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« Je n’ai jamais promis qu’il n’y aurait pas d’augmentation des impôts », le maire de Lyon revient sur la hausse de la taxe foncière

La ville de Lyon prévoit d’augmenter de 9% la taxe foncière sur le foncier bâti, une annonce qui anime l’opposition. L’objectif est de préserver le service public tout en investissant dans le plan sobriété. Une mesure aussi liée à la baisse des dotations de l’Etat.

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Grégory Doucet lors du débat culture le mardi 18 février 2020. ©Houcine Haddouche

Dans un communiqué, la ville de Lyon a annoncé sa décision d’augmenter de 9% la taxe foncière, une hausse qui doit être votée au prochain conseil municipal le 19 janvier.

« Les augmentations inédites des coûts liées à l’énergie et l’inflation ont engendré une facture supplémentaire prévisionnelle d’au moins 30 millions d’euros pour la Ville de Lyon. »

Pour pallier ce déficit, l’exécutif a choisi la hausse de la taxe foncière, ce qui a fait réagir l’opposition. Dans un communiqué, le groupe Droite, Centre & Indépendants a exprimé sa colère et a notamment soutenu que la mesure relevait de l’écologie punitive.

De son côté, le groupe Progressistes et Républicains a proposé de s’en tenir au plan marge de manœuvre mis en place sous Gérard Collomb. Une stratégie reposant sur la réduction des dépenses de la commune.

La taxe foncière augmentée à Lyon, la Ville accuse une baisse des dotations de l’État

Mais l’adjointe aux finances Audrey Hénocque a présenté cette augmentation comme une nécessité, un choix du côté des services publics. Elle détaille d’ailleurs dans une interview au Progrès :

« On a fait d’autres économies, notamment à travers le plan sobriété. Mais ce n’est pas suffisant. Et on a besoin d’avoir des recettes. La recette principale, ce sont les impôts. Parmi les autres recettes, il y a les tarifs, mais on a fait le choix de ne pas toucher le prix des services publics du quotidien (cantine, bibliothèques, crèches…) »

Alors que l’opposition a accusé le maire de Lyon de trahir sa promesse de mandat de ne pas augmenter les impôts, celui-ci s’en est défendu lors de sa conférence de presse mercredi 4 janvier.

« Je n’ai jamais promis qu’il n’y aurait pas d’augmentation. J’ai toujours répondu “aujourd’hui il n’y en a pas besoin.” Mais personne n’avait prédit la guerre en Ukraine et ses effets sur l’inflation. »

Avec cette nouvelle mesure, la mairie écologiste espère récupérer 27 millions d’euros, une somme majoritairement tirée de la poche des investisseurs fonciers selon elle. Dans son communiqué la ville déclare :

« 57% des logements de Lyon sont détenus par des propriétaires de cinq logements ou plus. Le double de la moyenne française. »

Lyon resterait une ville peu imposée

Pour Grégory Doucet, la hausse est aussi la conséquence d’une politique d’austérité de l’État :

« La dotation globale de fonctionnement à la ville de Lyon a été divisée par deux en dix ans, on voit là un désinvestissement de la part de l’État. »

L’adjointe aux finances explique quant à elle dans un entretien à Lyon Mag que les dotations de l’État aux collectivités n’ont pas été indexées sur l’inflation, occasionnant ainsi un vide à combler pour les communes.

« L’État a augmenté les dotations pour toutes les collectivités de 300 millions d’euros dans la loi de finance mais en réalité c’est plus d’un milliard d’euros de dotations supplémentaires qu’il aurait fallu pour pouvoir faire face à l’inflation. »

Le taux d’imposition globale passe ainsi de 29,26% à 31,89% pour l’année 2023. L’exécutif tente de faire digérer l’information et relativise : selon Grégory Doucet, Lyon reste parmi les villes les moins imposées de France.


#Grégory Doucet

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