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Actualités, enquêtes à Lyon et dans la région

À Lyon Gerland, le deal entre les élus et Bouygues sur la friche Nexans

À Lyon Gerland, le deal entre les élus et Bouygues sur la friche Nexans

Bouygues, la Métropole et la Ville de Lyon ont présenté, mercredi 8 février, ce qu’il adviendra des 4,1 ha de la friche Nexans de Gerland (Lyon 7e). Après négociations, les élus sont parvenus à convaincre le promoteur de réorienter son projet. 

C’est la fin d’un bras de fer de plusieurs mois entre Bouygues et la Métropole de Lyon. Ce mercredi 8 février, la Métropole, la Ville de Lyon et le promoteur immobilier étaient réunis pour présenter le nouveau projet de la friche Nexans. Depuis le départ des anciennes usines, ce site attisait les convoitises.

Une partie des lieux accueille déjà (notamment) les travaux du futur campus de l’EM Lyon. Il restait à connaître l’avenir des 4,1 hectares obtenus par Bouygues.

En mars, Rue89Lyon avait révélé les nouveaux échanges entre les collectivités et le promoteur. Initialement, Bouygues avait pour ambition de construire 78 000 m2 de logements. Les majorités écologistes voulaient l’installation, notamment, d’un parc. Elles ont réussi à faire entendre leur voix. Ce chiffre est descendu à 49 000 m2 de surface de plancher (SPD).

Gerland Lyon Nexans Bouygues
Une partie de la friche Nexans de Gerland, début 2022. Photo d’archive.Photo : LB/Rue89Lyon

Un accord avec de l’activité économique et du résidentiel

Sur le tènement de Bouygues Immobilier UrbanEra est donc prévue la construction d’un ensemble immobilier « mixte » avec du résidentiel et de l’activité économique. 70 % de la surface sera dédiée au logement, 20 % à la création d’activités artisanales, de bureaux et de commerces, et le reste accueillera un bâtiment hybride avec « des bureaux partagés et de l’hébergement en coliving », précise la Métropole de Lyon.

Une petite victoire pour la Métropole et pour l’adjoint à l’urbanisme du 7e arrondissement, Boris Miachon-Debard (PCF). En mars, ce dernier nous expliquait :

« Généralement, dans une négociation, l’implantation d’activités économiques est lâchée en premier car c’est ce qui est le moins rentable. Il faut donc taper du poing sur la table. »

Le programme d’activité commerciale comprendra 10 000 m2. Bouygues s’est engagé à laisser 4900 m2 pour de l’activité artisanale ou productive avec des loyers à 100 € le m2. Une manière de favoriser l’installation de petits artisans.

À Lyon Gerland, Bouygues accepte l’implantation d’un parc de 1,5 ha

Pour les écologistes, la plus grande victoire est certainement l’implantation d’une zone verte dans le projet. Un parc de 1,5 ha sera créé par la Ville de Lyon pour donner un peu de respiration à un quartier très bitumé.

Côté logement, Bouygues s’est engagé à réaliser 50 % de logements « abordables ». Outre les 250 logements libres, les lieux accueilleront 180 logements locatifs sociaux et 25 en BRS (bail réel solidaire). Enfin, une centaine de chambres étudiantes sociales sont prévues afin de permettre aux étudiants de se loger à proximité du nouveau campus à des prix abordables.

Une satisfaction pour le maire de Lyon, Grégory Doucet (EELV) et le président de la Métropole, Bruno Bernard (EELV). Ce dernier a tenu à remercier Bouygues Immobilier pour ce « dialogue constructif » ayant permis l’aboutissement du projet.

Retour d’ascenseur ? La collectivité a tenu à communiquer avec le promoteur. Relancée par nos soins, elle a ainsi refusé de s’exprimer sans le feu vert de Bouygues. Cet accord était pourtant dans les tuyaux depuis plusieurs mois.

Il faudra encore attendre quelques années avant les premiers coups de pelleteuse, ce projet nécessitant une modification du plan local d’urbanisme (PLU-H). Les premiers bâtiments devraient sortir de terre en 2027.

Sorties à Lyon : la sélection de la rédaction du 8 au 14 février

Sorties à Lyon : la sélection de la rédaction du 8 au 14 février

C’est les vacances mais pas pour les spectacles – enfin pas tous. À cette occasion, voici notre sélection hebdomadaire de sorties à Lyon. Que vous pouvez compléter avec vos bons plans en commentaire.

Furtifs fugitifs

Au départ, il y a un roman de Sylvain Prudhomme. Son deuxième, à l’époque publié chez Burozoïque et réédité en 2018 par l’Arbalète/Gallimard. L’histoire étrange d’un bateau qui quitte – qui fuit même – le port de Lisbonne pour gagner l’Antarctique au prix d’une échappée rocambolesque. Celle aussi de ses passagers, sur lesquels on finit par en apprendre plus. Olivier Maurin a travaillé main dans la main avec l’auteur afin d’adapter ce drôle de livre et sa drôle d’histoire pour le théâtre. Entre jeu théâtral et roman-photo, le metteur en scène accumule les registres pour rendre grâce à son sujet… fuyant.

L’affaire furtif, au Théâtre de l’Élysée jusqu’au 10 février.

À l’origine

C’est un événement qui ne dit pas forcément son nom : l’accueil à la galerie Ceysson & Bénétière d’une exposition consacrée à André-Pierre Arnal. A partir de 1968, l’artiste a fait partie du groupe supports-surfaces embarqué dans la déconstruction picturale et le dépassement de fonction des supports – d’un côté le châssis (le support de la toile) et de l’autre la toile (la surface). Mais ici ce sont des œuvres antérieures à cette période qui sont présentées. Soit une trentaine de monotypes qui permettent de voir la liberté à l’œuvre dans les expérimentations d’André-Pierre Arnal, et qui préfigurent ce qu’il adviendra lorsqu’il se mettra à tordre des toiles. Incontournable pour les amateurs (et les autres).

André-Pierre Arnal – Oeuvres sur papier, les origines, à la galerie Ceysson & Bénétière jusqu’au 11 février.

Sorties à Lyon. Galerie Ceysson et Bénétière. André-Pierre Arnal
André-Pierre Arnal. Oeuvre sur papier

Contes défaits

De la musique, du théâtre d’ombre, de la vidéo, des bruitages… Le Grand Livre des Contes fait feu de tout bois pour faire voyager l’imaginaire des petits. Et pour raconter l’histoire de Sahadifatou, un vieux Papou Wapoutoux qui découvre un livre dans lequel tous les contes se sont mélangés après le passage du Roi Néant. Sahadifatou va tenter d’y remettre de l’ordre, croisant au passage le Petit Chaperon Rouge, le Petit Poucet, l’Ogre et toutes les figures incontournables des contes les plus célèbres.

Le Grand Livre des Contes, à la Comédie Odéon jusqu’au 18 février.

One-woman très persos

Laura Felpin a été révélée par les réseaux sociaux puis la télé et notamment l’émission Quotidien. A elle seule, l’actrice joue toute une galerie de personnages comme Vanessa Poteau, cagole notoire. Mais aussi Annick, circassienne de rue à l’hygiène relative, qu’elle incarne pour la série de Jonathan Cohen Le Flambeau et qui risque de lui coller à la peau un moment. Dans son premier one-woman show, l’humoriste alsacienne continue d’exploiter cette veine comique des sketchs à personnages avec une facilité déconcertante.

Laura Felpin, au Radiant-Bellevue le 10 février.

À la gauche du rock

Amateurs de production rock indépendante, ce concert est pour vous, quelle que soit l’esthétique que vous prisez le plus. Car ici, il y en a un peu pour tous les goûts (pointus, les goûts, quand même) avec cette triple affiche. D’abord Off Models, nouvelle gloire locale de l’indie-rock à tendance pop, l’une des meilleures choses musicales du moment. Ensuite Gontard, ce chanteur à textes salés et masque de lapin qui dézingue la réalité à tout va depuis son Isère qui rime avec misère. Enfin les punks de The Socials qui revisitent le genre. Non seulement le line-up est 100 % français mais aussi 100 % de gauche. Bon, au Toï Toï, on n’espérait pas autre chose.

Off Models + Gontard + The Socials au Toï Toï le zinc le 10 février.

Rue89Lyon en grève contre la réforme des retraites

Rue89Lyon en grève contre la réforme des retraites

Journalistes de Rue89Lyon, nous serons aussi en grève et dans les rues de Lyon ce mardi 7 février pour nous opposer à la réforme des retraites.

64 ans. C’est l’âge minimum auquel il sera légalement possible de partir à la retraite d’après le projet de loi examiné à l’Assemblée nationale depuis ce lundi 6 février. Plus exactement, avec cette réforme, l’âge légal de départ à la retraite sera relevé de trois mois par an à partir du 1er septembre 2023, pour atteindre 64 ans en 2030, contre 62 actuellement.

Deux années de plus, que de nombreux Français·es n’ont pas l’intention de faire. Depuis le 19 janvier, un mouvement social d’ampleur s’étend en France. La dernière manifestation en date, le 31 janvier, a rassemblé 2,8 millions de personnes à l’échelle nationale selon les syndicats (1,3 million pour la police). A Lyon, ils et elles étaient 45 000 à marcher contre la réforme des retraites d’après les syndicats, 25 000 selon la préfecture.

Rue89Lyon dans les rues de Lyon ce mardi contre la réforme des retraites

Le mouvement social continue cette semaine du 6 février, alors que le projet de loi est examiné à l’Assemblée nationale. À Lyon comme dans l’ensemble du pays, deux mobilisations sont prévues, mardi 7 février et samedi 11 février.

Journalistes, rémunéré·es à peine au-dessus du SMIC, nous savons d’ores et déjà que nos retraites ne seront guère élevées. Âgé·es de moins de 30 ans pour la plupart d’entre nous, nous craignons que cette ligne d’arrivée qu’est la retraite recule toujours un peu plus.

C’est pourquoi, pour la première fois de son histoire, Rue89Lyon a décidé de faire une pause dans son suivi régulier des mobilisations lyonnaises. Ce mardi 7 février, nous serons nous aussi en grève, et dans les rues de Lyon pour nous opposer à une réforme des retraites inutile et injuste, comme l’expliquent de nombreux Lyonnais.

Loi Travail, réforme des retraites, gilets jaunes : 11 ans de suivi des mobilisations à Lyon

Réforme des retraites déjà et nasse géante de la place Bellecour (Lyon 2e) en 2010, manifestation contre le congrès du FN en 2014, Loi Travail et cortège de tête en 2016, réforme ferroviaire, loi ORE et Parcoursup en 2018, Gilets jaunes depuis l’hiver 2018-2019, précarité étudiante en 2019-2020, pass sanitaire pendant les confinements successifs, inflation en 2022 et maintenant réforme des retraites nouvelle formule…

Depuis 11 ans, Rue89Lyon suit au plus près les luttes locales et celles et ceux qui les font. Mais notre journal, en grande difficulté financière, n’est pas sûr de pouvoir continuer. C’est aussi pour ça que nous serons dans la rue ce mardi 7 février, pour rappeler que derrière les brèves, les enquêtes et les reportages, il y a aussi des salarié·es.

Rue89Lyon, média des luttes à Lyon, est en grève contre la réforme des retraites.
Etudiants dans le cortège de tête, manifestation du 5 décembre contre la réforme des retraites à LyonPhoto : OM/Rue89Lyon

Des associations de Lyon signent un appel pour protéger les mineurs étrangers

Des associations de Lyon signent un appel pour protéger les mineurs étrangers

Une trentaine d’associations ont publié, ce lundi 6 janvier, un rapport proposant 90 mesures pour la protection des jeunes étrangers, mineurs ou jeunes majeurs. Parmi les signataires, on retrouve des associations de Lyon.

Près d’un an après le vote de la loi Taquet, relative à la protection des enfants pris en charge par l’aide sociale à l’enfance (ASE), 35 associations et organisations plaident pour une meilleure protection des mineur·es isolé·es et des jeunes majeur·es. Elles estiment que « les droits de milliers d’enfants présents sur le territoire français ne sont toujours pas pleinement respectés ». Une tribune parue dans le JDD résume leur position.

Parmi les signataires, on retrouve à Lyon, la Cimade, Médecins du Monde, le Secours Catholique, l’Unicef, la Ligue des droits de l’homme, mais aussi le collectif soutiens/migrants Croix-Rousse et l’association AMIE.

« Nous relevons de graves dysfonctionnements dès les premiers contacts des mineur·es isolé·es avec le dispositif de protection de l’enfance qui peuvent perdurer jusqu’à leur sortie de celui-ci, dénoncent les signataires. Ils conduisent au maintien ou au retour à la rue de beaucoup d’entre eux et elles, ou à une prise en charge inadaptée au sein de dispositifs pour personnes majeures. »

Lyon jeunes étrangers
Ces jeunes migrants sub-sahariens, dont la minorité a été contestée, sont en attente d’une réponse du juge des enfants.Photo : OM/Rue89Lyon

90 propositions pour une meilleure prise en charge des mineurs étrangers à Lyon et ailleurs

En parallèle de cet appel, sept de ces organisations ont cosigné un rapport qui propose 90 mesures pour mieux prendre en charge et mettre à l’abri les mineurs étrangers. Elles demandent « d’interdire leur refoulement aux frontières, la remise en cause généralisée de leurs documents d’état civil, leur enfermement administratif, l’usage des tests osseux et les retours forcés ».

Elles défendent notamment un droit à la « présomption de minorité » qui garantirait des droits et une prise en charge de ces jeunes s’il y a un doute sur leur âge, et jusqu’à ce que ce doute soit levé. Elles demandent également à ce que le juge des enfants soit le seul habilité à reconnaître ou non la minorité d’un jeune.

Aujourd’hui, l’âge des jeunes est évalué par les départements – ici la Métropole de Lyon – au titre de leur compétence en matière de protection de l’enfance. Depuis 2018, c’est l’association Forum Réfugiés qui est chargée d’estimer l’âge des jeunes étrangers pour le compte de la Métropole de Lyon. En 2022, la collectivité a commandé un audit de ce processus d’évaluation. Le cabinet de conseil qui l’a réalisé pointe plusieurs faiblesses (voir notre enquête).

La Métropole de Lyon affirme avoir pris en compte cet audit : des améliorations de l’évaluation sont attendues à court et à long terme.

Un audit pointe les failles de l’évaluation des mineurs étrangers par la Métropole de Lyon

Un audit pointe les failles de l’évaluation des mineurs étrangers par la Métropole de Lyon

[Info Rue89Lyon] Courant 2022, le processus d’accueil et d’évaluation des mineurs étrangers non-accompagnés a fait l’objet d’un audit, sur demande de la Métropole de Lyon. Verdict : une capacité d’hébergement insuffisante et un manque de formalisme dans la note de synthèse transmise aux services de la Métropole, entre autres. Rue89Lyon passe au crible les conclusions de cet audit.

Suzon Bosse-Platière chausse ses lunettes. De son sac, elle exhume plusieurs dossiers de jeunes étrangers, en train de faire un recours devant le juge des enfants pour être reconnus mineurs. Ils sont accompagnés par l’association AMIE, dont elle fait partie. Dans ces dossiers, on retrouve des rapports rédigés par Forum Réfugiés, une association chargée depuis 2018 d’évaluer l’âge des mineurs non-accompagnés (MNA) pour le compte de la MEOMIE, un service de la Métropole de Lyon.

Les évaluateurs du Centre de mise à l’abri et d’évaluation (CMAE) de Forum Réfugiés sont souvent des professionnels du droit ou des sciences politiques. Ils sont chargés de juger de la minorité et de l’isolement de jeunes étrangers nouvellement arrivés sur le territoire de la Métropole de Lyon. Pour ce faire, ils effectuent des entretiens individuels de une à deux heures avec chaque jeune. Le reste de l’équipe, composée de travailleurs sociaux et de psychologues, peut également apporter des précisions sur leur comportement. Suite à son évaluation, Forum Réfugiés rend une synthèse à la MEOMIE, qui tranche. Si la minorité et l’isolement des jeunes sont reconnus, la Métropole de Lyon se doit de les prendre en charge, au titre de sa compétence en matière de protection de l’enfance.

CMAE Forum Réfugiés mineurs étrangers Lyon
Le Centre de mise à l’abri et d’évaluation (CMAE) de Forum Réfugiés, dans le 1er arrondissement de Lyon.Photo : MA/Rue89Lyon

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Roi du piercing et maître du BDSM : le Marquis, punk historique de Lyon

Roi du piercing et maître du BDSM : le Marquis, punk historique de Lyon

[Portrait] Depuis 32 ans, « Le Marquis » perce les Lyonnais. À bientôt 59 ans, celui qui a connu le Lyon punk des années 80 est une figure dans le piercing et le milieu du BDSM lyonnais. Une communauté qu’il dépeint loin des clichés. Portrait d’une figure lyonnaise, bien rock’n roll.

Le début d’après-midi est calme au 13 rue Henry-IV (Lyon 2e). Dans le salon de tatouages et de piercing « Marquis, The Original », deux tatoueuses sont en plein dessin. En fond sonore tourne du System of a down, suivi d’une bonne playlist punk, rock, metal… À l’entrée, le Marquis présente rapidement ses collègues en plein travail. Lui dessine « mal », selon ses dires. Son truc, c’est le piercing.

Grand sourire aux lèvres, peut-être un peu crispé par l’exercice de l’interview, il nous accueille dans un des fauteuils en cuir du salon. Méticuleusement, il brosse sa grosse barbe grise. Avec ses cheveux rasés sur les côtés, sa crête épaisse, ses piercings aux lèvres, aux oreilles et ses bras colorés de tatouages, il a toujours, à presque 59 ans, une gueule très punk. Ses lunettes noires épaisses tranchent un peu avec le tout, lui donnant un petit côté « businessman ». Relatif.

Depuis 12 ans, le Marquis a pris ses quartiers dans le secteur d’Ainay, sur la Presqu’île. Une clientèle plus tranquille, loin des PCP (« punks à chiens pourris », selon ses mots) qui avaient tendance à l’agacer aux Terreaux. Mais son histoire avec le piercing remonte à plus loin.

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Chez les pompiers de Lyon, « personne ne veut faire deux ans de plus »

Chez les pompiers de Lyon, « personne ne veut faire deux ans de plus »

De nombreux pompiers du Rhône et de la métropole de Lyon sont vent debout contre la réforme des retraites voulue par Emmanuel Macron, qui reculerait leur départ de 57 à 59 ans. Nous avons rencontrés deux pompiers lyonnais en fin de carrière, qui alertent sur les dangers à faire travailler plus longtemps des professionnels déjà « usés ».

Pascal Orange et Sammy Diarra, 54 et 52 ans, sont sapeurs-pompiers au SDMIS du Rhône et de la métropole de Lyon depuis plus de 30 ans. Ils sont au bureau de la CGT depuis presque aussi longtemps. Le premier est entré dans la profession à 20 ans, au détour de son service militaire, tandis que le deuxième a embrassé cette voie très tôt, à 17 ans, en intégrant les jeunes sapeurs-pompiers.

Tous deux étaient portés par l’idée d’aider les gens, de rendre service tout en pouvant « faire du sport » toute la journée. Lorsqu’ils s’engagent, la retraite est encore pour eux un concept abstrait. Trente ans plus tard, plus ils s’en rapprochent, plus elle s’éloigne : à 50 ans, 52 ans, puis 57 ans… Avec la réforme actuelle, cela sera même 59 ans. Dangereux, estiment les deux pompiers, qui se disent « usés ».

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Retraites : Lyon se mobilisera deux fois cette semaine

Retraites : Lyon se mobilisera deux fois cette semaine

Après deux jours de grève nationale les 19 et 31 janvier contre la réforme des retraites, deux nouvelles mobilisations auront lieu à Lyon les 7 et 11 février.

Les syndicats ne baissent pas la garde face à la réforme des retraites. Pour la première fois depuis le début du mouvement, ils appellent les citoyens à manifester deux fois dans la même semaine, le mardi 7 février, ainsi que le samedi 11 février. A Lyon, les manifestations suivront deux parcours différents sur ces deux jours.

Deux mobilisations contre la réforme des retraites cette semaine à Lyon

La manifestation de mardi 7 février partira à midi de la Manufacture des Tabacs (Lyon 8e). Comme pour le 31 janvier, le cortège rejoindra la place Bellecour (Lyon 2e). Le rendez-vous du samedi se fera en revanche aux Brotteaux (Lyon 6e) dès 14h.

Les dernières mobilisations ont déjà rassemblé plus de deux millions de manifestants à l’échelle nationale selon la CGT. A Lyon, la manifestation du 31 janvier a réuni plus de 45 000 personnes selon les syndicats (25 000 selon la préfecture).

Un nouvel appel à la grève est aussi lancé chez EDF pour les 6, 7 et 8 février. La CGT et Sud-Rail ont également déjà appelé les cheminots à deux journées de mouvement social les 7 et 8 février. La grève du mardi concernera également les établissements scolaires. Le 31 janvier, seulement 21% des enseignants de l’Académie de Lyon étaient en grève, contre 36,33 % jeudi 19 janvier.

Pourquoi cette double mobilisation ?

Au micro de RMC, Marylise Léon, syndicaliste de la CFDT, explique le choix du samedi comme jour de rendez-vous pour les opposants à la réforme. Selon elle, certains n’ont pas les moyens financiers de faire grève en semaine.

« Aujourd’hui la préoccupation première des Français, c’est le pouvoir d’achat, comment je boucle mes fins de mois. On va leur permettre [de manifester] , et j’espère qu’ils seront nombreux à nous rejoindre le 11 février », a-t-elle indiqué.

Cette double mobilisation en semaine débouche d’un accord entre la CGT qui ne jure habituellement que pour la grève en semaine, et la CFDT qui depuis longtemps souhaitait une mobilisation commune durant le week-end.

manifestation contre la réforme des retraites
La manifestation du 31 janvier a rassemblé 45 000 personnes, selon la CGT.Photo : PL/Rue89Lyon

Pour rappel, la Première ministre Elisabeth Borne avait présenté la réforme des retraites mardi 10 janvier. Le projet de loi sera discuté au Parlement dès le 6 février. Pour l’instant 7000 amendements ont été déposés par les députés, dans le but de contester l’article 7 qui prévoit le report de l’âge légal de départ à la retraite à 64 ans. Une pétition intersyndicale lancée par la CGT a atteint plus de 850 000 signatures. Elle demande à avancer l’âge de la retraite à 60 ans.

Menaces et coups de pression : dans les mails de Cerise et Potiron

Menaces et coups de pression : dans les mails de Cerise et Potiron

[Info Rue89Lyon] Dans les magasins Cerise et Potiron, les mails du président, Éric Chetail, impriment la politique du groupe. Parfois véhéments, menaçants, violents, douteux en terme d’humour… Ils sont le reflet d’une politique managériale musclée menée dans l’entreprise.[2/2]

Les paroles s’envolent, les écrits restent… Dans notre enquête menée sur le primeur Cerise et Potiron, rarement cette expression attribuée au poète latin Horace n’aura eu une telle acuité.

Nous avons pu nous procurer près d’une centaine de mails rédigés par Éric Chetail, président fondateur de Cerise et Potiron. Si, de l’avis de certains salariés, ces derniers sont plus « soft » que les « brasses » passées à l’oral par la direction de l’entreprise, ces messages montrent comment fonctionne le groupe en interne. 

Ils donnent une idée du management menée par la direction de Cerise et Potiron et, en particulier, par son président – fondateur, Éric Chetail. Dans cet article, la plupart des mails ont été reproduits à l’identique sans correction de syntaxe, ni d’orthographe. Il s’agit, dans la majeure partie des cas, de messages adressés à l’ensemble des collaborateurs de l’entreprise.

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Sorties à Lyon : la sélection de la rédaction du 1er au 7 février

Sorties à Lyon : la sélection de la rédaction du 1er au 7 février

Place à février pour la sélection des sorties à Lyon de la rédaction, théâtre, expos et Alela Diane sont au programme. N’hésitez pas à compléter avec vos bons plans en commentaires.

Entre les murs

Au théâtre en 2023, il suffit de prononcer le nom d’Alexis Michalik pour avoir en bouche le goût du succès de manière immédiate. Sa quatrième pièce Intra-muros n’a pas fait exception depuis sa création il y a déjà cinq ans. Ne cessant d’être rejouée, elle se présente au Karavan Théâtre. L’histoire : un metteur en scène donne son premier cours de théâtre en prison. Pour n’y trouver que deux détenus plus ou moins motivés dont il se demande ce qu’il va bien pouvoir en tirer au final. Avant bien sûr que l’histoire prenne un autre chemin. Une bonne occasion de rattraper cette pièce.

Intra-Muros, à Karavan Théâtre (Chassieu) le 3 février.

L’art de la fin

Un texte, trois femmes, et quelque chose comme une angoisse de l’attente. Celle de la réponse à un SMS, celle de l’éventuelle découverte d’une trahison conjugale, celle d’un règlement de compte entre une fille et son père. Ces trois femmes, multiples, sont jouées par une performeuse, une actrice et une danseuse sur un texte de David Mambouch. Il met en scène la fin de mondes, celui de chacune de ces femmes, comme la fin du monde tout court. Une pièce faite de vertiges.

La fin de l’humanité, au Théâtre de la Renaissance jusqu’au 9 février.

Sorties à Lyon La fin de l'humanité David Mambouch
La fin de l’humanité de David Mambouch. DR

À la rencontre

Voilà une expo qui porte bien non nom, Meeting point. La Galerie Slika réunit ainsi six artistes contemporains travaillant sur toile ou papier : Ces McCully, Mark Corfield-Moore, Martin Kacmarek, Sophie Vallance Cantor, Luca Bjørnste et Michael Swaney. Des artistes sélectionnés par le directeur de la galerie en fonction de ce que lui inspire de commun leurs œuvres respectives. Celles-ci sont parfois radicalement différentes, dans leur expression comme dans les techniques utilisées. Une sorte d’exposition agencée à l’instinct.

Meeting Point, à la Galerie Slika jusqu’au 18 février.

Sorties à Lyon Meeting Point Sophie Vallance Cantor
Meeting Point. It’s a horse, I Promise de Sophie Vallance-Cantor. DR

La manie décalco

Une photo, est-ce avant tout ce qu’elle représente ou ce dont elle est constituée (pellicules, papier utilisé pour le tirage, produits révélateurs) ? C’est un peu la réflexion menée par le photographe marocain Ibn El Farouk. Les images de ses photos, si l’on peut dire, parce qu’il y a quand même des images à voir, se présentent donc comme des abstractions. Des pré-images, le témoignage de leur production, l’univers chimique qui les précède, mais aussi de leur décomposition. Le résultat se rapprochant de la peinture contemporaine est baptisé Décalcomanie d’émulsion. Intrigant.

Décalcomanie d’émulsion d’Ibn el Farouk, à la Galerie Regard Sud jusqu’au 18 mars.

Le Miroir de Diane

Il n’y a pas une tournée (ou presque) d’Alela Diane qui ne passe par Lyon. Et chaque concert donné se présente comme une occasion de suivre l’évolution de la chanteuse entamée il y a plus de quinze ans. Son premier EP devenu album The Pirate’s Gospel est l’un des piliers du néo-folk de la fin des années 2000. Depuis la jeune femme a bien changé et sa musique a gagné en maturité et en sophistication. Son dernier album Looking Glass se veut bilan du passé et tentative de prospective sur l’avenir, notamment face à ces changements globaux qui infusent l’intimité. Un disque sublime à réviser avant son passage lyonnais.

Alela Diane, au Radiant-Bellevue le 7 février.

Insolents humoristes

Une fois n’est pas coutume, voilà une recommandation numérique. François Mallet, humoriste lyonnais un peu fêlé, vient de sortir le premier épisode d’une mini-série intitulée Insolents. Vous y retrouverez François, dans son propre rôle, qui tente de percer dans le stand-up à Lyon et qui galère avec les mecs. Gravitent autour de lui Kelly, Caro, Robin, Marin et d’autres, des personnages parfois déjantés mais toujours attachants. On a eu la chance de visionner les 6 premiers épisodes (sur 9). C’est doux, ça fait du bien, et surtout : c’est drôle.

Insolents, de François Mallet, 1er épisode disponible sur Youtube / Actualités à retrouver sur la page Facebook

Criminels de guerre

Après l’invasion russe en Ukraine, de nombreuses voix se sont élevées pour réclamer un tribunal international pour juger les responsables de cette agression armée.
Pour comprendre les enjeux de cette justice, l’Université Lyon 3 reçoit le professeur de droit pénal Damien Scalia de l’Université libre de Bruxelles (ULB).
Durant deux heures, autour de son ouvrage « Génocidaire(s) : au cœur de la justice pénale internationale », on pourra réfléchir sur les « limites et les écueils » de cette forme de justice née avec les procès de Nuremberg.

Il s’agit d’un éclairage inédit puisque l’auteur donne la parole aux personnes poursuivies ou condamnées comme « génocidaires » ou « criminels de guerre ». C’est le fruit d’une recherche de 12 ans qui a conduit Damien Scalia à parcourir les prisons du monde entier à la rencontre de 60 criminels.

« En s’obstinant à ignorer la parole des personnes qui sont coupables, la communauté internationale ne fait qu’apporter une réponse partielle et partiale à une question qui ne cessera, inéluctablement, de se reposer ».

« Génocidaire(s) : au cœur de la justice pénale internationale », à l’Université Lyon 3, le 1er février.