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Actualités, enquêtes à Lyon et dans la région

Pour 2023, la Métropole de Lyon vote un budget en continuité

Pour 2023, la Métropole de Lyon vote un budget en continuité

Ce lundi 23 janvier, pour le premier conseil métropolitain de l’année, la Métropole de Lyon a voté son budget pour l’année 2023. Sans grande surprise, celle-ci poursuit les orientations données par la majorité écologiste et de gauche depuis deux années, avec un accent mis sur les enjeux sociaux et environnementaux.

Entre 2022 et 2023, le budget de la Métropole de Lyon devrait bondir de 200 millions d’euros et s’élever à 3,8 milliards d’euros. Une hausse qui s’explique surtout par une augmentation des dépenses de fonctionnement, avec 181 millions en plus par rapport à 2022, contre seulement 25 millions de plus sur l’investissement.

La Métropole de Lyon, dirigée par les écologistes, explique que cette hausse des dépenses doit être compensée en grande partie par une hausse des recettes de fonctionnement, « liées au dynamisme des recettes fiscales », avec 159 millions d’euros en plus par rapport à 2022.

Les dépenses sociales, premier poste de dépense du budget 2023 à la Métropole de Lyon

« La Métropole est engagée activement dans la réponse aux besoins sociaux amplifiés par la crise : accueil des publics précaires, rémunération des secteurs sociaux et médicaux, insertion… », prône l’institution dans la présentation de son budget.

Les dépenses (investissement et fonctionnement) liées à la solidarité et l’habitat devraient atteindre 728,9 millions en 2023 dans la Métropole de Lyon. Parmi ces dépenses, on retrouve la compensation du handicap -car la Métropole de Lyon est chargé des Maisons départementales des personnes handicapées (MDPH)-, la politique de l’enfance et de la famille, la politique du vieillissement et le logement.

Métropole de Lyon
Siège de la Métropole de Lyon. Photo BE/Rue89Lyon

La Métropole de Lyon devrait aussi dépenser 475,7 millions pour l’environnement et 341,4 millions pour les mobilités. On y retrouve des projets comme les Voies Lyonnaises, l’aménagement des rives de Saône, le prolongement la ligne B ou du tramway T6, ou les traditionnelles dépenses de collecte des déchets.

Si la hausse des tarifs de l’énergie a largement pénalisé la Ville de Lyon, avec 20 millions de plus sur son budget, la Métropole de Lyon devrait mieux amortir ces dépenses supplémentaires du fait de son budget beaucoup plus conséquent. Elle accuse tout de même une augmentation de 22%, avec 50 millions de plus liés au coût de l’énergie.

Hausse des dépenses et centralisation : les angles d’attaque des oppositions

Le vote du budget est l’occasion pour les oppositions de s’attaquer aux orientations politiques de la majorité, et de défendre les leurs. Cette année, si le groupe Métro Positive (Droite, centre et société civile) s’est montré plus offensif, les critiques de l’opposition n’ont pas particulièrement créé de remous.

Premier à s’exprimer, Louis Pelaez, pour le groupe « Inventer la Métropole de demain », s’en prend à la hausse des dépenses de fonctionnement, notamment les dépenses de personnels (+5,7% en 2023). Il s’inquiète aussi de la capacité de désendettement de la majorité écologiste (établie à 5 ans et 5 mois au 1er janvier 2023 contre 3,3 en 2019). Il craint que la majorité n’ait été trop d’optimiste dans les recettes qu’elle va percevoir en 2023.

« Préparer l’avenir c’est lutter contre le réchauffement climatique mais c’est aussi ne pas transmettre aux générations futures la dette et garder pour les années à venir une capacité d’investissement dont nous aurons besoin pour être plus efficace dans cette lutte dès 2026 », conclut Louis Pelaez.

Alexandre Vincendet, député Les Républicains de la 7e circonscription du Rhône, et membre du groupe Métro Positive, clôt le bal des prises de paroles des oppositions. Il critique une « absence de vision territoriale » du budget. « Un observateur pourrait croire en lisant ces interminables 45 pages, que nous votons le budget de la Ville de Lyon », ironise-t-il, prenant pour exemple la politique de mobilité sur le développement du vélo.

Alexandre Vincendet député du Rhône
Alexandre Vincendet, député de la 7e circonscription du Rhône et patron de LR dans le Rhône. Photo Houcine Haddouche/Rue89Lyon

La Métropole de Lyon défend son bilan dans l’aide aux communes

Du côté du groupe Synergies, deux amendements ont été déposés pour augmenter l’aide aux communes. L’un propose d’attribuer 30 millions (et non 10 millions) d’aide à l’investissement pour les communes. L’autre s’intéresse à la taxe d’aménagement, aujourd’hui reversée à 1/8ème pour les communes et 7/8ème pour la Métropole. L’amendement propose de rééquilibrer à 1/4 et 3/4 cette taxe qui permet aux collectivités de financer les équipements publics. Les deux ont été rejetées.

Bertrand Artigny, vice-président de la Métropole chargé des finances, répond en défendant le bilan de la collectivité en matière d’aide aux communes, « 150 millions sur le mandat ». Il entre aussi sur un débat technique et politique de la faisabilité de l’amendement déposé pour augmenter de 20 millions l’aide à l’investissement :

« On ne peut pas compenser une dépense d’investissement par une dépense de fonctionnement. Et même si cela était possible, il faudrait soit trouver une recette équivalente alors que le gouvernement a réduit notre autonomie financière, soit réduire nos dépenses sociales, ce qui n’est pas envisageable; soit dégrader notre autofinancement et nuire à notre politique d’investissement en faveur de la transition écologique. » 

Du côté des alliés des écologistes, aucune voix dissidente ne s’est fait entendre, si ce n’est des incitations à aller toujours plus loin dans la politique sociale de la part des groupes les plus à gauche de l’hémicycle. Sans surprise, au terme du vote, le budget primitif 2023 a bien été adopté.

À Lyon, les écologistes fâchés avec les jeux vidéo

À Lyon, les écologistes fâchés avec les jeux vidéo

Entreprises et associations de jeux vidéo soulèvent régulièrement des problématiques auxquelles elles doivent faire face, particulièrement à Lyon, berceau de cette industrie : inégalités dans l’accès à l’enseignement, pénurie de travailleurs, manque de mixité, enjeux écologiques. Pourtant, contrairement à Villeurbanne, la Ville et la Métropole de Lyon se désintéressent de cette question.

« On manque de formations publiques du jeu vidéo en France. On compte 53 écoles spécialisées dans le jeu vidéo, qui sont privées, contre 61 en Allemagne qui sont toutes publiques. C’est plus que jamais le temps de mobiliser autour de ces questions », déclare le maire PS de Villeurbanne, Cédric Van Styvendael à Rue89Lyon.

L’édile énumère d’une traite les grands enjeux de formation auxquels l’industrie doit faire face : manque d’évaluation des filières privées, rares enseignements publics submergés par les demandes, défaut d’orientation pour les jeunes étudiants… Il n’est d’ailleurs pas le seul à s’inquiéter de l’évolution de l’industrie sur le territoire.

Les entreprises de jeux vidéo de la région de Lyon ont de plus en plus de difficulté à embaucher des travailleurs qualifiés. Les nouvelles entreprises qui souhaitent s’installer dans la métropole rencontrent ce même souci auquel s’ajoute celui de trouver des locaux.

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Grégory Doucet candidat en 2026 à Lyon : Bruno Bernard préfère attendre à la Métropole

Grégory Doucet candidat en 2026 à Lyon : Bruno Bernard préfère attendre à la Métropole

Le président EELV de la Métropole de Lyon Bruno Bernard a expliqué que le temps n’était pas venu de dire s’il allait se re-présenter en 2026. Il prend là le contre-pied de Grégory Doucet, maire EELV de Lyon, avec qui il avait formé un binôme en 2020. Ce dernier s’est d’ores et déjà porté candidat pour 2026. Analyse.

« Reposez-moi la question dans trois ans», a tranché Bruno Bernard, lors de ses vœux à la presse ce vendredi 20 janvier. Le président de la Métropole de Lyon n’en dira pas plus sur ses volontés – ou non – de candidature pour les prochaines élections métropolitaines.

En cela, il se distingue de son binôme de 2020, le maire de Lyon Grégory Doucet. Dès fin 2022, l’édile avait annoncé sa candidature pour une seconde mandature à la tête de la Ville dans le journal Le Monde. L’écologiste avait souhaité en faire un non-évènement, bien que cette annonce soit particulièrement anticipée alors que la fin de mandat est encore loin.

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Manifestation contre la réforme des retraites à Lyon : « nos métiers limitent nos espérances de vie »

Manifestation contre la réforme des retraites à Lyon : « nos métiers limitent nos espérances de vie »

Ils et elles étaient 38 000 selon les syndicats, 23 000 selon la police, à répondre à l’appel à manifester contre la réforme des retraites à Lyon. Un succès pour l’intersyndicale. Reportage.

« La retraite avant l’arthrite », « Bientôt en télétravail à l’Ehpad », « La retraite à 64 ans, on en reparlera quand il faudra porter quelque chose de lourd », les Lyonnais et grand-Lyonnais ont fait preuve d’une dérision amère sur les pancartes qu’ils arboraient dans la rue, ce jeudi 19 janvier.

La manifestation qui a démarré aux alentours de midi à la Manufacture des Tabacs et qui s’est achevée place Bellecour (Lyon 1er) un peu avant 15 heures a vu passer une foule particulièrement hétéroclite. Défilant par corps de métiers ou par appartenances syndicales, jeunes et moins jeunes ont emboîté le pas de l’intersyndicale, s’opposant au recul de l’âge de la retraite à 64 ans.

Les traditionnelles prises de parole de début de manifestation ont été écourtées, « il y a trop de monde », a expliqué un délégué syndical CGT aux alentours de midi, alors que l’imposant cortège de manifestants emboîtait le pas à la bannière intersyndicale.

On pouvait lire sur celle-ci « Tous et toutes ensemble contre l’allongement de la durée de cotisation, contre le report de l’âge légal de départ en retraite ! » surmontée des drapeaux de l’intersyndicale au complet : CGT, CFDT, CFTC, CGC, Solidaires, FSU, FO, UNSA, CNT, UNEF, FAGE.

La banderole intersyndicale à la manifestation contre la réforme des retraites. ©LS/Rue89Lyon
La banderole intersyndicale à la manifestation contre la réforme des retraites à Lyon du 19 janvier.Photo : LS/Rue89Lyon

Une réforme des retraites qui a particulièrement mobilisé à Lyon

Quelques mètres après s’être engagée sur le cours Albert Thomas, la banderole intersyndicale s’est faite doubler par un groupe arborant fièrement leurs gilets jaunes, et, pour quelques-uns, leurs drapeaux français. Ils ont rapidement été rejoints par une cinquantaine de personnes, scandant des slogans antifascistes. Les deux groupes ne se sont pas mélangés.

Les gilets jaunes en tête de cortège à la manifestation contre la réforme des retraites à Lyon. ©LS/Rue89Lyon
Des gilets jaunes en tête de cortège à la manifestation contre la réforme des retraites à Lyon.Photo : LS/Rue89Lyon

Des fumigènes et autres torches à main ont été allumés tout le long de la manifestation, par le cortège de tête mais aussi par les différents syndicats.

Aux fenêtres des appartements et bureaux du cours Gambetta, bon nombre de personnes ont témoigné leur solidarité avec les grévistes et manifestants.

L’événement s’est achevé dans le calme tandis que la rumeur d’une nouvelle journée de mobilisation bruissait déjà chez les grévistes, galvanisés par le nombre de personnes venues manifester :

« Il y avait encore des personnes qui défilaient au niveau de la rue Garibaldi alors qu’on était déjà à Bellecour ! », s’est exclamé l’un d’eux.

Pour l’intersyndicale du Rhône, cette première journée de mobilisation est donc un succès. Pour rappel, la grande manifestation contre la réforme des retraites de 2019 avait vu défiler entre 21 000 et 35 000 personnes, selon les différentes estimations. Un chiffre qui n’a plus jamais été atteint par la suite.

La police s’est tenue à bonne distance des manifestants. Sur le parcours, la vitrine d’une banque a été dégradée, bris de verre et tags anarchistes à la clé. Selon la préfecture, il n’y a pas eu d’incidents » nécessitant une intervention dans le contexte d’une manifestation ».

En marge de l’événement, toujours d’après la préfecture, 18 interpellations ont été effectuées, dans le Vieux Lyon, à la suite d’une agression commise contre une patrouille de la police municipale.

« C’est quoi la vie qu’on prépare à nos jeunes ? »

Reconnaissables par leurs casques pourvus de lampes frontales, un groupe d’une trentaine d’égoutiers a suivi de près le camion de la CGT. Philippe est l’un d’eux, syndiqué à la CGT, il assure que les quatre pôles d’égoutiers couvrant les 59 communes de la métropole de Lyon se sont mis en grève :

« Et on recommencera autant de fois qu’il faudra ! », tempête t-il.

Âgé de 56 ans, Philippe travaille depuis ses seize ans. Il a d’abord été couvreur zingueur avant de passer trente ans dans les égouts de la métropole. « Dans le noir, l’humidité et les odeurs pestilentielles, le dos courbé », énumère t-il. Il raconte des conditions de travaille éprouvantes, le développement de douleurs chroniques avec l’âge :

« Beaucoup d’entre nous se plaignent de gros maux de tête, on a le dos abîmé. »

Les égoutiers à la manifestation contre la réforme des retraites à Lyon. ©LS/Rue89Lyon
Philippe et ses collègues égoutiers à la manifestation contre la réforme des retraites à Lyon.Photo : LS/Rue89Lyon

Pourtant ce n’est pas son cas qui inquiète le plus Philippe :

« Déjà que nous on est très mal payés et on finit cassés, j’ai peur pour les jeunes générations. Les primes et augmentations que j’ai touchées en début de carrière ont presque toutes disparues, et maintenant on veut repousser l’âge de la retraite. »

Avant de conclure, cinglant :

« C’est quoi la vie qu’on prépare à nos jeunes ? »

Dans l’industrie, « peu de personnes arrivent à la retraite en bonne santé »

En blouses grises de travail, trois techniciens en plasturgie ont fait la route depuis le Beaujolais pour marcher aux côtés des Lyonnais et Lyonnaises. Camille a 54 ans, il s’estime chanceux d’avoir pu faire grève, contrairement à certains de ses collègues qui ne peuvent pas se permettre de perdre une journée de salaire. Il fustige le projet de réforme des retraites qu’il considère absurde :

« Si encore on garantissait l’emploi, mais il faut voir le taux de chômage à 54 ans : beaucoup se font virer sous prétexte qu’ils ne sont plus assez productifs. »

Comme beaucoup de manifestants interrogés, il s’inquiète de ne pas pouvoir « profiter » de sa retraite et de ses petits 1200 euros de pension :

« Peu de personnes arrivent en bonne santé à la retraite. Notre métier limite notre espérance de vie. »

Camille, plasturgiste est venu à la manifestation contre la réforme des retraites à Lyon. ©JA/Rue89Lyon
Camille, plasturgiste est venu à la manifestation contre la réforme des retraites à Lyon.Photo : JA/Rue89Lyon

Dans son usine, Camille travaille debout et fait des gestes répétitifs, tout en respirant du plastique. Il doit soulever des charges importantes, jusqu’à 12 kilos de cartons, qui finissent par le « casser » comme il le dit. Il refuse d’être fataliste et énonce les nombreuses alternatives à ce projet de réforme des retraites :

« Il y a d’autres manières de trouver de l’argent : il faut taxer le capital, rétablir l’impôt sur la fortune…»

À Lyon, « Avec la réforme des retraites, ce seront les enfants qui feront les lacets aux ATSEM »

Un gilet orange sur le dos, Johanna est venue défiler aux côtés de deux collègues Agent territorial spécialisé des écoles maternelles (ATSEM). Sa journée type, elle l’énonce sans broncher : Dix heures de travail par jour avec seulement 30 minutes de pause, « et pour des tâches toujours plus nombreuses ! ». Elle énumère :

« On fait de l’animation, on est aussi agents de cantine, assistantes de l’enseignant, aides ménagère… »

À Corbas comme ailleurs, Johanna dénonce une « double pression », car elle doit répondre aux attentes de deux patrons, l’Éducation nationale ainsi que la municipalité :

« On a une double casquette, on doit travailler sur les temps périscolaires et scolaires. Malgré ce rôle indispensable, nous sommes concertées en dernier et on ne prend pas en compte notre avis. »

À l’instar de Philippe et Camille, les ATSEM déclarent aussi développer de nombreux problèmes de santé en travaillant : arthrose, tendinites, problèmes de dos :

Johanna et sa collègue, toutes deux ATSEM venues à la manifestation contre la réforme des retraites à Lyon. ©JA/Rue89Lyon
Johanna et sa collègue, toutes deux ATSEM venues à la manifestation contre la réforme des retraites à Lyon.Photo : JA/Rue89Lyon

« Et surtout les migraines ! Nous travaillons constamment dans le brouhaha. Les classes sont surchargées, et nous devons aussi nous occuper des enfants en situation de handicap qui n’ont pas d’AESH » détaille Johanna.

Elle blâme aussi ses conditions matérielles de travail, pensées uniquement pour les enfants de moins de 5 ans :

« Tout est à leur taille, comme si c’était évident que nous n’avions pas besoin d’outils à la nôtre. Si on prolonge l’âge de départ à la retraite de deux ans, à la fin, ce seront les enfants qui feront nos lacets. »

« À 59 ans escalader la grande échelle, c’est compliqué »

Visibles de loin, les sapeurs pompiers professionnels étaient aussi mobilisés durant cette manifestation. En uniformes et le casque à la main, quatre d’entre eux se sont relayés tout le temps de l’événement pour porter un cercueil à taille humaine, sur lequel était dessiné un casque en flamme.

Rémy travaille à la caserne de Rillieux-la-Pape. Délégué syndical à Sud, il se fait la voix de ses collègues :

« On en est au point où l’enjeu des sapeurs pompiers aujourd’hui ce n’est plus d’être un retraité solvable, mais d’être un retraité vivant. Notre espérance de vie est de 10 ans inférieure à la moyenne. »

Les pompiers à la manifestation contre la réforme des retraites à Lyon. ©LS/Rue89Lyon
Les pompiers à la manifestation contre la réforme des retraites à Lyon.Photo : LS/Rue89Lyon

Comme toute sa profession, Rémy s’expose à de nombreux risques, notamment de développer des maladies à cause de la combustion de produits chimiques. Un risque jusqu’ici pris en compte par l’État, qui lui permettait de quitter l’uniforme à 57 ans. La réforme l’obligerait, lui et ses collègues, à partir 2 ans plus tard.

« À 59 ans courir dans les escaliers, escalader la grande échelle ou intervenir comme on l’a fait à Vaulx-en-Velin le 16 décembre dernier, c’est compliqué. »

Selon Rémy, les sapeurs pompiers cumulent largement plus de 1 607 heures travaillées par an, avec des périodes de nuit et de garde où ils doivent travailler durant 24h d’affilée. Père de trois enfants, il a divorcé il y a quelques années :

« Il y en a plein ici dans le même cas [divorcés ndlr], c’est à cause de notre rythme de vie. »

Réforme des retraites à Lyon : « On demande toujours aux mêmes de trimer »

Un peu plus loin dans le cortège, ce sont les enseignants et éducateurs qui battent le pavé, comme Sylvie qui fait partie des 42% de grévistes de l’Éducation nationale. Cela fait 37 ans qu’elle forme les générations de demain, d’abord en tant qu’institutrice, puis aujourd’hui comme CPE dans un lycée professionnel.

Fille d’ouvriers, Sylvie n’a pas eu le temps de voir ses parents vieillir. Ils sont partis tôt, épuisés par une existence de dur labeur. Alors pour Sylvie, pas question de remettre en cause la retraite durement acquise en 1981 :

« On demande toujours aux mêmes de trimer pour boucher les trous dans les caisses de l’État.
Moi j’ai travaillé tout le temps, même pendant le Covid. Combien de temps travaillent ils, eux, à Bercy ? »

Un peu désabusée, elle craint que le jusquauboutisme du Président de la république ne fasse aboutir son projet de réforme des retraites. Cependant, pas question de rester chez elle à ressasser sa colère :

« Ceux qui luttent ne sont pas sûrs de gagner, mais ceux qui ne luttent pas ont déjà perdu. »

Quelques dizaines de mètres plus loin, pas loin du cortège LFI, des panneaux « Banlieue Vénissieux” attirent le regard. Sous l’un d’eux se trouve Emilie Kara, membre de l’association France Banlieues. Surveillante dans un collège REP+ aux Minguettes et livreuse Deliveroo, elle rappelle ceux et celles que la réforme des retraites risque de fragiliser le plus, à Lyon :

« Les banlieues sont les plus touchées par le chômage, avec notamment de la discrimination à l’emploi, des carrières hachées, des mi-temps… Les jeunes ne peuvent pas se permettre de faire des études car ils ont besoin de revenus donc ils n’ont que des emplois précaires et difficiles, et leur espérance de vie est plutôt courte. »

« Les mères qui prennent des mi-temps pour élever leurs enfants seront encore plus fragilisées »

Emilie en est l’exemple, elle ne cotise qu’avec son emploi à temps partiel en tant que surveillante en REP+. Son travail de livreuse, elle le fait sous le statut d’auto-entrepreneur :

« On n’a pas de retraite, ni même de sécurité sociale alors qu’il y a beaucoup d’accidents. On avait demandé la CDIsation des livreurs à Deliveroo mais en France cela n’a pas été accepté. »

Emilie est aussi mère de famille, et rappelle les conséquences d’un allongement de la durée des cotisations sur les femmes qui doivent s’occuper de leurs enfants avec peu de moyens :

« Ça coûte aussi cher de faire garder ses enfants que de perdre un salaire donc les mères prennent un mi-temps ou arrêtent de travailler pour s’en occuper. Quand j’ai eu mes enfants j’ai fait un mi-temps comme assistante maternelle pour continuer à avoir un revenu et à les garder en même temps. »

Emilie Kara et ses amis militants à France Banlieues, à la manifestation contre la réforme des retraites de Lyon. ©JA/Rue89Lyon
Emilie Kara et ses amis militants à France Banlieues, à la manifestation contre la réforme des retraites de Lyon.Photo : JA/Rue89Lyon

D’après la militante, la réforme touchera davantage les plus pauvres, les plus précaires, celles et ceux qui possèdent le plus de freins à l’emploi et qui sont retranché•es dans les banlieues des grandes villes. Mais mobiliser les personnes des banlieues reste difficile pour Emilie :

« On perd des journées de salaires alors que c’est déjà compliqué de vivre. Aussi, les personnes des banlieues ne se croient pas crédibles, elles pensent que leur voix ne compte pas car on n’est jamais représentés. Moi je suis là parce que je me dis que même si on ne nous donne rien, on prendra nous même notre place. »

#Retraite

Revivez le conseil municipal de Lyon du 19 janvier

Revivez le conseil municipal de Lyon du 19 janvier

Si la France et Lyon ont les yeux rivés sur la grève contre la réforme des retraites, il se tient à Lyon un autre évènement d’importance : le conseil municipal. Pour le premier de l’année 2023, les orientations budgétaires et l’attribution de subventions devraient occuper la majorité des débats. Rue89Lyon vous propose de suivre en direct ce rendez-vous de la vie politique lyonnaise, décrypté par nos journalistes.

Le conseil municipal débute à peine, plus tard que l’horaire prévu de 8h30. Neige, panne généralisée des métros… nous étions en retard, tout comme une partie des élus municipaux.
Comme le veut la tradition lors du premier conseil de l’année, le maire, Grégory Doucet, commence par présenter ses vœux de bonne année aux conseiller·e·s.

Vœux du maire au conseil municipal de Lyon : réforme des retraites et soutien aux militants de Dernière Rénovation

Le maire, Grégory Doucet, commence par adresser une pensée aux Ukrainiens touchés par la guerre. Il enchaîne sur la crise énergétique et l’inflation, avant d’afficher à nouveau son objectif d’être une ville climatiquement neutre en 2030.
Très vite vient sur la table le sujet brûlant du jour : la grève et la manifestation contre la réforme des retraites.

« Aujourd’hui, nombre de Lyonnais ont cessé le travail pour dire ce qu’ils pensent de la réforme des retraites. La grève est un moyen d’expression. (…) Elle résume le mécontentement exprimé par une large part de la population. Ni le président, ni le gouvernement ne sont parvenus à convaincre. Je me permets de souhaiter que le gouvernement revienne en arrière sur ce sujet », énonce le maire.

Pour clore ses vœux, le maire évoque les militants de Dernière Rénovation, connus pour bloquer le trafic routier pour alerter sur l’urgence climatique.

« Je dis qu’il faut les prendre comme des messagers d’une exigence légitime et que le reste est secondaire. (…) Je nous souhaite de rendre le sourire à la jeunesse désemparée par l’inertie des dernières décennies.»

Applaudissements sur les bancs des écologistes.

Il se distingue du président écologiste de la Métropole de Lyon, Bruno Bernard, qui avait expliqué « désapprouver ces blocages ».

Au conseil municipal, les oppositions ciblent la hausse de la taxe foncière

David Kimelfeld, président du groupe Progressistes et Républicains, entame les prises de parole des groupes politiques. Et il attaque d’emblée sur l’augmentation de la taxe foncière annoncée par Grégory Doucet début 2023, qu’il critique.

Il donne aussi sa position sur la réforme des retraites : « Je ne suis pas forcément favorable, et cette position n’engage pas mon groupe, à cette réforme des retraites. »

Il critique le soutien de Doucet aux activistes du climat, et cite Bruno Bernard.

Yann Cucherat, président du groupe Pour Lyon (groupe de Gérard Collomb), s’exprime ensuite. Il critique le choix de Grégory Doucet d’annonce sa candidature aux prochaines municipales, en 2026.

« Cette majorité fait payer aux Lyonnais ses erreurs » assène-t-il, en évoquant la hausse de la taxe foncière.

Il évoque une récente polémique : l’achat de doudounes made in Bangladesh par la majorité écologiste pour ses agents. Un fait révélé par le syndicat Sud de la Ville dans un communiqué, qui dénonçait un écart avec la politique d’achat responsable de la Ville. L’adjointe aux Finances, Audrey Hénocque, s’en était défendue dans un entretien avec le Progrès, expliquant que ces achats avaient eu lieu dans le cadre d’une politique d’achat définie en 2019 (alors que les écologistes n’étaient pas au pouvoir).

Pierre Oliver, président du groupe de la droite, entame rapidement ses voeux avec un sujet qui lui tient à cœur : la sécurité.

Le soutien de Grégory Doucet aux activistes écologistes continue de faire parler. Pierre Oliver fustige ces militants, de Dernière Rénovation notamment, « qui pensent que tout peut se résoudre par des actions de blocage, de dégonflage de pneus ou en s’attaquant à des œuvres d’art comme certains ont pu le faire et le font encore au nom d’un idéal religieux qui n’a pas sa place dans le monde.»

Le conseiller municipal a aussi un mot pour l’hébergement d’urgence. La Ville est entrée en bras de fer avec l’État, qu’elle accuse de ne pas assez faire. Pierre Oliver souhaite que la Ville demande également à la Métropole (aussi dirigé par une majorité écologiste) de prendre sa part, « sur la protection de l’enfance notamment ».

Lire sur le sujet : La politique illisible de la Ville de Lyon en matière d’hébergement d’urgence

Sandrine Runel, s’exprime au conseil municipal sur l’affaire du « taudis » qu’elle louerait

Le maire donne la parole à Sandrine Runel. Elle a été mise en cause par Lyonmag, pour un appartement qu’elle loue à la Guillotière, jugé en « mauvais état » avec des « irrégularités dans le bail. Pierre Oliver avait interpellé Grégory Doucet dans la presse. L’adjointe aux Solidarités répond :

« Pour mettre fin à quelques contrevérités : est-ce le seul appartement que je possède ? Oui. Est-ce que je bénéficie de quelques exonération fiscale ou de quelconque programme de défiscalisation ? Non. Des travaux ont-ils été fait ? Oui. La régie, le syndic, a-t-il été contacté à plusieurs reprises ? Oui. Ont-ils agit ? Non. Un dératiseur est-il passé ? Oui. Les diagnostics ont-ils été réalisés ? Oui. Sont-ils conformes ? Oui. L’encadrement des loyers est-il respecté ? Oui. Le loyer est-il dans une fourchette basse ? Oui. Est-ce que ma locataire se sent-elle bien dans cet appartement ? Oui. Souhaite-t-elle y rester ? Oui.

Force est de constater que je ne sais pas forcément écrire un bail, et que ce qui est écrit sur internet n’est pas tout à fait fiable. Ne m’appelez pas si vous avez besoin de conseil sur le sujet. »

Le maire réaffirme son soutien à son adjointe.

Le conseil vote une première délibération : l’esplanade située entre la Berge Marie Sklodowska Curie et le quai Victor Augagneur, jusque là sans nom, est renommée esplanade du 19 mars 1962.

Cette date correspond au cessez-le-feu de la guerre d’Algérie.

Fin de l’association Village des créateurs : « Notre volonté est que le passage Thiaffait continue de vivre dans la durée »

À l’occasion d’une délibération pour nommer un membre du conseil au conseil d’administration de Soieries vivants, David Kimelfeld revient sur la fin de l’association « Villages des créateurs », situé passage Thiaffait, dans les pentes de la Croix-Rousse. Il déplore sa disparition.

La Région de Laurent Wauquiez avait baissé ses subventions à l’association, dont le modèle économique reposait essentiellement sur l’aide des collectivités. Malgré une tentative d’ouverture au mécénat privé, le VDC n’a pas réussi à s’en sortir.

Camille Augey, adjointe à l’Économie locale, assure l’engagement de la Ville et de la Métropole auprès des créateurs installés dans le passage, notamment dans le renouvellement des baux des artisans. « Notre volonté est que le passage continue de vivre dans la durée et soit dynamique »

Gros morceau du premier conseil municipal de l’année : le débat d’orientations budgétaires

Le débat d’orientation budgétaire devrait occuper une grande partie des débats aujourd’hui. Le budget primitif sera voté en mars et ce débat permet de présenter le budget aux conseillers, qui pourront ensuite donner leur avis.
Audrey Hénocque, première adjointe aux Finances, prend la parole pour entamer le débat, avec un power point.

Pour commencer, Audrey Henocque dresse un bilan de l’année 2022. Hausse des coûts de l’énergie, hausse des coûts de masse salariale (liée à la hausse du point d’indice), l’épargne reste stable autour de 90 millions.

La Ville a remboursé 39,2 millions d’euros et les dépenses d’investissement devraient s’élever à 103 millions.

L’opposition avait dénoncé un écart entre le bilan provisoire des investissements qui s’élevait à 134 millions, et la réalisation des investissements qui s’élève finalement à environ 103 millions, soit 69% environ de réalisation. L’écart de réalisation est en effet un peu plus élevé que les mandats précédents.

L’adjointe défend la hausse de la taxe foncière. Elle explique que les dépenses progressent plus vite que les recettes. Pour 2023, il ne devrait y avoir que 2,2% de hausse dans les recettes alors que les dépenses devraient croître de 9%.

« Il faut augmenter les recettes que reçoit la Ville de Lyon. Elles n’augmenteront pas du côté de l’État. La Ville de Lyon fait le choix de ne pas augmenter ses tarifs (restauration scolaire, équipements sportifs…etc), qui représentent 12% des recettes de la Ville. Le seul levier qui reste à la Ville de Lyon est celui de la fiscalité directe, qui représente 66% de la Ville, est essentiellement composé de la taxe foncière. »

Elle explique que la Ville a « calculé au plus juste » les besoins de la Ville, et que cela correspondait à une augmentation de 9%. Cette hausse devrait rapporter 27 millions d’euros à la Ville (sur les 50 millions de hausse de budget de la Ville pour 2023).

«Il n’y aura pas d’autre hausse de la taxe foncière sur cette mandature», avait assuré le maire de Lyon, mercredi 18 janvier.

Lire notre article sur le sujet : « Je n’ai jamais promis qu’il n’y aurait pas d’augmentation des impôts », le maire de Lyon revient sur la hausse de la taxe foncière

Le maire de Lyon vient de quitter la salle, alors que Yann Cucherat, pour le groupe Pour Lyon, est en train de s’exprimer sur les orientations budgétaires. La raison du départ du maire n’a pas été communiquée.

« Est-ce que je vous attends ? », lance Yann Cucherat, visiblement agacé.

Le maire est de retour, quelques minutes plus tard. Yann Cucherat critique toujours les orientations budgétaires, notamment la hausse de la masse salariale.

Au sein du conseil municipal, les agents de la Ville de Lyon affichent leur opposition à la réforme des retraites

Les agents de la Ville chargés du bon déroulement du conseil municipal, installés sur l’ilôt central, s’agitent. Ils et elles se munissent de brassards blancs avec écrit en lettres rouges « en grève », apportés par l’une de leurs collègues.

Tour à tour, les trois groupes d’oppositions (Pour Lyon, Progressistes et Républicains, et la Droite et le centre), critiquent frontalement les orientations budgétaires. Ils s’opposent à la hausse de la fiscalité et la hausse des dépenses.

Yann Cucherat, du groupe Pour Lyon (de l’ex-maire Gérard Collomb), défend le bilan de la précédente mandature sur la végétalisation et la petite enfance (sujets chers à Grégory Doucet). Il dénonce les écarts entre les prévisions d’investissements et les investissements en effet réalisés en 2021 et 2022.

Audrey Henocque avait déjà répondu lors de sa présentation, en expliquant que ces écarts sont normaux « pour ne pas être bloqués » dans les dépenses pour les projets à mener.

Pierre Oliver, plus concis que les deux autres groupes, défend une baisse des dépenses plutôt qu’une hausse des impôts.

Réponse d’Audrey Hénocque, qui se permet une petite pique aux oppositions : « On voit surtout de la fébrilité car en 2026 ce sont les écologistes et la gauche qui resteront au pouvoir »

« Au début du mandat nous avons fait le choix de ne pas augmenter la taxe foncière comme le faisait Gérard Collomb, car nous avions fait le choix de contenir les dépenses de fonctionnement, mais de mettre le focus sur les dépenses d’investissement qui se finance par l’épargne et la dette. Trois ans plus tard nous faisons face à une augmentation inédite des dépenses de fonctionnement, qui ne peut être payée par la dette ».

L’adjointe évoque ici la hausse des dépenses salariales, mais surtout la hausse des dépenses d’énergie (+ 32 millions en 2023).

« Les propriétaires fonciers bénéficient des investissements de la Ville car ça permet de rendre des services publics dont ils profitent quand ils sont habitants. Ils en bénéficient aussi car leur bien prend de la valeur dans une Ville bien gérée, qui est agréable à vivre et attractive.«

Le débat sur les orientations budgétaires est adopté, sans surprise.

Le conseil doit maintenant voter la dotation du Centre Communal Action Sociale de Lyon, plus connu sous l’acronyme « CCAS », pour l’exercice 2023. C’est l’organisme qui réalise la politique sociale de la Ville, auprès des Lyonnais les plus précaires. Cette dotation est de 13 204 300 € pour 2023, le même montant qu’en 2022. Elle était de 12 632 356 € en 2021. Il est adopté.

Au conseil, l’exécutif jongle entre soutien à la grève contre la réforme des retraites et comptes à rendre sur l’atteinte au droit de grève

Laurent Bosetti, adjoint aux Ressources Humaines, insoumis du groupe « Lyon en commun », prend la parole. Il profite d’une délibération qu’il doit présenter sur les effectifs, pour dire un mot sur la manifestation qui doit s’élancer à Lyon, contre la réforme des retraites.

« Des entreprises à Lyon s’essaient au 32h. C’est le sens de l’histoire, de la réduction du temps de travail, de l’aspiration au temps libre. »

Il fait le bilan du côté de la Ville de Lyon, et souligne que les agents s’absentent de plus en plus. Il analyse ce phénomène par le vieillissement des agents et de l’usure liée à certains métiers. Il s’associe à ceux qui manifestent. Applaudissement sur les bancs de la majorité.

Pierre Oliver profite de l’intervention de Laurent Bosetti pour questionner la Ville sur son récent désaveu face au tribunal administratif. La majorité avait tenté d’imposer une restriction du droit de grève à ses agents des écoles, pour empêcher les grèves perlées de quelques heures le midi dans les cantines, avec une obligation de se déclarer 48h avant.

Pierre Oliver demande si la Ville fera appel. Laurent Bosetti dit que la Ville doit encore statuer sur le sujet.

La délibération sur les effectifs est mise au vote. Agitation sur les bancs du groupe Pour Lyon. « Il ne l’a même pas présentée ! On s’abstient ! »

« On vous envoie quand même les rapports avant la séance », répond le maire. La délibération est adoptée sous les protestations.

La Ville de Lyon vient de voter pour mettre en place un médiateur, qui pourrait régler les litiges avec les usagers mais aussi étudier la satisfaction de ces mêmes usagers. Sont exclus les litiges qui seraient liés aux actions du CCAS.

Le médiateur sera élu par un jury inter groupes politiques de six personnes, issues du conseil municipal. Il occupera ses fonctions pendant 6 ans.

Le conseil municipal part en pause pour le midi, reprise à 14h15 !

Pendant la pause, la journée de mobilisation contre la réforme des retraites reprend ses droits.

Le conseil municipal va reprendre. Dans les dossiers de l’après-midi, l’un d’entre eux devraient retenir particulièrement l’attention. L’enveloppe du budget participatif doit être voté, un dispositif qui devrait faire l’objet d’interventions critiques de l’opposition.

En fin de conseil, les groupes devront aussi statuer sur un vœu déposé par le groupe Droite, centre et indépendants sur la prolifération des rats.

Sur la politique culturelle, la Ville de Lyon rejoue l’opposition avec la Région de Laurent Wauquiez

Cette après-midi s’ouvre avec la politique culturelle : subventions, partenariats, mécénat… La Ville doit voter une subvention de 15 980 400 euros pour 18 institutions culturelles. Un sujet plus que politique, puisque Laurent Wauquiez, président LR de la Région, avait annoncé des baisses importantes de subventions pour les structures culturelles en 2022 et en 2023. Des coupes que la Ville de Lyon avaient largement critiquées, par la voix de Nathalie Perrin-Gilbert, adjointe à la Culture.

L’adjointe demande que ces subventions soient votées avant le vote du budget primitif en mars 2023, « pour permettre à ces institutions d’avoir une visibilité sur leur exercice 2023 ». Trois structures voient leurs subventions baisser, les autres conservent le même niveau.

L’Opéra de Lyon recevra jusqu’à 10 millions d’euros de subvention. Les Subsistances toucheront 1 390 000 euros, la Maison de la danse 935 000 euros et l’Institut Lumière 700 000 euros.

Le groupe Droite, centre et indépendants critique la baisse de subvention à l’association des Grands concerts qui obtient 60 000 euros contre 100 000 en 2022. Elle dépose un amendement pour que cette subvention revienne au niveau de 2022. Un amendement rejeté par le conseil municipal.

« J’aurai aimé que votre groupe déploie le même talent, la même force, le même argumentaire, vis à vis de l’exécutif de la Région qui a retiré l’année dernière 2 millions d’euros à l’ensemble du secteur culturel lyonnais », répond Nathalie Perrin-Gilbert.

La Ville de Lyon accorde 12,5 millions d’euros pour son premier budget participatif

Chloë Vidal, adjointe à la démocratie locale, prend à présent la parole pour défendre le budget participatif. 110 projets proposés par les habitant·es doivent être réalisés par la Ville. La liste est affichée sur le site de la Ville. Le conseil doit voter pour une enveloppe globale 12,5 millions d’euros.

L’un des projets phares, plébiscité par la majorité écologiste, est la végétalisation de la place Bellecour. La Ville l’a largement mise en avant dans sa communication autour du budget participatif à l’issue des sélections.

Georges Képénékian, pour le groupe Progressistes et Républicains, critique plusieurs points du budget participatif.

Il regrette une faible participation (environ 6000 participants) au budget participatif et le manque de contrôle sur les participations (comptes multiples, personnes qui n’habitent pas à Lyon…).

Pour lui, un certain nombre de projets (notamment de végétalisation) aurait du être compris dans la Plan pluriannuel d’investissement de la majorité écologiste. S’il ne « critique pas les projets proposés », il se questionne sur leur répartition géographique, et estime qu’ils sont pour beaucoup placés dans certains quartiers déjà bien dotés.

« Vous n’avez pas mis en place tous les moyens nécessaires pour atteindre toutes les populations », tranche-t-il, proposant de s’appuyer sur les mairies d’arrondissement.

Pour le groupe Droite, centre et indépendants, Romain Billard annonce qu’il va prendre le « ton professoral » qu’il prête aux écologistes. « La réflexion est intéressante, mais les bases sont à consolider », lance-t-il.

Sur le fond, le conseiller dénonce « la méthode » : le faible nombre de votants, la sécurité du vote et le mode de sélection des projets. « Comprenez que nous sommes vigilants quant à l’utilisation de 12,5 millions d’euros ».

Il demande un compte-rendu régulier de la réalisation des projets devant le conseil municipal. Le groupe s’abstiendra, tout comme le groupe Pour Lyon qui s’était exprimé peu avant.

Chloë Vidal répond aux oppositions. « Ce premier budget participatif vous a déçu, j’en suis désolée… les premières fois sont parfois décevantes », se fend-elle dans un sourire. Ce qui fait rire l’assemblée.

Sur le fond, elle donne l’exemple d’autres villes qui ont vu des hausses de participation entre leur première et deuxième année de mise en place d’un budget participatif. Ce qui donne l’espoir d’un plus grand engagement des habitants pour une prochaine édition à Lyon selon elle.

L’adjointe termine sa prise de parole par une pique à l’encontre de Romain Billard (Droite, centre et indépendant), applaudie par son camp.

L’enveloppe de 12,5 millions pour le budget participatif est adoptée, les trois groupes d’opposition se sont abstenus.

Après une passe d’arme entre la droite et l’exécutif, la guerre en l’Ukraine et un label local apaisent le conseil municipal

La guerre en Ukraine revient de nouveau dans les débats. La Ville de Lyon s’affiche régulièrement en soutien des Ukrainien·nes depuis le début de la guerre. Grégory Doucet s’était même rendu sur place en août 2022 et avait rencontré le président ukrainien, Volodymyr Zelenski.

Sonia Zdorovtzoff, adjointe à la solidarité internationale, présente une délibération pour attribuer une aide d’urgence de 20 000 euros à l’association Électriciens sans frontières. Elle en profite pour adresser un mot sur les guerres qui se déroulent ailleurs : au Yémen, au Haut-Karabakh, à Haïti, au Mali…etc

Elle est applaudie par une bonne partie du conseil, jusque sur les bancs de l’opposition, sauf du côté de la Droite, du centre et des indépendants.

Camille Augey, adjointe à l’Économie durable et locale, présente un label que la Ville souhaite déployer dans ses marchés. « Ici C local » indiqueront de petites étiquettes pour permettre aux consommateurs d’avoir « plus de lisibilité» sur les lieux de productions des produits. Ce label a été créé en 2008 par l’INRAE.

La délibération ne sembler pas passionner le groupe Pour Lyon, qui échange à voix basse au début de l’intervention, ce qui oblige l’adjointe à s’interrompre et à parler plus fort.

Le rapport est adopté, le groupe Droite, centre et indépendants s’est abstenu.

Comme son collègue Laurent Bosetti, Camille Augey prend le temps d’une délibération sur un partenariat entre la Mission locale et la Ville pour parler de son opposition à la réforme des retraites. Elle affirme aussi l’engagement de la mairie dans l’accompagnement des seniors et des personnes éloignées de l’emploi.

« Et la mission locale on en parle pas ? » s’offusque-t-on à nouveau sur les bancs des groupes Pour Lyon et Progressistes et Républicains. Malgré les protestations, le rapport est mis au vote sans que le sujet de la mission locale ne soit abordé.

La droite accusée d’être à la manœuvre derrière les révélations sur le logement loué par Sandrine Runel

L’affaire du logement de Sandrine Runel revient sur la table au conseil municipal, à l’occasion d’une délibération sur le partenariat entre la Ville et la CAF au sujet des logements insalubres. L’ensemble de la majorité fait bloc derrière l’adjointe, d’abord absente, et qui est revenue dans l’assemblée par la suite. Nathalie Perrin-Gilbert d’abord, pour le groupe Lyon en commun, Gautier Chapuis pour les écologistes et Emmanuel Giraud, pour les socialistes (groupe de Sandrine Runel). Ce dernier accuse le groupe de Droite, centre et indépendant d’être à la manœuvre derrière les révélations de la presse.

Le conseiller écologiste fait référence à un article du Monde, qui souligne de précédents liens entre le cousin de la locataire de Sandrine Runel, et Étienne Blanc, conseiller municipal du groupe Droite, centre et indépendant. Ce cousin, aujourd’hui avocat, a été directeur de cabinet d’Étienne Blanc il y a plusieurs années lorsque celui-ci était maire de Divonne dans l’Ain.

Le conseiller de droite se défend :

« Il y a une quinzaine d’années, à mon cabinet de maire j’ai recruté une personne, qui a commis une erreur et j’ai révoqué son contrat. Dans l’article du Monde, tourné d’une certaine manière, on aurait laissé entendre qu’il y aurait une accointance entre les affirmations proférées sur l’adjointe au maire et ma vie politique lyonnaise. C’est une méthode désagréable ».

Les échanges entre le groupe de droite et la majorité tendent l’hémicycle. Le maire indique que c’est lui qui a demandé à Sandrine Runel de s’exprimer en début de conseil.

Du coq à l’âne en fin de conseil municipal : la politique sportive et éducative côtoie la politique funéraire

Le conseil municipal se penche sur la subvention de fonctionnement accordée à 41 associations : Maisons des jeunes et de la culture (MJC), centres sociaux, maisons de l’enfance et autres associations d’éducation populaire. Cette subvention s’élève à 14 566 774 euros pour 2023.

Délibération portée par Julie Nublat-Faure, adjointe aux Sports, qui glisse une référence cinéma : « Je me dis que Laurent Wauquiez va bientôt être nommé Wauquiez aux mains d’argent, parce que ça coupe, ça coupe dans la culture, ça coupe dans le sport… »

Le groupe droite, centre et indépendants critiquait la baisse de subvention pour le LOU Rugby décidée par la Ville. La majorité réplique. Julie Nublat-Faure est assistée de Nathalie Perrin-Gilbert, qui demande à Pierre Oliver de lui retrouver les 2 millions de coupe de subvention de la Région pour le secteur culturel en 2022.

Laurent Bosetti parle de la politique funéraire de la Ville, au détour d’une délibération sur des travaux au cimetière de Loyasse ainsi que la création d’un ossuaire. Un projet à environ 3 millions d’euros. Il annonce aussi des travaux sur le cimetière de la Guillotière, de 3 millions d’euros également (qui ne sont pas inscrits au conseil municipal de ce jour).

« Ces investissements sont tout sauf anecdotiques, puisqu’ils sont de 6 millions d’euros. Nous défendons des projets du quotidien que souvent l’on ne voit pas », défend-t-il.

L’exécutif rejette le vœu de la droite sur la prolifération des rats

Fin de l’examen des rapports à l’ordre du jour. Le groupe Droite, centre et indépendant a déposé un voeu sur la présence des rats à Lyon. Il est présenté par Laurence Croizier.

« La Ville de Lyon souhaite que la Métropole de Lyon présente les dispositions qu’elle met en oeuvre pour lutter contre la prolifération des rats», énonce-t-elle.

Mohamed Chihi, adjoint à la sûreté, à la sécurité et à la tranquillité, répond. Il assure « avoir pris la mesure de ce sujet » et détaille la politique mise en place par la Ville de Lyon et assure la coordination avec la Métropole.

« La Ville est compétente dans les espaces verts, les parcs et jardins, qu’elle nettoie régulièrement (…) Le climat doux a pu favoriser la reproduction des rats ainsi que la hausse des repas pris à l’extérieur ou à emporter du fait de la crise covid. »

Il demande de voter contre ce vœu car il n’apporte « pas de plus-value ». «Je ne comprends pas ce que ça coûte de demander une aide à la Métropole…», rétorque Laurence Croizier. Sans convaincre l’élu écologiste. La conseillère s’agace aussi car le maire et ses adjoints ont plusieurs fois utilisé l’acronyme DCI pour désigner son groupe, plutôt que le nom complet « Droite, centre et indépendants ».

Le vœu déclenche de nombreuses prises de parole, du groupe Pour Lyon, et à nouveau du côté de la droite avec l’intervention de Françoise Blanc : « Ces rats pullulent, même dans le 6ème arrondissement ! ». Elle déclenche un rire dans l’assemblée.

Le vœu n’est pas adopté.

Le conseil municipal est terminé, nous vous souhaitons une bonne soirée !



Réforme du RSA dans la métropole de Lyon : une contre expérimentation à risque

Réforme du RSA dans la métropole de Lyon : une contre expérimentation à risque

La Métropole de Lyon doit expérimenter la réforme du Revenu de solidarité active (RSA) dès mars 2023. Cette réforme voulue par le gouvernement vise à conditionner le RSA à des heures d’activité. La Métropole de Lyon, dirigée par les écologistes et la gauche, espère mener une « contre-expérimentation » en utilisant les fonds débloqués pour renforcer l’accompagnement des bénéficiaires. Mais cette stratégie risquée pourrait renforcer la réforme voulue par l’État.

Lors d’une conférence de presse fin 2022, le ministre du Travail, Olivier Dussopt, a annoncé que la Métropole de Lyon s’était portée volontaire pour expérimenter une réforme du Revenu de solidarité active (RSA). Telle que l’État l’a présentée, cette réforme vise à conditionner le RSA à 15h à 20h d’activité par semaine. Alors que la collectivité, dirigée par une majorité de gauche et écologiste, est d’ordinaire opposée à la politique d’Emmanuel Macron, cette annonce a surpris.

L’exécutif de la Métropole de Lyon a rapidement pris la parole : elle assure qu’elle souhaite détourner cette expérimentation, sans s’inscrire dans la politique de l’État.

« C’est comme dans Matrix : il faut être dans le système pour modifier le système. L’idée est d’orienter la réforme avec cette expérimentation car l’État le fera avec ou sans nous », explique Séverine Hémain, vice-présidente en charge de l’insertion.

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Des œufs de la métropole de Lyon blindés de perfluorés « polluants éternels »

Des œufs de la métropole de Lyon blindés de  perfluorés « polluants éternels »

Mardi 17 janvier, la préfecture a communiqué sur la forte présence de perfluorés dans des œufs de particuliers habitant la métropole de Lyon. Des concentrations jusqu’à 16 fois supérieures aux valeurs réglementaires. Les services de l’État recommandent de ne pas manger les œufs produits sur plusieurs communes.

Et revoilà les perfluorés… Ce mardi 17 janvier, la préfecture a publié les résultats d’une enquête menée dans la métropole de Lyon sur les PFAS, ces fameux « polluants éternels ». Cette enquête, menée sur les communes de Pierre-Bénite et Oullins, a de quoi inquiéter. 

Selon elle, la concentration de la somme de quatre PFAS (le PFOA, le PFOS, le PFNA et le PFHxS) est sept fois supérieure à la réglementation européenne en la matière sur Pierre-Bénite. Sur la commune d’Oullins, cette proportion est même seize fois supérieure à cette réglementation .

Perfluorés autour de Lyon : recommandation de ne pas manger les œufs ou les poulets de particuliers

Dans les détails de l’enquête, on apprend que la présence de PFOA, substance particulièrement cancérigène au cœur du film Dark Waters, est trois fois supérieure à la norme européenne à Pierre-Bénite, mais rentre dans les clous à Oullins. Considéré également comme dangereux, le PFNA est particulièrement présent à Oullins (25,51 µg/kg) et dans les œufs de Pierre-Bénite (7,88 en µg/kg). À titre de comparaison, la réglementation européenne applicable depuis le 1er janvier 2023 est de 0,70 µg/kg.

Pour les services de l’État :

« La présence de ces PFAS dans les œufs s’expliquerait par la contamination des sols : en picorant, les poules se contaminent, et contaminent ensuite leurs œufs. Bien que les œufs aient une plus forte capacité à concentrer les PFAS que les volailles pondeuses et qu’il n’y ait pas de données actuellement disponibles sur la contamination potentielle de leur chair, les services de l’État pré-supposent une contamination de la chair des volailles. »

Par précaution, ils recommandent aux résidents de Pierre-Bénite, Oullins, mais aussi des communes limitrophes (Saint-Genis-Laval et Irigny) de ne pas consommer d’œufs produits de leurs poulaillers ou de manger la viande de leur volaille.

Une rupture dans la communication de la préfecture sur les perfluorés

Ce communiqué signe un changement de ton dans la communication des services de l’État et des collectivités. Depuis les révélations du journaliste de Vert de Rage Martin Boudot, en mai dernier, les services de l’État et les collectivités avaient tenté de rassurer la population. Au cours de plusieurs réunions publiques, il avait été de bon ton de relativiser les informations issues de ce documentaire. L’entreprise Arkema, une usine implantée dans la Vallée de la Chimie à Pierre-Bénite, y est accusée d’être à l’origine de cette pollution.

« Les analyses de sols montrent des concentrations moins alarmantes que les résultats présentés par l’équipe de « Vert de Rage », indiquait ainsi la Ville de Pierre-Bénite, dans un communiqué en octobre. En outre, les résultats établis par la DREAL [Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement]et le groupe Antéa sur l’eau des forages indiquent bien une présence de PFAS. Cependant l’eau potable distribuée sur la commune est indemne car elle ne provient ni de l’eau du Rhône, ni de ces puits. »

Des résultats pas « satisfaisants » mais « rassurants » avait jugé la collectivité. L’enquête sur la présence de perfluorés dans les œufs relance donc une tension qui n’avait pas vraiment disparu.

En prévention de la pollution aux perfluorés, les mesures s’accumulent autour de Lyon

Sur cette même période, les autorités avaient par ailleurs déjà pris des mesures. Fin octobre, l’Agence régionale de santé avait préconisé de ne plus manger de poissons issus de la pêche en aval de Pierre-Bénite. Les services de l’Etat ont également demandé à l’usine de cesser l’utilisation de toutes les substances de PFAS d’ici le 31 décembre 2024 au plus tard. Une première mesure qui avait été jugée bien timide, même si l’usine doit rapidement baisser sa pollution en la matière.

À la suite de ce communiqué, la Métropole de Lyon a réagi. Elle veut que le territoire devienne un site pilote d’action prioritaire contre les PFAS. Mardi, le ministère de la transition écologique et de la cohésion des territoires a en effet publié un plan d’action ministériel sur les PFAS. Objectif annoncé : renforcer la protection des populations et de l’environnement contre les risques liés à ces composés.

« La Métropole demande plus de transparence et estime indispensable la mise en œuvre d’une étude épidémiologique, comme les collectifs citoyens en font la demande à Santé Publique France », indique la collectivité.

La Métropole de Lyon veut que les industriels soient placés « face à leurs responsabilités »

Ce faisant, elle salue le plan d’action nationale annoncé par le gouvernement en la matière, tout en regrettant qu’il soit encore « trop peu ambitieux. »

« La Métropole demande au gouvernement d’allouer plus de moyens pour les contrôles et d’accélérer la transposition des directives européennes en la matière, écrit-elle. Elle souhaite aussi placer les industriels de la chimie face à leurs responsabilités et leur demande de devancer les obligations qui leur sont faites de retirer les PFAS de leur production en 2024, et de faire en sorte que les substituts ne soient pas rejetés dans l’environnement sans traitement préalable. »

Délicatement, elle rappelle que les responsables de cette pollution ne sont pas loin même si, comme la préfecture, elle n’évoque aucune usine et notamment les usines Arkema et Daikin, accusées d’être responsables de cette pollution. Dans une précédente enquête, la Dreal avait souligné qu’Arkema serait la principale responsable de cette pollution, en comparaison avec l’usine voisine.

Pour l’instant, aucune des usines n’a été mise devant ses fameuses « responsabilités » pénales pour une pollution historique. 

Sorties à Lyon : la sélection culture de la rédaction du 18 au 24 janvier

Sorties à Lyon : la sélection culture de la rédaction du 18 au 24 janvier

Pour vos idées sorties à Lyon, un festival musical, une école et beaucoup de théâtre – pour rire et s’émouvoir – cette semaine du 18 au 24 janvier dans la nouvelle sélection culture de la rédaction. À compléter par vos bons plans en commentaires.

Festival branché

Chaque année, entre la galette et la chandeleur, le Kraspek Myzik, tanière musicale accrochée aux Pentes de la Croix-Rousse, ouvre la saison des festivals. Avec Plug & Play, le Kraspek propose une bonne quinzaine de musique (vraiment) pas comme les autres en balayant tous les genres alternatifs. Folk, punk, rock, électro, chanson, pop, tout y passe du moment que c’est barré et avant-gardiste. En vrac, cette année, Wendy Martinez, Wooden Beaver, Melnelson, The Despentes ou la légende folk Emmanuelle Parrenin. Et une clôture au Marché Gare avec Imparfait et Gazzel.

Plug & play, au Kraspek Myzik, jusqu’au 3 février.

Les zinzins de l’actu

Comme nombre d’humoristes ayant pignon sur rue et sur l’actualité, Sophia Aram est bien connue des auditeurs de France Inter, notamment pour ses billets acides. Le 5ème spectacle de l’humoriste – dont un précédent passage lyonnais avait fait quelques remous – encore « en création », s’amuse de certaines personnes qui ont envahi l’actu ces derniers mois, avec son regard bien à elle. Antivax, complotistes, zemmouriens, petites bourgeoises, poutinolâtres, gilets jaunes jusqu’auboutistes… tous sont passés au lance-flammes de l’humour.

Sophia Aram, au Rideau rouge, du 17 au 21 janvier.

Cahier du retour

Cette saison, le TNP de Jean Bellorini a rendu un triple hommage à Marguerite Duras. Après La Douleur et Les Imprudents, le triptyque se referme avec une dernière pièce. L’acteur Mathieu Coblentz se fait ici metteur en scène et présente L’Espèce humaine. La pièce est fabriquée avec un montage de textes de Duras (La Douleur), de Dionys Mascolo (Autour d’un effort de mémoire) et de Vassili Grossman (L’Enfer de Treblinka). L’Espèce humaine fait écho à l’œuvre du même nom de Robert Antelme, où il relate son expérience comme déporté dans les camps de concentration nazis. La pièce présentée au TNP évoque l’impossible retour à la vie quand on a vécu l’inimaginable et qu’on en est miraculeusement sorti. Une œuvre particulièrement forte.

L’Espèce humaine, au TNP, jusqu’au 28 janvier.

Sorties à Lyon L'Espèce humaine Mathieu Coblentz Photo Marion Canelas
L’Espèce humaine de Mathieu Coblentz. Photo Marion Canelas.

Mauvaises ondes

S’il fallait essayer de comprendre les ressorts de la propagande et l’influence qu’elle peut avoir sur les plus grandes tragédies de l’humanité des deux derniers siècles, il suffit d’écouter la Radio des Mille Collines. Des mois durant, cette station de radio rwandaise a été la grande orchestratrice du massacre des Tutsi en lançant des appels au meurtre répétés, mâtinés de fake news. C’est cette histoire édifiante que narre Hate Radio, le spectacle créé il y a un peu plus de dix ans par le dramaturge suisse Milo Rau, l’un des fleurons du théâtre européen contemporain. Un spectacle sur la puissance des mots et de leur détournement, d’autant plus glaçant qu’il est, faut-il le préciser, exclusivement documentaire.

Hate Radio, au Théâtre de la Croix-Rousse, du 18 au 21 janvier.

L’école du changement

« Et maintenant que faire ? » C’est la question que posera l’événement À l’école de l’Anthropocène en clôture de sa 5e édition. Initié par l’École urbaine de Lyon, le festival propose des animations, des rencontres, des débats, des ateliers, des cours (littérature, philosophie, sciences sociales, droit, biologie…). Tout ça pour nous permettre de mieux appréhender le changement global de notre environnement et notre société via des thèmes aussi divers que l’écologie, la justice, la technologie. Ce qui n’est pas du luxe, il faut bien le dire. De nombreux invités et experts sont invités aux côtés d’auteurs et autrices comme Brigitte Giraud, Sibylle Grimbert, Géraldine Kosiak, Claudie Hunzinger ou Wilfried N’sondé. Que faire alors ? Se rendre au Rize, qui accueille l’événement. Voire y camper.

À l’école de l’Anthropocène, au Rize, du 24 au 28 janvier.

Sorties à Lyon école de l'Anthropocène. Blue Marble Photo Ronald E. Evans/Nasa
A l’école de l’Anthropocène. Blue Marble. Photo Ronald E. Evans/Nasa
#Théâtre de la Croix-Rousse

Immobilier à Lyon : le promoteur Alila visé par une information judiciaire

Immobilier à Lyon : le promoteur Alila visé par une information judiciaire

Le Progrès a révélé lundi 16 janvier qu’Hervé Legros, président du promoteur immobilier Alila, ainsi que sa compagne ont été placés en garde à vue à Lyon. Une information avait été ouverte en octobre 2022 au sujet « d’infractions au droit du travail ».

En quelques années, le promoteur lyonnais Hervé Legros a connu une forte ascension dans le monde de l’immobilier avec son entreprise Alila. Lundi 16 janvier, cette « success story » a pris un coup. Le promoteur a été placé en garde à vue avec sa compagne, révèle Le Progrès. Des perquisitions ont également été menées au siège de l’entreprise et à son domicile.

Ces gardes à vue font suite à une information judiciaire ouverte par le parquet de Lyon en octobre 2022 « relative à des infractions au droit du travail, à la suite de plaintes de salariés ». Selon une source policière contactée par France 3 à la suite de ces révélations, l’information judiciaire concerne du harcèlement moral et un abus de biens sociaux.

Contacté par le Progrès, le promoteur Alila n’a pas souhaité s’exprimer sur l’affaire.

Voiture de police à Lyon. © Romain Chevalier/Rue89Lyon
Voiture de police à Lyon. Image d’illustration.Photo : Romain Chevalier/Rue89Lyon

La fortune du promoteur Alila bâtie sur la vente de logements sociaux à Lyon

Pas encore quarantenaire, Hervé Legros est le 7ème promoteur immobilier français en 2021 selon le classement d’Innovapresse. Il enregistre cette même année 1,7 milliard d’euros de volume d’affaires global réservé et plus de 700 millions d’euros de chiffre d’affaire.

Hervé Legros fonde à Lyon HPL Promotions – qui deviendra Alila – en 2024, et se lance dans la construction de logements sociaux. Il revend ensuite des immeubles en bloc et en état d’achèvement à des bailleurs sociaux et organismes HLM. Il a depuis ouvert des agences dans le reste de la France.

Écoles de jeux vidéo à Lyon : les pièges du privé

Écoles de jeux vidéo à Lyon : les pièges du privé

Le nombre de formations privées dites aux « jeux vidéo » a doublé en moins de cinq ans à Lyon. Pour plusieurs acteurs du territoire, elles sont coûteuses et n’assurent pas toujours une bonne insertion sur le marché de l’emploi. Objectif pour eux : ne pas laisser les enseignements privés non supervisés par l’État écarter toute alternative publique.

Gaël a 21 ans. Depuis toujours, il désire travailler à la création de jeux vidéo, côté design et graphismes. Après un DUT en informatique, il a souhaité s’orienter vers un master 100% jeux vidéo : une formation où les enseignements sont tous tournés vers ce seul objectif, là où la plupart des filières informatiques de l’Éducation nationale sont plus généralistes. Gaël a commencé par candidater dans les rares filières publique existants en France, comme Les Gobelins à Paris, ou Gamagora à Lyon. Mais la concurrence est rude.

Conscient de cet obstacle, Gaël a cherché à préparer un plan de secours. Son problème ? Il s’est trouvé face à une armée d’écoles privées, pour la plupart établies récemment et difficiles à évaluer. Pour cause, les titres « répertoire national des certifications professionnelles » (RNCP) n’existent pas dans le domaine du jeu vidéo.

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