Le campus de l’Université Lyon 2 à Bron a fait l’objet d’un blocage ce lundi 20 février. Retrait de la réforme des retraites, du projet de loi « immigration », repas à un euro… Les revendications des étudiant·es mobilisé·es sont nombreuses.
La saison des blocages est de nouveau ouverte dans les universités de Lyon. Ce lundi 20 février, date de la rentrée scolaire, les étudiant·es de Lyon 2 ont bloqué à l’aube le campus Porte des Alpes, à Bron. Tas de poubelles, palissades et de nombreux graffitis ont recouvert les murs de cette fac connue pour ses mobilisations. « Plus de moyens pour nos facs, moins pour les flics », « Vive la commune » ou « Lyon 2 la rouge » peut-on notamment lire à l’entrée de la fac.
Un blocage de l’Université Lyon 2 aux multiples revendications
Les revendications des bloqueurs sont nombreuses : le retrait de la réforme des retraites, bien sûr, mais aussi du projet de loi « immigration » de Gérald Darmanin, qui favoriserait l’enfermement et l’expulsion des personnes en situation de migration.
Les étudiant·es mobilisé·es réclament également l’élargissement à tous·tes les étudiant·es des repas à un euro dans les restaurants universitaires. Cette mesure, mise en place pendant la crise sanitaire, dans un contexte de forte mobilisation contre la précarité étudiante, ne concerne pour le moment que les étudiant·es boursier·es. Le 9 février, une proposition de loi du PS qui visait à l’étendre à tous·tes les étudiant·es a été rejetée à une voix près.
Blocage de l’Université Lyon 2 le 20 février 2023.Photo : bb metis
La présidence de l’Université Lyon 2 a réagi tôt, annonçant dès 7h30 la fermeture du campus toute la journée du 20 février.
[Communiqué de la présidence] En raison d’un blocage en cours sur le campus Porte des Alpes, les conditions ne permettent pas d’accueillir les étudiant·es et les personnels. Par conséquent, aucune activité n’aura lieu sur le campus ce jour, lundi 20 février.
Les militants d’extrême droite radicale des grandes villes de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Valence, Clermont-Ferrand ou encore Bourg-en-Bresse, se donnent régulièrement rendez-vous à Lyon pour y commettre des actions violentes. Enquête sur une convergence inquiétante de la fachosphère locale.
Lyon a la réputation d’être la capitale française de l’extrême droite radicale. En 2019, le service central du renseignement territorial y recensait 400 militants, qualifiant même la ville de « berceau » de l’extrême droite groupusculaire.
Si cette assertion est à nuancer, Lyon semble être plus que jamais le point névralgique de l’extrême droite régionale. En particulier depuis cet automne avec la multiplication des violences des groupuscules d’extrême droite. Généralement le week-end, les militants de Clermont-Ferrand, Bourg-en-Bresse, Valence ou encore Besançon viennent à Lyon pour y réaliser des démonstrations de force, en coordination avec des militants lyonnais. Et l’inverse est aussi vraie. Les militants lyonnais rendent la pareille et se déplacent dans les autres villes pour faire le coup de poing sous la bannière floue du « Guignol squad ».
Valence Patriote, Clermont Nationaliste, Bourg-en-Bresse Nationaliste, Vandal Besak [pour Besançon,ndlr], Infréquentables Dijon… La tendance actuelle des militants d’extrême droite de la région semble être de se faire discrets à la maison. Et de converger sur Lyon pour y réaliser des actions parfois violentes, sous un anonymat relatif.
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[Tribune] Dans la métropole de Lyon, le sans-abrisme est en augmentation : 10 000 personnes sont en attente de logement. L’association Alynea, en charge du Samu Social, tire la sonnette d’alarme et appelle à refonder le système de l’hébergement d’urgence.
« J’ai dormi à – 6 degrés. J’ai eu de la chance, je ne suis pas morte. »
Véronika, 60 ans, vit dans une tente, luttant avec de nombreux autres contre les rigueurs de l’hiver. Parfois, elle est réveillée par des rats qui lui mordent les pieds. Elle appelle en vain le 115, depuis des mois, pour obtenir une place d’hébergement. Du fait de la saturation des dispositifs de mise à l’abri, sa survie tient donc à la chance. Une nuit peut-être, son corps cédera d’avoir trop lutté. Défier la mort a des limites.
Cette scène ne se passe pas à Montfermeil au 19e siècle, Véronika n’est pas Fantine, mais aujourd’hui, dans le quartier de la Part-Dieu, au cœur de la Métropole de Lyon, 2e place économique de la 7e puissance mondiale.
Plus de 10 000 personnes en demande d’hébergement d’urgence dans la métropole de Lyon
Fidèle à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et à sa Constitution, la France est pourtant dotée d’un arsenal de lois et de règlements qui garantissent que « toute personne sans-abri et en situation de détresse médicale, psychique ou sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d’hébergement d’urgence ». L’hébergement n’est normalement qu’une étape, l’objectif étant l’accès au logement durable.
Néanmoins, l’urgence sociale explose sur notre territoire. Comme Véronika, plus de 10 000 personnes sollicitent en vain une place d’urgence dans le territoire de la métropole de Lyon. Le système n’est plus en capacité de proposer une solution immédiate à une famille, si l’âge du dernier enfant dépasse un an. En moyenne, il faut attendre 18 mois dans la rue pour espérer être mis à l’abri, bien davantage si la famille excède quatre personnes et plus encore si l’on n’a pas d’enfant ou que l’on ne présente pas de pathologie de santé. Plus de 620 personnes sont décédées en 2021 sans toit, en France.
Une manifestation de Jamais sans toit, le lundi 17 octobre 2022 à Lyon, devant la préfecture du Rhône.Photo : MA/Rue89Lyon
Des facteurs du sans-abrisme bien identifiés dans la métropole de Lyon et ailleurs
Pour le Samu Social 69, porté par l’association Alynea, ce sombre tableau devrait provoquer un électrochoc et une refonte en profondeur du dispositif car le modèle traditionnel décrit plus haut ne fonctionne plus. L’explosion du sans-abrisme est une conséquence logique de trois facteurs connus et documentés qui mettent à mal ce modèle.
Premier facteur : l’inaccessibilité du logement. Du fait de la spéculation immobilière, sur notre territoire, le logement privé est devenu inaccessible aux publics ayant les 10% des revenus les plus faibles, selon le PLAID (Plan logement hébergement d’accompagnement et d’inclusion des habitants en difficulté, co-élaboré par la préfecture du Rhône et la Métropole de Lyon). Lyon, 3e ville la plus chère de France en termes de loyer, est clairement dans cette dynamique. Si le logement, droit fondamental, devient un « produit financier », les « candidats locataires » qui présentent le risque le plus élevé en termes de revenus pour le propriétaire, s’en voient nécessairement exclus !
L’accès au logement social devrait être un palliatif à ce problème, mais, sur la métropole de Lyon comme partout en France, cet accès est grippé ! Depuis cinq ans, les choix politiques ont sciemment coupé les marges financières du secteur, nécessaires à son développement. Taux de rotation, nombre de ménages en attente, taux d’attribution, délais d’accès… Tous les indicateurs sont au rouge et expliquent la saturation des capacités d’hébergement d’urgence. Le phénomène est systémique.
Sur la place de Milan, près de la Part Dieu, plus de 80 tentes sont installées et accueillent des sans-abris. La plupart sont des hommes seuls, demandeurs d’asile ou réfugiés.Photo : MA/Rue89Lyon
Le second facteur est lié à l’empilement et la complexification des politiques publiques, qui fabriquent de l’exclusion. À titre d’exemple, citons la désinstitutionalisation de la psychiatrie. Elle visait à mettre fin à des formes de prise en charge asilaires, attentatoires aux libertés. Cela s’est matérialisé par la fermeture de lits d’hôpitaux et le développement, en parallèle, d’accompagnements à domicile, mais sans systématisation d’un accès au logement et de la mise en place effective de ces services pour chacune des personnes concernées.
Concrètement, certaines de ces personnes hospitalisées de longue date, parfois sans liens familiaux solides, se sont retrouvées dehors sans solution de logement et d’accompagnement. Cette politique voulue « inclusive » s’est alors muée en machine à broyer pour les plus fragiles. Les victimes du « virage ambulatoire de la psychiatrie » se retrouvent sur le trottoir, après la fermeture du service dans lequel ils et elles vivaient depuis des années, voire des décennies.
Le dernier facteur est relatif aux conditions d’accueil dissuasives destinées aux personnes exilées (non accès au travail, logement social, prestations sociales…). Censées prévenir un fantasmatique appel d’air, elles les condamnent, de fait, à une vie de misère à la rue.
« 10 % des logements vacants permettraient de résoudre le problème du sans-abrisme dans la métropole de Lyon »
Face à ces facteurs, l’hébergement d’urgence, en tant que réponse publique, n’est plus en capacité de faire face à la demande. Il ne joue plus sa fonction de « sas » temporaire et limité dans le temps. Plutôt qu’incriminer telle ou telle structure (l’État, la Métropole, la Ville) : reconnaissons que le système est aujourd’hui bloqué et qu’il faut le changer ! Pour cela, nos propositions sont les suivantes.
À court terme, il importe d’accroitre les solutions pour loger. 59 000 logements sont signalés comme vacants par l’Insee dans la métropole de Lyon. Avec seulement 10% de la vacance identifiée, soit 5900 logements, cela permettrait de résoudre le problème du sans-abrisme sur notre territoire.
Dans cette perspective, un nouveau « pouvoir » pourrait être attribué aux préfets au vu de l’urgence, afin qu’ils puissent « préempter » des locations, en mobilisant les outils actuels de garantie de loyers et d’entretien pour ne pas léser les propriétaires.
Autre piste : l’État, par le biais de la préfecture, a la possibilité de confisquer les biens de propriétaires « indélicats », notamment les marchands de sommeil, et dédier leur usage à des missions sociales. Un décret de novembre 2021 le prévoit.
« Participer à la résorption du sans-abrisme est une cause juste, humaine et pragmatique »
À moyen et long terme, il convient d’agir sur les causes structurelles du sans-abrisme, à savoir :
Résoudre l’indisponibilité du logement social et du logement abordable sur le territoire. Plusieurs pays européens ont montré la voie, comme la Finlande. Il s’agit pour l’État de décider d’un investissement massif dans la construction de logements sociaux et d’en imposer l’implantation dans tous les territoires, notamment les moins dotés actuellement. Il s’agit également de solvabiliser les ménages les plus fragiles en renforçant les allocations logement.
Simplifier les articulations d’accompagnement des publics fragiles entre les instances compétentes, pour éviter l’absence de prise en charge ou les ruptures de parcours qui entraînent parfois des passages à la rue. Des solutions existent. Dans le secteur du handicap, le suivi des enfants est assuré par les départements, celui des adultes par l’ARS. La transition entre ces deux autorités, souvent difficile du fait de la saturation du secteur adulte, ne pèse jamais sur les personnes. En cas d’absence de solution, le département maintient un « hébergement d’attente », moyennant remboursement des coûts occasionnés par l’ARS. Ce modèle pourrait être généralisé pour tous les publics concernés par des transitions (personne hospitalisée de longue date dont le lit est supprimé, mineur placé en foyer au moment de ses 18 ans, enfant de plus de 3 ans ne relevant plus d’une prise en charge par la Métropole…)
Enfin, oser repenser en profondeur les politiques d’accueil des exilés. Non, les exilés sont pas responsables de l’engorgement de l’hébergement d’urgence. Deux tiers des personnes actuellement en demande d’hébergement sont françaises, européennes ou ont un titre de séjour. Néanmoins, notre politique migratoire génère du sans-abrisme. Il s’agit donc de regarder la réalité avec humanisme et pragmatisme, en œuvrant à l’intégration. Cela passe par la régularisation, comme le permet la circulaire Valls, de personnes que l’on maintient dans la misère, en les empêchant de s’intégrer officiellement. Car ouvrons les yeux : leur intégration existe déjà, de fait, dans les écoles, les quartiers et parfois le travail non officiel. L’accueil réservé aux Ukrainiens est la preuve de nos capacités à intégrer.
Des solutions existent. Les moyens à déployer aujourd’hui sont des investissements pour les années à venir. Mêmes complexes, ils relèvent de choix rationnels, à la portée de choix politiques.
Alors, nous formulons un vœu : allons-y ! Quel plus beau combat que de participer à la résorption du sans abrisme, cause juste, humaine, pragmatique qui, à l’échelle de l’histoire, pourrait faire honneur à notre génération. Relevons ce défi !
Maud BIGOT – Vice-Présidente de la Fédération Nationale des Samu Sociaux – Directrice du Samu social 69 porté par l’association Alynea
Pascal ISOARD THOMAS – Directeur Général de l’association Alynea
La préfecture du Rhône a levé, vendredi 17 février 2022, les restrictions liées au pic de pollution de l’air à Lyon. Le premier niveau d’alerte avait été déclenché jeudi 9 février, avant d’être relevé le 12 février.
De l’air. Depuis plus d’une semaine, le bassin lyonnais et Nord-Isère se retrouve sous une chape de pollution aux particules fines PM 2,5 et PM10. La situation s’améliore ce vendredi 17 février, même si la qualité de l’air reste dégradée. La préfecture du Rhône a décidé de lever les restrictions liées à ce pic de pollution.
Les véhicules Crit’Air 3 et 4 peuvent de nouveau circuler dans la Zone à faibles émissions (ZFE) de la métropole, à Lyon, Villeurbanne, Bron, Caluire et Vénissieux, dans la zone à l’intérieur du périphérique lyonnais. Les restrictions liées aux entreprises et professionnels sont également levées (épandages, travaux générateurs de poussière, écobuage, brûlage…).
Graffiti anti pollution à Lyon, réalisés par Greenpeace et Alternatiba/ANV, situé vers confluence, sous l’autoroute A7, le 7 février 2019.Photo : MG/Rue89Lyon
Le chauffage au bois : principale cause de la pollution de l’air à Lyon en hiver
Le redoux, avec des températures de plus de 15 degrés qui vont se poursuivre dans le week-end, est la principale raison de l’amélioration de la qualité de l’air à Lyon.
« La tendance à l’amélioration se poursuit lentement, compte tenu de conditions météorologiques plus favorables avec des températures toujours plus douces en journée et sans doute moins d’émissions chauffage », détaille l’agence de la qualité de l’air en Auvergne-Rhône-Alpes, Atmo.
Pour rappel, les sources de pollution aux particules fines sont essentiellement : • le trafic routier, surtout les moteurs diesel • les activités industrielles • le chauffage au bois non-performant
Pour autant, si la pollution aux particules fines sera moins importante en fin de semaine, l’agence Atmo prévoit qu’elle restera mauvaise le week-end à venir. Les particules fines PM2,5, plus petites que les PM10, resteront présentes à un taux élevé. D’autant plus qu’elles ne sont pas prises en compte par la préfecture pour déclencher les niveaux d’alerte, du fait de la réglementation.
« La dernière vigilance sur le bassin Lyonnais Nord Isère a été levée, même si des concentrations proche du seuil de 50 µg/m3 pourraient être observées. Les indices de qualité de l’air seraient à nouveau moyens voire dégradés à mauvais dans les agglomérations et la vallée du Rhône », détaille l’agence de qualité de l’air Atmo.
La pollution de l’air représente 48 000 décès prématurés par an en France, soit 9% de la mortalité annuelle, selon Santé public France.
À Rue89Lyon depuis 2022, aujourd’hui journaliste associée. Enquêter sur l’extrême droite, c’est lutter contre l’extrême droite.
J’écris aussi sur la politique, le sans-abrisme, le logement, les violences sexistes et sexuelles. Pour me filer une info ou me contacter, c’est par là : mallenou@rue89lyon.fr
Suite au nouveau projet de loi « immigration » du ministre de l’Intérieur impliquant la multiplication des centres de rétention administrative (CRA), le collectif Lyon-Anticra appelle à manifester samedi 18 février.
À Lyon, le Centre de rétention administrative (CRA) de Saint-Exupéry n’est désormais plus le seul centre d’enfermement pour migrants. Depuis janvier 2022, un deuxième CRA a été construit à côté, avec une capacité de 140 places supplémentaires. Un processus de construction qui se multiplie dans plusieurs villes de France. À Orléans, Nantes, ou même en région parisienne, des centres se construisent et s’agrandissent petit à petit. Le 22 novembre 2022, à l’Assemblée Nationale, un amendement a été voté pour doubler la capacité des CRA et atteindre 3 000 places d’ici 2027. Au-delà des constructions, l’État avait déjà doublé la durée d’enfermement dans un CRA, passée de 45 à 90 jours en 2018.
À Lyon, une manifestation contre les CRA au départ de la Guillotière
Face à ces manœuvres d’élargissement, le collectif Lyon-Anticra dénonce un « racisme d’État ». Dans un communiqué, il appelle à manifester ce samedi 18 février. Le rendez-vous est donné à 14h au niveau de la Place du Pont (Place Gabriel Péri) à Lyon 7e. Le cortège s’arrêtera au niveau de la préfecture. Une précédente manifestation avait déjà eu lieu samedi 21 janvier 2023.
Appel national contre la loi Darmanin et contre les CRA ! 💥 Manifestons le Samedi 18 Février à 14h place Gabriel Péri (Lyon 7) jusqu'à la préfecture.https://t.co/WM4vhfY9t6pic.twitter.com/TDp2JxTOrE
Mercredi 1er février 2023, Gérald Darmanin présentait sa loi immigration au conseil des ministres. Il s’est exprimé sur la volonté de faire un tri entre les migrations « économiques » et « familiales ». A travers 27 articles, le ministre de l’Intérieur a vulgarisé son plan : « Il faut être méchant avec les méchants, gentil avec les gentils». Le texte propose la régularisation automatique des étrangers qui travaillent dans les secteurs en tension. Avec cette loi, un non-renouvellement de titre de séjour aboutirait à une OQTF (obligation de quitter le territoire français) et à un placement systématique en CRA.
Un CRA aux multiples problèmes à Lyon
Au CRA de Saint-Exupéry, plusieurs soucis ont déjà été signalés. En décembre 2022, un docteur du CRA nous offrait son témoignage suite à sa démission. Il assurait un suivi médical des personnes retenues au sein d’une équipe des Hospices civils de Lyon. Épuisé d’être confronté à des violences « inhumaines », il a quitté son poste afin de ne plus faire face à cet univers carcéral.
« Le CRA de Lyon est une fabrique de violence particulièrement efficace et inhumaine, racontait-il à Rue89Lyon. Et ceux qui y travaillent, policiers et partenaires, comme ceux qui y sont enfermés, subissent de jour comme de nuit cette violence institutionnelle. »
La sénatrice EELV Raymonde Poncet devant l’entrée de l’ancien centre de rétention administrative (CRA) de Lyon le 14 décembre 2020.Photo : AD/Rue89Lyon
Une cinquantaine de militantes féministes se sont portés volontaire auprès du Planning familial du Rhône pour accompagner les mineures dans leurs démarches d’IVG. Cette initiative, née pour la première fois à Lyon peu après 2001, bénéficie à une dizaine de jeunes femmes chaque année.
Âgée de 52 ans, Valérie Radix est l’une des instigatrices du programme d’accompagnement des mineures pour les Interruption volontaire de grosses (IVG) à Lyon. « On a vu arriver les premières mineures qui avaient besoin d’être accompagnées peu après la loi de 2001, il y avait un vrai besoin », se remémore l’ancienne salariée du Planning familial du Rhône, situé à Villeurbanne.
Elle fait ici référence à la loi du 4 juillet 2001, qui permet à une mineure d’être accompagnée par une autre personne que son parent ou représentant légal pour une Interruption volontaire de grossesse (IVG).
L’ancienne conseillère conjugale et familiale pour le Planning Familial, et militante de longue haleine, a connu les assauts de ce qu’elle appelle « les commandos anti IVG » sur les Hospices civils de Lyon (HCL). Pour elle, cette loi a représenté une nouvelle victoire pour la santé et la sécurité des femmes :
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[Photos] Ce jeudi 16 février, la manifestation contre la réforme des retraites a rassemblé 20 000 personnes dans les rues de Lyon, selon les syndicats, 8000 selon la préfecture. En cette période de vacances scolaires, les troupes sont restées mobilisées. Retrouvez les images de cette manifestation.
« Honnêtement, je m’attendais à voir moins de monde »
Ce jeudi 16 février, une cinquième manifestation contre la réforme des retraites s’est tenue à Lyon. En période de vacances scolaires, cette dernière a mobilisé 20 000 personnes, selon les syndicats, 8000 selon la préfecture. Un chiffre inférieur aux précédents jours de mobilisation, mais qui reste conséquent, compte tenu de la période.
Contrairement à samedi dernier, les manifestants ont repris un parcours classique, allant de la Manufacture des tabacs (3e arrondissement) à la place Bellecour (2e). Comme souvent, la tension est montée devant la rue de la Barre (Lyon 2e). Fermée aux manifestants depuis janvier 2020, cette rue est devenue un emblème pour certains manifestants.
D’un côté, les forces de l’ordre positionnés à son entrée empêchent le passage de la manifestation telle qu’elle se faisait traditionnellement. De l’autre, elle protège l’Hôtel-Dieu. Or, pour beaucoup, celui-ci est devenu un symbole de la privatisation du service public. À ce niveau, des bouteilles en verres ont été jetées sur la police. Les forces de l’ordre ont répondu par des charges successives de petites intensités. Puis, le canon à eau a arrosé une partie des manifestants.
Après ce moment de tensions, le cortège a repris sa route, sans encombre, jusqu’à la place Bellecour. Prochain rendez-vous, les 7 et 8 mars, où l’intersyndicale appelle à intensifier les grèves et les blocages.
Retrouvez en image cette cinquième manifestation contre la réforme des retraites.
À Lyon, pancartes et symboles égaient la manifestation
Au jeu de la meilleur pancarte, les opposants à la réforme ont tenté d’innover lors de la manifestation à Lyon.Photo : PL/Rue89Lyon. Une Gilet jaune habituée des manifestations contre la réforme des retraites.Photo : PL/Rue89Lyon. Juste derrière le cortège de tête, la banderole de l’intersyndicale lors de la manifestation à Lyon.Photo : PL/Rue89Lyon. Le concours pour la meilleure pancarte continue dans la manifestation contre la réforme des retraites, à Lyon.Photo : PL/Rue89Lyon.
À la manifestation de Lyon, le cortège conséquent de la CFDT continue d’étonner
Entre 20 000 et 8000 personnes ont participé à la manifestation à Lyon.Photo : PL/Rue89Lyon. Des messages de toutes teneurs dans le cortège contre la réforme des retraites.Photo : PL/Rue89Lyon. Le cortège féministe contre la réforme des retraites.Photo : PL/Rue89Lyon. Des membres de la CNT lors de la manifestation contre la réforme des retraites à Lyon.Photo : PL/Rue89Lyon. « Sérieux ? Ils sont tant que ça ? » À Lyon, le cortège des membres de la CFDT continue d’étonner certains de leurs collègues manifestants.Photo : PL/Rue89Lyon.
Manifestation à Lyon : des visages et des messages
Un militant FO observe le cortège de la CFDT.Photo : PL/Rue89Lyon. Sabrina, militante CGT au centre hospitalier gériatrique d’Albigny-sur-Saône et Hélène, militante de toujours .Photo : PL/Rue89Lyon Le sérigraphe Papyart est venu proposer ses bonnes œuvres au cours du cortège contre la réforme des retraites.Photo : PL/Rue89Lyon Des manifestants ont tagué des murs de banques, lors de la manifestation à Lyon.Photo : PL/Rue89Lyon.
Malgré les vacances, la foule dans les rues de Lyon
La manifestation contre la réforme des retraites au niveau de la Guillotière, à Lyon.Photo : PL/Rue89Lyon. La manifestation contre la réforme des retraites au niveau de la Guillotière, à Lyon.Photo : PL/Rue89Lyon. Un cortège de tête assez conséquent a ouvert la manifestation contre la réforme des retraite.Photo : PL/Rue89Lyon.
Jets de bouteille et canons à eau rue de la Barre
Les policiers effectuent quelques charges après des jets de bouteilles lors de la manifestation à Lyon, juste devant la rue de la Barre.Photo : PL/Rue89Lyon. Pendant les tensions, le service d’ordre syndical a quelques difficultés à conduire la manifestation à Lyon.Photo : PL/Rue89Lyon. Au bout de dix minutes de tension, les forces de l’ordre font usage du canon à eau sur les manifestants.Photo : PL/Rue89Lyon. Après l’usage des canons à eau, la tension reste, mais les jets s’arrêtent, devant la rue de la Barre à Lyon.Photo : PL/Rue89Lyon.
Un retour à la normal avec l’arrivée place Bellecour
Le cortège reprend son chemin vers Bellecour. Il n’y aura plus d’incidents après la rue de la Barre.Photo : PL/Rue89Lyon. L’arrivée sur la place Bellecour se fait dans le calme à Lyon.Photo : PL/Rue89Lyon.
Journaliste lyonnais fan de l’Ouest, je suis à Rue89Lyon depuis 2020. Aujourd’hui associé et directeur de publication, je couvre les questions sociales mais aussi écologiques (pollutions industrielles, scandale des perfluorés). Le travail, c’est la santé, à condition que le droit soit respecté. Un œil politique sur le Rhône. Pour me laisser une info, c’est ici plemerle@rue89lyon.fr.
Depuis juillet 2022, 25 personnes se sont rassemblées dans d’anciens bureaux de la Métropole de Lyon. À l’intérieur de ce squat de Villeurbanne, des femmes et des enfants ont trouvé refuge.
Gare à ne pas se prendre un bambin dans les genoux. Ce mercredi après-midi, cinq enfants se retrouvent avec leurs mères dans la chambre de Happy* (les prénoms avec une astérisque ont été modifiés), une habitante du squat de la rue Ducroize, à deux pas de Grandclément, à Villeurbanne.
Jouant et gesticulant de partout, Leïa* six ans, Lucas*, cinq ans et Henry*, quatre ans, se sont arrêtés cinq minutes, impressionnés par l’objectif de l’appareil photo. En vacances scolaires, ils sont restés avec leurs mères, ce mercredi. Lucie*, un an et demi, sommeille dans les bras d’une maman.
En ce début février particulièrement froid, un petit chauffage d’appoint permet de garder la pièce à bonne température. Dans la pièce, on retrouve tout le nécessaire pour accueillir une famille : un frigo, un micro onde, un canapé… À côté, les jeunes mères discutent. Originaires du Nigéria, elles sont arrivés dans le squat en juillet 2022. Pour la plupart, elles ont quitté un autre squat pour se réfugier ici, entre elles.
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Journaliste lyonnais fan de l’Ouest, je suis à Rue89Lyon depuis 2020. Aujourd’hui associé et directeur de publication, je couvre les questions sociales mais aussi écologiques (pollutions industrielles, scandale des perfluorés). Le travail, c’est la santé, à condition que le droit soit respecté. Un œil politique sur le Rhône. Pour me laisser une info, c’est ici plemerle@rue89lyon.fr.
Encore une copieuse semaine de sorties à Lyon. Au programme : de la musique pas comme les autres, un one-man show curatif, une livraison de danse… N’hésitez pas à compléter ce programme avec vos bons plans en commentaires.
Un monde de musiques
On peut ranger « L’étrangleuse et La Tène » aussi bien dans les catégories world music, sono mondiale que dans le folk ou les musiques traditionnelles. En réalité, les deux formations seraient plutôt à mettre dans la catégorie « musique singulière », qui n’existe pas. D’un côté, on trouve un duo entre une harpiste et un guitariste qui lorgne du côté de la chanson, du post-rock et des musiques d’inspiration africaines. De l’autre, un groupe de sept musiciens qui, à l’aide d’instruments traditionnels comme la cabrette, la cornemuse ou l’harmonium indien, fabrique un psychédélisme bourdonnant pour favoriser la transe.
Les deux groupes ne ressemblent à rien d’autre, donc. Mais, il est urgent de les découvrir pour peu que l’on aime provoquer des courants d’air dans ses chakras musicaux. À écouter de toute urgence.
Prix Goncourt 2014 pour le poignant Pas pleurer, Lydie Salvayre n’œuvre pas que dans le roman. L’an dernier elle a publié un essai remarqué sur la figure de Don Quichotte, Rêver debout. Ce début d’année, elle publie Irréfutable essai de successologie.
En empruntant un début de titre à Jonathan Swift, elle se livre à un dézingage en règle des livres de développement personnel comme du milieu littéraire et de ses succès « mal acquis ». L’autrice vient présenter son livre à la Librairie Passages.
Lydie Salvayre. Irréfutable essai de successologie. Photo : Seuil
Et surtout la santé !
Après la guerre et la religion, l’humoriste Jérémy Ferrari s’attaque, depuis 2020, à une nouvelle grande question de société : la santé. Un sujet évidemment mis en avant par la pandémie mondiale de Covid-19. Le comédien s’appuie sur des enquêtes et des chiffres pour démonter, secteur par secteur, notre système de santé. La palme revient sûrement au passage consacré à l’homéopathie. À hurler de rire ! Après ce spectacle, vous ne soignerez plus jamais de la même façon.
« Quelque part entre Pina Bausch et Jacqueline Maillan », voilà comme nous est vendu le travail d’Hélène Iratchet. Elle aussi s’attaque à un sujet de société particulièrement d’actualité : l’ubérisation du monde et le tout livraison à domicile. Comment sommes-nous pris dans cette cyber-logistique des corps et des objets ? C’est la question que pose ce spectacle en trio, à mi-chemin entre le théâtre burlesque et la danse.
Pendant la performance, une mère et sa fille répètent un spectacle en étant sans cesse interrompues par des livraisons de colis qu’elles ont commandés. Une pièce présentée dans le cadre de la dernière édition du festival Sens dessus dessous.
Résistante avant même sa majorité, arrêtée, torturée et plusieurs fois condamnée à mort… Madeleine Riffaud a participé, armes à la main, à la libération de Paris. Après la guerre, elle sera l’amie de Picasso et Eluard. Elle deviendra écrivaine et couvrira les guerres d’Algérie et d’Indochine. Cela fera d’elle une fervente militante de l’anticolonialisme.
Cette vie héroïque a été racontée en BD par Jean-David Morvan et Dominique Bertail. Elle fait maintenant l’objet d’une exposition dans laquelle on retrouve cette BD ainsi que des objets et documents personnelles de Madeleine Riffaud et des musées français de la Résistance.
Dans la Tribune de Lyon, le président de la Métropole de Lyon, Bruno Bernard, a annoncé le report de l’interdiction des voitures Crit’Air 2 dans la Zone à faibles émissions (ZFE) à 2028. Ce faisant, il lâche du lest et espère apaiser les fortes tensions autour de cette mesure voulue par la majorité écologiste à la Métropole, mais absente de la loi sur les ZFE.
C’était en septembre 2022. Après plusieurs mois de concertation, les écologistes de la Métropole de Lyon présentaient leur projet final de Zone à faibles émissions. Comme ils l’avaient annoncé depuis plusieurs mois, ce projet contenait l’interdiction de circulation des véhicules Crit’Air 2 et plus, à l’horizon 2026. Bruno Bernard (EELV), président de la Métropole de Lyon, est finalement revenu sur cette décision.
Dans un entretien pour Tribune de Lyon ce 14 février, il explique que les voitures Crit’Air 2 pourront rouler jusqu’en 2028.
« En détendant le calendrier, le renouvellement naturel du parc de véhicules sera plus fort et l’amélioration des transports en commun plus effective. Beaucoup de solutions et dérogations ont été apportées dans la concertation, mais le dispositif était trop complexe », explique Bruno Bernard.
La volonté des écologistes d’aller vite, sur le calendrier et sur les véhicules interdits, n’avait pas manqué de susciter des critiques de ses oppositions. Celles-ci s’étaient fait entendre jusque dans la majorité formée par les écologistes avec les communistes et les élus insoumis.
« Quelle nouvelle offre accueillera les conducteurs qui opteraient pour un usage des transports collectifs ? Il faudra multiplier par deux, ou par trois, les fréquences de lignes de bus. Mais cela exploserait le budget du Sytral », avait soulevé Laurent Legendre (LFI), du groupe Métropole insoumise, résiliente, solidaire.
Intraitable jusqu’alors, le président de la Métropole a donc choisi de lâcher du lest. Pour lui, « détendre » le calendrier permettra notamment de rendre « l’amélioration des transports en commun plus effective ».
Les écologistes de la Métropole de Lyon essaient d’apaiser les tensions autour de la ZFE
En plus d’annoncer le report du calendrier pour les Crit’Air 2, Bruno Bernard s’est aussi dit ouvert à rediscuter le périmètre élargi de la ZFE :
« Il y a d’abord une question de simplification. Soit on met directement un périmètre plus large, dans un calendrier à discuter, soit on démarre avec celui qui était prévu et on l’élargit au fil du temps. L’objectif est d’avoir une nouvelle délibération au mois de juin. »
Ce périmètre proposé par les écologistes en septembre 2022 comprenait les communes limitrophes du périmètre central, à savoir les secteurs de Villeurbanne, Bron et Vénissieux, situés à l’extérieur du périphérique Laurent Bonnevay, ainsi que Pierre-Bénite, Saint-Genis-Laval, Oullins, La Mulatière, Sainte-Foy-lès-Lyon, Sathonay-Camp, Fontaines-sur-Saône, Rillieux-la-Pape, Vaulx-en-Velin, Saint-Fons, Chassieu, Saint-Priest, Décines-Charpieu, Mions et Corbas.
Panneau d’entrée de la Zone à faibles émissions (ZFE), quai Paul Sédaillan dans le 9ème arrondissement de Lyon.Photo : LB/Rue89Lyon
Ce périmètre, tourné vers l’Est de la Métropole avait soulevé l’indignation du groupe d’opposition « Inventer la Métropole de Demain ».
« Votre ZFE correspond aux zones les plus industrielles de la métropole, avec beaucoup d’ouvriers. Où est la justice sociale ? Vous auriez pu le compenser avec des mesures d’accompagnement à hauteur de l’enjeu, mais le compte n’y est pas », avait soulevé Christophe Geourjon (UDI), élu centriste d’opposition, en septembre 2022.
Le groupe a par ailleurs salué le recul du calendrier pour les Crit’Air 2 et l’ouverture de la discussion autour du périmètre dans un communiqué.
Reste la question de l’information des habitants de la ZFE. Alors que les Crit’Air 5 sont déjà interdits depuis septembre 2022 dans le coeur de la ZFE, cet acronyme reste pour l’heure inconnu pour nombre de Grand Lyonnais·es.
À Rue89Lyon depuis 2022, aujourd’hui journaliste associée. Enquêter sur l’extrême droite, c’est lutter contre l’extrême droite.
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