Ce samedi 17 juin 2023, les Soulèvements de la Terre et dix organisations ont appelé à une forte mobilisation contre le Lyon – Turin, dans la vallée de la Maurienne. Soumis à un périmètre d’interdiction de manifester important, le cortège a rapidement été bloqué par les forces de l’ordre. Malgré tout, cette lutte qui pouvait paraître oubliée a refait parler d’elle.
Des barricades de fortune trainant par terre, des militant·es rebroussant chemin et un énorme panache de gaz lacrymogène recouvrant une route… Derrière celui-ci, des camions de gendarmeries mobiles en position défensive pour empêcher la traversée d’un pont. L’image peut paraître déconcertante. Elle est l’une des dernières d’une journée intense de mobilisation contre le Lyon – Turin, dans la vallée de la Maurienne.
Ce samedi 17 juin 2023, les 4 000 personnes ayant manifesté contre ce projet de ligne ferroviaire transalpine n’auront pas atteint la fin d’un quelconque parcours. Elles n’auront pas non plus marché longtemps. Cependant, ils et elles auront réussi un autre pari : refaire parler d’une lutte contre un projet vieux de 30 ans.
Dès le matin, il a paru évident que la Chapelle, petite commune de la vallée de la Maurienne, n’avait jamais connu une telle affluence de militant·es et journalistes. Au camp de base, plusieurs milliers de personnes se sont donné rendez-vous pour se rendre vers un lieu alors inconnu. Au point presse lançant la manifestation, une foule de médias locaux et nationaux allant de BFM à Médiapart en passant par France 2, Quotidien ou encore le Huffington Post, etc. se sont entassés. Face à eux, les représentants de onze associations, syndicats et collectifs parmi lesquels la Confédération Paysanne ou Sud Rail.
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Journaliste lyonnais fan de l’Ouest, je suis à Rue89Lyon depuis 2020. Aujourd’hui associé et directeur de publication, je couvre les questions sociales mais aussi écologiques (pollutions industrielles, scandale des perfluorés). Le travail, c’est la santé, à condition que le droit soit respecté. Un œil politique sur le Rhône. Pour me laisser une info, c’est ici plemerle@rue89lyon.fr.
Cette semaine, notre partenaire Radio Anthropocène s’adapte. Alors que ralentir le changement global reste la priorité, se préparer à ses effets sur nos modes de vie devient indispensable. Interviews, chroniques et débats au programme pour comprendre comment s’adapter à une France à plus quatre degrés.
Alors que les projecteurs se sont longtemps braqués sur la recherche de solutions pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, il est maintenant venu le temps de l’adaptation. Les dérèglements climatiques sont actés, et leurs effets se font ressentir à toutes les échelles planétaires. Inondations violentes, vagues de chaleur plus durables et fréquentes… Les incendies ravageurs dans le sud-ouest de la France en mai dernier, notamment, ou encore les dégâts des eaux provoqués par les pluies violentes dans le Rhône la semaine dernière, ont marqué les esprits.
Ainsi, à côté de ce qui doit être mis en place pour atténuer le réchauffement climatique, qui est la première facette de la lutte contre ces changements, un besoin d’adaptation aux conséquences de ses effets est obligatoire. Les États l’ont bien compris. La France se prépare d’ores et déjà à un climat à +4°C d’ici 70 ans, soit le pire scénario possible selon les prévisions du GIEC. Jusqu’ici, les gouvernements engagés dans les Accords de Paris cherchaient à maintenir la hausse des températures en dessous des +2°C.
Alors à plus quatre degrés, s’adapter c’est capituler ?
Pas nécessairement. On le sait, les trajectoires actuelles des politiques climatiques à l’échelle mondiale sont bien loin d’être suffisantes. De nombreux États n’ont pas encore mis à jour leurs engagements depuis la COP26, et toujours aucune sanction n’existe envers ceux qui ne respectent pas les objectifs. Si les émissions de la France ont bel et bien baissé, cette diminution ne suffit pas pour rentrer dans les clous de la limite des + 2°C.
Finalement, se préparer au pire, c’est peut-être aussi une opportunité de prendre enfin des mesures fortes. Au-delà de l’adaptation est venu le temps de la lucidité. Les territoires urbains, construits aujourd’hui sur un modèle de densité, doivent pouvoir maintenir un niveau de confort suffisant pour continuer d’accueillir une population grandissante. Or, à l’heure actuelle, ils sont l’interface de nombreuses vulnérabilités. Les rues suffocantes des mois d’été sont plus que jamais redoutées, et tous n’ont pas la chance de pouvoir s’échapper vers une fraicheur, non climatisée, offerte par les campagnes. De l’autre côté de l’océan, les incendies deviennent hors du contrôle, à l’image du Canada qui se bat actuellement contre des feux de forêt en furie.
Pour s’adapter, il faut aménager
L’échelon local est la clé de la déclinaison territoriale des politiques nationales d’adaptation. Les collectivités sont les plus à même d’adapter les objectifs à une réalité géographique, sociale, culturelle et économique. Une réalité d’autant plus vraie en milieux urbains sévèrement exposés aux îlots de chaleur. Les politiques locales ont un rôle majeur à jouer : construire la ville autour des vulnérabilités auxquelles elle est exposée devient un prérequis des politiques urbaines à l’heure actuelle.
Ainsi, l’accès à des zones de nature en ville, apportant fraicheur et confort de vie, ne doit pas devenir le privilège de quelques quartiers. L’intégration ou l’expansion de trames vertes et bleues, ces continuités écologiques autour de l’eau et de la végétalisation, devront être pensées de manière systémique avec l’ensemble des projets de renouvellement urbain. Mais c’est aussi l’habitat, le bâti, les modes de déplacement, l’organisation du travail et du quotidien qui seront nécessairement bouleversés et adaptés.
Tous ces enjeux nous montrent la nécessité de construire des politiques publiques transversales. Nous verrons mercredi prochain, dans Regards sur l’Actualité, en compagnie de Philippe Guelpa-Bonaro, vice-président à la Métropole de Lyon, comment son administration anticipe et se prépare aux événements climatiques de plus en plus extrêmes à venir. Lyon est l’une des villes de France qui va subir le plus fortement les impacts du changement climatique. De leur côté, les Mercredis de l’Anthropocène accueilleront Eric Brun, secrétaire général de l’Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique et Robert Bellini, adjoint à la Direction adaptation, aménagement et trajectoires bas carbone de l’ADEME. Ils analyseront la stratégie de Matignon pour adapter le pays à l’anthropocène.
Radio Anthropocène – 21 juin 2023 – Plus quatre degrés, il faut s’adapter !
L’association Cité Anthropocène prend la suite des activités de l’Ecole Urbaine de Lyon et travaille à la mobilisation conjointe des sociétés et des sciences pour faire face à l’urgence des enjeux soulevés par le changement global.
Le 19 juillet 2019, des familles qui fêtaient la victoire de l’Algérie lors de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) ont été attaquées par l’extrême droite radicale à Lyon. Quatre ans après se déroulait le procès de sept de leurs agresseurs présumés.
Ils ont comparu devant le Tribunal Correctionnel de Lyon ces jeudi 15 et vendredi 16 juin. L’enquête a pu établir la proximité entre certains supporters de l’OL et la mouvance nationaliste lyonnaise. Les victimes se sont déclarées satisfaites par les peines requises par la procureure de la République.
Presque quatre ans après les faits, le souvenir de la nuit du 19 juillet 2019 est encore vivace pour les victimes. Pendant ces deux jours d’audience, certaines n’ont pu cacher leurs larmes quand d’autres ne voulaient pas « faire ce plaisir » à leurs agresseurs présumés comme le confie Amel I. :
« Pour nous, c’était important d’être entendus. Avec les peines prononcées par la procureure, j’ai le sentiment de l’avoir été. Après on verra ce que dira la juge ».
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Des enseignants et des parents d’élèves de cinq lycées de Vénissieux, Rillieux-la-Pape, Vaulx-en-Velin et Villeurbanne se sont mobilisés mercredi 14 juin devant le rectorat de Lyon. Sous le slogan « colère noire », le personnel de ces lycées populaires de la métropole de Lyon dénonce un cadre de travail dégradé et réclame des moyens pour ses élèves.
Malgré le thermomètre qui indique presque 30 degrés, ils étaient une cinquantaine de membres du personnel et de parents d’élèves de plusieurs lycées de la banlieue lyonnaise à s’être réunis devant le rectorat de Lyon, ce mercredi 14 juin. Tous et toutes vêtu·es de noir, ils et elles sont venu·es pour dénoncer unitairement la situation de leurs établissements scolaires et rencontrer le rectorat.
« Le dégradé devient la norme dans les quartiers populaires : on a le sentiment d’un sacrifice des élèves », s’indigne Samuel Delor, enseignant de lettres et d’histoire en filière professionnelle à la cité scolaire Sembat-Seguin, à Vénissieux, et syndiqué UD-CGT69.
Dans son lycée, comme au lycée Robert Doisneau, à Vaulx-en-Velin, au lycée Jacques Brel, à Vénissieux, au lycée Frédéric Faÿs, à Villeurbanne, ou encore au lycée Camus-Sermenaz, à Rillieux-la-Pape, la situation est similaire. Entre classes saturées et moyens humains insuffisants, ce sont des élèves aux situations sociales déjà difficiles qui se retrouvent pénalisés.
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Les Soulèvements de la Terre appellent à un week-end de mobilisation contre le chantier de la ligne de TGV Lyon-Turin, du 16 au 18 juin dans la vallée de la Maurienne, en Savoie.Une mobilisationqui a été interditele jeudi 15 juin 2023 par la préfecture de Savoie.
À l’appel des Soulèvements de la Terre, une mobilisation est prévue ce week-end du 16 au 18 juin, contre le chantier d’une deuxième ligne de train Lyon-Turin dans la vallée de la Maurienne, en Savoie. Ce week-end de lutte est co-organisé par des collectifs italiens comme le mouvement No-TAV, qui lutte depuis 30 ans contre les projets de lignes à grande vitesse.
Une manifestation qui a été interdite le jeudi 15 juin 2023 par la préfecture de Savoie dans un communiqué :
« La venue en Maurienne, pour une mobilisation internationale contre le Lyon-Turin, du vendredi au dimanche de plus de 3000 personnes, dont plus de 400 radicaux, est susceptible de provoquer de graves troubles à l’ordre public. »
Cette interdiction inclut toutes les formes que pourrait prendre la mobilisation, des balades naturalistes aux concerts en plein air. La préfecture ajoute que 2000 gendarmes seront présents tout le week-end sur le site. Celle-ci a aussi autorisé le déploiement de « caméras installées sur des aéronefs » ou drones de surveillance.
En Maurienne, un week-end de manifestations et ateliers contre le Lyon-Turin
Au programme -qui ne change pas d’après les organisateur·ices- « une mobilisation internationale et populaire » organisée autour d’un camp à la localisation encore tenue secrète. Le samedi 17 juin, une manifestation est prévue avec un départ à 10h sur un itinéraire encore inconnu. Le dimanche 18 juin, des discussions, des ateliers et des « balades naturalistes » sont annoncés.
— Les Soulèvements de la terre (@lessoulevements) May 15, 2023
Les Soulèvements de la Terre contre le Lyon-Turin : une mobilisation écologiste
Pour le collectif des Soulèvements de la Terre, l’objectif est d’obtenir l’arrêt du chantier ferroviaire de la ligne Lyon-Turin, dans la vallée de la Maurienne, porté par le consortium TELT (Tunnel Euralpin Lyon Turin). Ses détracteurs rappellent que ce projet « titanesque » menace les ressources en eau. Ils dénoncent également « l’artificialisation de 1500 hectares de terres agricoles », l’atteinte aux réserves de biodiversité de la montagne et l’impact écologique du forage de tunnels transfrontaliers.
Le drapeau des Soulèvements de la Terre brandi lors d’un rassemblement spontané pour la venue d’Emmanuel Macron à Lyon, le 8 mai 2023.Photo : OM/Rue89Lyon
Ces derniers mois, les Soulèvements de la Terre ont organisé plusieurs actions. Le 25 mars dernier, une large mobilisation contre les méga-bassines a eu lieu à Sainte-Soline (Deux-Sèvres), faisant plusieurs blessés du côté des manifestants. En réaction, le collectif a été menacé de dissolution par le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin. Plus récemment, le 11 juin, les Soulèvements de la Terre ont appelé à une manifestation contre les carrières de sable autour de Nantes (Loire-Altlantique).
Hétéroclite, ce magazine traitant des questions féministes et LGBTQIA+ distribué gratuitement à Lyon, Grenoble et Saint-Étienne, a sorti son ultime numéro le mercredi 7 juin 2023. Entretien avec Stéphane Caruana, qui incarnait le média depuis plus de sept ans.
Hétéroclite a été lancé en 2006 par Renan Benyamina, Marc Renau et Dorotée Aznar. Le magazine est édité par la SARL éponyme, dont le capital est réparti entre plusieurs actionnaires dont les trois fondateur·ices, Romain Vallet, Guillaume Wohlbang, la holding Unagi ainsi que Stéphane Caruana, qui est l’actuel gérant d’Hétéroclite.
D’abord mensuel, puis bimestriel, le journal est distribué gratuitement dans les commerces, lieux culturels et institutions publiques de Lyon, Grenoble et Saint-Étienne, à hauteur de 20 000 exemplaires. Les pages d’Hétéroclite étaient dernièrement écrites par Stéphane Caruana ainsi qu’une quinzaine de journalistes pigistes. Le journal est aussi présent sur le web, et est également à l’origine d’un festival et d’une maison d’édition.
En plus de dix ans, Stéphane Caruana a accumulé les fonctions au fur et à mesure des années : de journaliste pigiste, il est devenu commercial puis gérant et rédacteur en chef, sans cesser d’écrire pour son média. Aujourd’hui, le magazine qui se décrit comme « transpédégouine mais pas que » est en déroute financière et déposera le bilan dans le courant du mois de juillet. Retour sur une proposition éditoriale unique en France, celle d’un magazine traitant avec humour et liberté des questions LGBTQIA+ et féministes, sous un angle local.
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La confédération du Planning familial a voté la radiation de celui de la Loire en avril dernier. Il lui est reproché son absence de réaction aux accusations d’agression sexuelle visant une de ses salariées.
Il semble qu’aucune organisation n’échappe aux violences sexistes et sexuelles, pas même le Planning familial. Début avril, le conseil d’administration de la confédération du Planning familial a voté la radiation de celui de la Loire, situé à Saint-Étienne. En cause, une agression sexuelle qui aurait été commise par une des salariées ligériennes à l’occasion du Congrès du Planning familial, qui s’est tenu à Saint-Étienne du 4 au 6 novembre 2022.
Un stand du planning familial lors d’une manifestation en faveur du droit à l’avortement à Lyon, le 28 septembre 2022.Photo : MA/Rue89Lyon
Le Planning familial de la Loire pointé du doigt pour son « inaction volontaire »
La confédération nationale du Planning familial explique avoir été mise au courant des faits le jour même, c’est-dire le 4 novembre 2022. Elle dit avoir prévenu la présidente de l’antenne ligérienne dès le lendemain par voie postale. Un courrier qui semble être resté lettre morte.
« Face à cette inaction volontaire, la confédération nationale a elle-même lancé une enquête par un organisme indépendant, qui a considéré les faits comme avérés, s’indigne la confédération dans un communiqué envoyé le 14 juin. En dépit des conclusions de cette enquête, l’association départementale du Planning familial de la Loire n’a entrepris aucune action ni licencié la salariée pour faute grave. »
La victime, elle, a porté plainte.
« Il n’y a plus d’antenne du Planning Familial à Saint-Étienne »
La confédération n’étant pas l’employeur des salarié·es des associations départementales, elle précise ne pas être en mesure de les licencier ou de les mettre à pied. Lors de son conseil d’administration des 1er et 2 avril, elle a donc opté pour la radiation du Planning familial de la Loire. L’antenne ligérienne, informée le 3 avril, n’a pas fait appel de cette décision.
Aujourd’hui, elle ne fait plus partie de la confédération du Planning familial, et devrait être dissoute prochainement. Basée à Saint-Étienne, elle assurait aussi des permanences à Montbrison, Rive-de-Gier, Roanne, Andrézieu-Bouthéon et Saint-Chamond.
« Depuis cette décision, il n’y a plus d’antenne du Planning Familial à Saint-Étienne, résume Sarah Durocher, présidente de la confédération. Nous sommes conscients qu’il est très important qu’il y ait un Planning familial sur ce territoire. Une nouvelle antenne est en cours de création. »
D’après elle, les financeurs tels que le conseil départemental de la Loire, le ministère de la Justice et la CAF ont d’ores et déjà montré « un vrai intérêt à financer une antenne du Planning Familial dans la Loire ».
Contacté, le désormais ex-Planning familial de la Loire n’a pas donné suite pour le moment.
Dans son bilan 2022, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) s’est penchée sur la radioprotection des patients. À Lyon, six patients du Centre Léon Bérard ont reçu des doses trop élevées entre septembre et novembre 2022.
L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a dévoilé ce mardi 13 juin le résultat de ses inspections réalisées sur l’année 2022. La division de Lyon est la plus importante par la taille et la diversité de son parc nucléaire. On y trouve en effet quatre centrales nucléaires exploitées par EDF, celle du Bugey (Ain), celle de Saint-Alban (Isère), celle de Tricastin (Drôme) et celle de Cruas (Ardèche).
S’y ajoutent les nombreux sites industriels et de recherche de la région, la gestion des déchets nucléaires, le transport des substances radioactives et les établissements hospitaliers, nombreux là aussi, qui utilisent la technologie nucléaire pour effectuer certains soins.
Le centre Léon Bérard est un hôpital spécialisé en cancérologie, situé dans le 8e arrondissement de Lyon. CC
Six patients irradiés avec des doses trop fortes au Centre Léon Bérard de Lyon
Cet hôpital spécialisé en cancérologie, situé dans le 8e arrondissement de Lyon, semble avoir eu la main lourde sur les radiations. Le 19 décembre 2022, l’ASN a enregistré un incident de niveau 2+ sur l’échelle ASN-SFRO, c’est-à-dire ayant un impact sur la radioprotection des patients. En l’espèce, six patients du centre Léon Bérard ont été soumis à une dose de radiation trop forte, en raison d’un problème d’étalonnage sur un dosimètre. Un incident confirmé par le centre dans un communiqué envoyé ce mercredi 14 juin :
« Entre septembre et novembre 2022 […] six patients en tout ont reçu une irradiation corporelle totale ayant requis l’utilisation de ce dosimètre : 3 adultes et 3 enfants atteints d’une pathologie hématologique dont le traitement par irradiation totale du corps intervient, en plus de la chimiothérapie intensive, dans le conditionnement de l’allogreffe pour réduire leur risque de rechute. Après recalcul en fonction de l’étalonnage, ce dysfonctionnement technique a engendré un écart de dose délivré, par rapport à la dose prescrite, dont la valeur absolue oscille de 0,8 à 1,5 Gray maximum. »
Le Centre Léon Bérard affirme que cette surdose « n’a pas de conséquence particulière attendue sur la poursuite du traitement et l’évolution prévisible de leur maladie ». Les patients concernés sont suivis par le département de radiothérapie, en lien avec les services d’hématologie qui les prennent en charge dans le cadre de leur greffe, conformément aux recommandations de l’ASN.
Pour éviter de nouveaux dysfonctionnements, le Centre Léon Bérard explique avoir pris des « actions correctives », dont un doublement du système de mesure de la dose délivrée.
Des incidents signalés à Moulins, au Puy-en-Velay et à Grenoble
L’incident survenu au Centre Léon Bérard n’est pas un cas isolé. Au Centre d’oncologie et de radiothérapie Saint-Jean, à Moulins, une erreur d’étalonnage commise entre septembre 2021 et 2022 a affecté le traitement d’environ 440 patients. Rebelote plus récemment, impactant cette fois-ci cinq patients. À 300 kilomètres de là, au centre hospitalier universitaire Grenoble-Alpes, une erreur de positionnement de la table de traitement a affecté au moins 11 patients. Quelques années auparavant, au Centre hospitalier Emile Roux du Puy-en-Velay, c’est une erreur de modélisation qui avait affecté les traitements d’environ 130 patients, entre mi-2018 et mi-2022.
Si l’ASN considère que la radioprotection dans le domaine médical « se maintient à un bon niveau » dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, elle déplore des « fragilités persistantes » :
« Les événements déclarés à l’ASN soulignent que la formation des professionnels, l’encadrement des prestations de maintenance, ainsi que la mise en œuvre des barrières techniques permettant de maîtriser l’utilisation des dispositifs médicaux, qui constituent le socle de la sécurité, sont des axes d’amélioration pour sécuriser les pratiques. L’ASN constate en outre une perte de mémoire des enseignements issus des déclarations d’événements anciens. »
À l’exception du centre Léon Bérard, tous ces incidents ont été classés niveau 1, sans conséquences cliniques attendues. Le gendarme du nucléaire a annoncé poursuivre ses inspections dans le domaine en 2023, « avec une attention particulière portée aux points de fragilité identifiés en 2022 ».
On entre dans le dur des festivals de toutes sortes dans cette semaine de sorties à Lyon. Street-food, Fourvière, musique pointue. Et en prime des expos fortes. N’hésitez pas à ajouter vos bons plans en commentaires.
À table !
A boire et à manger. Et même un peu plus que cela, voilà ce qu’on va trouver pour cette dernière édition du Lyon Street Food Festival sur le site des anciennes usines Fagor-Brandt. Au menu bien sûr, de la « cuisine de rue » sous toutes ses formes avec plus d’une centaine de street-chef(fe)s et même quelques stars. Comme Dominique Crenn, cheffe bretonne installée à San Francisco depuis des lustres où elle est devenue une véritable star de la cuisine – elle fera déguster le dimanche un sandwich aux anchois qui devrait s’arracher. Invitées également les villes de Tucson (Arizona) et Rennes, enfin leur street food. Mais il y aura aussi de la nourriture pour l’âme et notamment de la musique avec en vedette Joey Starr (grand amateur de bonne chère) et Arnaud « 120 battements par minute » Rebotini. Miam.
C’est toujours un régal pour mélomanes que ce Festival Superspectives s’installe à la Maison de Lorette chaque année à l’approche de l’été. Un festival qui réunit ce qu’on l’on range sous le vocable « musiques contemporaines » (et qui est à vrai dire réducteur : on y trouve de la musique sacrée, de la musique traditionnelle, de la musique minimaliste, répétitive, expérimentale…). Avec cette année en ouverture le 16 juin un événement en la personne de la légende folk française Emmanuelle Parrenin, pionnière du genre dès la fin des années 60. Elle y sera accompagnée d’un grand admirateur, folkeux, popeux, électronicien, amateur d’instruments anciens et de vocabulaire nouveau : le Lyonnais Arandel.
L’Atlas en mouvement, le titre de l’exposition de Mathieu Pernot à la BmL, ce sont les migrants qui sillonnent le monde des pires théâtres de guerre, jusqu’à la « jungle » de Calais, en passant par la mer Méditerranée. Mathieu Pernot, documente en photo depuis une bonne décennie, leurs périples désespérés, parfois fatals, parfois salutaires. Et leur redonne des visages et des histoires trop souvent enfouies derrière ce terme générique : « migrants ». Et à nous peut-être une conscience, mauvaise, de regarder tout cela de loin. Ou de ne pas le voir du tout.
La représentation des corps dans l’espace numérique leur donne-t-il quelque chose comme le don d’ubiquité ? Ce pourrait être l’une des questions induites par l’exposition Nos corps encodés de Blanche et Louise Lafarge. En tout cas, les deux artistes multimédia et pluridisciplinaires en font usage puisque leur(s) exposition(s) du moment à Lyon se déroule(nt) en deux endroits : les galeries Kommet et Roger Tator. Où films et sculptures viennent interroger la place et les usages du corps dans l’ère numérique.
Nos corps encodés. À la galerie Kommet jusqu’au 13 juillet et à la galerie Roger Tator jusqu’au 26 juillet.
Au Théâtre ce(s) soir(s)
Ça y est, les Nuits de Fourvière battent leur plein. Et la semaine s’annonce riche avec notamment le spectacle proposé par le chorégraphe star Benjamin Millepied et le pianiste Alexandre Tharaud autour de pièces de grands compositeurs tels que Bach, Ravel, Rameau, Schubert (jusqu’au 15 juin). Ainsi que la lecture musicale du Sorcières de Mona Chollet par notamment Clotilde Hesme, Ariane Ascaride ou la musicienne P.R2B (du 15 au 17 juin). Enfin, comment ne pas mentionner le concert-événement de la légende Polnareff qui reprend Polnareff (logique), seul au piano (16 juin)
Nuits de Fourvière. Au Théâtre antique de Fourvière, jusqu’au 31 juillet.
Le 19 juillet 2019, des familles qui fêtaient la victoire de l’Algérie lors de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) ont été attaquées par l’extrême droite radicale à Lyon. Sept accusés doivent comparaître devant le tribunal correctionnel ce jeudi 15 juin. L’affaire confirme la proximité entre certains supporters de l’OL et l’extrême droite lyonnaise.
Vendredi 19 juillet 2019, 23h30. Sur le quai Fulchiron, dans le Vieux Lyon (5e arr.), un couple et leur enfant de deux ans paradent en voiture, drapeau algérien à la fenêtre. Ils fêtent la victoire de leur équipe à la Coupe d’Afrique des nations de football (CAN) et se joignent à la liesse qui s’empare des rues lyonnaises. Quelques minutes plus tard, un groupe d’hommes, masqués, s’en prennent à leur voiture puis frappent le père.
La plainte de la famille mène à l’ouverture d’une enquête. Cinq autres victimes, qui ont subi le même type de violences ce soir-là, déposent plainte par la suite avec le soutien de l’association anti-raciste « La Maison des potes ». Sur plusieurs vidéos, où l’on voit des hommes en noir attaquer des voitures, on entend des insultes racistes. L’attaque porte la marque de l’extrême droite radicale.
Des passants ont filmé l’attaque de voitures de supporters algériens par des hommes en noir, cagoulés et proférant des insultes racistes.Photo : Capture d’écran vidéo snapchat Ben.Tayga
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À Rue89Lyon depuis 2022, aujourd’hui journaliste associée. Enquêter sur l’extrême droite, c’est lutter contre l’extrême droite.
J’écris aussi sur la politique, le sans-abrisme, le logement, les violences sexistes et sexuelles. Pour me filer une info ou me contacter, c’est par là : mallenou@rue89lyon.fr