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Actualités, enquêtes à Lyon et dans la région

Le gendarme du nucléaire tape (encore) sur la centrale du Bugey

Le gendarme du nucléaire tape (encore) sur la centrale du Bugey

La centrale nucléaire du Bugey a de nouveau été épinglée dans le bilan annuel de l’Autorité de sûreté du nucléaire (ASN), dévoilé ce mardi 13 juin. Des fragilités sont signalées depuis 2019.

Peut mieux faire, pour la centrale nucléaire du Bugey, à l’est de Lyon. L’Autorité de sûreté du nucléaire (ASN), a présenté ce mardi 13 juin son bilan des inspections réalisées sur l’année 2022. La division de Lyon est la plus importante par la taille et la diversité de son parc nucléaire. On y trouve en effet quatre centrales nucléaires exploitées par EDF, celle du Bugey (Ain), celle de Saint-Alban (Isère), celle de Tricastin (Drôme) et celle de Cruas (Ardèche).

S’y ajoutent les nombreux sites industriels et de recherche de la région, la gestion des déchets nucléaires, le transport des substances radioactives et les établissements hospitaliers, nombreux là aussi, qui utilisent la technologie nucléaire pour effectuer certains soins.

Si les centrales nucléaires de Saint-Alban, du Tricastin font figure de « bons élèves », il n’en va pas de même pour celles du Bugey (Ain) et, dans une moindre mesure, de Cruas (Ardèche).

La centrale du Bugey à Saint-Vulbas, à 30 km de Lyon et 70 km de Genève.
La centrale du Bugey à Saint-Vulbas, à 30 km de Lyon et 70 km de Genève.Photo : IG/Rue89Lyon

À la centrale nucléaire du Bugey, des performances « dégradées »

Sur l’année 2022, le gendarme du nucléaire a réalisé 330 inspections dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, dont 116 dans ces quatre centrales. Au total, 30 événements de niveau 1, selon l’échelle INES, ont été recensés par l’ASN dans les installations nucléaires de la région. Le niveau 1 signifie qu’il y a des anomalies, mais sans impact sur les travailleurs, l’environnement ou la population.

La centrale nucléaire du Bugey a fait l’objet de 32 inspections, à peu près comme les trois autres. D’après l’ASN, il en ressort des performances globales « en retrait » en matière de sûreté nucléaire par rapport aux autres inspections.

« En matière de sûreté nucléaire, l’ASN considère que les performances de la centrale nucléaire se sont dégradées en 2022, dans un contexte industriel pourtant moins chargé que les années précédentes, note le gendarme du nucléaire dans son rapport. L’ASN constate des fragilités sur la mise en configuration des circuits, la gestion des essais périodiques, la planification et la réalisation des activités de maintenance et des essais de requalification, ainsi que sur la problématique des pièces de rechange. »

La centrale du Bugey mise en demeure de sécuriser le bâtiment des réacteurs

Pour rappel, des « fragilités » avaient été constatées dès 2019 sur la centrale nucléaire du Bugey, qui persistaient en 2020. La situation ne semble pas s’être améliorée en 2022. En août, l’ASN a mis en demeure EDF de prendre des dispositions sur les radiers, les dalles de béton qui constituent la base du bâtiment des quatre réacteurs de la centrale nucléaire.

Un délai a été accordé à EDF, qui pourra effectuer les travaux nécessaires lors de la quatrième visite décennale du réacteur Bugey-3, prévue en novembre 2023. A l’issue de ces contrôles, ces réacteurs mis en service en 1979-1980 devraient rempiler pour dix années supplémentaires d’activité.

La centrale nucléaire de Cruas a elle aussi été jugée « en retrait » par rapport à l’inspection générale de l’ASN, qui note « une recrudescence d’écarts et de non-qualités de maintenance ». Les deux autres centrales n’ont pas fait l’objet d’une appréciation aussi sévère. Celles de Saint-Alban et du Tricastin, épinglées en 2019 et en 2020, ont été saluées pour leurs performances satisfaisantes en matière de sûreté nucléaire.

Manifestation des AESH devant le rectorat de Lyon ce mardi

Manifestation des AESH devant le rectorat de Lyon ce mardi

Ce mardi 13 juin, les syndicats appellent les accompagnant·es des élèves en situation de handicap (AESH) et les assistant·es d’éducation (AED) à manifester devant le rectorat de Lyon. Elles et ils demandent une amélioration de leurs conditions de travail et la reconnaissance de leur statut.

Les syndicats appellent les accompagnant·es des élèves en situation de handicap (AESH) et les assistant·es d’éducation (AED) à manifester mardi 13 juin, devant le rectorat de Lyon, au 92 rue de Marseille pour améliorer leurs conditions de travail. Ils et elles s’opposent également à la création d’un nouvel emploi fusionnant AESH et AED : l’Accompagnant à la réussite éducative (ARE).

« Ce projet traduit clairement la volonté du gouvernement de nier la spécificité du métier d’AESH au détriment de l’inclusion des élèves en situation de handicap. S’il venait à être appliqué, il impacterait aussi fortement les AED et les vies scolaires », dénoncent dans leur communiqué les syndicats FO, CGT, SUD, FSU, FO, SNUEP et SNALC.

Les AESH demandent la reconnaissance de leur statut

Grâce à leurs précédentes mobilisations, elles ont obtenu la CDisation de leur profession au bout de trois ans d’ancienneté pour les AESH et six pour les AED. Pourtant, ces deux métiers sont encore très précaires puisque les professionnel·les sont considérés comme des agent·es contractuel·les de droit public et ne peuvent pas prétendre à un statut de fonctionnaire. Ils et elles n’ont donc pas la même sécurité de l’emploi et les mêmes droits. En novembre dernier, au bout de leur trois ans de CDD trois AESH en congés maladies à Lyon n’ont pas eu leur contrat renouvelé en CDI. Les AESH demandent donc la création d’un statut de fonctionnaire et plus de sécurité d’emploi pour les AED.

« Les AED restent soumis·es à des pressions de la part des chef·fes d’établissement pour les renouvellements de contrats en cette fin d’année. Nous demandons l’application des textes avec des contrats renouvelables 3 ans, un recrutement par le rectorat, et la création d’un cadre d’emploi protecteur au sein de l’Éducation Nationale permettant aux AED de sortir de la précarité », précisent également les syndicats.

Selon le gouvernement, la réforme de la grille salariale a permis aux AESH de bénéficier d’un gain moyen de 1083 euros bruts par an. Pourtant cette grille salariale est devenue « obsolète », selon les syndicats.

« La grille salariale des AESH, instaurée par décret en août 2021, est devenue totalement obsolète en moins d’un an. Les trois premiers échelons (9 ans de service) correspondent désormais à une rémunération au SMIC. Ce tassement de la grille supprime l’évolution et la reconnaissance de l’expérience professionnelle pour les AESH. »

Les AESH souhaiteraient que leur rémunération soit alignée sur la grille de catégorie B qui regroupe les professions intermédiaires au sein de la hiérarchie de la fonction publique. Ils et elles revendiquent également la garantie de pouvoir travailler à temps complet.

Rassemblement de soutien aux AESH du 24/03/21 devant la Direction des Services Départementaux de l'Éducation nationale du Rhône. ©LS/Rue89Lyon
Rassemblement de soutien aux AESH du 24/03/21 devant la Direction des Services Départementaux de l’Éducation nationale du Rhône.Photo : LS/Rue89Lyon

À l’ouest de Lyon, l’anti mégabassine qui peine à voir le jour

À l’ouest de Lyon, l’anti mégabassine qui peine à voir le jour

À rebours des projets de mégabassines, quatre fermes souhaitent agrandir et mettre aux normes un barrage en travers d’un cours d’eau à l’ouest de Lyon, vers Haute-Rivoire. Le projet, destiné à l’irrigation de la nourriture de leur bétail, a été autorisé par la préfecture sans rencontrer de contestations citoyennes. Problème : les éleveurs n’arrivent pas à obtenir d’aides publiques et s’en étonnent.

À l’heure des conflits autour des mégabassines, la situation a de quoi interpeller à l’ouest de Lyon. Dans les Monts du Lyonnais, à Haute-Rivoire, un projet destiné à l’irrigation agricole ne rencontre aucune résistance citoyenne. Une chose rare alors qu’ailleurs en France, la guerre de l’eau suscite des conflits de plus en plus durs, alimentés par la raréfaction de la ressource en raison du changement climatique. L’eau disponible pourrait diminuer de 40 % d’ici 2050 dans le pays. Or, l’agriculture est de loin sa première consommatrice. 

Une petite musique s’installe dans le débat public. Celle de l’opposition simpliste « agriculteurs contre écologistes ». Elle résonne de plus en plus fort à Sainte-Soline dans les Deux-Sèvres, contre les mégabassines, ou dans le Tarn-et-Garonne. Dans ce département, des agriculteurs ont construit une retenue d’eau illégalement et ne s’en cachent même pas.

Alors, quand l’exploitant Mathieu Razy a reçu l’autorisation environnementale de la préfecture du Rhône pour son projet d’irrigation, en avril dernier, il a savouré cette « petite victoire ». L’éleveur de vaches Aubrac pratique l’agriculture biologique sur ses 75 hectares. Avec trois autres exploitations du secteur, qui, elles, ne sont pas en bio, il souhaite agrandir une retenue d’eau existante. Un barrage en travers d’un ruisseau. D’une capacité de 12 000 m³, il s’agirait d’atteindre un volume de 110 000 m³, après de lourds travaux. Cela représente environ six fois moins que la capacité de la mégabassine de Sainte-Soline, par exemple. 

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Quand l’anthropocène met en danger la « Zone critique »

Quand l’anthropocène met en danger la « Zone critique »

Cette semaine, notre partenaire Radio anthropocène fait un atterrissage forcé et revient sur le concept de « Zone critique ». Des échanges pour documenter cette nouvelle réalité scientifique, qui bien qu’aride en apparence, nous concerne tous collectivement. 

C’est l’histoire d’une espèce qui s’est longtemps considérée comme le centre du monde. C’est l’histoire d’une planète qu’on a longtemps pensée comme le centre de l’univers. C’est l’histoire d’un atterrissage forcé, face à une réalité contemporaine qui nous bouleverse et menace aujourd’hui l’habitabilité de la planète. Cette histoire est celle de l’humanité et de l’entrée récente dans l’époque de l’Anthropocène. Cette nécessité, c’est celle de considérer l’importance d’une « zone critique », cette fine pellicule qui abrite la vie sur Terre. 

La zone critique : de quoi parle-t-on ?

La zone critique est un concept récent. Pourtant, son existence s’inscrit dans une histoire longue. Fruit d’une évolution millénaire, elle est le produit de l’histoire d’une variété de formes de vie qui ont muté au cours de l’évolution, pour construire un espace habitable. La zone critique, c’est cette fine pellicule qui rend la vie possible. Elle s’étend sur quelques kilomètres seulement : du sous sol de la Terre à l’atmosphère. Elle rend possibles les principaux phénomènes géochimiques dont dépend la vie.

Du cycle de l’azote au carbone, en passant par l’air que nous respirons, à la photosynthèse, et à la constitution de réserves d’énergies carbonées, tous ces processus sont le fruit de cette histoire. Ces dynamiques ont considérablement transformé la géologie de la Terre, avant que l’espèce humaine ne prenne récemment le relais, et bouleverse radicalement ces équilibres. 

La nécessité d’atterrir

Le 6e rapport du GIEC le rappelle : le changement climatique est une réalité et la responsabilité humaine dans l’accélération de ce processus est incontestable. Alors que les Accords de Paris prônent de maintenir les températures à une augmentation maximale de + 1,5° par rapport à l’ère industrielle d’ici 2100, la trajectoire actuelle n’est pas à la hauteur. La France a d’ailleurs été condamnée à plusieurs reprises par les tribunaux pour inaction climatique.

Au-delà du climat, l’action humaine menace tous les équilibres écosystémiques dont dépend la vie sur Terre, et la vie humaine en particulier. Sept des huit limites planétaires ont déjà été dépassées et ces bouleversements touchent les populations terrestres de manière très inégale. Le modèle des « limites planétaires » (voir ci-dessous) a d’ailleurs été récemment enrichi des questions de justice environnementales et sociales dans une étude parue dans la célèbre revue Nature.

Les limites planétaires, une manière de saisir la zone critique.

Une période critique pour la zone critique ?

Si le changement climatique est une réalité scientifique, elle est surtout de plus en plus une expérience sensible, qui touche les corps et cristallise un certain nombre de peurs. Jeudi 8 juin, les mégas feux au Canada ont produit un smog intense jusqu’à New York, plongeant la ville dans une brume orangée aux teintes apocalyptiques. La science-fiction devient réalité et les images qui nous arrivent quotidiennement à la figure en témoignent chaque fois davantage. Pourtant, nous regardons encore collectivement ailleurs !

La zone critique, une invitation au décentrement 

La société ne peut plus être centrée uniquement sur « l’humain », mais doit devenir « terrestre » si elle veut s’assurer un avenir. Fini l’anthropocentrisme, le moment est venu de considérer l’humanité comme une espèce parmi les autres, humains et non humains : ni au centre, ni en surplomb du règne naturel. Tous vulnérables, car tous interdépendants.

Le Covid nous l’a montré : les effets de l’activité humaine sur les milieux ne sont plus sans conséquences pour nous autres humains. Le confinement planétaire a été un fait anthropocène total, qui a mis à l’arrêt le système monde en raison d’un virus microscopique qui s’est finalement avéré moyennement létal. Mais nous sommes aussi confinés au sein d’un espace réduit qui rend possible la vie : cette même zone critique, toujours plus fragile. 

Des rêves de mondes ailleurs qui menacent la zone critique 

S’il convient de se décentrer, il faut rappeler que la menace qui pèse sur l’habitabilité de la planète concerne essentiellement les conditions requises pour l’épanouissement de notre propre espèce. Car la vie, elle, s’est développée très tôt sur Terre (et peut-être sur d’autres planètes, sous des formes qui nous restent pour l’instant inconnues), il y a 3,8 milliards d’années. Or, la vie perdurera sous d’autres formes après la disparition potentielle d’homo sapiens. À ce titre, les envies d’ailleurs portées par certains chantres du transhumanisme – qui prônent le techno-solutionnisme et la fuite sur Mars – sont à bien des égards des rêveries. Car il n’y a pas de planète de rechange, et que ces projets peuvent transformer la vie sur Terre en cauchemars ! Plutôt que de faire sécession, l’heure est à l’action, et celle-ci peut être plurielle. 

La convergence des arts et des sciences pour penser la zone critique

Face à ce constat, une confluence d’acteurs s’empare de façon croissante de ces enjeux : scientifiques, artistes, activistes, politiques, habitants… Tous terrestres. C’est ce que propose par exemple Jean-Pierre Seyvos, à travers une œuvre musicale et théâtrale inspirée du travail de Bruno Latour. Ce même Bruno Latour qui avait d’ailleurs organisé la célèbre exposition Critical Zones au ZKM à Karlsruhe. Une réflexion sensible et artistique qui nous interroge sur la fragilité de ces fines couches qui nous maintiennent en vie. Quand les scientifiques documentent les bouleversements en cours, des artistes s’en saisissent pour les rendre sensibles, visibles, audibles. Ensemble, ils performent le changement global.

Un choc esthétique pour un impératif politique  

Soulignons, enfin, le travail photographique d’Adrien Pinon intitulé Blue Marble. Le concept, un peu fou et décalé, retrace l’histoire d’un cosmonaute atterrissant sur Terre et pris de vertige face à l’abondance des traces humaines. À la manière des Lettres Persanes, ce regard de biais nous montre la vacuité de nos installations terrestres face à l’ampleur des défis qui nous concernent tous collectivement. 

C’est tout le projet de Radio Anthropocène qui souhaite créer les conditions de dialogue entre sciences, arts et société pour penser le changement global depuis Lyon. Alors, à vos écouteurs pour un après-midi d’échanges, d’inspirations et d’actions enthousiasmantes pour lutter contre la morosité ambiante !

Radio Anthropocène – 7 juin 2023 – Zone Critique

Squat à Lyon : la saison des expulsions est ouverte

Squat à Lyon : la saison des expulsions est ouverte

L’expulsion du squat Zola, jeudi 1er, et un premier passage des forces de l’ordre à la maison Sans-Souci, vendredi 2 juin, marquent le début de la saison des expulsions de squats. À Lyon, au moins sept squats sont menacés, et près de 300 personnes pourraient être expulsées dans les jours à venir.

« Avant, on était dans la rue, sous les ponts. Si la mairie nous dit de partir, on va aller ou ? »

C’est la question que pose Simi à l’assemblée réunie, ce samedi 3 juin, pour une réunion publique de soutien contre l’expulsion du squat de la maison Sans-Souci (Lyon 3e). Propriété de la mairie de Lyon et squattée depuis trois ans, la demeure et sa cinquantaine d’habitants, dont plusieurs femmes enceintes et enfants, sont expulsables depuis le 15 mai. La veille, la police a défoncé les portes de la maison et des chambres, dans l’objectif de recenser les habitants et de préparer l’évacuation définitive du bâtiment.

Depuis la fin de la trêve hivernale, le 31 mars, de nombreux squats de Lyon se retrouvent dans des situations similaires. Le jeudi 1er juin, la maison du Zola, à Villeurbanne, et sa douzaine d’habitants ont été expulsés par les forces de l’ordre. Le mercredi 7 juin, le squat Duracuire, à Caluire, un ancien centre médico-psychologique (CMP) dépendant du Vinatier, devait également être évacué. La convention établie entre les occupant·es et le promoteur privé, Carré d’Or, touche à sa fin, malgré une prolongation de plusieurs semaines.

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Rive droite du Rhône : le plan du réaménagement pour 2030

Rive droite du Rhône : le plan du réaménagement pour 2030

La Ville et la Métropole de Lyon ont présenté, mercredi 7 juin, les visuels finaux du réaménagement de la rive droite du Rhône. Espaces piétons, pistes cyclables, promenade suspendue sur l’eau… Ils proposent de transformer les quais en « grand jardin nature ». Objectif : que la population se réapproprie les quais tout en s’adaptant au réchauffement climatique.

Rive droite du Rhône
La future terrasse devant l’Hôtel-Dieu descendant vers le RhônePhoto : Studio alma

C’est un chantier de grande ampleur qu’ont présenté la Métropole et la Ville de Lyon, mercredi 7 juin.  Son but : végétaliser et piétonniser la rive droite du Rhône qui longe la Presqu’île sur sa partie Est, notamment au niveau de l’Hôtel-Dieu. Un projet qui sera financé à hauteur de 100 millions d’euros dont 30 pendant le mandat.

Les premiers chantiers commenceront fin 2024 entre le pont Wilson et le pont Lafayette avec pour finalité la création de « bas port », des terrasses en contrebas en bois permettant aux habitants de se promener juste à côté du Rhône. Sur la voie lyonnaise n°6, un nouvel alignement d’arbres apparaîtra, facilitant l’effort physique aux cyclistes l’été. Le tronçon de quai haut sera également transformé avec l’aménagement de trois voies de circulation. Ces travaux se poursuivront jusqu’en 2026.

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François, 60 ans, futur habitant de la première maison pour seniors LGBT à Lyon

François, 60 ans, futur habitant de la première maison pour seniors LGBT à Lyon

La première maison pour seniors LGBT ouvrira ses portes fin 2024 à Lyon. Rencontre avec François, l’un de ses futurs habitants.

Après les États-Unis et l’Allemagne, la première maison pour accueillir des seniors LGBT arrive en France, à Lyon, en plein cœur de la Croix-Rousse. La première pierre sera posée le 9 juin, à la veille de la Marche des Fiertés, pour une ouverture des portes prévue en décembre 2024. Le projet, mené par l’association des Audacieux·ses, cherche à inventer de nouveaux dispositifs d’habitats participatifs pour les aîné·es LGBT.

François, 60 ans, se projette dans cet immeuble arc-en-ciel, avec des paillettes dans les yeux. Dans les grands espaces partagés de la maison, on trouvera des tracts militants, des affiches multicolores et la programmation des drag shows du coin. Le jardin de 230 m2, arène de futurs apéros dînatoires,  accueillera les festivités d’une crémaillère haute en couleurs. Mais surtout, le lieu sera habité par des personnes âgées, comme François, qui aspirent à vivre en collectif avec la possibilité de vieillir « queer ».

Une « maison de la diversité » pour les seniors LGBT de Lyon

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Un rassemblement contre la réforme des retraites jeudi 8 juin à Lyon

Un rassemblement contre la réforme des retraites jeudi 8 juin à Lyon

La CGT appelle à un rassemblement devant la préfecture du Rhône (Lyon 3e) le jeudi 8 juin à 12h, à l’occasion de l’examen de la proposition de loi déposée par le groupe Liot, visant à abroger le texte de la réforme des retraites.

rassemblement Lyon
Un rassemblement intersyndical à Lyon près de la préfecture du Rhône, le 16 mars 2023, à l’occasion du recours au 49.3 pour faire passer la réforme des retraites.Photo : Marie Allenou/Rue89Lyon

Après la manifestation du mardi 6 juin, la CGT appelle à un nouveau rassemblement à Lyon pour demander l’abrogation de la réforme des retraites. Le rendez-vous est donné devant la préfecture du Rhône, 18 rue de Bonnel (Lyon 3e) le 8 juin à partir de 12 h.

Rassemblement à Lyon contre la réforme des retraites

Cette nouvelle mobilisation est organisée à l’occasion de l’examen à l’Assemblée Nationale du texte proposé par le groupe transpartisan Liot (Libertés, indépendants, outre-mer et territoires), qui vise à abroger la réforme des retraites. Pour rappel, en commission des Affaires Sociales, mercredi 31 mai dernier, les députés ont d’ores-et-déjà voté pour la suppression de l’article phare du texte : l’abrogation des 64 ans.

Si l’opposition caresse l’espoir de voir l’article sur l’abrogation de l’âge de départ à la retraite à 64 ans être rétabli par amendement, la journée de jeudi s’annonce compliquée. La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a annoncé ce mercredi 7 juin qu’elle ferait barrage à l’examen de la mesure d’abrogation de la retraite à 64 ans, en la déclarant « irrecevable financièrement ».

Après près de quatre mois et demi de luttes contre la réforme des retraites, la 14e journée de mobilisation intersyndicale et la manifestation de mardi, qui a réuni 27 000 personnes selon les syndicats et 8000 selon la préfecture, ce rassemblement pourrait être le dernier avant la période estivale.

Sorties à Lyon : la sélection culture de la rédaction du 7 au 13 juin

Sorties à Lyon : la sélection culture de la rédaction du 7 au 13 juin

On fait le plein de cinéma culte dans cette semaine de sorties à Lyon avec une rétro, des affiches, un ciné-concert. Et on complète avec du jazz et de la grande littérature. N’hésitez pas à ajouter vos bons plans en commentaires.

Les Voyages d’Hayao

S’il y a bien un cinéaste qu’il faut faire découvrir à vos enfants si ce n’est déjà fait, c’est bien Hayao Miyazaki. Et s’il vous faut choisir entre Mon Voisin Totoro, Ponyo sur la falaise, Le Voyage de Chihiro ou Princesse Mononoke, tous présentés d’ici juillet à l’Institut Lumière, bon courage. Tous sont indispensables et porteurs de la poésie qui a fait la renommée du maître japonais. Bonne nouvelle, certaines des séances sont en VF – excellente – pour s’adapter aux petits. Mauvaise nouvelle, il n’y a plus de places pour le programme du 8 juin « Voyage à travers le cinéma de Hayao Miyazaki » qui proposera une heure de scènes commentées. Il en reste en revanche pour celui du 20 juin, une conférence avec le journaliste Mathieu Pinon.

Rétrospective Hayao Miyazaki. À l’Institut Lumière jusqu’au 16 juillet.

La Vache qui fait rire

On reste à l’Institut Lumière et avec les enfants pour une autre séance destinée aux plus jeunes. Mais d’un tout autre genre, puisqu’il s’agit d’un ciné-concert de Ma Vache et moi de Buster Keaton. Un événement qui s’inscrit dans le cycle de découverte du cinéma muet à travers des cinés-concerts. Et quoi de mieux que ce chef d’œuvre du génie du burlesque pour initier dès 6 ans au cinéma d’antan et aux gags visuels. Ici, une histoire d’amitié entre un garçon de ferme solitaire et une vache destinée à l’abattoir. Là encore, de la pure poésie cinématographique.

Ciné-concert Ma Vache et Moi de Buster Keaton. À L’institut Lumière les 7 et 18 juin.

Le ciné se tape l’affiche

À moins que vous ne soyez l’un de ces maniaques de cinéma qui lisent les génériques dans ses moindres recoins, ou un érudit de la pop culture mondiale, vous n’avez sans doute jamais entendu parler de Drew Struzan. Et pourtant, vous connaissez très bien son travail depuis l’enfance. Struzan, c’est en effet le père d’affiches de films aussi populaires que Star Wars, Indiana Jones, Les Goonies ou Retour vers le futur. À travers ses œuvres présentées à toutes les étapes de leur création, le Musée du Cinéma et de la Miniature rend ainsi hommage à un monument. En même temps qu’il met un cÀoup de projecteur – c’est le cas de le dire – sur l’un des métiers les plus méconnus du cinéma : celui d’affichiste. Une exclusivité mondiale.

L’Art de Drew Struzan. Au Musée du Cinéma et de la Miniature jusqu’au 30 décembre.

7 à la maison Opéra

Le septet de Chick Corea est doublement un classique de la musique. Déjà, parce qu’avec cette composition pour quatuor à cordes, piano, flûte et cor, le pianiste de jazz américain flirte justement avec le classique. Et aussi avec l’écriture contemporaine. Ensuite, parce que cette pièce est devenue l’une de ses œuvres phares. Logique, donc, qu’un lieu de croisement comme l’Opéra Underground s’empare de la chose pour la faire jouer par les musiciens de l’Orchestre de l’Opéra. Une manière de célébrer cette grande figure du jazz disparue il y a deux ans.

Chick Corea Septet. À l’Opéra les 9 et 11 juin.

L’Histoire de la vie

Il faut lire – même si ça prend du temps – L’Histoire de la souffrance que l’écrivain Tristan Garcia, professeur de philosophie à Lyon et spécialiste de pop culture, est en train d’écrire en plusieurs tomes. Soit une histoire fragmentaire de l’humanité au travers de « ceux qui ne sont rien » comme dirait Emmanuel Macron, ceux qui en prennent plein la tronche depuis que la vie est vie. Le tome 1, publié en 2019, baptisé Âmes, était magistral et courait de l’apparition de la vie jusqu’au Xe siècle. Vie contre vie, qui vient de paraître, poursuit l’histoire du XIe au XVIIIe siècle. A chaque fois tout autour du monde. Une entreprise fictionnelle monumentale – et un vrai page-turner – dont l’auteur nous entretiendra à la librairie Descours.

Tristan Garcia – Vie contre vie. À la librairie Descours le 8 juin.

Le service d’ordre des syndicats matraqué à la manifestation du 6 juin à Lyon

Le service d’ordre des syndicats matraqué à la manifestation du 6 juin à Lyon

D’après l’Union départementale de la CGT, 9 membres du service d’ordre des syndicats ont été matraqués par les forces de l’ordre, mardi 6 juin lors de la manifestation contre la réforme des retraites à Lyon.

« Il y a des blessures importantes, certain·es ont été matraqué·es à terre, sans défense », fulmine un responsable du service d’ordre (SO) de l’Intersyndicale lyonnaise. Il évoque de « belles contusions, des maux de tête, des plaies » mais ne souhaite pas faire un état des lieux trop précipité. Le service d’ordre a été matraqué par les forces de l’ordre lors de deux charges, l’une près du métro Saxe-Gambetta (7e) et l’autre sur la place Antonin Poncet. L’UD CGT a depuis publié un communiqué dénonçant « une répression inacceptable du mouvement syndical, largement documentée en vidéos ».

C’est au cours de la manifestation du 6 juin 2023 que les faits ont eu lieu. La manifestation a débuté à la Manufacture des Tabacs (Lyon 8e) et s’est achevée place Bellecour (Lyon 2e). Elle a réuni 25 000 personnes selon l’Intersyndicale, 8 000 selon la préfecture. Rue89Lyon a couvert l’événement.

Nous avons pu observer que la police a tenté de percer le cordon de sécurité de l’Intersyndicale, à plusieurs reprises. Un cordon qui, comme d’ordinaire depuis le début de ce mouvement contre la réforme des retraites, se tenait en tête du cortège institutionnel. Les syndiqué·es de la CGT mais aussi de Solidaires, de FO, de la CNT ou encore de la CFDT ont formé un carré autour de la banderole intersyndicale, accroché·es les un·es aux autres par les épaules.

Un service d’ordre facilement repérable lors de la manifestation du 6 juin à Lyon

Ils et elles étaient clairement repérables par leurs chasubles aux couleurs de leurs syndicats respectifs et pour la plupart munis d’un casque et de lunettes de protection. Un carré que les syndicats souhaitent impénétrable, et qui a pour but de protéger le reste de la manifestation d’éventuelles charges policières, ou des affrontements qui peuvent avoir lieu en tête de cortège. Le service d’ordre laisse aussi deux couloirs, à leur droite et à leur gauche pour que les manifestants puissent passer du cortège institutionnel au cortège de tête (et vice-versa) quand ils et elles le souhaitent.

Lors de cette manifestation du 6 juin, le cortège de tête ou « pré cortège » était imposant, mais les membres du black bloc le composant étaient bien moins nombreux qu’au cours des précédentes manifestations. On y retrouvait une foule bigarrée où alternaient manifestants en tongs et chemises à fleurs, street médics et militants entièrement cagoulés et vêtus de noir. Ces derniers étaient d’ailleurs souvent équipés de parapluies afin de se protéger du drone utilisé pour surveiller la manifestation.

C’est suite à la casse de plusieurs banques et agences d’intérim que la première charge policière a été ordonnée par la préfecture, à une centaine de mètres en amont de la place Gabriel Péri (Lyon 3è).

« Ils ont clairement cherché à enfoncer la ligne formée par les syndicats lors de cette manifestation à Lyon »

Bon nombre des curieux du cortège de tête avaient déjà reflué vers le cortège institutionnel, découragés par les gaz lacrymogènes lancés par les forces de l’ordre. Certains groupes de manifestants radicaux et masqués, dégradant vitrines et mobilier urbain, s’étaient aussi retrouvés derrière le service d’ordre. Tant et si bien que la police a rapidement fendu le cortège de tête et heurté le service d’ordre de l’Intersyndicale, distribuant au passage des coups de matraques :

« Ils ont clairement cherché à enfoncer la ligne », cingle un responsable du service d’ordre (SO) de l’Intersyndicale lyonnaise qui préfère rester anonyme, avant de poursuivre :

« Ils ont ciblé le carré de tête comme au cours de la manifestation du 1er mai. Je n’aurai pas pensé voir ça, la pression monte crescendo pour nous. »

La première charge policière de la manifestation du mardi 6 juin à Lyon, à une centaine de mètres en amont de la place Gabriel Péri (Lyon 3è). La police est au contact du cortège de tête.
La première charge policière de la manifestation du mardi 6 juin à Lyon, à une centaine de mètres en amont de la place Gabriel Péri (Lyon 3è). La police est au contact du cortège de tête et du service d’ordre de l’intersyndicale.Photo : LS/Rue89Lyon

Une déclaration que la préfecture nie en bloc :

« L’objectif est de s’arrêter au black bloc, d’arrêter les casseurs. Jamais une manœuvre des forces de l’ordre n’a eu pour but de viser les syndicats. Quand les forces de l’ordre effectuent une charge, elles la stoppent dès que possible. »

La préfecture reconnaît que le SO a pu recevoir des coups de matraque, la faute aux « casseurs » d’après elle :

« Ils se positionnent à proximité immédiate des syndicalistes pour se protéger, rendant le travail plus difficile pour les forces de l’ordre. »

La préfecture insiste d’ailleurs sur l’utilité du service d’ordre des syndicats, leur reconnaissant de grandes qualités pour orienter la manifestation, ou pour la faire redémarrer quand elle est à l’arrêt.

« Il y avait un risque que tout le monde courre partout, se fasse mal »

La seconde occurrence et sans doute la plus violente a eu lieu en fin de manifestation, sur la place Antonin Poncet (Lyon 2è). Alors que les forces de l’ordre tentent de fendre la foule pour interpeller et rabattre des manifestants sur la place Bellecour, le SO forme un solide cordon face à eux. La police tente de pousser ces derniers avec leurs boucliers avant de donner des coups de matraques pour forcer le passage. Des coups notamment pris en vidéo par le vidéaste indépendant Adrien Arbl sur Twitter.

Sur cette vidéo, on peut voir un syndicaliste de Solidaires prendre des coups de matraque ainsi qu’un coup de poing au visage. Il écopera en plus d’un hématome sur le bras, dû aux coups de matraques.

Pour l’un des responsables du service d’ordre de l’Intersyndicale lyonnaise, il s’agit de violences policières :

« Notre but est d’éviter un mouvement de panique d’ampleur. Dans cette situation il y avait un risque que tout le monde courre partout, se fasse mal. On protège les manifestants. Là, la préfecture a fait le choix d’agresser un maintien de l’ordre syndical. »

C’est une version très différente qui est donnée par la préfecture, qui leur reproche de s’être « interposés » entre la police et un groupe « à risque » :

« De l’autre côté du service d’ordre, il y avait uniquement des manifestants qui jetaient des projectiles sur les forces de l’ordre. Après plusieurs demandes fermes de la police, les syndicats doivent se plier et ne pas protéger ces individus là. »

Cette charge a eu lieu dans un climat de grande confusion, les cortèges étaient mélangés, et les manifestants étaient tout autour des forces de l’ordre, en groupe plus ou moins importants.

Les forces de l'ordre quelques minutes après avoir matraqué le SO des syndicats, place Antonin Poncet, à la manifestation du 6 juin contre la réforme des retraites à Lyon. ©LS/Rue89Lyon
Les forces de l’ordre quelques minutes après avoir matraqué le SO des syndicats, place Antonin Poncet, à la manifestation du 6 juin contre la réforme des retraites à Lyon.Photo : LS/Rue89Lyon

Les relations se tendent entre préfecture et syndicats suite à la manifestation du 6 juin à Lyon

Cette position n’avait jamais été exprimée aussi clairement par la préfecture. Le service d’ordre de l’Intersyndicale avait déjà été chargée violemment par la police le 6 avril dernier, occasionnant une première dénonciation de violences policières par l’Union départementale CGT. La préfecture avait alors renvoyé la responsabilité aux « casseurs » sans questionner la fonction des SO.

Une déclaration qui témoigne d’un refroidissement des relations entre les syndicats et la préfecture qu’un responsable du service d’ordre (SO) de l’Intersyndicale lyonnaise a du mal à avaler :

« On n’a jamais dit qu’on faisait du maintien de l’ordre, en revanche on veut protéger les manifestants pacifiques. La préfecture a un petit souci d’analyse des SO. Sans nous, on pourrait revenir à des mouvements de foule de milliers de personnes comme ça a été le cas pour les gilets jaunes. Et là, il y aurait des blessés. »