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Michel Mercier, un baron du Rhône parti sans bruit
Politique 

Michel Mercier, un baron du Rhône parti sans bruit

actualisé le 17/08/2020 à 18h19

[Enquête] Alors que les élections lyonnaises ont été le théâtre de la chute de Gérard Collomb à la Métropole, Michel Mercier (CDS, UDF, UDI, puis Modem) a, lui, quitté sans bruit la vie politique avec ces élections municipales.

Il n'en était pour autant pas moins un "baron local" de première importance. Co-créateur avec Gérard Collomb de la Métropole de Lyon, âgé comme lui de 73 ans, l’ancien garde des Sceaux a compris, un peu contraint, que son heure était venue.

Malgré ses déboires judiciaires, une gestion financière du Département critiquée par ses opposants, il laisse à ses pairs de l’Ouest lyonnais l’image d’un homme "sympathique", animal politique et très fin connaisseur de son territoire. Mais pour certains, sa manière de faire de la politique "à la papa" relève d'un autre temps.

« Notre objectif est de continuer la dynamique initiée sur le territoire. Et cette dynamique, nous la devons à Michel Mercier. »

"Je n'ai jamais eu une confiance absolue dans ce qu'il me disait"
Nous sommes le 9 juin 2020. Après 13 ans passés sur les bancs de l'Assemblée nationale comme député de la 8e circonscription du Rhône, Patrice Verchère (LR) prend officiellement la présidence de la Communauté d'agglomération de l’Ouest rhodanien (COR). Un hommage sobre, mais qu'il veut sincère, formulé à son prédécesseur Michel Mercier.

« Malgré nos désaccords politiques, j’ai un très grand respect pour Michel Mercier et pour ce qu’il a fait de notre territoire», explique à Rue89Lyon, le nouveau président de la COR.

Après avoir loué l'action économique de l'ancien ministre, le député marque, tout de même, un temps de pause. Avant de nous lâcher :

"Du reste, on ne fait plus de la politique maintenant comme on la faisait à son époque. Je n’ai jamais eu une confiance absolue dans ce qu’il me disait. Ou, du moins, la confiance n’exclut pas le contrôle.»

Une manière pudique de refermer le livre d'une histoire politique de plus de 30 ans. Élu conseiller municipal de Thizy (Rhône) à 24 ans, maire de cette même ville à partir de 1977, Michel Mercier étale un CV à faire rougir n'importe quel baron local. Garde des Sceaux, ministre de l’espace rural et de l’aménagement du territoire, sénateur durant 16 ans, député, président du Conseil général durant plus de 20 ans… « Une carrière d’un autre temps », selon des élus de tous bords.
Des casseroles et des emprunts toxiques
Pour cela, le Thizerot (habitant de Thizy), connu aussi pour ses casseroles judiciaires, s’est appuyé sur plusieurs facteurs à commencer par un destin "chanceux". À 43 ans, il est le jeune président d'un Conseil général du Rhône avec des compétences nouvelles.

« Il a profité des réformes liées à la décentralisation, se souvient une de ses collaboratrices au Conseil général. Le Département a alors beaucoup gagné en pouvoirs. Quand vous aviez ces manettes, vous contrôliez les maires, vous aviez tout. »

« Une fois, un élu m'a dit en allant dans son bureau : 'Je vais voir Dieu le père' »
Le Rhône (aujourd'hui Nouveau Rhône depuis 2015) est alors une machine puissante avec de nouvelles subventions à distribuer.

« On ne peut pas ne pas bien s’entendre avec le chef, plaisante un élu du nord du département. C’est lui qui a l'argent. »

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L'AUTEUR
Pierre Lemerle

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