1er mois à 1€

Actualités, enquêtes à Lyon et dans la région

La cour d’appel de Lyon livrera-t-elle Vincenzo Vecchi à l’Italie ?

La cour d’appel de Lyon livrera-t-elle Vincenzo Vecchi à l’Italie ?

Pour la troisième fois, l’affaire Vincenzo Vecchi passe devant une cour d’appel, cette fois-ci à Lyon. Retour sur l’épopée judiciaire de ce militant altermondialiste italien, condamné à une lourde peine de prison par la justice italienne pour avoir participé au contre-sommet de Gênes en 2001.

La cour d’appel de Lyon livrera-t-elle Vincenzo Vecchi à l’Italie ? Ce vendredi 24 février pourrait marquer la fin d’une procédure judiciaire qui dure depuis plus de dix ans. L’Italie réclame sans relâche ce militant altermondialiste italien, réfugié en France, pour qu’il purge la lourde peine de prison qui l’attend. Son crime ? Avoir manifesté contre la tenue du G8 à Gênes, il y a plus de 20 ans.

Depuis, cette affaire, devenue politique, est déjà passée par deux cours d’appel. Celle de Lyon sera la troisième. Récit d’un acharnement judiciaire contre un homme pris en étau entre l’Italie et la France.

12 ans de prison pour avoir participé au contre-sommet de Gênes

Abonnez-vous

Cet article fait partie de l’édition abonnés. Pour lire la suite, profitez d’une offre découverte à 1€. Contribuez à consolider un média indépendant à Lyon, en capacité d’enquêter sur les enjeux locaux.

    Paiement sécurisé
    Sans engagement
Abonnez-vous maintenant pour suivre l’actualité locale.

Déjà abonné⋅e ?

Connectez-vous
,

Deux nouvelles condamnations pour d’anciens membres de Génération identitaire

Deux nouvelles condamnations pour d’anciens membres de Génération identitaire

Deux anciens membres du groupe d’extrême droite dissout Génération identitaire ont été condamnés suite à des tweets haineux au sujet du recteur de la grande mosquée de Lyon.

Un ancien porte-parole et un ex-militant du groupe Génération identitaire ont été condamnés par le tribunal correctionnel de Lyon ce mardi 21 février pour « provocation publique à la haine » envers Kamel Kabtane, recteur de la grande mosquée de Lyon.

Clément Martin, 36 ans, et Johan Salacroup, 32 ans, membres du mouvement d’extrême droite, dissout en 2021, ont écopé de quatre mois de prison avec sursis et de 5 000 euros d’amende à payer solidairement.

En avril 2020, Génération identitaire s’était attaqué à Kamel Kabtane en projetant deux visuels sur la grande mosquée pour dénoncer un appel à la prière durant le confinement.

Sur Twitter, les identitaires avaient publié sur les réseaux sociaux une pétition réclamant l’expulsion du recteur vers l’Algérie et plusieurs autres messages haineux.

Kamel Kabtane, recteur de la Grande Mosquée de Lyon et président de l'IFCM dans son bureau en septembre 2016. ©LB/Rue89Lyon
Kamel Kabtane, recteur de la Grande Mosquée de Lyon.Photo : LB/Rue89Lyon

« Nul ne peut faire l’objet d’un traitement aussi exécrable que celui dont j’ai été l’objet »

Cette action des identitaires a profondément marqué Kamel Kabtane. Pour le recteur de la grande mosquée, il s’agissait d’« une forme de terrorisme intellectuel pour faire peur aux musulmans ».

Quelques semaines plus tard, à l’été 2020, il pointait, auprès de Rue89Lyon, un manque de soutien :

« Lyon est la seule région où le dialogue religieux est aussi fort. Mais là, il y a eu un manque de solidarité ».

Dans un communiqué qui a suivi le jugement du 21 février, Kamel Kabtane semble rassuré :

« Cette condamnation me confirme que (…) nul ne peut faire l’objet d’un traitement aussi exécrable que celui dont j’ai été l’objet de la part d’individus qui, sous le couvert de la liberté d’expression, ont cru être en droit d’attenter à ma dignité et à mon honneur en mettant en cause mon appartenance à ce pays et l’action que j’ai entreprise depuis toujours au service du vivre ensemble et du pays »

Une nouvelle condamnation d’ex-membres de Génération identitaire

Parmi trois auteurs de messages, seulement deux avaient été identifiés par les enquêteurs, et avaient reconnu les faits.

Les deux militants identitaires ne s’étaient pas présentés à l’audience du 17 janvier, au cours de laquelle le parquet avait requis contre eux une peine de six mois d’emprisonnement avec sursis et 15 000 euros d’amende.

En juin dernier, un autre ancien cadre de Génération identitaire avait été condamné par le tribunal correctionnel de Lyon. Cette fois-ci pour des faits de violences, notamment notamment deux coups de couteau qui auraient pu avoir de graves conséquences.

Nouveau blocage à l’Université Lumière Lyon 2

Nouveau blocage à l’Université Lumière Lyon 2

Le campus Porte des Alpes de l’Université Lumière Lyon 2, situé à Bron, a fait l’objet d’un nouveau blocage ce mercredi 22 février à l’aube. C’est le deuxième en trois jours.

La saison des blocages est de nouveau ouverte dans les universités de Lyon. Le campus Porte des Alpes de l’Université Lumière Lyon 2, à Bron, a déjà été bloqué à deux reprises cette semaine. Ce lundi 20 février, date de la rentrée scolaire, puis rebelote ce mercredi 22 février.

Tas de poubelles, palissades et de nombreux graffitis ont recouvert les murs de cette fac connue pour ses mobilisations. « Plus de moyens pour nos facs, moins pour les flics », « Vive la commune » ou « Lyon 2 la rouge » peut-on notamment lire à l’entrée de la fac.

Des blocages de l’Université Lyon 2 aux multiples revendications

Le 20 comme le 22 février, les revendications des bloqueurs sont nombreuses : le retrait de la réforme des retraites, bien sûr, mais aussi du projet de loi « immigration » de Gérald Darmanin, qui favoriserait l’enfermement et l’expulsion des personnes en situation de migration.

Les étudiant·es mobilisé·es réclament également l’élargissement à tous·tes les étudiant·es des repas à un euro dans les restaurants universitaires. Cette mesure, mise en place pendant la crise sanitaire, dans un contexte de forte mobilisation contre la précarité étudiante, ne concerne pour le moment que les étudiant·es boursier·es. Le 9 février, une proposition de loi du PS qui visait à l’étendre à tous·tes les étudiant·es a été rejetée à une voix près.

Blocage de l'Université Lyon 2 le 20 février 2023.
Blocage de l’Université Lyon 2 le 20 février 2023.Photo : bb metis

Les cours basculés désormais en distanciel en cas de blocage à l’Université Lumière Lyon 2

Le 20 février, la présidence de l’Université Lyon 2 a réagi tôt, annonçant dès 7h30 la fermeture du campus toute la journée. Idem ce mercredi 22 février. A la différence près que les cours qui devaient avoir lieu sur le campus Porte des Alpes seront assurés normalement, en distanciel.

Dans un mail envoyé aux enseignant·es le 20 février, la présidence de l’université avait annoncé que ce passage en distanciel serait désormais la règle en cas de nouveau blocage du campus, « en dehors des journées de mobilisation nationale annoncées ».

Ceci pourrait amener les étudiant·es mobilisé·es à repenser leur stratégie pour les prochains blocages. Les organisations étudiantes et lycéennes nationales ont d’ores et déjà annoncé la multiplication des actions jusqu’au 9 mars, date choisie pour une journée de mobilisation nationale de la jeunesse.

Blocage de l'Université Lyon 2 le 20 février 2023.
Blocage de l’Université Lyon 2 le 20 février 2023.Photo : bb metis

Sorties à Lyon : la sélection culture de la rédaction du 22 au 28 février

Sorties à Lyon : la sélection culture de la rédaction du 22 au 28 février

Des cours pour tous, du théâtre pas comme les autres, des musiciennes prodigieuses et des perruques, voilà quelques unes des recommandations sorties à Lyon de la semaine. À compléter, bien sûr, par vos bons plans en commentaires.

Le Grand sommeil

Après Famille Royale, le metteur en scène Thierry Jolivet se présente avec un nouveau tour de force. À la croisée de films choraux comme Magnolia ou Short Cuts (un écran en fond de scène donne une dimension cinématographique à l’ensemble) mais aussi de Dostoïevski et David Foster Wallace (auteur culte de L’Infinie Comédie), Sommeil sans rêve est un véritable thriller. Fait de l’entrelacs de 12 destins d’hommes et de femmes, d’histoires de vie et de mort. Un spectacle à la hauteur de son ambition qui propose de se familiariser avec chacun des personnages à travers une mini-série tournée à Lyon.

Sommeil sans rêve, au théâtre des Célestins du 23 février au 4 mars.

Des enquêtes sur l’industrie agroalimentaire

Deux fois par saison, journalistes et artistes se retrouvent au Théâtre du Point du Jour, s’emparent d’un sujet d’actualité et le « mettent en pièce ». Pour cette 6ème édition de Grand ReporTERRE, il sera question de défendre le journalisme d’investigation cher à notre média local et, plus particulièrement, les enquêtes dans le domaine de l’agro-alimentaire. 

Ce sont les les journalistes Morgan Large (Splann ! / Radio Kreizh Breizh / associée à Inès Leyraud, Algues vertes) et Hélène Servel (Reporterre / Marsactu) qui sont invitées.

Pour l’occasion, le dispositif scénique choisie par Aurélie Van Den Daele est à la croisée d’un univers radiophonique, où l’on pourra entendre les matériaux d’enquêtes des deux journalistes, et d’un univers sonore, « où le mistral soufflera sur les routes bretonnes ».

Grand ReporTERRE, au Théâtre du Point du jour, les 23 et 24 février.

La journaliste Morgan Large
La journaliste Morgan Large

La Pianiste

Quand on dit que la valeur n’attend pas le nombre des années, avec Marie-Ange Nguci, la valeur n’attend vraiment pas. La pianiste roumaine est ainsi entrée au Conservatoire de Paris à 13 ans avant d’obtenir son master en trois ans au lieu de cinq. Elle en a ensuite profité pour avaler tous un tas d’autres diplômes (analyse musicale, direction d’orchestre, un doctorat à la City University de New-York) et une cascade de prix. À l’aise tant dans le baroque que la musique romantique ou contemporaine, en solo comme avec orchestre, la jeune prodige de 24 ans propose un récital exceptionnel. Autour d’œuvres du claveciniste du XVIIe Johann Froberger. Mais aussi de compositeurs du XXe, de Rachmaninov à Ravel, de Prokofiev à Escaich.

Récital Marie-Ange Nguci, à l’Auditorium le 24 février.

Wonder women

Grande promotrice de la créolisation musicale, Mélissa Laveaux met à profit ses origines haïtiennes pour cultiver le mélange propre à sa culture. Mais va aussi bien au-delà. Sur son nouveau disque, qu’elle vient présenter à Lyon, elle propose une série de berceuses qui évoquent des figures héroïques (comme Jackie Shane, chanteuse soul trans) ou mythiques (comme la déesse primordiale Lilith). La chose s’appelle Mama forgot her name was miracle et Mélissa Laveaux vient le présenter sur scène.

Mélissa Laveaux, au Transbordeur le 24 février.

Rien pour vos cheveux

Thomas Poitevin fait partie de cette douce armée qui a rendu le confinement du printemps 2020 beaucoup plus supportable. C’est même pile à ce moment-là que le comédien s’est révélé avec sa galerie de personnages. Parmi eux Daniel le grand-père taquin et bougon ou Laurence administratrice d’une scène subventionnée légèrement au bout du rouleau. Avec juste quelques perruques de qualité aussi médiocre que son jeu est tout en justesse. Devant l’enthousiasme général, il en a évidemment fait un spectacle où ses personnages prennent vie sur scène un peu plus longuement que dans ces pastilles vidéo. À voir absolument.

Thomas joue ses perruques, à l’Aqueduc (Dardilly) le 24 février et au Centre Culturel Charlie Chaplin (Vaulx-en-Velin) le 27 février.

Retour à l’Ecole

Vous vous intéressez aux questions urbaines et anthropocènes. D’une vous avez raison. De deux, c’est le moment de faire le plein de cours. Pour cela, il y a l’Ecole urbaine de Lyon qui a entamé une série de cours publics pluridisciplinaires au nombre de 6 lors de son festival « A l’Ecole de l’Anthropocène », le mois dernier. Non seulement les vidéos sont accessibles en rattrapage sur la chaîne Youtube de l’Ecole mais en plus possibilité est faite à chacun d’assister aux prochaines sessions à partir du 27 février. Qu’on se rassure, sur le modèle des universités populaires, aucun diplôme n’est requis pour assister aux cours. Exemples : « De la Terre à la Lune, vers un nouvel écosystème ? », « Inversion : Naviguer à contre-courant dans un monde incertain », ou « Controverses à l’ère de l’Anthropocène. Période 1 : les rapports contrariés de l’homme à l’animal »…

Cours publics de l’Ecole urbaine de Lyon, à la Cité des Halles à partir du 27 février.







#L'Aqueduc

Dîner des sommets de Laurent Wauquiez : l’Hôtel de Région perquisitionné

Dîner des sommets de Laurent Wauquiez : l’Hôtel de Région perquisitionné

Le parquet national financier (PNF) a perquisitionné, ce mardi 21 février, l’Hôtel de Région, à Lyon. Une visite qui fait suite à l’enquête de Mediapart, publiée en octobre. Pour un dîner des sommets organisé par Laurent Wauquiez, la collectivité a dépensé plus de 100 000 euros. Rappel des faits.

C’est la suite d’une information qui avait embarrassé l’exécutif régional à l’automne. Ce mardi 21 février, le parquet national financier a perquisitionné l’Hôtel de Région à Lyon, révèle Lyon Mag. Une visite qui fait suite à un signalement du groupe EELV au conseil régional, après des révélations de Médiapart.

D’après les informations du média d’investigation, Laurent Wauquiez, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, a fait organiser pour 100 000 euros un « dîner des sommets » au château de la Chaize, dans le Beaujolais. Une note de 48 000 euros avait été ajoutée.

Siège de la région
L’Hôtel de Région, à Lyon, a été perquisitionné ce mardi 21 février 2023 par le parquet national financier.Photo : PL/Rue89lyon.

Un dîner des sommets payé par le contribuable

Pour rappel, depuis le printemps dernier, Laurent Wauquiez a pris l’habitude de réunir le gratin local lors de prestigieux dîners, dans des lieux d’exception. Seul élu présent, il s’entoure pour l’occasion de chef·fes d’entreprise, patrons de presse, sportifs, grands noms de la cuisine… Le dernier « dîner des sommets » a eu lieu le 23 juin dernier, au château de la Chaize, dans le Beaujolais, propriété du millionnaire Christophe Gruy, patron du groupe lyonnais de construction Maïa.

Mediapart avait initialement avancé un coût total de 100 000 euros pour cette luxueuse sauterie. Dans un nouvel article publié jeudi 27 octobre, le journal avait rajouté à la note 48 000 euros.

Une somme qui a servi à financer les services de la société Mediafin, basée à Paris, d’Édouard Tétreau, pour les deux dîners qui ont déjà eu lieu.

« Également chroniqueur dans des médias nationaux (Le Figaro ou Les Échos), Édouard Tétreau présente la particularité d’avoir déjà organisé, avant la présidentielle 2017, des soirées de levée de fonds pour le financement de la candidature d’Emmanuel Macron, précise Mediapart. Ce qui renforce l’idée que les « dîners des sommets » ont pu être pensés comme un tremplin à une possible candidature de Laurent Wauquiez en 2027, comme le soupçonne l’opposition régionale depuis nos premières révélations sur ces événements secrets, et non comme un événement visant à développer de simples « synergies » entre acteurs régionaux, comme le soutient la collectivité », indiquait Mediapart.

Il s’agit de la deuxième perquisition du PNF à l’Hôtel de Région en peu de temps. Une première avait eu lieu en septembre 2022 dans le cadre de l’affaire Ange Sitbon. Homme de l’ombre de Laurent Wauquiez, son niveau de rémunération, de 9000 euros par mois, avait été jugé disproportionné par la Chambre régional des Comptes.

Dans la foulée des révélations de Mediapart sur ces « dîners des sommets », une enquête préliminaire pour détournement de fonds publics avait également été ouverte concernant Fabienne Grébert (EELV), principale opposante de l’exécutif régional.

Lyon : le député Hubert Julien-Laferrière manipulé par le lobbyiste de l’affaire BFMTV

Lyon : le député Hubert Julien-Laferrière manipulé par le lobbyiste de l’affaire BFMTV

Le député écologiste de Lyon Hubert Julien-Laferrière a fait la promotion d’un homme d’affaires camerounais à l’Assemblée Nationale. Ce dernier est aujourd’hui soupçonné d’être l’organisateur d’une fraude massive aux cryptomonnaies en Afrique. Le député a été convaincu par le lobbyiste Jean-Pierre Duthion, un des acteurs de la diffusion de fausses informations par un journaliste de BFMTV.

Le 23 février 2022, le député de la 2e circonscription de Lyon, Hubert Julien-Laferrière (Génération écologie, membre du groupe Écologiste et de la Nupes), fait les louanges d’un homme d’affaire camerounais à l’Assemblée Nationale lors d’une séance de la commission des affaires étrangères, dont il est membre. Il évoque le « Limcoin », cryptomonnaie créée par Émile Parfait Simb, et demande à ce que la France « accompagne cette émergence ».

Problème : cet homme d’affaire est aujourd’hui soupçonné d’être l’organisateur d’une fraude massive aux cryptomonnaies en Afrique. Deuxième couac : cette intervention du député lyonnais lui a été soufflée par le lobbyiste Jean-Pierre Duthion, révèlent notre partenaire Mediapart. Ce dernier est au cœur de l’enquête « Story killers » du consortium Forbidden Stories.

Un député de Lyon à l’écoute d’un lobbyiste pour des puissances étrangères ?

Jean-Pierre Duthion est accusé d’avoir fourni au journaliste de BFMTV Rachid M’Barki des microreportages réalisés par des puissances étrangères. Le journaliste a depuis été écarté de la chaîne d’info.

Quant à Hubert Julien-Laferrière, il aurait été approché pour la première fois par Jean-Pierre Duthion fin 2021. Celui-ci lui a ensuite envoyé par message un article de RFI sur Émile Parfait Simb, message qui a donné l’idée au député à intervenir à l’Assemblée. Contacté par Mediapart, Hubert Julien-Laferrière assure ne pas avoir été rémunéré et reconnaît avoir « un peu déconné». Il explique ne pas avoir su que Duthion était lobbyiste :

« Il se présentait comme journaliste, qui faisait des piges à droite à gauche,raconte le député. Il a un côté bling-bling qui ne m’intéressait pas trop, mais [il est] intelligent, intéressé par le Moyen-Orient et l’Afrique. »

À Lyon, le député reconnaît de nouveau « une erreur d’appréciation manifeste »

Dans un communiqué paru quelques heures après la sortie de l’article de Mediapart, Hubert Julien-Laferrière revient plus en longueur sur cette affaire et reconnaît de nouveau « une erreur d’appréciation manifeste ».

« Je démens fermement les affirmations selon lesquelles je serais “au service” de JP Duthion. Je réfute l’idée que je pourrais me servir d’une quelconque façon de mes statuts de secrétaire, ou référent de la commission au sein du groupe écolo, pour porter des sujets téléguidés », écrit-il.

Peu après, son opposant macroniste aux dernières législatives, Loïc Terrenes a également réagi à cette affaire dans un communiqué.

« Comment [Hubert Julien-Lafferière] justifie-t-il de tels propos en totale contradiction avec son propre programme de campagne et à celui du parti qui l’a soutenu, EELV ? Peut-il nous garantir que cette prise de parole n’a fait l’objet d’aucune contrepartie financière, notamment dans le cadre du financement de précédentes campagnes électorales ? Conserve-t-il toujours des liens avec des représentants d’intérêts comme M. Duthion ? »

Un professeur accusé de harcèlement sexuel au conservatoire de Lyon

Un professeur accusé de harcèlement sexuel au conservatoire de Lyon

Mercredi 14 février, Mediacités révélait plusieurs témoignages concernant des faits de harcèlement sexuel de la part Jean Tubéry, professeur de musique au Conservatoire de Lyon. Une nouvelle enquête interne a été ouverte.

Au Conservatoire national supérieur de musique et de danse (CNSMD) de Lyon, la parole s’est libérée. Jean Tubéry, musicien et professeur de musique baroque est accusé d’avoir eu des comportements déplacés envers des étudiantes et enseignantes. Le 14 février dernier, Mediacités révélait plusieurs témoignages sur des formes de harcèlement de sa part. Dans la semaine, le CNSMD a lancé une procédure interne pour recueillir des nouveaux témoignages de concernant le professeur. Ce n’est pas la première fois.

Jean Tubéry a déjà fait l’objet d’une sanction disciplinaire prononcée en juin 2022 pour « manquement à son obligation de dignité d’égalité de traitement et d’exemplarité vis-à-vis de ses étudiants, notamment féminines », après une enquête administrative menée par la direction du conservatoire. Il a été écarté de ses fonctions pendant cinq mois, dont un avec sursis. Il a fait sa rentrée le 11 octobre 2022, soit quelques semaines après la rentrée scolaire.

Une agression sexuelle omise dans l’enquête diligentée par le conservatoire

Parmi les témoignages, plusieurs femmes affirment avoir reçu des SMS douteux de la part de l’enseignant. C’est le cas de Marie-Domitille Murez, interrogée par nos confrères de Mediacités. Sortie du conservatoire de Lyon en 2017, la jeune femme affirme avoir reçu des textos déplacés de la part de Jean Tubéry lorsqu’il était son professeur.

« Des messages très insistants où il me demande de le rejoindre la nuit dans sa chambre d’hôtel, raconte-t-elle. Et dès qu’on ne répond pas, il devient très humiliant en cours. »

De 2007 à 2010, Jean Tubéry a embauché Stéphanie, musicienne diplômée. Dans un récent témoignage également publié par Mediacités, elle raconte comment ce dernier l’aurait agressée. Le 26 octobre 2007, Stéphanie dormait dans le même hôtel que Jean Tubéry pour un concert en Bretagne. Après lui avoir adressé plusieurs textos contentant des sous-entendus à connotation sexuelle, un soir, Jean Tubéry toque à sa porte. En lui ouvrant, elle se retrouve aussitôt plaquée contre le mur de sa chambre d’hôtel.

« Tout s’est passé en quelques secondes. Je me souviens qu’il m’a plaquée contre un mur et a essayé de m’embrasser. Je me souviens d’avoir un sentiment de dégoût, de sentir sa bouche contre ma joue, d’avoir eu très peur. J’ai eu un geste violent pour le repousser, je ne sais plus si je lui ai donné un coup de pied ou quelque chose comme ça, mais c’était clair. Il est parti . »

Quelques années après cet évènement, Stéphanie, qui travaillait au CNSMD, a appris l’arrivée de Jean Tubéry en tant que professeur. Cette potentielle agression sexuelle n’aurait pas été prise en compte dans l’enquête administrative menée par la direction du conservatoire de Lyon en 2022.

>> Lire l’article sur Mediacités « Jouer à tes côtés, c’est déjà un peu faire l’amour avec toi » : au Conservatoire national de Lyon, un prof accusé de harcèlement

Sauvez Rue89Lyon

Sauvez Rue89Lyon

Sauvez Rue89Lyon. Votre abonnement nous permettra de nous soutenir et de vivre.

Il nous faut 1.000 abonnées avant le 31 mars 2023.

31/03/2023 date de fin
1233 sur

(ou faire un don)

Notre média est dans la panade…

À peine commencée l’année, on sait déjà que sans votre mobilisation on ne passera pas 2023. Présent depuis 11 ans sur la métropole lyonnaise, aujourd’hui Rue89Lyon change tout (ou presque).

Le modèle du tout-gratuit financé par la pub a fini par user l’équipe historique qui a progressivement quitté la rédac. La seule issue, c’est l’abonnement. Il nous faut réunir au moins 1.000 abonné⋅es pour que Rue89Lyon continue d’exister.

Lyon et sa métropole sont bien souvent le laboratoire des tensions qui s’expriment nationalement (montée de l’extrême droite, précarité, luttes féministes, migrations, écologie). Nous avons fait le choix de ne pas résumer des communiqués de presse ou commenter l’information quand elle veut bien “tomber”, contrairement à certains titres de la presse locale.

À Rue89Lyon, on croit en un journalisme qui déniche l’info, qui fouille là où ça dérange, qui demande des comptes, qui parfois égratigne celles et ceux qui nous gouvernent, et surtout qui n’attend pas le sujet mais va le chercher.

Pour que ce journalisme continue de vivre à Lyon, dans sa banlieue, mais aussi dans la proche ruralité, il faut vous abonner à Rue89Lyon.

Soutenir Rue89Lyon : place aux enquêtes

Aujourd’hui, Rue89Lyon entend pratiquer un journalisme d’impact.

Bastion historique de l’extrême droite, parcourue par des inégalités tenaces (de richesses et d’accès aux droits), la métropole lyonnaise est le terrain de multiples enjeux.

En une décennie (et quelque 8.000 articles), notre site s’est imposé comme l’une des références locales de l’enquête, des grands reportages et des papiers de fond.

Autant de révélations qui font bouger les lignes, autant d’infos qu’il faut continuer de publier.

Nous assumons un regard engagé sur la métropole lyonnaise : nous prenons le parti de donner une place privilégiée aux questions, revendications et confrontations qui bousculent notre société et de donner la parole aux personnes et aux luttes absentes de la presse locale.

Pour acter ce basculement, nous avons entamé depuis février un partenariat avec Mediapart.

Le résultat, c’est le relai de nos enquêtes et une conférence sur les violences sexistes et sexuelles co-animée avec une journaliste de Mediapart. L’objectif, c’est de donner un écho national aux thématiques locales.

Maintenant, nous avons besoin de vous pour pratiquer ce journalisme, pour être votre vigie ici, à Lyon.

Soutenez-nous, abonnez-vous à Rue89Lyon.

Personne ne le fera à votre place.


Abonnement mensuel

4,90€/mois

(résiliable à tout moment, ici)

Abonnement annuel

49€/an

(résiliable à tout moment, ici)
34,3€ seulement s’il s’agit de votre 1er abonnement de presse.

Abonnement de soutien

Parce que vous croyez que Lyon a particulièrement besoin de nous.

100€/an

(résiliable à tout moment, ici)
70€ seulement s’il s’agit de votre 1er abonnement de presse.

soutenir et sauvez Rue89Lyon

Pourquoi cette campagne d’abonnement, maintenant ?

Parce qu’aujourd’hui, sans votre soutien, nous devrons mettre la clef sous la porte.

Rue89Lyon a besoin d’un modèle économique pérenne, garantissant un journalisme efficace et assurant un avenir pour notre titre. Ce modèle c’est l’abonnement.

Rue89Lyon doit faire sa révolution. Et pour vous convaincre de nous suivre, nous avons décidé de tout vous dire :

    Avec 1.000 abonné·e⋅s, nous stabilisons la situation. Il faudra encore aller chercher quelques sous ici et là, voire peut-être emprunter, mais on devrait pouvoir tenir.Avec 1.600 abonné·e⋅s, on devient solide. On peut enfin se payer décemment et on met de côté pour financer les futurs projets (enquêtes, évènements, etc.).

Une nouvelle rédac pour un nouveau Rue89Lyon

Ces dernières années de nouvelles têtes sont apparues dans la rédac, elles s’appellent Marie Allenou, Oriane Mollaret, Pierre Lemerle, Laure Solé et ont entre 24 et 30 ans. Cette nouvelle équipe a progressivement remplacé l’ancienne dont seul subsiste Laurent Burlet, l’actuel directeur de la publication.

Une nouvelle équipe donc, mais formée par l’ancienne. De sorte que le journalisme cher à Rue89Lyon continue de se pratiquer sur les sujets qui font l’époque.

Par souci d’horizontalité, la rédaction en chef est assurée de manière tournante (chaque semaine l’un·e des 5 journalistes s’en charge). Un système assez rare dans la presse et qui pourtant a fait ses preuves chez nos ami·e·s de Reporterre, ou Radio Parleur.

Nous collaborons aussi régulièrement avec des pigistes : notamment Margot Hemmerich, Lucas Martin-Brodzicki, Thomas Sévignon, Moran Kerinec et Adrien Giraud. Vous voulez nous rejoindre ?

Pour nous proposer vos sujets, c’est ici.

Nous remercions les équipes qui nous filent régulièrement la main :
Paul Saïsset et Louise Bacaud (Sans Tête) pour cette campagne d’abonnement, Geoffrey Brossard (Nangka) pour le développement web, les copains de La Brèche pour la vidéo.

Foire aux questions | FAQ

Violences policières : un documentaire sur le combat des familles projeté à Lyon

Violences policières : un documentaire sur le combat des familles projeté à Lyon

Le documentaire « Violences policières, le combat des familles » réalisé par Inès Belgacem, journaliste à Streetpress, sera projeté le 28 février au cinéma Lumière Bellecour (Lyon 2e). Il sera suivi d’un échange animé par Rue89Lyon, en présence de la réalisatrice et de Zohra El-Yamni, la mère de Wissam, décédé en 2012 à Clermont-Ferrand suite à une interpellation.

Wissam El-Yamni, Cédric Chouviat, Claude Jean-Pierre, Allan Lambin, Gaye Camara… Tous ces hommes sont décédés suite à leur interpellation par la police, dans des circonstances floues. Depuis parfois plus de 10 ans, leurs proches se battent pour que la lumière soit faite sur les causes de leur mort, et que les responsables soient sanctionnés.

Le documentaire de Streetpress « Violences policières, le combat des familles » projeté à Lyon le 28 février

Inès Belgacem, journaliste pour le média d’enquête Streetpress, a consacré un documentaire au combat de ces familles, véritable marathon judiciaire d’expertises, contre-expertises, reconstitutions, clôtures de dossiers, réouvertures, non-lieux… Mardi 28 février, ce documentaire intitulé « Violences policières, le combat des familles » sera projeté au cinéma Lumière Bellecour (Lyon 2e).

La séance sera suivie d’un débat animé par Oriane Mollaret (journaliste à Rue89Lyon), en présence de la réalisatrice Inès Belgacem et de Zohra El-Yamni.

Le fils de Zohra El-Yamni, Wissam, est décédé le 9 janvier 2012 à Clermont-Ferrand. Le soir de la Saint-Sylvestre, le jeune homme de 30 ans a été interpellé et, d’après de nombreux témoins, passé à tabac par des policiers. Il est décédé après plusieurs jours de coma. Depuis, sa mère et ses frère et sœurs se battent pour obtenir justice et vérité. En mars 2022, plus de 10 ans après la mort de Wissam, la cour d’appel de Riom a ordonné la reconstitution d’une partie des faits.

De nombreuses affaires de violences policières recensées par Rue89Lyon dans la région lyonnaise

Dans la région lyonnaise, Rue89Lyon a recensé de nombreuses affaires similaires à celles évoquées dans ce documentaire. Des interpellations violentes, des morts inexpliquées, des victimes présentées comme délinquantes, et des dossiers débouchant bien souvent sur des non-lieux.

En 2015 par exemple, Mehdi Bouhouta, 28 ans, tentait de forcer un barrage de police à Sainte-Foy-lès-Lyon. Un policier lui tire alors une balle dans la tête. Non-lieu. En 2017, à Vienne, le jeune Joail Zerroukhi, 19 ans, est poursuivi jusque sur les rails de chemin de fer par les forces de l’ordre. Il mourra percuté par un train. Classement sans suite.

En dépit des obstacles judiciaires, les familles des victimes de violences policières continuent à se battre pour éviter que leurs dossiers soient définitivement clôturés. Le 28 février, venez écouter l’histoire de cinq d’entre elles.

>> « Violences policières, le combat des familles » de Inès Belgacem. Le mardi 28 février au cinéma Lumière Bellecour (Lyon 2e). Réservations ici.

Documentaire "Violences policières, le combat des familles" de Inès Belgacem, projeté le 28 février à Lyon.

À Lyon, des groupuscules d’extrême droite « plus informels » et « plus dangereux »

À Lyon, des groupuscules d’extrême droite « plus informels » et « plus dangereux »

La dissolution de Génération identitaire en 2021 n’a pas empêché l’extrême droite de multiplier les actions violentes à Lyon. Alain Chevarin, auteur du livre « Lyon et ses extrêmes droites », analyse la recomposition des groupuscules locaux.

Alain Chevarin est l’auteur du livre « Lyon et ses extrêmes droites », publié en septembre 2020 aux éditions lyonnaises de la Lanterne. Pour Rue89Lyon, il analyse la recomposition de l’extrême droite à Lyon ces dernières années, et alerte sur des actions plus violentes, commises par des militants plus difficilement identifiables depuis la dissolution de Génération identitaire. Interview.

Rue89Lyon : Le groupuscule d’extrême droite Génération identitaire a été dissous il y a bientôt deux ans, le 3 mars 2021. Quel impact cela a-t-il eu à Lyon ?

Alain Chevarin : Depuis la dissolution de Génération identitaire, il y a encore plus d’actions et elles sont plus ciblées, presque individuelles comme ces militants de la FI qui se sont faits agresser lors d’un tractage. Avant, il y avait toujours des actions à plusieurs comme l’attaque de la Plume noire à 40, et structurées comme Lugdunum suum le 8 décembre.

Cet article fait partie de l’édition abonnés. | Déjà abonné ? Connectez-vous

Abonnez-vous maintenant pour poursuivre votre lecture

Abonnez-vous
Abonnez-vous maintenant pour suivre l’actualité locale.

Déjà abonné⋅e ?

Connectez-vous