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Actualités, enquêtes à Lyon et dans la région

Noa, étudiante en première année de militantisme à l’Université Lyon 2

Noa, étudiante en première année de militantisme à l’Université Lyon 2

L’Université Lumière Lyon 2 semble avoir renoué avec sa réputation d’épicentre de la lutte étudiante. Dans le cadre des mobilisations contre la réforme des retraites, le campus de Bron a été bloqué à deux reprises et une vingtaine d’étudiant·es ont occupé un amphithéâtre cette semaine. Rencontre avec l’une d’elles, Noa.

Noa (le prénom a été modifié), 20 ans, a le look typique de l’étudiante de l’Université Lumière Lyon 2 : large sweat à capuche, jean déchiré et keffieh autour du cou. Elle a fait sa rentrée en licence à Lyon 2, sur le campus de Bron, en septembre 2022. La jeune femme, qui a découvert le militantisme au lycée lors des manifestations contre la réforme du bac de 2020, s’attendait à découvrir une vie étudiante bouillonnante. Elle a vite déchanté.

Depuis la crise sanitaire, le distanciel semble avoir porté un rude coup aux mobilisations étudiantes qui font habituellement partie de l’ADN de Lyon 2. Même dans les manifestations, les cortèges étudiants ne sont aujourd’hui qu’une pâle copie de ce qu’ils ont pu être en 2018 contre la loi ORE ou en 2016 contre la loi Travail.

étudiant étudiante université Lyon 2
Noa, étudiante en première année à l’Université Lyon 2.Photo : OM/Rue89Lyon
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Comment construire une presse indépendante à Lyon, Bordeaux et Strasbourg ?

Comment construire une presse indépendante à Lyon, Bordeaux et Strasbourg ?

Jeudi 9 mars à 19h, Rue89Lyon organise un débat en ligne sur la place d’une presse indépendante locale à Lyon, Bordeaux et Strasbourg face aux groupes de presse détenus par des milliardaires et des banques. Avec nos cousins Rue89 Bordeaux et Rue89 Strasbourg.

Depuis près de 12 ans, Rue89Lyon est présent dans la région lyonnaise. Pour Rue89 Bordeaux c’est 9 ans d’existence et pour Rue89 Strasbourg 11 ans.
Nos rédactions organisent conjointement ce débat pour se retrouver virtuellement autour d’une table et réfléchir sur notre expérience respective en matière de journalisme local.

    Pourquoi une presse possédée par ses journalistes est importante pour le débat public local ?Quelles sont les difficultés économiques auxquelles nous sommes confrontés ?Nous aborderons également la question des aides directes et indirectes à la presse captées en majorité par les grands groupes de presse.Face à ce constat, comment procèdent les Rue89 locaux pour vivre ?

Ce sera l’occasion de vous parler en avant-première des développements que nous menons en commun.

Space Twitter Rue89 Lyon, Bordeaux et Strasbourg - 9 mars à19h sur Twitter

La presse indépendante locale en débat sur un Space Twitter

Ce débat aura lieu sous forme de Space Twitter (discussion audio en direct sur l’application).
Autour de la table, pour intervenir sur cette question, on retrouvera :
• Pierre France, directeur de la publication et fondateur de Rue89Strasbourg.
• Walid Salem, directeur de la publication et fondateur de Rue89Bordeaux.
• Marie Allenou, journaliste à Rue89Lyon

Les Rue89 Strasbourg, Bordeaux et Lyon sont des médias 100% en ligne et 100% indépendants, chacun étant possédé par une société éditrice de presse autonome. Comme à Lyon, nos cousins ont besoin de vos abonnements pour vivre.
Abonnez-vous à Strasbourg, à Bordeaux, et à Lyon pour qu’on puisse continuer à produire à un autre journalisme.

Le lien pour écouter l’enregistrement de la discussion, en ligne sur Twitter pendant un mois :

https://twitter.com/i/spaces/1ZkKzXElZDeJv

L’ASUL Lyon, le club mythique de volley en sursis

L’ASUL Lyon, le club mythique de volley en sursis

L’ASUL Lyon, club de volley qui remplissait encore il y a dix ans les gradins du Grand Palais de Gerland, a frôlé de près la liquidation judiciaire ce mardi au Tribunal de commerce de Lyon. Une fin qui aurait entraîné dans sa chute 400 licencié·es jeunes, en handisport et en loisir.

Les gradins étaient encore plein à craquer au Petit Palais des Sports de Gerland (Lyon 7e) ce samedi 24 février au soir. À entendre l’ambiance, on aurait pu croire que tout allait bien pour le club de volley de l’ASUL Lyon. Une foule sonore scandait en continu des encouragements pour l’équipe de ligue B (le deuxième plus haut niveau du sport professionnel en France), qui n’a pas démérité contre celle de Fréjus, malgré une défaite 3 à 1.

Il y avait cependant de nombreux indices qui laissaient à penser que quelque chose n’allait pas. Les mines renfrognées dans la tribune officielle, le regard absent des adolescent·es qui avaient revêtu le maillot du club ou encore les grands panneaux « Sauvons l’ASUL » et « Le lion ne mourra pas ce soir », disposés le long du terrain.

L'équipe de Pro B de l'ASUL Lyon volley n'a pas démérité contre celle de Fréjus avant de s'incliner 3 à 1. ©LS/Rue89Lyon
Malgré les circonstances, l’équipe de ligue B de l’ASUL Lyon volley n’a pas démérité contre celle de Fréjus avant de s’incliner 3 à 1.Photo : LS/Rue89Lyon

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Une manifestation cruciale contre la réforme des retraites à Lyon mardi 7 mars

Une manifestation cruciale contre la réforme des retraites à Lyon mardi 7 mars

Un nouveau rendez-vous a été donné à Lyon pour une manifestation contre la réforme des retraites. Départ prévu à 11 heures à la Manufacture des Tabacs mardi 7 mars.

Après deux semaines sans mobilisation, l’intersyndicale du Rhône a appelé à manifester contre la réforme des retraites. Ce sixième acte aura lieu mardi 7 mars prochain. Le cortège débutera à 11 heures à la Manufacture des Tabacs (Lyon 8e) et s’achèvera au niveau de la place Bellecour (Lyon 2e).

« Le 7 mars doit être une véritable journée morte dans les entreprises, les administrations, les services, les commerces, les écoles, les lieux d’études et les transports », indique l’intersyndicale du Rhône dans un communiqué.

La dernière manifestation contre la réforme des retraites a eu lieu le 16 février dernier. Organisée pendant les vacances scolaires, elle a enregistré un recul de participation par rapport aux précédentes. Entre 8 000 et 20 000 personnes ont défilé à Lyon, contre 35 000 personnes le 11 février de la semaine précédente.

Au lendemain de la journée de mobilisation du 7 mars, une autre manifestation est prévue à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes. Organisée à l’appel du collectif Droits des femmes 69, elle débutera dès 17h au niveau de la place Bellecour (Lyon 2e).

manifestation contre la réforme des retraites
La manifestation contre la réforme des retraites au niveau de la Guillotière, à Lyon.Photo : PL/Rue89Lyon.

En amont de la manifestation à Lyon : une lettre à la préfète

Les syndicats ont fait remonter plusieurs dysfonctionnements dans les cortèges des dernières manifestations du mois de février. Dans une lettre ouverte adressée à la préfète de la région Auvergne-Rhône-Alpes Fabienne Buccio, ils reprochent un comportement inadapté de la part des forces de l’ordre envers les militants.

Autre problème pour eux : la fermeture de la rue de la Barre (Lyon 2e). Depuis 2020, cette rue qui longe l’Hôtel-Dieu est fermée aux manifestants. Régulièrement, des tensions entre les forces de l’ordre et manifestants ont lieu à son entrée. Les syndicats reprochent également à la préfecture de ne pas avoir retiré les poubelles contenant les matériaux en verre du parcours de la manifestation.

Sorties à Lyon : la sélection culture de la rédaction du 1er au 7 mars

Sorties à Lyon : la sélection culture de la rédaction du 1er au 7 mars

Les spectacles pleuvent en giboulée à Lyon en cette première semaine de mars. Il y aura aussi des photos et livres en pagaille, la guitare saturée de Fuzz, du romantisme échevelé et même quelques buffles. N’hésitez pas à compléter avec vos bons plans en commentaires.

Riboud à l’image dans les galeries de Lyon

Une jeune femme armée d’une fleur, s’avance vers des soldats. Nous sommes en 1967 lors d’une manifestation contre la guerre du Vietnam. La photo a fait le tour du monde et est devenue l’une des images les plus iconiques du XXe siècle. Un trésor pop habilement détourné dans la scène d’introduction du Watchmen de Zack Snyder. C’est son auteur Marc Riboud qui est doublement célébré en ce moment à Lyon, à l’occasion du centenaire de sa naissance. Avec d’abord une exposition phare – même si son accrochage est quelque peu hasardeux – intitulée 100 photographies pour 100 ans, déclinée en quatre thématiques. Puis, dans une autre plus modeste, qui finit bientôt, consacrée au Japon. Riboud a visité le pays en 1958. On y retrouve aussi des clichés de Géraldine Lay.

Sorties à Lyon Musée des Confluences Marc Riboud Photo Bertrand Stofleth
Musée des Confluences. Marc Riboud. Photo : Bertrand Stofleth

Marc Riboud et Géraldine Lay – Le Japon en duo, à la Galerie Le Réverbère jusqu’au 11 mars.

Marc Riboud – 100 photographies pour 100 ans, au Musée des Confluences, jusqu’au 31 décembre.

Les livres à la fête à Bron

C’est sans doute l’événement littéraire le plus incontournable du Grand Lyon. Plus populaire que le Littérature Live Festival et plus généraliste que Quais du Polar. Cette année, l’équipe de la Fête du Livre de Bron a opté pour le thème « un endroit où vivre ». Thématique fourre-tout propice à l’invitation de nombreux auteurs, hétéroclites mais indispensables. Et à de beaux débats autour de questions de société et/ou de littérature. On pourra croiser cette année à l’Hippodrome de Bron, transformé en librairie : Florence Aubenas et Olivier Weber, grands reporters, Philippe Jaenada, Grégoire Bouillier, Lydie Salvayre, Philippe Claudel, Brigitte Giraud, Valentine Goby, Sibylle Grimbert, Lola Lafon, Laurent Mauvignier. Et une pléiade des meilleurs auteurs et autrices jeunesse.

Fête du Livre de Bron, à l’Hippodrome de Bron du 3 au 5 mars.

Schu-schu et Laloum

Quoi de mieux pour célébrer le romantisme musical de Robert Schumann – à ne pas confondre avec Robert Schuman, le père de l’Europe, beaucoup moins doué pour le piano – que ses Kreisleriana ? Avec ces huit pièces pour piano, relativement courtes – l’ensemble dure 30 minutes –, le compositeur célébrait son amour pour sa femme.

Une œuvre qu’il dédia néanmoins à Chopin, qui n’était lui-même pas le dernier pour faire pleurer les pianos. Et quoi de mieux qu’Adam Laloum, jeune virtuose français (36 ans) spécialisé dans Schumann, Brahms et Schubert. Il interprétera d’ailleurs la Sonate D959 en La majeur, avant-dernière sonate du compositeur et l’un des grands tubes du romantisme.

Adam Laloum joue Schubert et Schumann, à la Salle Molière le 3 mars.

Faire le Fuzz à l’Épicerie moderne

Reporté l’an dernier, voici enfin Fuzz programmé sur la scène de l’Épicerie Moderne. On est loin ici de Schumann – on dit ça pour les romantiques qui seraient tombés du paragraphe ci-dessus. Ici, c’est plutôt garage rock et cambouis sur les doigts. Dérapages psychés et paillettes collées dans les cheveux. Sorties de routes stoner et traces de pneus sur le bas-côté. Si le groupe de Ty Segall – le pape du garage – s’appelle Fuzz, ce n’est pas pour rien.

Fuzz, à l’Épicerie moderne le 6 mars.

Bluffant buffles au TNP à Lyon

Soyons honnêtes, rien que la première phrase du pitch de la pièce donne envie de se précipiter au TNP : « Dans un quartier populaire où rodent les lions, une famille de buffles tient une blanchisserie ». Bon, normal il s’agit d’une fable. Quelques instants plus tard, se pose la question « comment grandir au milieu des secrets et des non-dits quand on est un buffle adolescent ? »

Inutile de souligner la portée symbolique de ce spectacle de marionnettes de bois, de tissu et de cuir manipulées par des acteurs manipulateurs. La pièce, magique, est adaptée par Emilie Flacher, metteuse en scène et constructrice de marionnettes de l’œuvre de l’auteur catalan Pau Miro.

Buffles, au TNP du 7 au 11 mars

À Rue89Lyon, les raisons de onze ans de travail sur les violences policières

À Rue89Lyon, les raisons de onze ans de travail sur les violences policières

Depuis plus d’une décennie, Rue89Lyon documente les violences policières à Lyon. Un choix qui s’inscrit dans une volonté de donner la parole à ceux qui ne l’ont pas. On vous raconte.

« Violences policières ». Le terme, de plus en plus utilisé dans les milieux militants et dans la presse, renvoie aux violences commises par les forces de l’ordre. Ces violences peuvent découler d’une interpellation dite « musclée », d’un maintien de l’ordre trop zélé en manifestation, d’un tir de LBD « perdu »… Elles sont responsables de bleus, de fractures, de traumatismes et, parfois, de décès. Elles touchent tout le monde, les habitant·es des quartiers populaires depuis des décennies, et du centre-ville comme en témoigne, à Lyon, les blessés liés au mouvement des gilets jaunes.

Souvent criminalisées elles-mêmes, parfois présentées comme délinquantes, les victimes de violences policières peinent à se faire entendre. Devant la justice, leurs dossiers patinent et débouchent régulièrement sur des classements sans suite. Pourtant, les victimes et/ou leurs proches s’engagent souvent dans un combat de longue haleine pour obtenir vérité et justice. C’est le cas d’Arthur Naciri, de Naïm, de Frédéric, de la famille de Wissam El-Yamni, de celle de Mehdi Bouhouta…

À Rue89Lyon, nous travaillons sur ces dossiers complexes depuis longtemps. Nous estimons que médiatiser ces affaires permet d’accompagner ce combat et donner la parole à des personnes qui en sont souvent privées. 

violences policières Lyon manifestation
Une manifestation « arrêtée » par les forces de l’ordre en janvier 2021.Photo : PL/Rue89Lyon.

Violences policières : des quartiers populaires au centre-ville de Lyon

Les problématiques de violences policières sont présentes dans les quartiers populaires depuis des décennies. Si certains noms sont gravés dans les mémoires, comme celui d’Adama Traoré, c’est loin d’être le cas de toutes les victimes. Des habitant·es de ces quartiers sont ainsi décédé·es à la suite d’une interpellation des forces de l’ordre, dans l’indifférence générale. Bien sûr, leurs proches ont sollicité la justice, mais les dossiers se sont souvent soldés par un classement sans suite. Trop souvent, seuls de rares articles de presse font mention d’une « course-poursuite mortelle » ou d’une « interpellation musclée », qui a « dérapé ». Trop souvent, il est impossible de mettre un nom et un visage sur les victimes. 

À Rue89Lyon, nous avons tenté de compiler 40 ans de morts, d’émeutes et de mobilisations dans la région lyonnaise, depuis les années 80 et le fameux « été chaud » des Minguettes. Pour que ne tombent pas dans l’oubli les noms de Mustapha Kacir, Ouassila Majri, Thomas Claudio, Fabrice Fernandez, Walid Houha, Tina Sebaa, Raouf Taïtaï, Mehdi Bouhouta… Ce dernier a été tué d’une balle dans la tête par un policier en 2015, à Sainte-Foy-lès-Lyon, alors qu’il tentait de forcer un barrage de police. Rue89Lyon suit depuis le combat de sa sœur, Myriam, pour connaître la vérité de l’affaire.

Progressivement, on a commencé à parler de violences policières dans les centre-villes. Notamment lors de l’arrivée de manifestations sur la place Bellecour, en 2010. À l’époque, une (première) réforme des retraites met Lyon en effervescence. Les cortèges sont bondés et la place Bellecour est nassée. Des manifestants sont entourés par les forces de l’ordre, une première en France.

Rue Victor-Hugo, les CRS chargent ce qu’ils jugent être des casseurs. Entre deux rues, difficile d’y voir clair dans cette cohue. Mais des questions commencent à s’immiscer sur le maintien de l’ordre fait par les policiers. 

Loi Travail, cortège de tête et violences policières à Lyon

Quelques années plus tard, en 2013, la mort de Clément Méric, un militant antifasciste tué par un militant d’extrême droite, déclenche de nombreuses manifestations dans toute la France. À Lyon, l’une d’elles, contre les violences policières en général, est nassée et sévèrement réprimée quand elle arrive place Gabriel-Péri, dans le quartier de la Guillotière (Lyon 7e).

Nous étions tous les deux étudiants durant cette période. Nous avons pu voir, ou être victimes, de la violence de certains membres des forces de l’ordre.

En 2016, la loi Travail portée par la ministre du Travail de l’époque, Myriam El Khomri, déclenche des mobilisations massives. Les manifestants les plus motivés, et les plus jeunes, lycéens et étudiants, se mettent en première ligne à Lyon. En groupe, vêtus de noir et cagoulés pour certains, ils remontent les cortèges et s’installent devant les syndicats. Le cortège de tête est né. 

Régulièrement, certains de ces manifestants forment un black bloc. En face, les forces de l’ordre les attendent au tournant. Entre mars et septembre 2016, il y a au moins une manifestation contre la loi Travail par semaine à Lyon. De nouveau, les coups de matraque pleuvent. Dès le 10 mars, un manifestant est blessé à Lyon, touché aux parties intimes par un tir de LBD. Le média en ligne Reporterre a tiré un bilan accablant du maintien de l’ordre pendant ces mobilisations contre la loi Travail. 

Les gilets jaunes et les violences policières sur le devant de la scène

Enfin, la période 2018 – 2020 est un moment clef. Apparus en novembre 2018, les gilets jaunes sont aussi confrontés à cette violence. À Lyon, plusieurs manifestants sont blessés par les forces de l’ordre : Mélodie, touchée à la jambe par un tir de LBD le 9 février 2019, Alix, blessé à la tête par un tir de LBD le 7 mars 2020, Frédéric, matraqué le même jour… Rue89Lyon récolte leurs témoignages, et suit encore actuellement le parcours chaotique de leurs dossiers devant la justice. 

Le mouvement des « GJ » rencontre les cortèges de manifestants contre la réforme des retraites. Peu traitée par la presse locale, la question des violences policières nous saute à la gueule, notamment avec le cas d’Arthur Naciri. Cette affaire, révélée par Rue89Lyon, met en avant les déviances d’un certain maintien de l’ordre. 

Avec le travail du journaliste David Dufresne, on commence à parler (vraiment) de « violences policières » dans les médias. De notre côté, nous poussons pour en parler le plus possible, pour aller voir plus loin que la version policière et le discours officiel de la préfecture lors de ces événéments. 

Et aujourd’hui ?

Comme tout sujet abordé à ses débuts, nous gardons toujours un œil sur les victimes de violences policières que nous avons rencontrées et leurs proches. Sans médiatisation, difficile pour elles de se faire entendre. L’affaire d’Arthur Naciri est, de ce point de vue, un exemple en la matière. Sans les images de son passage à tabac, sans la médiatisation de l’affaire, le jeune homme n’aurait sûrement pas eu le droit au procès de ses agresseurs. 

À travers les cas de Mehdi, Mélodie, Alix, Quentin ou Naïm, nous tentons de garder vivante la parole de ces personnes. Pour que leurs voix continuent d’être entendues, nous avons besoin de vous. C’est notamment pour ça que Rue89Lyon lance une grande campagne d’abonnement. Avec votre soutien, nous pourrons continuer à faire entendre une parole trop souvent oubliée.

Maher ex-livreur à Lyon : « Notre société ne veut pas des coursiers, elle veut des esclaves »

Maher ex-livreur à Lyon :  « Notre société ne veut pas des coursiers, elle veut des esclaves »

Maher s’est fait renverser en vélo alors qu’il livrait pour Just Eat, à Lyon. Militant de la première heure pour les droits des livreurs, il a travaillé pour de multiples plateformes livrant des repas chauds avant d’être embauché, puis licencié deux ans, après par Just Eat. Témoignage.

À partir de ses 21 ans, Maher* (il s’agit d’un nom d’emprunt) a travaillé comme coursier pour Deliveroo, puis Uber Eats et finalement Just Eat. Cette société est la seule de cette envergure a avoir (rapidement) pris le parti de salarier ses livreurs. Aujourd’hui, à 25 ans, Maher a non seulement été licencié pour raisons économiques mais ne peut plus monter sur un vélo car il est traumatisé. Il a failli perdre la vie, percuté par une voiture lors d’une livraison.

S’il n’avait pas été salarié au moment de son accident -et donc placé en arrêt maladie- il aurait sombré dans la précarité après avoir échappé à la mort. Pourtant, aujourd’hui, Just Eat a fait le choix de licencier tous ses livreurs salariés en province, pour les remplacer par des coursiers auto-entrepreneurs de l’entreprise Stuart, une filiale de La Poste. Rue89Lyon a rencontré Maher, qui nous a raconté ses quatre années de carrière comme coursier, qui l’ont laissé exsangue et dépité. Voici son témoignage.

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Déchets, incinérateurs et énergie « verte » : les contradictions de la Métropole de Lyon

Déchets, incinérateurs et énergie « verte » : les contradictions de la Métropole de Lyon

À Lyon, les deux incinérateurs de déchets du territoire vont être modernisés pour produire plus d’énergie « verte » et alimenter les réseaux de chaleur urbains. Même accompagné d’une politique de réduction des déchets sur le territoire, ce choix des écologistes, à la tête de la Métropole de Lyon, interroge. L’exécutif vert envisage notamment de brûler les déchets de collectivités voisines en difficulté, plutôt que de réduire ses capacités d’incinération. Décryptage.

C’est l’un des gros dossiers à manœuvrer pour l’exécutif écologiste et de gauche à la tête de la Métropole de Lyon : la gestion des déchets.

En 2020, un habitant du Grand Lyon a produit en moyenne 387kg de déchets ménagers et assimilés. Soit plus d’un kilo par jour. 

Dans leur projet commun, les candidats à la Mairie de Lyon, Grégory Doucet et, à la présidence de la Métropole, Bruno Bernard, proposaient alors de réduire de 25 % la production de déchets d’ici à la fin de leur mandat, en 2026. Surtout, le programme posait la question brûlante du devenir des deux incinérateurs du territoire : 

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Dans l’Ain, des politiques (vraiment) très chasse

Dans l’Ain, des politiques (vraiment) très chasse

À quelques kilomètres de la métropole de Lyon, la chasse a les bonnes faveurs de (presque) tout le monde dans l’Ain. Soutenus par nombre de parlementaires et d’élus, les chasseurs parviennent même à faire revenir les services de l’État sur des décisions préfectorales. Analyse.

Heureux comme un chasseur dans l’Ain. Ce 28 février, la période de la chasse prend officiellement fin. Comme souvent, cette année a été émaillée de faits divers et de polémiques à ce sujet en France.

Certains sont (très) récents. Près de Toulouse, une habitante a été blessée par un tir dimanche dernier, le 19 février. Quelques jours plus tôt, le 13 février, un enfant avait été touché accidentellement par un tir de chasseur en Ardèche. La semaine précédente, une balle perdue avait percuté une maison dans l’Aisne… Sur la période de chasse de l’année dernière, entre septembre 2021 et février 2022, l’Office français de la biodiversité (OFB) a recensé 90 accidents de chasse au total (blessures corporelles liées à l’utilisation d’une arme de chasse), dont huit mortels. Parmi ces victimes, on compte deux non-chasseurs.

Un bilan qui ne prend pas en compte les blessés légers. Sur la même période, la chasse a fait 17 blessées parmi les non-chasseurs, rapportent nos collègues de France Info. Une proportion en augmentation, selon nos confrères. Cette saison-là, les non-chasseurs représentaient un quart des victimes d’accidents de chasse, soit un chiffre supérieur à la moyenne des 20 dernières années.

Conséquence des tensions autour de la chasse, un rapport sénatorial a été publié sur cette activité en septembre 2022 et a inspiré une proposition de loi. Preuve d’un débat à l’échelle nationale sur le sujet. Dans l’Ain, cela n’a pas remis fondamentalement en cause cette activité. Chez nos voisins, la chasse est une institution. Nombre de parlementaires la soutiennent avec ardeur.

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#chasse

Vincenzo Vecchi à la cour d’appel de Lyon : « Vous avez un choix moral à faire »

Vincenzo Vecchi à la cour d’appel de Lyon : « Vous avez un choix moral à faire »

La cour d’appel de Lyon a examiné ce vendredi 24 février l’affaire Vincenzo Vecchi. L’Italie réclame sans relâche ce militant italien, condamné à 12 ans et demi de prison pour avoir participé au contre-sommet de Gênes, en 2001. En quatre ans, la cour d’appel de Lyon est la troisième à se pencher sur le dossier.

Ils sont une centaine à faire le pied de grue au pied des marches de la cour d’appel de Lyon, dans le Vieux Lyon. Certains sont Lyonnais, d’autres viennent de Bretagne ou de Milan. Des banderoles noires tendues de part et d’autre réclament la « liberté définitive pour Vincenzo Vecchi ». À côté, une pancarte en carton interroge : « 12 ans pour une manif, vous êtes sérieux ?! ».

Douze ans de prison, c’est ce que risque Vincenzo Vecchi si la cour d’appel de Lyon décide de le renvoyer en Italie. Ce militant anticapitaliste et antifasciste italien est traqué par son pays natal depuis sa participation au contre-sommet de Gênes, en 2001. Entre le 20 et le 22 juillet 2001, 200 à 300 000 manifestants avaient convergé sur la ville italienne pour s’opposer à la tenue du G8. La répression avait été particulièrement violente, faisant des centaines de blessés et un mort.

En 2012, la justice italienne avait condamné une dizaine de manifestants, surnommés les « Dix de Gênes » à de sévères peines de prison. Parmi eux, Vincenzo Vecchi avait écopé de 12 ans et demi. Le militant avait fui en France avant son procès. En 2012, l’Italie a émis un mandat d’arrêt européen à son encontre, pour les faits qui lui reprochés à Gênes, ainsi que pour avoir participé à une manifestation antifasciste à Milan en 2006.

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