?), ses pieds nus et son rire qui cascade sur ses propres vannes. Rosa, comme le titre du spectacle de cette jeune humoriste, animatrice (OrgasmiQ sur Teva, le podcast Les Mecs que je veux ken, entre autres) et comédienne (elle a joué pour John Malkovic au théâtre et pour Stephen Frears et Cédric Klapisch au cinéma) qui s’épanouit dans l’humour féministe sans jamais se départir d’une bonne dose d’autodérision. Elle s’affranchit d’à peu près tous les tabous de jadis. Un vrai vent de fraîcheur sur l’humour.

Rosa de Rosa Bursztein. Le 3 juin à la Comédie Odéon.

À Rillieux-la-Pape, Alexandre Vincendet réinvente la figure du député-maire

À Rillieux-la-Pape, Alexandre Vincendet réinvente la figure du député-maire

Élu député de la 7e circonscription du Rhône en juin dernier, Alexandre Vincendet reste influent à Rillieux-la-Pape, ville dont il est l’ancien maire. Quitte à empiéter sur les platebandes de l’édile actuel, Julien Smati. Une omniprésence qui va à l’encontre de l’esprit de la loi sur le non-cumul des mandats selon l’association Anticor.

Qui est donc le maire de Rillieux-la-Pape ? Officiellement, Julien Smati a remplacé Alexandre Vincendet, démissionnaire en août dernier suite à son élection à la tête de la 7e circonscription du Rhône sous l’étiquette LR. Mais à y regarder de plus près, la réponse semble moins évidente. Un rapide coup d’œil dans le bulletin municipal permet de s’en persuader : le député est omniprésent à Rillieux. Que ce soit à la passation de pouvoir d’un commandant de pompier, lors d’une fête associative ou à l’occasion d’une cérémonie de remise de cartes d’électeurs, rares sont les événements qui échappent à la visite de l’ancien maire, pourtant redevenu simple conseiller municipal. Et nombreux sont les documents municipaux qui portent son contreseing.

A Rillieux, le patron, c’est Vincendet. Et il le fait bien comprendre. Depuis sa démission, l’élu s’est octroyé une pleine page dans le canard de la mairie, dans lequel il distille, en sa qualité de député, ses prises de positons sur la politique nationale. En avril, il défendait la réforme des retraites, en mai, il soutenait mordicus le projet controversé du Lyon-Turin et tançait les « activistes sectaires » d’extrême-gauche.

Le ministère de l’Intérieur rappelait pourtant en 2004 que « pour respecter l’esprit de la loi, [les tribunes municipales] devraient traiter de questions qui concernent les habitants de la commune ». Une règle que le député ne semble appliquer qu’aux autres. « M. Vincendet m’a déjà refusé des tribunes au motif qu’elles abordaient la politique nationale », abonde Christian Combier, élu d’opposition.

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Des retraites à la vie chère : le Comité de lutte Lyon sur tous les fronts

Des retraites à la vie chère : le Comité de lutte Lyon sur tous les fronts

Depuis janvier, une petite centaine de personnes se sont constituées en comité de lutte à Lyon pour se battre, de manière non violente, contre la réforme des retraites. Ils tentent de faire perdurer le mouvement et y ajoutent d’autres combats, incarnés par une multiplicité de profils.

À l’issue de la mobilisation record du 1er mai 2023 à Lyon, un nouvel appel à mobilisation a circulé sur les réseaux sociaux. Une énième marche, cette fois régionale, contre la réforme des retraites a été organisée le 6 mai par un certain « Comité de lutte » de Lyon. Ce groupe de militants d’horizons divers s’est créé en janvier 2023, en partie autour d’assemblées générales organisées à la Bourse du travail (Lyon 3e).

Ce comité a déclaré seul cette manifestation régionale, sans appui de l’intersyndicale qui a annoncé une prochaine manifestation le 6 juin. L’objectif du Comité de lutte était de réunir un maximum de monde, dans une ambiance « festive et familiale ». Interdite puis autorisée suite à la suspension de l’arrêté préfectoral par le tribunal administratif, la manifestation a finalement rassemblé 1 500 personnes (selon leur décompte). 

Régulièrement, des appels aux rassemblements sont relayés sur le compte Instagram de ce Comité de lutte. Le prochain en date, vendredi 26 mai, vise à « empêcher la caravane du SNU», comme une mise en bouche avant le carnaval populaire prévu le même jour à 20 heures.

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SNU et carnaval : un vendredi agité à Lyon

SNU et carnaval : un vendredi agité à Lyon

La journée du vendredi 26 mai s’annonce animée à Lyon, avec un appel à perturber la caravane du SNU le matin, suivi d’un « carnaval populaire et engagé ».

Ce vendredi 26 mai promet une journée agitée à Lyon. Le matin, la caravane du Service national universel (SNU) fait une étape à Lyon, à 11h sur la place Ambroise Courtois, dans le 8e arrondissement. Plusieurs collectifs lycéens, dont la « coordination lycéenne autonome de Lyon » (CLAL) appellent à perturber l’événement.

Un SNU basé sur le volontariat mais valorisé sur Parcoursup

Ouvert aux jeunes âgés de 15 à 17 ans, le SNU est actuellement composé d’un « séjour de cohésion de quinze jours » puis d’un engagement facultatif dans une mission d’intérêt général de 84 heures auprès d’une association. Après l’obligation promise par Emmanuel Macron dans Le Parisien, fin avril, puis les nuances apportées par la secrétaire d’État chargée du SNU, Sarah El Haïry, quelques jours plus tard, il devrait se faire sur la base du volontariat.

D’après notre confrère de Politis, les enseignants pourront dès septembre prochain poser une candidature pour réaliser un « séjour de cohésion » de 12 jours, sur le temps scolaire et en uniforme. Là aussi, la participation devrait se faire sur la base du volontariat. Les lycéen·nes qui acceptent verront toutefois leur dossier valorisé sur Parcoursup. Une carotte de taille.

Après Lyon, la caravane du SNU poursuivra sa route à Grenoble, puis Gap, Toulon et pour finir Carcassonne.

Le lycée Juliette Récamier (Lyon 2e) est bloqué par des lycéens, mardi 7 mars au matin. ©OM/Rue89Lyon
Le lycée Juliette Récamier (Lyon 2e) est bloqué par des lycéens, mardi 7 mars au matin.Photo : OM/Rue89Lyon

Un « carnaval populaire et engagé » attendu le soir dans les rues de Lyon

À Lyon, la journée se poursuivra avec un « carnaval populaire et engagé », première édition. Derrière cette mobilisation d’un nouveau genre, on trouve pêle-mêle les écologistes de Greenpeace ou d’Extinction Rebellion, les antifascistes de la GALE, le Comité de lutte de Lyon, les sections du 7e arrondissement de la France insoumise et du Parti socialiste, l’Assemblée des gilets jaunes, le syndicat de la CNT-SO, la Voix lycéenne 69…

Tout ce petit monde donne rendez-vous aux Lyonnaises et aux Lyonnais à partir de 20h. Le lieu sera dévoilé une heure avant sur les réseaux sociaux. Malin, pour éviter une interdiction de rassemblement. Les organisateurs ont d’ores et déjà annoncé que cette mobilisation ne sera pas déclarée en préfecture.

« Non, un tribunal de commerce ne peut pas violer le secret des sources des journalistes »

« Non, un tribunal de commerce ne peut pas violer le secret des sources des journalistes »

Le tribunal de commerce de Rouen a ordonné à des huissiers de fouiller les mails d’une entreprise accusée d’avoir transmis des informations au journal « Le Poulpe ». Dans un appel commun, médias (dont Rue89Lyon) et organisations de journalistes dénoncent cette atteinte manifeste au secret des sources, condition fondamentale d’un journalisme libre.

La loi sur la presse est une fois de plus contournée par la justice commerciale. Après le milliardaire Patrick Drahi contre Reflets-infos, puis l’homme politique Gaël Perdriau contre Mediapart, voici qu’une grande entreprise, le groupe Valgo, mobilise le tribunal de commerce de Rouen pour bafouer la liberté de la presse. Ces recours répétés à une justice commerciale ignorant tout des droits et protections du journalisme constituent une menace gravissime.

« Le Poulpe », journal d’information sur l’agglomération rouennaise et la Normandie, a publié en 2022 une enquête documentant de lourds soupçons sur la qualité de la dépollution menée par l’entreprise Valgo sur le site de l’ex-raffinerie Petroplus, où Amazon a renoncé à s’implanter, notamment en raison des révélations du journal. Le journal n’a appris que des mois plus tard, et par la bande, qu’il était menacé par une procédure visant à identifier ses sources.

Car l’entreprise Valgo n’a pas directement attaqué « Le Poulpe » mais une entreprise concurrente, la société Troletti, propriété du groupe de BTP Lhotellier, accusée de concurrence déloyale et dénigrement. Le tribunal de commerce de Rouen, à l’issue d’une procédure non-contradictoire, a repris pour l’essentiel l’argumentaire de Valgo pour aboutir à une décision ahurissante.

Dans une ordonnance du 29 septembre 2022, le président du tribunal de commerce ordonne à des huissiers de saisir documents, correspondances et mails de la société Troletti. Il s’agit clairement de tenter d’identifier les sources des journalistes.

L’ordonnance précise qu’il s’agit de « rechercher et saisir les documents suivants sous format papier ou sous format numérique : l’ensemble des échanges de correspondance, sur support matériel ou informatique, entre Madame Laurence Delleur (journaliste autrice de l’enquête) et Monsieur Troletti, entre madame Laurence Delleur et un salarié de la société Troletti TP et entre Monsieur Gilles Triolier (journaliste du Poulpe) et/ou Monsieur Edwy Plenel (président de Mediapart qui avait repris l’enquête), d’une part, et Monsieur Troletti et/ou un salarié de la société Troletti TP, d’autre part, entre le 1er avril 2021 et le 20 février 2022 ».

« L’huissier pourra utiliser dans le cadre de ses recherches toute adresse email et effectuer toute recherche par mot-clé« 

L’ordonnance va jusqu’à détailler la méthode de chasse aux sources :

« L’huissier pourra utiliser dans le cadre de ses recherches toute adresse email et effectuer toute recherche par mot-clé en utilisant toute combinaison entre lesdites adresses emails et/ou les noms de personnes désignées ci-avant avec les termes suivants : Valgo, raffinerie, Petroplus, hydrocarbures, laine de verre, stockage est, Le Poulpe, Mediapart ».

Le secret des sources est l’un des principes fondamentaux de la liberté de la presse. Il est affirmé dans l’article 2 de la loi de 1881 sur la liberté de la presse : « Le secret des sources des journalistes est protégé dans l’exercice de leur mission d’information du public ». Il est conforté par la Cour européenne des droits de l’homme dans son arrêt de 1996: « La protection des sources journalistiques est lune des pierres angulaires de la liberté de la presse ».

Le journal « Le Poulpe » n’a pas été officiellement informé de cette procédure. L’ayant appris incidemment des mois plus tard, son équipe a interrogé le président du tribunal de commerce qui s’est refusé à tout commentaire. Procédure secrète et non-contradictoire : c’est bien une justice discrétionnaire et liberticide que le tribunal de commerce a mis en œuvre, cédant sans retenue aux demandes du groupe Valgo.

François Bouché, PDG de Valgo (600 collaborateurs, plus de 100 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2021), ne masque pas ses intentions d’en découdre. Interrogé par « Le Poulpe » avant la parution de l’enquête, il menaçait déjà de ruiner les ambitions économiques du média indépendant, avançant que des « actions juridiques pourraient avoir un impact sur les activités du Poulpe ». Depuis, il a annoncé son intention de poursuivre en diffamation le journal. Quant à l’enquête ordonnée par le tribunal de commerce, elle se poursuit dans le secret.

Signataires à l’automne dernier de l’appel « Drahi ne nous fera pas taire » pour protester contre ces recours aux tribunaux de commerce, appel signé par plus de cent médias indépendants, nous sommes pleinement solidaires des journalistes du « Poulpe ». Il revient aux pouvoirs publics de faire respecter la loi de 1881 en rendant impossible son contournement. Cette alarme, partagée par toutes les organisations de journalistes, doit être entendue.

Premiers signataires

Médias

    Politis Rue89 Strasbourg Rue89 Lyon Street Press Revue XXI 6mois La Revue dessinée Topo Marsactu Reporterre Le Bondy Blog Disclose Les Jours Au Poste Médiacités Grand-Format

Organisations

    Syndicat national des journalistes (SNJ) Fédération européenne des journalistes Benoît Huet, avocat spécialiste du droit de la presse Le Fonds pour une presse libre

À Lyon, les demandeurs d’asile LGBTI craignent la future « loi Darmanin »

À Lyon, les demandeurs d’asile LGBTI craignent la future « loi Darmanin »

À Lyon, le collectif 2MSG accompagne les demandeurs d’asile LGBTI. Plusieurs d’entre eux peinent à obtenir une protection. Ils craignent que le nouveau projet de loi sur l’asile et l’immigration, la «loi Darmanin», examiné par la commission des lois en mars 2023, n’aggrave la situation.

Il y a un an, le collectif africain LGBTI Migrations, minorités sexuelles et de genre (2MSG) organisait une conférence de presse pour alerter les pouvoirs publics sur la situation des demandeurs d’asile homosexuels à Lyon. Joe, MacQueen et Wilfried avaient eu l’occasion de raconter à Rue89Lyon leurs parcours depuis le Nigéria. L’enfer de l’exil, de la rue, des persécutions. Leur départ vers un pays qu’ils rêvaient plus hospitalier. 

À Lyon, le collectif 2MSG alerte sur les conditions de vie des demandeurs d'asile LGBTI, le 22 mai 2023. ©EH/Rue89Lyon
À Lyon, le collectif 2MSG alerte sur les conditions de vie des demandeurs d’asile LGBTI, le 22 mai 2023.Photo : EH/Rue89Lyon

Un an plus tard, seul l’un des trois demandeurs est parvenu à obtenir un titre de séjour. Joe a été auditionné par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), qui a jugé son dossier valide. Un apaisement qui ne signe pas la fin de sa lutte. Le Nigérian s’est engagé auprès du collectif, dont il est devenu co-président.

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Sorties à Lyon : la sélection culture de la rédaction du 24 au 30 mai

Sorties à Lyon : la sélection culture de la rédaction du 24 au 30 mai

Sélection premium pour nos sorties à Lyon de la semaine : une expo qui a du chien, un groupe phare de la pop, un humoriste subtil, l’anniversaire d’une grande maison et de quoi se marrer. N’hésitez pas à ajouter vos bons plans en commentaires.

Avoir du chien

Vous aimez les chiens ? Si vous répondez par la positive à cette question digne de Michel Drucker, alors vous vous délecterez de cette exposition de Nicolas Jullien. Bon, il faut aussi aimer les concepts – ne pas s’attendre non plus à un concours de beauté canin, avec caniches abricots et sharpei hors de prix. Le principe, c’est une pièce plongée dans le noir et des sculptures naïves, sur fond de musique électroniques. Bref, un univers un rien halluciné où ces créatures semblent tantôt vitrifiées par une explosion nucléaire, tantôt bien vivantes et facétieuses. Si vous n’aimiez pas les chiens avant de faire l’expérience de cette exposition, cela aura, à coup sûr, changé à votre sortie.

Nicolas Jullien – Ni Dieu ni Maîtres. À la Galerie Slika jusqu’au 17 juin.

Souffler ses bougies

5 ans après la disparition soudaine de son fondateur, Paul Otchakovsky-Laurent, l’historique maison d’édition P.O.L. fête ses 40 ans. Née comme une simple collection hébergée par de grandes maisons, devenue indépendante puis réfugiée sous l’aile du tout-puissant Gallimard, la maison a su développer un catalogue exigeant flirtant bien souvent avec l’avant-garde. Voilà bien l’un des symboles les plus rutilants de ce que peut-être la littérature française.

Aujourd’hui, P.O.L. est dirigée par Frédéric Boyer – un autre grand esprit, par ailleurs traducteur de Virgile et Shakespeare et directeur du pharaonique projet de réécriture de la Bible en 2001. La maison s’offre une tournée partout en France pour fêter son anniversaire avec un public averti – qui en vaut donc deux. Ce sera le cas lors de ce double programme à la Librairie Passages qui accueille d’abord Robert Bober, ami de Perec et de Truffaut. Puis Boyer lui-même avec deux de ses auteurs : Christine Montalbetti et Franck Mignot. Copieux.

40 ans de P.O.L. À la Librairie Passages, les 24 et 25 mai.

Sorties à Lyon 40 ans P.O.L.
Christine Montalbetti, Frédéric Boyer et Franck Mignot. 40 ans de P.O.L. Photo : P.O.L.

Aimer drôlement

On connaît Fary pour ses tenues droit sorties d’un film de Science-fiction et ses stand-ups engagés sur la question du racisme. Le stand-upper propose un humour plus subtilement politique que frontalement drôle (comprendre, on n’est pas chez Bigard, ni même chez Baptiste Lecaplain). Bref, on est plus proche ici de la tribune et du slam que de la franche gaudriole à la gauloise. Mais avec « Aime-moi si tu peux », titre en forme de défi autant que de supplique, Fary s’attaque cette fois à la question amoureuse. Il aborde donc à sa propre intimité, lui qui excelle dans l’auto-dérision maline. C’est tellement subtil qu’on en oublie parfois de rire, mais est-ce si grave ?

Fary – Aime-moi si tu peux. À la Bourse du Travail, le 30 mai.

Être à la Mode

En 2023, Depeche Mode se trouve réduit à sa plus simple expression, soit son « songwriter » historique Martin Gore et son charismatique et inimitable chanteur, le grand Dave Gahan. Depuis le départ du savant fou Alan Wilder, il y a 30 ans, le groupe n’était plus composé que des deux et d’Andy Fletcher, homme à tout faire et pacificateur des humeurs des deux autres. Plus qu’un membre de complément, il jouait le rôle du pilier, de l’ami, du frère.

Malheureusement, l’homme a disparu l’an dernier, à la surprise générale, en plein enregistrement de Memento Mori, l’album publié en ce début d’année. Un disque que Gahan et Gore ont transformé en hommage posthume, empreint de nostalgie. Ce disque démontre surtout l’inspiration retrouvée (parfois émoussée ces dernières années et quoi de plus normal en 40 ans de carrière). Réalité à vérifier en live lyonnais au Groupama Stadium, entre deux tubes inoubliables tirés d’un passé glorieux.

Depeche Mode. Au Groupama Stadium le 31 mai.

Stand-up à l’honneur

Le tout premier festival dédié au stand-up débarque en bas des Pentes, au cœur du quartier où fourmillent les café-théâtres, du 24 au 27 mai. Le Lyon Stand-up Festival se déroulera à Sofffa, rue Sainte-Catherine. L’évènement rassemblera 17 stand-uppers et stand-uppeuses de la région. S’y trouveront quelques têtes connues de la scène lyonnaise, comme Bamba Fall, aux manettes du festival, Eve TGA, Chloé Drouet, Jean-Baptiste Mazoyer ou Yanisse Kebbab. Certain·es viendront y jouer leurs spectacles. La première partie des deux soirées d’ouverture, les 24 et 25 mai, sera aussi dédiée à des « tremplins », sorte de concours destinés à révéler de nouveaux talents.

Lyon Stand-up Festival. Infos et billetterie ici. Du 24 au 27 mai, Soffa, 17 rue Sainte-Catherine (Lyon 1er)

De Lyon à la guerre en Ukraine : itinéraire d’un militant néonazi lyonnais

De Lyon à la guerre en Ukraine : itinéraire d’un militant néonazi lyonnais

« Kenneth » est un jeune volontaire français, engagé en Ukraine pour se battre contre l’armée russe. C’est également un militant néonazi de Lyon Populaire, impliqué dans plusieurs actions violentes. Véritable globe-trotter, Kenneth entretient de forts liens avec la mouvance d’extrême droite radicale, en France et en Europe.

Ils sont huit à poser devant le palais des sports de Kyiv, en Ukraine, en mai 2023, arborant un drapeau « Jeunesse Squadriste ». Trois font un salut hitlérien, un quatrième un salut du Kühnen, ersatz du salut nazi, créé pour en contourner l’interdiction. Le drapeau, lui, fait référence aux forces paramilitaires italiennes opposées aux mouvements sociaux dans l’entre-deux-guerres, agrégées par la suite au mouvement fasciste.

Casquette Ralph Lauren blanche et bras tendu, on retrouve au centre de cette photo, un volontaire dont on ne connaît pas l’identité civile, surnommé « Kenneth », ou « le K ». Ce jeune français, engagé auprès des forces ukrainiennes, nostalgique du IIIème Reich et amateur de bagarre, se trouve être un militant du groupuscule d’extrême droite radicale Lyon Populaire.

Extrême droite Lyon ukraine néonazi
Plusieurs volontaires français, engagés avec les forces ukrainiennes, posent à Kyiv au mois de mai 2023Photo : Telegram Ouest Casual

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