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Actualités, enquêtes à Lyon et dans la région

Blocages et colère noire dans les lycées de Lyon

Blocages et colère noire dans les lycées de Lyon

Plusieurs lycées de Lyon ont été bloqués ce mardi 7 mars, contre la réforme des retraites mais aussi Parcoursup, le SNU et la précarité étudiante. Reportage.

« Qui sème la colère récolte une jeunesse révolutionnaire » peut-on lire à l’entrée du lycée Juliette Récamier, dans le 2e arrondissement de Lyon. Ce mardi 7 mars, tôt, une quinzaine d’adolescent·es ont entassé barrières, poubelles et panneaux de signalisation routière devant les portes de leur établissement scolaire.

Objectif : bloquer le lycée toute la matinée, pour rejoindre ensuite la manifestation contre la réforme des retraites.

Si les lycéen·nes y sont fermement opposé·es, l’abandon de cette réforme est loin d’être leur seule revendication. Parcoursup, précarité étudiante, SNU… Les raisons de leur colère sont nombreuses.

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[Direct] À Lyon, mobilisation record contre la réforme des retraites

[Direct] À Lyon, mobilisation record contre la réforme des retraites

Ce mardi, l’intersyndicale avait appelé à une forte mobilisation contre la réforme des retraites. À Lyon, le pari a été réussi avec un record d’affluence : entre 25 000 et 50 000 personnes (selon la préfecture ou selon les syndicats) ont manifesté jusqu’à la place Bellecour. Grèves, blocages, manif, Rue89Lyon a fait le suivi, heure par heure, de cette journée d’actions.

La mobilisation contre la réforme des retraites avait connu un creux depuis la dernière manifestation, le 16 février. La faute à la période de vacances scolaires parisienne principalement. Mais cette stratégie s’est aussi avérée payante pour intensifier la mobilisation, particulièrement forte dans les rues de Lyon ce mardi 7 mars.

L’intersyndicale souhaitait mettre la France « à l’arrêt », pour protester contre la réforme des retraites et le report de l’âge légal à 64 ans. Les précédentes mobilisations avaient réuni plusieurs dizaines de milliers de personnes à Lyon, et jusqu’à deux millions de personnes en France. Mais plus que les manifestations, les syndicats comptent surtout sur les grèves pour faire plier le gouvernement.

Ce mardi 7 mars au matin à Lyon, la raffinerie de Feyzin et la centrale hydroélectrique de Villeurbanne-Cusset ont été mises à l’arrêt par les grévistes. Dans les deux cas, la grève pourrait être prolongée.

Du côté des enseignants, l’académie de Lyon a annoncé qu’environ 1 enseignant sur 3 était en grève. Le syndicat FO lui, indiquait 75% de grévistes, et environ 103 écoles fermées dans le Rhône.

La place Bellecour à la manifestation contre la réforme des retraites à Lyon. ©LS/Rue89Lyon
La place Bellecour à la manifestation contre la réforme des retraites à Lyon.Photo : LS/Rue89Lyon

Mobilisation record contre la réforme des retraites à Lyon

L’intersyndicale du Rhône avait appelé à un sixième acte, à 11 heures à la Manufacture des tabacs (Lyon 8e), jusqu’à la place Bellecour (Lyon 2e). À l’arrivée, les syndicats se sont félicité d’avoir réuni 50 000 personnes dans les rues de Lyon, un niveau historique, quand la préfecture annonçait environ 25 000 manifestants.

La dernière manifestation contre la réforme des retraites du 16 février dernier avait enregistré un recul de participation : 20 000 personnes selon les syndicats et 8000 selon la police à Lyon. La précédente manifestation la plus suivie à Lyon remonte au 7 février, avec 45 000 manifestants (selon les syndicats) et 25 000 (selon la police).

Plus dense, la manifestation a connu plus de violences. Une partie du cortège de tête, constituée en black bloc voulait montrer « sa colère noire », comme l’indiquait leur banderole. Ces manifestants ont détruit les vitrines de plusieurs banques, panneaux publicitaires et boîtes d’interim sur le cours Gambetta.

À l’approche de la rue de la Barre, près de la place Bellecour, les tensions avec les forces de l’ordre se sont accrues. Pendant plusieurs dizaines de minutes, les forces de l’ordre ont répliqué aux jets de projectiles par des grenades lacrymogènes, des tirs de canon à eau et des charges, le LBD à l’épaule. Le cortège syndical peinait à passer à l’arrière de ces violences pour rejoindre la place Bellecour. Les tensions se sont ensuite déportées sur la place Antonin Poncet, avec une sorte de barricade montée rue des Marronniers, mais qui n’aura pas duré. A partir de 15h, la place Bellecour s’est progressivement vidée.

Fin de journée, la préfecture fait son bilan. Six personnes ont été interpellées. Elle annonce également que 35 policiers ont été légèrement blessés. Elle note des dégâts sur des commerces (tags sur les vitrines, panneaux d’affichage) et sur quelques véhicules de la police nationale touchés par des projectiles. Les services de l’État évoquent sept blessés chez les manifestants. Pour l’instant, aucune information à ce niveau n’est remontée des street medics présents le terrain.

La manifestation s’achève petit à petit ce mardi 7 mars. Demain, à l’occasion de la Journée Internationale des droits des femmes, plusieurs rendez-vous sont prévus à Lyon. L’intersyndicale du Rhône lance un appel au rassemblement ce mercredi 8 mars à 11 heures devant le MEDEF, pour une prise de parole et un échange de témoignages. Les collectifs Droits des femmes 69 et Grève féministe donnent rendez-vous dès 17h sur la place Bellecour. La manifestation débutera à 18 heures.

La place Antonin Poncet est vidée par les forces de l’ordre, qui accompagnent les manifestants vers la place Bellecour, sans grande résistance. À la frontière des deux places, quelques manifestants restent toujours farouchement devant les forces de l’ordre, sans véritable action ni protestation.

Le paysage se vide à Bellecour malgré la musique techno qui résonne encore au sud de la place, là où les opposants à la réforme s’ambiancent sous la pluie.

La manifestation prend fin au niveau de la place Bellecour.Photo : PL/Rue89Lyon

En chiffres

La préfecture annonce 25 000 manifestants pour ce mardi à Lyon. Les syndicats en annoncent environ 50 000, soit le plus grand nombre depuis le début des mobilisations contre la réforme des retraites.

Axelle a 20 ans. Étudiante a l’école 3A, elle manifeste surtout pour sa mère, infirmière de 55 ans déjà « trop abîmée par son travail ». Aujourd’hui c’est la première fois qu’elle a manifesté sous les gaz : « j’ai vraiment eu peur, les mouvements de foule ça m’angoisse, surtout quand tu crois étouffer« 

Axelle, étudiante à l’école 3A achève sa première manifestation contre la réforme des retraites sous les gaz et les bousculades.Photo : LS/Rue89Lyon

Les tensions s’étaient apaisées devant la rue des Marronniers, où une barricade s’est montée. L’ambiance étaient même devenue festive avec l’arrivée d’une fanfare. Après une charge, et des tirs de lacrymogène, les forces de l’ordre ont fini par reprendre le contrôle de la barricade, sans grande résistance.

Les policiers ont finalement repris le contrôle de la barricade montée par les manifestants contre la réforme des retraites.Photo : PL/Rue89Lyon

En chantant l’internationale, le cortège étudiant est arrivé à Bellecour.

Le cortège étudiant est arrivé au niveau de la place Bellecour pour achever la manifestation entamée à 11 heures.Photo : LS/Rue89Lyon

Une barricade commence à se monter, rue des Marronniers, près de la place Antonin Poncet. Les manifestants utilisent le mobilier d’une terrasse de bar à proximité.

Faite de table et de chaises, une barricade se monte rue des marronniers lors de la manifestation du 7 mars contre la réforme des retraites. ©PL/Rue89Lyon
Faite de table et de chaises, une barricade se monte rue des marronniers lors de la manifestation du 7 mars contre la réforme des retraites.Photo : PL/Rue89Lyon

Les forces de l’ordre ont chargé depuis la rue de la Barre, repoussant les manifestants jusqu’à la place Bellecour.

Les forces de l’ordre font reculer les manifestants jusqu’à la place Bellecour  ©PL/Rue89Lyon

Les tensions persistent à l’entrée de la rue de la Barre, alors que le cortège peine à avancer. Une partie des manifestants du cortège de tête reste devant le cordon de policiers, qu’ils provoquent. Après des jets de projectile, les policiers chargent et répliquent avec des jets de canon à eau.

Plus en arrière, le service d’ordre des syndicats maintiennent un cordon entre ces tensions et le reste du cortège qui tente d’atteindre la place Bellecour.

À quelques mètres de là, notre journaliste a vu une jeune femme de 23 ans qui circulait en trottinette prendre un tir venu des forces de l’ordre, en pleine jambe, à la cheville. Les streets médics tentent de la prendre en charge. « J’ai peur d’être handicapée », angoisse-t-elle, en larmes.

La jeune femme touchée à la cheville voit apparaître un hématome et ne peut plus bouger la cheville. Un diagnostic médical n’a pas encore été posé sur sa blessure.Photo : LS/Rue89Lyon

À peine le black bloc arrivé devant la rue de la Barre, en amont de la place Bellecour, cette fois les forces de l’ordre n’ont pas attendu. Ils ont tout de suite arrosé les manifestants de lacrymogènes, puis d’un tir de canon à eau. Après quelques jets de bouteilles, les CRS ont ensuite chargé le cortège pour récupérer la banderole des manifestants, leur administrant quelques coups de matraque au passage.

Alors qu’une partie du cortège s’avance vers la place Bellecour, en passant par la place Antonin Poncet, une partie des manifestants restent devant les camions et policiers alignés devant la rue de la Barre, et la tension monte.

L’avant du cortège quitte la place Gabriel Péri et s’avance sur le Pont de la Guillotière.

Le cortège de la manifestation du mardi 7 mars va rejoindre le Pont de la Guillotière. La mobilisation prendra fin au niveau de la place Bellecour Photo : PL/Rue89Lyon

Plus en arrière dans le cortège, Eugénie, Étienne et Ludovic sont enseignants contractuels au lycée professionnel Hélène Boucher à Vénissieux.
En poste depuis deux ans, ils et elle considèrent que les retraites ne les concernent pas directement.

« On a du combat avant. On est même pas surs d’avoir une retraite. On le fait pour nos collègues et nos parents. »

Ils ne sont pas défaitistes pour autant, en septembre ils s’étaient mobilisés contre l’augmentation de 50% des durées de stage pour les élèves. « Et on a fait plier le gouvernement » tacle Étienne avant de conclure malicieusement : « preuve que c’est possible »

Loin des tensions de début de cortège, trois enseignants contractuels en lycée professionnel à Vénissieux, défilent avec le cortège syndical. ©LS/Rue89Lyon
Loin des tensions de début de cortège, trois enseignants contractuels en lycée professionnel à Vénissieux, défilent avec le cortège syndical.Photo : LS/Rue89Lyon

Dans la rue Sébastien Gryphe, les pompiers sont intervenus pour éteindre un caddie en feu.

Un pompier éteint le feu sur un caddie enflammé par les manifestantsPhoto : LS/Rue89Lyon
Les pompiers interviennent aussi sur l'incendie d'un objet non-identifié au milieu de la rue Sébastien Gryphe. Les voitures ont aussi subi des dégâts. ©LS/Rue89Lyon
Les pompiers interviennent aussi sur l’incendie d’un objet non-identifié au milieu de la rue Sébastien Gryphe. Les voitures ont aussi subi des dégâts.Photo : LS/Rue89Lyon

Alors que les forces de l’ordre étaient jusqu’alors en retrait, le cortège constitué derrière la banderole « Nous sommes dans une colère noire » fait l’objet de tirs de lacrymogènes, cours Gambetta, au niveau de la banque BNP Paribas. Quelques minutes avant, les membres du black bloc ont cassé les vitrines de plusieurs banques et les vitres de panneaux publicitaires. Ils avaient aussi visé les policiers avec des tirs de mortiers.

Le cours Gambetta se retrouve noyé sous les gazs lacrymogènes peu après le croisement avec l’Avenue Jean Jaurès.Photo : PL/Rue89Lyon

Les policiers coupent en deux le cortège de tête. Le black bloc, qui se noyait jusque là dans le reste du cortège, est maintenant plus exposé aux offensives des forces de l’ordre.

Les forces de l’ordre ont fait une percée dans le cortège, et récupéré une des banderoles du black bloc. Les manifestants qui ne se sont pas enfuis face à la charge se retrouvent contre les murs.

1 enseignant sur 3 est en grève dans l’académie de Lyon.

Dans l’académie de Lyon, le taux de participation général à la grève des agents de l’éducation national est de 31,09 %.
On compte 33,84% d’enseignants en grève, dont 36,53 % enseignants de 1er degré, et
31,12 % d’enseignants de 2nd degré selon le Ministère de l’Éducation Nationale.

Pour le second degré, la participation générale dans les collèges est estimée à 34,76 %, dans les lycées d’enseignement général et technologique à 25,45 % et dans les lycées professionnels à 21,79 %.

Cours Gambetta, le début de la manifestation a maintenant dépassé la rue Garibaldi. Des premières tensions ont éclaté avec les forces de l’ordre. Le cortège de tête est beaucoup plus fourni que lors des manifestations précédentes, et une partie de ce cortège, qui ne s’est pas positionnée à l’avant, est aussi plus offensive. Lors des précédentes mobilisations, seules les banques et panneaux publicitaires étaient visés. Cette fois, deux agences d’interim ont également vu leurs vitrines être brisées.

Au croisement de la rue Vendôme, de nouvelles tensions éclatent avec les policiers.

Un black bloc s'est formé, et se noie au milieu du cortège de tête. Contrairement aux manifestations précédentes, ses membres sont beaucoup plus offensifs ce mardi 7 mars. ©LS/Rue89Lyon
Un black bloc s’est formé, et se noie au milieu du cortège de tête. Contrairement aux manifestations précédentes, ses membres sont beaucoup plus offensifs ce mardi 7 mars.Photo : LS/Rue89Lyon

Aude et Corine sont enseignantes de maternelle à Grezieu-la-Varenne. Âgées de 52 et 50 ans, elles se sont déguisées en grand-mères car c’est ainsi qu’elles s’imaginent enseigner à 60 ans passés. Pour Corinne se mobiliser aujourd’hui a un coût :

« J’ai tellement besoin d’argent pour financer les études de mes enfants que je fais des stages de remise à niveau, des heures sup’ a gogo pour grappiller chaque sou que je peux. Pourtant aujourd’hui je suis en grève car la colère est plus lourde dans la balance. »

Dans l’école de ces deux enseignantes, toute la partie élémentaire est fermée aujourd’hui.

Deux enseignantes en primaire, mobilisées contre la réforme des retraites à Lyon, le 7 mars. ©LS/Rue89Lyon
Deux enseignantes en primaire, mobilisées contre la réforme des retraites à Lyon, le 7 mars.Photo : LS/Rue89Lyon

Présents à chaque manifestation, les archéologues en archéologie préventive de l’INRAP se sont rassemblés en cortège contre la réforme des retraites ce mardi 7 mars. Un article est à venir dans Rue89Lyon sur leur conditions de travail et leur opposition à la réforme.

Les archéologues de l'INRAP, mobilisés contre la réforme des retraites le 7 mars. ©Laure Solé/Rue89Lyon
Les archéologues de l’INRAP, mobilisés contre la réforme des retraites le 7 mars.Photo : Laure Solé/Rue89Lyon

Depuis le début des manifestations contre la réforme des retraites, le secteur culturel et plus particulièrement le milieu du spectacle se fait remarquer avec un cortège dense et dynamique. Une fois encore, ce mardi 7 mars, ils et elles sont au rendez-vous.

Les journalistes sont aussi dans la rue pour manifester. Ioulia travaille depuis 20 ans à Euronews. Elle vient pour protester contre la réforme des retraites mais aussi contre le plan de licenciements menaçant 198 emplois dans le siège lyonnais d’Euronews. Parmi ces emplois, on retrouve deux tiers de journalistes qui parlent plusieurs langues. Ioulia fait partie de la rédaction russe. Euronews prévoit le redéploiement dans plusieurs capitales européennes.

Ioulia, journaliste à Euronews mobilisée contre la suppression d’emploi au sein de la chaîne de télévision lors de la manifestation contre la réforme des retraites  Photo : LS/Rue89Lyon

À côté de Ioulia, des journalistes du Progrès et de France 3 qui arrivent au goutte à goutte. Ça n’a pas été facile de faire le choix de se mettre en grève. Pour Sandrine, journaliste au Progrès, c’est la première fois :

« Aujourd’hui, je devais couvrir la mobilisation, mais j’ai voulu y participer pour une fois. Je me suis permise de le faire parce que je savais que des collèges la médiatiseraient et me remplaceraient, sinon peut-être que j’aurai plus hésité. À l’agence de Tassin par exemple presque tout le monde est en grève ! »

Demain, Sandrine ira couvrir la mobilisation de l’intersyndicale devant les locaux du MEDEF.

Du côté de Rue89Lyon, les cinq membres de la rédaction de Rue89Lyon ont choisi de couvrir cette journée de forte mobilisation par un live, qui mobilise tous les journalistes. Le 16 février, lors de la précédente journée de mobilisation, toute la rédaction était en grève contre la réforme des retraites et notre site était à l’arrêt.

Les travailleuses de la propreté mobilisées mardi 7 mars à Lyon Photo : LS/Rue89Lyon

Tout à gauche derrière la banderole des travailleuses de la propreté, Mama a dû arrêter de travailler pendant 10 ans pour élever ses enfants. Elle travaille donc encore à 66 ans et montre ses mains déformées par un travail « pénible et douloureux », dans un secteur majoritairement féminin.

Les mains de Mama, manifestante usée par son travail dans la propretéPhoto : LS/Rue89Lyon

Le cortège jeune est au rendez-vous. Il rassemble des étudiant·es de toutes les universités de Lyon et de plusieurs écoles, comme Science Po ou l’ENS, ainsi que des lycéen·nes. Ce matin, les deux campus de Lyon 2, le campus de la manufacture des Tabacs à Lyon 3, l’ENS de Lyon et Science Po Lyon étaient bloqués.

Au moins trois lycées étaient également bloqués à Lyon, dans les 2e, 1e et 4e arrondissements.

Damien travaille dans l’environnement, Fanny est puéricultrice à Lyon. Pour Damien c’est la première manifestation de cette mobilisation, il n’avait pas pu se libérer sur les précédentes : « C’est parce que c’est maintenant qu’il y a moins de monde qu’il faut se mobiliser. Le sénat est encore plus favorable à la réforme, aucune raison de ne pas être là »

Damien et Fanny prêts à manifester ce mardi 7 mars au départ de la Manufacture des Tabacs  Photo : LS/Rue89Lyon

Il est 11h15, heure de rendez-vous donnée aux manifestants contre la réforme des retraites à Lyon. Beaucoup d’entre eux se pressent déjà sur l’esplanade de la manufacture des Tabacs et le cours Albert Thomas est noir de monde.

Avant que la manifestation ne s’élance, les manifestants se rassemblent sur le cours Albert Thomas.Photo : Laure Solé/ Rue89Lyon

À l’entrée de l’allée Hannah Arendt, les manifestants sont fouillés par les policiers. Un dispositif de sécurité qui n’était pas présent lors des quatre précédentes manifestations début 2023, qui se sont élancées de la Manufacture des tabacs.

Photo : Laure Solé/Rue89Lyon

Le syndicat CGT Lyonnais de l’Energie annonce 90% de grévistes à la centrale hydroélectrique de Cusset, à Villeurbanne. Les agents en grève ont voté « une baisse de charge progressive jusqu’à l’arrêt totale de la production ».

Ils indiquent également qu’une reconduction de leur mouvement de grève a été votée pour toute la semaine. En lien avec les électriciens et gaziers de leur syndicat, ils envisagent également des coupures d’énergie ciblées en protestation contre la réforme des retraites

Une manifestation doit avoir lieu jeudi 9 mars à 11h devant la centrale de Cusset.

La raffinerie de Feyzin est bloquée depuis ce matin. 80% du personnel est gréviste selon le syndicat FO Total. Déjà, depuis le 6 mars, le dépôt et la sortie de carburant étaient limités par les grévistes.

Une assemblée générale est prévue demain, mercredi 8 mars, en début d’après-midi pour voter de la suite du mouvement, et d’une possible reconduction.

Des lycées sont également bloqués à Lyon, comme ici au lycée Juliette Récamier dans le 2e arrondissement où se trouve l’une de nos journalistes.

Ils s’opposent à la réforme des retraites mais portent aussi des combats propre à la jeunesse, comme la lutte contre la précarité étudiante. Ils demandent les repas du Crous à 1 euros, et refusent la sélection opérée par Parcoursup et le Service national universel (SNU).

Le lycée Juliette Récamier (Lyon 2e) est bloqué par des lycéens, mardi 7 mars au matin. ©OM/Rue89Lyon
Le lycée Juliette Récamier (Lyon 2e) est bloqué par des lycéens contre la réforme des retraites et la sélection de Parcoursup, mardi 7 mars au matin.Photo : OM/Rue89Lyon

Les lycées Saint-Exupéry à Lyon 4e, et le lycée Lamartinière-Diderot à Lyon 1er, étaient aussi bloqués ce matin.

Du côté de la SNCF, les cheminots grévistes sont plus nombreux et la circulation des trains est grandement diminuée en région Auvergne-Rhône-Alpes et à Lyon.

Sur l’axe Sud-Est, un TGV INOUI sur trois et un OUIGO sur quatre seront en circulation. Concernant les TER, un train sur cinq devrait circuler en moyenne. Il n’y aura aucun départ d’Intercités en Auvergne-Rhône-Alpes.

L'ENS de Lyon (7e) est bloqué mardi 7 mars au matin, contre la réforme des retraites. ©AnoukTaussac/Twitter
L’ENS de Lyon (7e) est bloqué mardi 7 mars au petit matin, contre la réforme des retraites.Photo : AnoukTaussac/Twitter

Du côté des universités, petit tour d’horizon des blocages avant 8h :

    Les deux campus de l’université Lumière Lyon 2 (quais et Bron) sont bloqués par des étudiants. L’université a fait savoir qu’ils resteraient donc fermés aujourd’hui. L’accès au campus de la Manufacture des Tabacs de l’Université Jean Moulin Lyon 3 est également bloqué. L’ENS de Lyon est bloquéScience Po Lyon est bloqué

Les deux bibliothèques universitaires de l’université Lyon 2 sont fermées.

Du côté des TCL, on note un peu moins de perturbations sur les métros que lors des premiers jours de mobilisation, en janvier.

    Les ligne A et D circulent avec une fréquence de 4-5 minLes ligne B et C circulent normalementLes funiculaires F1 et F2 circulent normalement

Du côté des tramways :

    La ligne T1 circule avec une fréquence de 10 min La ligne T2 circule avec une fréquence de 10 à 15 min La ligne T3 circule avec une fréquence de 9 min La ligne T4 circule avec une fréquence de 15 min La ligne T5 circule avec une fréquence de 10 min La ligne T6 circule avec une fréquence de 15 à 20 min La ligne T7 circule normalement

Enfin pour les bus, quelques lignes ne circulent pas : C6 E, C15 E, 7, 14, 15E, 17, 34, 50, 50E, 57, 64, 65, 66, 76, 78, 81, 95, S1, S4, S6, S9, S11, S12, ZI8

Les lignes suivantes circulent avec une fréquence allégée : C1, C3, C5, C7, C9, C11,C12, C13, C15, C16, C17, C18, C19, C20, C21, C24, C25, C26, 2, 3, 8, 10, 10E, 15, 16, 20, 21, 22, 24, 25, 35, 37,45, 46, 49, 52, 60, 62, 63, 67, 68, 69, 70,73, 79, 80, 85, 86, 88, 90, 93.

D’autres lignes circulent uniquement partiellement

    La ligne C12 circule uniquement entre « Hôpital Feyzin Vénissieux» et « Jean Macé »La ligne C25 circule uniquement entre « Gare Part Dieu » et « St Priest Plaine de Saythe »La ligne 35 circule uniquement entre « Vénissieux le Charréard » et « Jean Macé »La ligne 93 circule uniquement entre « Hôpital Feyzin Vénissieux » et « Porte des Alpes »

Pour commencer, un petit point sur quelques grèves prévues sur la Métropole de Lyon.

Le syndicat SNUIPP-FSU 69, qui représente les professeurs des écoles, annonce 60% des grévistes dans les écoles du Rhône, avec 103 écoles fermées. Le syndicat appelle aussi à se mobiliser le lendemain, 8 mars, journée internationale de lutte pour les droits des femmes.

Le syndicat SNUDI-FO 69, annonçait de son côté 75% de grévistes dans les écoles primaires et maternelles du Rhône.

La Ville de Lyon annonce que le service des cantines de 190 écoles sur 208 sera perturbé. Avec :

    158 avec le restaurant fermé26 avec un accueil pique-nique32 garderies du matin fermées84 accueils « Après la classe » fermés84 accueils « Fin d’après-midi » fermés7 accueils « Atelier du mercredi fermés »

Bonjour à toutes et tous !

Toute la journée ce mardi 7 mars, la rédaction de Rue89Lyon garde un œil sur la mobilisation contre la réforme des retraites dans la Métropole de Lyon. Suivez en direct les différentes actions et manifestations sur ce fil.

Violences policières à Lyon : « Le vieux, il a mangé sa mère »

Violences policières à Lyon : « Le vieux, il a mangé sa mère »

Ce lundi 6 mars, le site Flagrant Déni révèle la vidéo réalisée par la caméra-piéton d’un policier il y a trois ans, lors de l’Acte 69 des Gilets jaunes à Lyon. Dans celle-ci, un agent s’amuse d’avoir frappé un syndiqué. Des images accablantes de violences policières.

Ce mardi 7 mars 2023, l’intersyndicale appelle à « bloquer le pays » contre la réforme des retraites. En France, les manifestants devraient défiler en masse pour un jour de mobilisation crucial. À Lyon, ce jour marquera aussi les trois ans d’une autre manifestation : celle de l’Acte 69 des Gilets jaunes.

Ce jour-là, le 7 mars 2020, une manifestation avait viré au chaos sur la place Bellecour. Les violences entre manifestants et forces de l’ordre avaient entraîné des blessures de part et d’autre. Alix, un jeune militant de 16 ans à l’époque, avait reçu un tir de LBD dans la joue.

Il n’était pas seul. Six tirs de LBD ayant entrainé des blessures ont fait l’objet d’enquête, à la suite de cette journée, selon les informations de Flagrant Déni. Au moins quatre affaires ont été classées.

Deux blessures liées à des coups de matraques ont conduit à l’ouverture d’informations judiciaires. Ce lundi soir, le site Flagrant Déni révèle une vidéo qui donne un éclairage saisissant sur ce qui s’est passé ce jour-là.

Des images issues d’une caméra-piéton de policier

Ces images que Rue89Lyon a pu visionner ont été tournées par une caméra-piéton d’un policier de la CDI (Compagnie départementale d’intervention). Une matière vidéo très rarement exploitée jusqu’à présent. Elles permettent de reprendre de façon précise ce qui est arrivé à Frédéric Leschiera.

Militant au syndicat SUD commerce, alors conseiller aux prud’hommes, ce syndicaliste bien connu des manifestants lyonnais s’est pris ce jour-là, une pluie de coups place Bellecour.

En regardant les images de la caméra-piéton, il est sûr que le militant d’une soixantaine d’années n’a rien fait pour mériter cela. À 14h09, on l’entend crier aux policiers de « baisser leurs armes », en vain. À 14h15, les agents de la CDI chargent. Le syndicaliste est collé contre le mur, dans l’embouchure d’un commerce. Il ne fait aucun geste.

Une vidéo, déjà connue et intitulée Acte 69 des Gilets jaunes – Guérilla urbaine, permet de voir les policiers lui asséner des coups de pied et de matraque, avant de le laisser au sol. L’homme de 60 ans, au moment des faits, se défend comme il peut en se mettant les bras sur la tête. Après une consultation à l’hôpital en fin de journée, il s’en était sorti avec deux jours d’incapacité temporaire de travail (ITT). Il a ensuite porté plainte. Une enquête a été ouverte.

La charge a été éclair. La manifestation, interdite par la préfecture, était censée commencer à 14h.

violences policières Lyon
À Lyon, le syndicaliste avait été victime de violences policières le 7 mars 2020.Photo : Capture écran issue de la vidéo sur l’acte 69 intitulée « Guerilla urbaine »

« La caméra les gars, la caméra, elle tourne » 

La principale nouveauté de la vidéo issue de la caméra-piéton survient seulement quelques minutes après cette grosse charge policière, à 14h19. Rassemblés, les agents de la CDI commentent les coups qu’ils viennent de porter.

L’un d’eux déclare :

« Putain le vieux qui gueulait, il a mangé je te dis hein. Il a mangé sa mère »

Le lien avec le syndicaliste semble évident. Dans sa lancée, l’agent de la CDI évoque le cas d’un autre manifestant :

« T’as vu l’enculé [le coup] qu’il a foutu sur le bouclar [le bouclier de l’agent ndlr] »

Rapidement, on entend un bruit. Un autre policier semble donner deux petits coups sur la caméra-piéton.

« La caméra les gars, la caméra, elle tourne » 

« L’ensemble de la troupe est complice. Pas un des policiers ne lui a dit un mot… »

C’est probablement ces mots qui ont le plus choqué Frédéric Leschiera questionné par Rue89Lyon, à l’issue du visionnage de ces images :

« L’ensemble de la troupe est complice. Pas un des policiers ne lui a dit un mot… »

À 63 ans aujourd’hui, le syndicaliste l’affirme : il a été agressé « pour la première fois de sa vie » à Lyon. Le représentant du syndicat SUD commerce n’est pourtant pas un novice des parcours lyonnais. Il dit participer aux manifestations depuis ses 13 ans.

Comme beaucoup, il fait le lien entre les changements de la doctrine du maintien de l’ordre en 2016 et cette violence. Il n’a pas été agressé par un CRS mais par un agent de la CDI. Une compagnie d’intervention venant en renfort de la Bac (Brigade anti-criminalité). « Si on m’avait dit que je regretterai les CRS… », lâche-t-il.

Et après ? Frédéric Leschiera attend les suites du dossier. Pour lui, il est la personne « idéale » pour faire un « semblant de justice ».

« Je n’ai pas de conséquences physiques irrémédiables, je suis un peu âgé et je suis un ancien conseiller au prud’homme… Bref, je suis la personne idéale pour pouvoir dire que l’IGPN fait son boulot.»

De l’ensemble des dossiers ouverts ce jour-là, il est un des rares dont l’affaire n’est pas classée. Reste que, pour l’instant, aucune date de procès n’est connue. Contactée, son avocate, Sofia Soula-Michal espère que cette vidéo « édifiante » entraine un renvoi devant le tribunal correctionnel. En attendant, l’instruction est toujours en cours.

 

Un professeur de cinéma accusé de harcèlement sexuel de retour à l’université Lyon 2

Un professeur de cinéma accusé de harcèlement sexuel de retour à l’université Lyon 2

[Info Rue89Lyon] Jacques Gerstenkorn, professeur de cinéma de l’université Lyon 2 accusé de harcèlement sexuel, a été interdit d’enseigner l’année dernière. Il doit faire son retour à la fac en avril prochain.

L’université Lyon 2 va-t-elle réintégrer un enseignant accusé de harcèlement sexuel ? Le 1er mars, des étudiant·es en troisième année de licence Arts du spectacle ont appris que Jacques Gerstenkorn doit assurer les trois dernières séances de leur cours magistral « Production et diffusion », les 19 avril, 26 avril et 3 mai prochains.

Accusé de harcèlement sexuel par des ex-étudiant·es de l’université Lyon 2

Jacques Gerstenkorn est accusé de harcèlement et d’agression sexuels par plusieurs ex-étudiantes. En septembre 2021, quatre d’entre elles avaient témoigné à ce sujet dans nos colonnes. Le 9 septembre 2021, trois jours après la publication de l’article, l’enseignant a été suspendu.

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A Lyon, le ras-le bol des travailleuses du sexe de Gerland face aux polémiques

A Lyon, le ras-le bol des travailleuses du sexe de Gerland face aux polémiques

[Info Rue89Lyon] Depuis plusieurs mois, les travailleuses du sexe de Lyon – Gerland, qui vivent en camionnettes à côté de la plaine des jeux, sont au centre de l’activité médiatique lyonnaise. Rarement écoutées, 40 d’entre elles prennent la parole pour être entendue par des policiers et des journalistes. 

Elles sont au centre d’un fatras médiatique où on ne les entend pas. Depuis début novembre, une pétition contre la présence de prostituées à côté de la plaine des jeux à Gerland (Lyon 7e) circule sur les réseaux sociaux. Des parents de jeunes sportifs et les présidents des clubs s’inquiètent de la présence des camionnettes et font valoir des intrusions sur les terrains de sport la nuit.

Sur place, les médias se succèdent pour donner échos à ce mécontentement et ces inquiétudes. La plupart de nos confrères sont venus montrer les camionnettes blanches, installées ici depuis déjà plusieurs années. Chassées depuis 20 ans du centre-ville puis de Perrache, ces filles se sont réfugiées avec leurs véhicules dans un des derniers lieux où leur stationnement est encore autorisé.

Hommes et femmes politiques, riverains, associatifs… Ils sont nombreux à donner régulièrement leur avis sur la question. Chez les anciens proches de Gérard Colomb, on en appelle au retour des arrêtés municipaux anti-camionnette. Chez les écologistes, on évoque une concertation, du dialogue, la construction d’un brise-vue pour que les enfants ne les voient pas, etc. Mais, comme souvent, une voix manque à l’appel. Celle des principales intéressées : les « filles » elles-mêmes.

travailleuses du sexe Lyon
Les camionnettes des travailleuses du sexe se situent à côté du port Edouard-Herriot de Lyon, à Gerland. Crédit : PL/Rue89Lyon.

Travailleuses du sexe à Lyon : « Nous sommes comme vous des femmes, des mères et des filles »

Pour cette raison, une quarantaine d’entre elles se sont rassemblées pour donner une parole groupée. Au cours d’une « assemblée générale », elles ont travaillé sur un communiqué écrit avec l’aide de l’association communautaire d’aide aux travailleuses et travailleurs du sexe, Cabiria. Depuis le départ de Karen, véritable porte-parole des filles de Gerland, une prise de parole commune de ce type était devenu rare. En amont de la journée internationale des droits des femmes, elles posent dans ce texte des revendications et des propositions.

Elles commencent par un rappel :

« Nous sommes comme vous des femmes, des mères et des filles. Nous aussi nous travaillons dans des conditions pénibles et luttons pour soutenir nos familles, nous aussi nous sommes parents. »

Pour la plupart venant de pays pauvres, elles détaillent leur situation et expliquent travailler pour venir en aide à leurs familles :

« Nous empêcher de travailler, c’est nous condamner à la misère »

Elles reprochent notamment aux parents et aux journalistes de les avoir prise en photo à leur insu. Elles affirment que ces photos les « mettent en danger » car elles sont publiées sur les réseaux sociaux, sans leur accord.

« Nous ne voulons pas que nos familles et nos enfants nous reconnaissent et prennent connaissance de notre travail. Parfois même des drones circulent et nous surveillent », affirment-elles.

À Gerland, les travailleuses du sexe pointent des agressions « d’adolescents »

Au passage, les travailleuses du sexe de Gerland veulent rectifier certaines informations véhiculées sur le nombre de véhicules présents à côté de la plaine des jeux. Elles affirment être bien moins que cent travailleuses. 

« Certaines d’entre-nous travaillent le jour, d’autres travaillent de nuit. Les femmes travaillant la nuit ne sont pas visibles des enfants. Quand il y a beaucoup d’enfants au stade, la plupart des femmes couvrent leurs vitres pour ne pas être visibles. Si nous laissons nos camionnettes vides dans la rue du stade de Gerland, même en dehors de nos horaires de travail, c’est parce que lorsque nous nous garons ailleurs, nos camionnettes sont enlevées par la fourrière. »

Dans le même temps, elles accusent la police de les harceler en les empêchant de travailler. Selon elles, les agents montent régulièrement dans leurs camions afin d’arrêter leurs clients. Une disposition possible depuis la loi du 13 avril 2016 dite de « pénalisation du client ». Pour ses détracteurs, cette loi, devant permettre une meilleure sortie de la prostitution, recèle de multiples effets pervers. Elle fragilise notamment certaines d’entre elles, obligées de se cacher et donc de s’isoler pour accueillir leurs clients.

Enfin, elles dénoncent les attaques et agressions commis par des adolescents la nuit tombée.

« Ils viennent après minuit en groupe, nous demandent des prestations alors qu’ils sont mineurs. Ils nous insultent, nous crachent dessus, nous jettent des bouteilles vides de protoxyde d’azote et brisent nos vitres. »

À Lyon, les travailleuses du sexe de Gerland prêtes à rencontrer les parents

De ce fait, elles demandent aux journalistes d’arrêter de les prendre en photo, que cessent les pressions policières ou encore le survol de la zone par des drones. Elles demandent également l’installation de douches et de toilettes publiques, ainsi que davantage de poubelles. Une première réponse à leurs opposants. Ces derniers ciblent notamment la propreté des lieux, avec la présence au sol de préservatifs usagés. Elles aspirent également à une « retraite pour tous afin de pouvoir vieillir dignement. »

Parmi les propositions, elles se disent disposer à payer des impôts « tant que cesse le harcèlement ». Elles sont également disposées à collaborer « concernant les horaires et les jours [de travail] pour que les enfants ne soient pas affectés par notre présence. »

« Nous sommes disposées à faire une réunion avec la police. Nous nous tenons pleinement à disposition pour que notre travail n’affecte pas vos vies quotidiennes », indique le communiqué.

Enfin, elles invitent le collectif des parents à les rencontrer lors d’une réunion.

[PODCAST] Quel traitement médiatique de l’extrême droite à Lyon ?

[PODCAST] Quel traitement médiatique de l’extrême droite à Lyon ?

Mercredi 22 février, Rue89Lyon a organisé un débat sur le traitement médiatique de l’extrême droite à Lyon et ailleurs. Il a eu lieu au Boomrang (Lyon 3e), avec notamment pour invités le youtubeur et chroniqueur Usul, et l’universitaire Philippe Corcuff. Voici sa rediffusion en podcast.

Depuis plus de 11 ans, Rue89Lyon chronique l’extrême droite dans toutes ses composantes à Lyon. Le mercredi 22 février, notre journal a organisé un débat pour se poser autour d’une table et réfléchir : quel traitement médiatique de l’extrême droite à Lyon et ailleurs ? Les débats se sont tenus au Boomrang, tiers-lieu culturel et artistique du quartier de la Guillotière (Lyon 3e).

Autour de la table pour intervenir sur cette question : Philippe Corcuff, maître de conférences de science politique à Sciences Po Lyon et auteur de « La grande confusion : comment l’extrême droite gagne la bataille des idées », Usul, youtubeur et chroniqueur pour Mediapart, ainsi que Laurent Burlet, journaliste et co-fondateur de Rue89Lyon qui a largement traité le sujet à Lyon. Les débats ont été animés par Marie Allenou, journaliste à Rue89Lyon.

Cette table ronde a été l’occasion de faire un tour d’horizon de la façon dont l’extrême droite est présentée et traitée dans les médias locaux et nationaux. Sous quel angle traiter les discours et actions des groupuscules qui s’en revendiquent, pour mieux les combattre ? Comment se crée sa banalisation dans les médias ? Voici quelques unes des questions qui ont été abordées durant la soirée.

Les réservations sont parties comme des petits pains et nous avons fait salle comble. Nous avons même dû refuser une dizaine de personnes. Ce podcast nous permet (en guise de maigre consolation pour ceux qui n’ont pas pu rentrer) de restituer les débats qui se sont tenus le soir même. Nous vous prions de nous excuser pour les petits grésillements et légères saturations intempestives.

Rediffusion de la table ronde sur le traitement médiatique de l’extrême droite à Lyon et ailleurs

Rue89Lyon, le média qui traite de l’extrême droite à Lyon, part en campagne

Depuis 11 ans, à Rue89Lyon, nous faisons le choix de traiter de l’extrême droite sous forme d’enquêtes. Cela demande un travail approfondi qui mobilise nos journalistes sur la durée. Ces enquêtes requièrent donc du temps et des moyens. Mais aujourd’hui notre média est en difficulté économique.

Pour la première fois de son histoire, Rue89Lyon fait appel à ses lecteurs et lectrices pour le sauver. Nous pensons qu’un journal qui traite en profondeur de ces sujets à Lyon est nécessaire. Nous espérons que nos lecteurs et lectrices en sont également persuadés.

Mardi 21 février, nous avons lancé une campagne de soutien pour atteindre au moins 1.000 abonné·es d’ici le 31 mars. Cette table ronde sur l’extrême droite s’est inscrit dans le prolongement de cette campagne.


>> Pour nous soutenir, abonnez-vous ici ou faites-nous un don .

« Quel traitement médiatique de l’extrême droite à Lyon et ailleurs ? » Un débat organisé par Rue89Lyon au Boomrang
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Fraîchement réélue, la première fédérale du PS du Rhône insulte ses adversaires de « macaques »

Fraîchement réélue, la première fédérale du PS du Rhône insulte ses adversaires de « macaques »

Jeudi soir, les militants PS du Rhône ont réélu Christiane Constant, première secrétaire fédérale du PS du Rhône. Le lendemain, sur un groupe de discussion, elle insultait ses adversaires de « macaques ». Ce samedi, la direction nationale du PS l’a démise de ses fonctions.

C’est la triste du vie du PS : la première secrétaire fédérale du Rhône a célébré sa réélection avec un message qualifiant ses adversaires de « macaques ».

Jeudi soir, Christiane Constant gagnait l’élection. Au second tour, la conseillère municipale d’opposition de Brignais obtenait un confortable 55,93% (264 voix) contre la maire de Feyzin Murielle Laurent (44,7% – 208 voix). Fort logiquement, dans la foulée du congrès national du PS, le courant d’Olivier Faure l’emportait dans le Rhône, face à celui d’Hélène Geoffroy, la maire PS de Vaulx-en-Velin, représenté ici par Murielle Laurent.

Le lendemain à l’aube, la fraîchement réélue première fédérale était tout sourire sur le plateau de BFM Lyon pour commenter sa victoire.

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Perfluorés au sud de Lyon : « Le problème, c’est la chimie, pas les fermes ! »

Perfluorés au sud de Lyon : « Le problème, c’est la chimie, pas les fermes ! »

Dans le sud de Lyon, l’inquiétude autour de la pollution aux perfluorés continue de monter. Antoine Pariset, maraîcher à Orliénas et porte-parole de la Confédération paysanne, appelle les services de l’État à travailler avec les producteurs lors de leurs analyses. Objectif : que les paysans ne payent pas pour la pollution d’autres.

Le scandale de la pollution aux perfluorés continue d’alimenter les craintes, au sud de Lyon. Depuis les révélations du journaliste Martin Boudot de Vert de Rage en mai 2022, les analyses des services de l’État s’enchaînent, sans rassurer.

Récemment, la pollution de la cour d’une école d’Irigny a été mise en avant par les équipes de France 3. La préfecture a aussi conseillé aux habitants d’Oullins et de Pierre-Bénite de ne pas manger leurs œufs. 

Cette fois-ci, l’inquiétude est venue du monde paysan. Le 24 février, la confédération paysanne a invité ses adhérents à « refuser » les analyses de la Draaf (Direction régionale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt). Ces dernières doivent juger de la pollution en perfluorés de leurs terres.

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Soirée de soutien à Rue89Lyon : un journalisme engagé à Lyon est possible

Soirée de soutien à Rue89Lyon : un journalisme engagé à Lyon est possible

Lundi 13 mars, on vous invite à venir rencontrer notre rédaction et à partager notre idée d’un journalisme indépendant et engagé, qui donne la parole à celles et ceux que l’on n’entend pas assez.

Comme tous les récits, le discours journalistique est une vision du monde. 

A Rue89Lyon, nous croyons en un journalisme engagé sur les questions sociales et environnementales.

Un journalisme qui prend le temps d’écouter les personnes de la rue, celles qui n’ont pas de service presse, pour porter leur parole.

À rebours du flux continu d’informations, des brèves jetables, nous produisons depuis onze ans un autre regard sur la région de Lyon, fondé sur l’info durable, l’enquête et le reportage.

Comment Rue89Lyon fait la différence

Alors que notre avenir s’écrit en pointillés, nous souhaitons vous présenter “en live” des témoins de quelques thématiques que nous creusons, année après année et qui font notre singularité :

    Julie Siboni, réalisatrice et lanceuse d’alerte sur les violences sexuelles et sexistes, racontera les longs mois qui ont été nécessaires pour sortir dans Rue89Lyon l’affaire Jacques Gerstenkorn, professeur de cinéma à l’Université Lyon 2. Maud Bigot, directrice du Samu social de Lyon, expliquera pourquoi la complexité du sans-abrisme nécessite un journalisme rigoureux et engagé auprès des personnes à la rue. Lola Levy, de l’association de santé communautaire Cabiria exposera pourquoi les conditions de vie des travailleuses du sexe doivent être visibilisées pour que la prostitution ne soit pas réduite aux pages des faits divers, et redevienne l’affaire des personnes concernées. De la même manière, Ludovic Rioux, livreur à vélo militant de la première heure et désormais délégué syndical CGT, dira quelques mots. Le syndicaliste abordera les raisons pour lesquelles il est nécessaire de médiatiser les enjeux des luttes sociales de ces emplois ubérisés et précaires.
Soirée soutien Rue89Lyon
Soirée soutien Rue89Lyon

Rendez-vous lundi 13 mars à Hôtel 71

Après ces témoignages, on discute et on trinque ensemble ! 

Cette soirée est organisée dans le cadre de notre campagne d’abonnements. Nous devons atteindre 1 000 abonné·es pour assurer la survie de Rue89Lyon (Pour s’abonner c’est ici). 

Quand ? Ouverture des portes à 18h30. Prises de parole à 19h30

Où ? A Hôtel 71, 71 quai Perrache (Lyon 2e)

En présence de Fabien Escalona (journaliste Mediapart) et Usul (youtubeur et chroniqueur)

Réservation gratuite et fortement conseillée

>> Avec le soutien d’Hotel71 et du bar à vin nature Chenin N20 qui nous offrira ses belles planches à déguster.

⚠️ Vous avez été si rapides que l’on est déjà complets. Merci beaucoup pour votre engouement ! ❤️ Nous avons fermé les réservations en ligne. ⚠️

Noa, étudiante en première année de militantisme à l’Université Lyon 2

Noa, étudiante en première année de militantisme à l’Université Lyon 2

L’Université Lumière Lyon 2 semble avoir renoué avec sa réputation d’épicentre de la lutte étudiante. Dans le cadre des mobilisations contre la réforme des retraites, le campus de Bron a été bloqué à deux reprises et une vingtaine d’étudiant·es ont occupé un amphithéâtre cette semaine. Rencontre avec l’une d’elles, Noa.

Noa (le prénom a été modifié), 20 ans, a le look typique de l’étudiante de l’Université Lumière Lyon 2 : large sweat à capuche, jean déchiré et keffieh autour du cou. Elle a fait sa rentrée en licence à Lyon 2, sur le campus de Bron, en septembre 2022. La jeune femme, qui a découvert le militantisme au lycée lors des manifestations contre la réforme du bac de 2020, s’attendait à découvrir une vie étudiante bouillonnante. Elle a vite déchanté.

Depuis la crise sanitaire, le distanciel semble avoir porté un rude coup aux mobilisations étudiantes qui font habituellement partie de l’ADN de Lyon 2. Même dans les manifestations, les cortèges étudiants ne sont aujourd’hui qu’une pâle copie de ce qu’ils ont pu être en 2018 contre la loi ORE ou en 2016 contre la loi Travail.

étudiant étudiante université Lyon 2
Noa, étudiante en première année à l’Université Lyon 2.Photo : OM/Rue89Lyon

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