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Actualités, enquêtes à Lyon et dans la région

Une mobilisation à Vaulx-en-Velin contre le projet d’aménagement des Noirettes

Une mobilisation à Vaulx-en-Velin contre le projet d’aménagement des Noirettes

Samedi 8 juillet à 11 h, un collectif d’habitant·es du quartier des Noirettes à Vaulx-en-Velin organise une mobilisation contre le projet de réaménagement du Mas du Taureau, et notamment la destruction d’un city stade.

Les cris des adolescents qui jouent sur leur city stade pourraient bientôt ne plus résonner dans le quartier des Noirettes, à Vaulx-en-Velin. En mars 2023, Rue89Lyon avait rencontré ces garçons qui s’inquiétaient de la future destruction de leur aire de jeu. Un projet de réaménagement du quartier prévoit de le détruire, ainsi que plusieurs lieux de végétation, pour y laisser passer une route.

Contactée, la mairie avait assuré qu’il serait remplacé et avait mis en avant la création de nouveaux espaces de jeu dans le quartier du Mas du Taureau. Jeudi 11 mai, une réunion publique d’information s’était tenue à la médiathèque de Vaulx-en-Velin pour informer les habitants de l’ensemble du projet.

Une promesse et une réunion qui n’auront pas suffit à rassurer les habitants. Un collectif du quartier des Noirettes a décidé de se mobiliser et d’appeler à un rassemblement, samedi 8 juillet, devant le city stade à 11 heures.

projet aménagement mas du taureau Vaulx-en-velin
Projet prévu sur la Zone à construite (ZAC) du Mas du Taureau à Vaulx-en-Velin. Source : groupe SERL

 « J’y habite, je décide », les habitant·es des Noirettes à Vaulx-en-Velin veulent avoir leur mot à dire

Ces habitant·es mobilisé·es ont trois principaux griefs, résumés dans un tract qui annonce l’évènement. Première raison sur la liste : ils déplorent « la démolition du city stade (…) aux dépends du bien-être des enfants ». Ils regrettent aussi « la destruction des espaces verts ».

« Nous souhaitons conserver ces espaces qui constituent de véritables lieux de fraîcheur, ils sont aussi des lieux de sociabilité et de rencontres qui participent au vivre-ensemble »

Surtout, et comme souvent dans les quartiers populaires où un projet de réaménagement est lancé, c’est la participation des habitant·es au projet qui est pointé du doigt. Ce collectif d’habitant·es dénonce une « absence de concertation » et d’être « mis à l’écart des prises de décisions ». Samedi 8 juillet, ils prévoient de lancer une pétition intitulée, « J’y habite, je décide », contre le projet, pour réunir des signatures d’autres habitant·es du quartier.

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Rue89Lyon vous présentera un nouveau projet à la rentrée. Pour vous convaincre d’ici là et vous permettre de lire tous nos articles pendant vos vacances, nous mettons en place une offre d’été : 2 euros le premier mois, au lieu de 4,90 euros.

Depuis plus de 11 ans, Rue89Lyon est un journal indépendant, possédé par ses journalistes, qui couvre l’actualité de la région lyonnaise. En 2022, une nouvelle équipe est arrivée et a fait le choix d’une ligne éditoriale encore plus axée sur l’investigation.

Depuis, nous travaillons à vous proposer plusieurs fois par semaine des reportages, des décryptages et des enquêtes. À Rue89Lyon, nous voulons développer un journalisme d’impact, dont l’objectif est de demander des comptes, chambouler parfois les pouvoirs publics ou privés, ou encore donner la parole aux personnes qui ne l’ont pas. 

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À la rentrée, nous vous dévoilerons un projet sur lequel nous travaillons depuis plus d’un an déjà. Pour vous persuader d’ici là et donc vous permettre d’accéder à tous nos articles, nous lançons une offre d’été. Jusqu’à fin août, le premier mois d’abonnement est à deux euros au lieu de 4,90 euros.

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Franchir la Saône : quels tracés pour le Tramway express de l’Ouest Lyonnais ?

Franchir la Saône : quels tracés pour le Tramway express de l’Ouest Lyonnais ?

Après l’abandon du projet du Métro E, fin 2022, le Tramway Express de l’Ouest Lyonnais a été choisi comme alternative par la Métropole de Lyon. Le tracé du tramway et ses alternatives ont été soumis au vote du Sytral, jeudi 6 juillet 2023, en vue de la concertation prévu pour fin 2023. Deux options sont envisagées. 

Au Conseil d’administration du Sytral, le 6 juillet 2023, certain·es élu·es – dont le Maire de Chaponost Damien Combet (DVD) – ont encore exprimé leur préférence du projet de métro à celui de tramway. Il n’empêche. Le projet de Tramway express de l’Ouest lyonnais (TEOL), son remplaçant, a été approuvé à la quasi unanimité, avec aucun vote contre.

Pour rappel : le Métro E, porté par la majorité de Gérard Collomb, avait été abandonné par les écologistes, car trop couteux. En octobre 2022, le conseil d’administration du Sytral s’était prononcé en faveur de la poursuite des études de la ligne de Tramway express de l’Ouest lyonnais. Ce vote permettra la mise en place d’une concertation prévue en novembre 2023.

Un tramway pour répondre au besoin de mobilité du secteur

Pour beaucoup, l’Ouest lyonnais manque de moyens de transport pour rejoindre le centre de Lyon. Le président du Sytral, Bruno Bernard (EELV), a expliqué les bénéfices de cette nouvelle ligne de tramway express.

« Grâce à cette nouvelle desserte qui reliera le plateau du 5e arrondissement et les centralités adjacentes de Sainte-Foy-Lès-Lyon, Francheville, Tassin-La-Demi-Lune… L’ouest de la métropole sera efficacement connecté à la Presqu’île et au quartier de la Confluence, ainsi qu’au secteur de la Part-Dieu via Jean-Macé. »

Bruno Bernard, président de SYTRAL Mobilités

Un tram express, puisque le trajet entre Alaï et Confluence devrait pouvoir s’effectuer en moins de 15 minutes.

Tracé de la ligne du Tramway Express de l'Ouest Lyonnais (TEOL) avec les deux options potentielles à décider en vue du tracé final.
Tracé de la ligne du Tramway Express de l’Ouest Lyonnais (TEOL) avec les deux options potentielles à décider en vue du tracé final.Photo : SytralMobilités

Deux tracés pour le Tramway Express de l’Ouest Lyonnais

Le tracé du Tramway Express de l’Ouest Lyonnais ainsi que ses versions alternatives ont été soumis au vote des élu·es du conseil d’administration du Sytral, jeudi 6 juillet 2023. Les études de faisabilité mises en place fin 2022 ont permis de dessiner un tracé plus précis et d’envisager les autres tracés alternatifs qui seront étudiés en concertation.

Deux possibilités sont à l’étude :

    L’option n°1 passerait par le Cours Suchet. L’option n°2 emprunterait la rue Montrochet. Elle suivrait un peu plus longtemps la ligne de tram T1 et T2 jusqu’à la Confluence. Dans les deux cas, la construction d’un pont au dessus de la Saône sera nécessaire.

Une autre question est à trancher à l’Ouest. Entre Alaï et Ménival, il faudra choisir entre deux parcours : un direct par la rue Joliot Curie et un autre par le quartier Libération.

Le début de cette concertation est prévue pour fin 2023.

« La concertation sera l’occasion de dire si le projet est opportun ou non »

Bruno Bernard, président de SYTRAL Mobilités

Le budget prévisionnel du TEOL est de 800 millions d’euros, et les travaux pourraient commencer à partir de 2026.

Un réserviste de la police nationale arbore un tatouage néonazi au tribunal de Lyon

Un réserviste de la police nationale arbore un tatouage néonazi au tribunal de Lyon

[Info Rue89Lyon] Mardi 4 juillet, 19 personnes sont passées en comparution immédiate suite aux émeutes du week-end précédent. Dans le hall du tribunal judiciaire de Lyon, un réserviste de la police nationale arborait un tatouage de « valknut ». Ce symbole issu de la mythologie scandinave est aussi un signe néonazi.

Au tribunal judiciaire de Lyon, plusieurs militants d’extrême gauche s’époumonent : « Tout le monde déteste la police ! » Quelques minutes plus tôt, des personnes passaient en comparution immédiate suite aux émeutes qui se sont déroulées le week-end précédent à Lyon. Au beau milieu de la plaidoirie d’un avocat, un homme a été tiré hors de la salle par plusieurs policiers. La raison : son tee-shirt floqué du logo « Nike » suivi de « la police ». À l’heure où nous écrivons ces lignes, il se trouve toujours en garde-à-vue.

Suite à cette interpellation musclée, l’audience a été suspendue et la salle évacuée. Dans le hall du tribunal judiciaire, une foule compacte fait face aux forces de l’ordre. En tenue de policier et arme à la taille, l’un d’eux apostrophe une jeune femme : « Tais-toi, la poissonnière ! » Il s’agit d’un civil, réserviste de la police nationale, comme l’indique un écusson sur son épaule gauche. Sur l’autre épaule, un deuxième écusson précise qu’il fait partie de la réserve de la Police aux frontières (PAF). D’après l’insigne sur sa poitrine, il a le grade de brigadier-chef.

Impossible d’identifier plus précisément ce réserviste : il ne porte pas de numéro d’identification (RIO). Interpelé à ce sujet par des personnes dans la foule, il affirme ne pas en avoir besoin. Les réservistes ne figurent pourtant pas parmi les personnels de la police nationale exemptés du port du RIO, listés dans un arrêté de décembre 2013.

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À Lyon, les espoirs toujours vaporeux du transport fluvial

À Lyon, les espoirs toujours vaporeux du transport fluvial

Début juin 2023, les Voies navigables de France (VNF) ont publié les chiffres de trafic du transport fluvial sur le bassin Rhône Saône de Lyon. Stables par rapport à 2021, ils restent en deçà de la période pré-covid. Alors que nouvelles annonces viennent de tomber pour encourager l’usage de la voie d’eau, Rue89Lyon fait le point sur une activité au potentiel toujours inexploité.

C’était à peu près il y a un an jour pour jour. De façon conjointe, les principaux acteurs du fluvial à Lyon, la Compagnie nationale du Rhône (CNR) et les Voies navigables de France (VNF) présentaient les chiffres en demi-teinte du transport fluvial. Une année qui était alors « pas mauvaise, mais pas au niveau », pour reprendre Cécile Avezard, directrice territoriale des VNF Rhône Saône.

Un an plus tard, aucun point presse n’a été organisé. Malgré les espoirs et les promesses, les résultats ne sont pas meilleurs. Avec 4,94 millions de tonnes transportées sur le bassin Rhône Saône en 2022, les chiffres sont stables, voire très légèrement en baisse, par rapport à 2021 (4,95 millions). Ils sont encore très loin de l’année de référence 2019, avant la crise Covid. À l’époque, on parlait de 6 millions de tonnes transportées par an.

Un chiffre qui était déjà à l’époque bien inférieur au potentiel de transport du fleuve. En règle générale, il est d’usage de dire que le Rhône pourrait accueillir, sans changement des infrastructures existantes, deux à trois fois plus d’activité. Un vœu pieux jusqu’à aujourd’hui.

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Après les émeutes, chaos et prison ferme au tribunal de Lyon

Après les émeutes, chaos et prison ferme au tribunal de Lyon

Ce mardi 4 juillet, le palais de justice de Lyon a jugé 19 personnes accusées d’avoir participé aux émeutes qui ont éclaté dans la nuit du 30 juin au 1er juillet, quelques jours après la mort de Nahel. Malgré la jeunesse des accusés et leurs casiers vierges pour la plupart, beaucoup ont écopé de prison ferme. Une sanction pour l’exemple ?

Le 27 juin, Nahel, 17 ans, est abattu par un policier à Nanterre, en région parisienne. Après le drame, la ville natale de l’adolescent s’embrase, suivie par de nombreux quartiers populaires dans tout le pays. Dans l’agglomération lyonnaise, des émeutes éclatent dès le 29 juin aux Minguettes, à Vaulx-en-Velin, à Saint-Priest, à Villeurbanne et jusque dans le centre-ville de Lyon. La révolte est particulièrement violente dans la nuit du 30 juin au 1er juillet.

D’après un bilan du parquet en date du 6 juillet, 137 personnes, dont 38 mineurs, ont été placés en garde-à-vue depuis le 28 juin. Dont 49 personnes dans la nuit du 30 juin au 1er juillet. Dix-neuf d’entre elles, placées en détention provisoire dans la foulée, sont passées en comparution immédiate ce mardi 4 juillet. Pour l’occasion, deux salles du palais de justice de Lyon ont dû être réservées. L’une et l’autre sont combles, remplies de familles hébétées, d’amis et de militants d’extrême-gauche venus en soutien. Un à un, les accusés se succèdent à la barre du tribunal de Lyon.

Concernant les émeutes, tous les prévenus ont le même profil : des hommes jeunes, racisés et issus des quartiers populaires de l’agglomération lyonnaise. Les faits reprochés sont des délits, souvent mineurs, pour lesquels la procureure requiert des peines lourdes. Systématiquement, c’est « le contexte » de ces nuits de colère qui est mis en avant par le ministère public pour justifier cette sévérité.

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Les propriétaires hors de l’encadrement des loyers une fois sur deux à Lyon et Villeurbanne

Les propriétaires hors de l’encadrement des loyers une fois sur deux à Lyon et Villeurbanne

L’encadrement des loyers est en place depuis le 1er novembre 2021 sur les communes de Lyon et Villeurbanne. Dans une enquête parue fin juin, la Confédération syndicale des familles (CSF) de la métropole de Lyon et du Rhône montre que cette réglementation est loin d’être respectée.

Lyon est l’une des villes françaises où il est le plus difficile de se loger. En position de force, des propriétaires n’hésitent pas à faire grimper les loyers face à une demande importante. Pour répondre à cette problématique, la Métropole de Lyon a lancé le 1er novembre 2021 l’encadrement des loyers à Lyon et Villeurbanne. Pour la première fois, une enquête diligentée par une association indépendante revient sur les deux années écoulées.

La Confédération syndicale des familles de la métropole de Lyon et du Rhône (CSF) – association agréée de défense des locataires – s’est donné pour but de vérifier la conformité de l’encadrement des loyers dans une enquête parue le 29 juin. Son verdict : la loi est largement ignorée. 

Seules 17,90% des annonces sont conformes à l’encadrement des loyers à Lyon et Villeurbanne d’après la CSF

En théorie, à Lyon et Villeurbanne, le montant des loyers est plafonné. La simulation des loyers de la CSF a permis de constater que seul un logement sur deux a un loyer conforme à l’encadrement. La moitié des loyers sont hors-la-loi en le dépassant. 

Déjà, une grande majorité des annonces n’indiquent pas le loyer plafond. Un moyen pour les propriétaires de proposer un prix au-dessus du montant maximal, tout en passant inaperçu. Ce n’est pas l’unique souci. De plus, de nombreux compléments de loyers sont également injustifiés sur les annonces, ce qui est aussi une obligation légale.

Les annonces devraient afficher des mentions imposées par la loi. Parmi celles-ci : le fait que la zone est soumise à l’encadrement des loyers, la classe du Diagnostic de performance énergétique, le montant de la caution, des charges… 

« Seules 17,90% des annonces sont conformes. »

La Confédération Syndicale des Familles de la métropole de Lyon et du Rhône

Un manque d’information à déplorer pour les locataires. Louer une passoire thermique peut engendrer des coûts supplémentaires non négligeables.

Zones encadrement des loyers Lyon et Villeurbanne
Zonage des villes de Lyon et Villeurbanne pour établir les loyers de référence dans le cadre de l’encadrement des loyers. Illustration Métropole de Lyon

Des résultats qui divergent entre l’enquête de la Métropole et celle de la CSF

Le vice-président en charge du logement de la Métropole de Lyon, Renaud Payre, a déclaré à Rue89Lyon qu’une enquête a aussi été réalisée par l’Équipe métropolitaine de l’habitat. Les résultats comme les méthodes de l’enquête diffèrent entre la CSF et la Métropole.

La CSF a retenu 1553 annonces, examiné un seul site (Leboncoin), sur une période d’un mois (de mai à juin 2023). L’Équipe métropolitaine de l’habitat a retenu 1630 annonces, et examiné 6 sites de location durant une période d’analyse de huit mois (jusqu’à fin 2023).

Pour la CSF seules 17,90% des annonces sont conformes à la loi, contre 59% dans l’enquête de la Métropole. Pour la CSF 50% des annonces dépassent le plafond, contre 18% pour la Métropole. Finalement, 22% des annonces comprendraient un complément de loyer d’après la CSF, 26% d’après la Métropole.

Ce différentiel s’explique selon Renaud Payre par la méthode d’enquête :

« La CSF prend davantage de critères en compte. L’équipe métropolitaine de l’habitat s’est uniquement concentrée sur les montants de loyer et donc leur respect de l’encadrement. »

Par exemple, la Métropole n’a pas prêté attention à la présence ou l’absence des mentions imposées par la loi dans les annonces. Parmi ces mentions : le fait que la zone est soumise à l’encadrement des loyers, la classe du Diagnostic de performance énergétique, le montant de la caution, des charges… 

Le difficile contrôle de l’encadrement des loyers

Des nombreuses fraudes qui semblent, pour l’instant, insuffisamment punies. Un constat admis par Renaud Payre qui renvoie la responsabilité sur l’État. Il assure que dès qu’une annonce dérogeant à la loi est repérée, la Métropole engage des procédures, allant jusqu’à la saisie de la Direction des fraudes : « Seul l’État peut sanctionner les propriétaires hors la loi. »

Il en va de même pour les compléments de loyer, que la CSF juge, pour bon nombre d’entre eux, injustifiés. Des compléments aux contours flous, définis sur le site de la Métropole :

« Un complément de loyer est possible si votre bien présente une caractéristique particulière au regard des logements voisins (balcon, terrasse, vue exceptionnelle…) »

Un exemple issu de l’enquête de la CSF révèle qu’un propriétaire a demandé un complément de loyer en raison de l’installation d’une VMC. Pour rappel, l’aération des logements est obligatoire depuis 1982. Renaud Payre, de son côté, dénonce un « vide législatif ».

La CSF appelle à la vigilance sur l’encadrement des loyers

En conclusion de son étude, la CSF s’est engagée à accompagner les locataires en cas de loyer ne respectant pas l’encadrement des loyers.

« À informer le plus de locataires possibles sur le fonctionnement de ce dispositif, à les inciter à vérifier la conformité de leur loyer avec la loi et à saisir la Commission départementale de conciliation en cas de loyer ou complément de loyer supérieurs au plafond maximum. »

La Confédération Syndicale des Familles de la Métropole de Lyon et du Rhône

Un engagement que Renaud Payre salue, sans pour autant accepter les résultats avancés par l’association :

« Même si je ne suis pas d’accord avec les résultats de la CSF, je suis content que l’association s’empare du sujet.  Les associations de locataires devraient davantage accompagner les locataires dans les procédures de signalement. »

Une première enquête qui pose donc les limites d’une mesure à l’objectif honorable. Aujourd’hui, pour bon nombre de propriétaires hors-la-loi, la spéculation foncière suit son cours. Une tendance qui semble difficile à enrayer, faute de mesures d’évaluation et de coercition suffisantes.

Julie Balagny, la vigneronne parisienne adoptée par le Beaujolais, est décédée 

Julie Balagny, la vigneronne parisienne adoptée par le Beaujolais, est décédée 

Samedi 1er juillet, la vigneronne Julie Balagny est décédée soudainement à 45 ans. Rue89Lyon avait eu la chance de rencontrer cette viticultrice hors norme. 

Ce week-end, la rédaction de Rue89Lyon a appris le décès brutal de Julie Balagny, vigneronne nature, le samedi 1er juillet, des suites d’un arrêt cardiaque.

Installée en 2009 entre Romanèche Thorins et Fleurie, cette « parisienne de chez parisienne » avait réussi à s’imposer comme une figure du renouveau du Beaujolais, longtemps décrié. 

Avec sa gouaille sans pareil, elle s’était fait une place à part dans le monde encore très masculin du vin nature.

Repéré par Marcel Lapierre, elle avait su faire ses preuves et « montrer pattes blanches » auprès de ses pairs. À force de travail, sur un terrain aride et pentu, elle s’était attiré le respect des « vieux du coin ». Celle qui aimait « les faces nords » en tirait, à juste titre, une grande fierté.

Sa besogne a vite été récompensée. Ses bouteilles se sont vite imposées sur les meilleures tables parisiennes. Une victoire au caractère, sans passer par le label bio.

Car « Balagny », comme elle avait tendance à s’appeler, avait son caractère. En 2015, elle avait arrêté de demander le label bio AB. « Ils me cassaient les pieds pour que je le mette sur chaque bouteille », nous expliquait-elle. Elle avait fini par s’embrouiller avec les spécialistes qui voulaient lui faire changer sa manière de fonctionner. Depuis le début, elle « traitait » ses vignes avec de la tisane issue de racines de rhubarbe, venant d’Eure-et-Loire. Elle préférait cette solution à celles proposées par le label bio. Bref, elle avait envoyé paître le label.

« Ce qui me tient à cœur depuis le début, c’est la cohérence et le sens », expliquait-elle.

Julie Balagny
Julie Balagny, vigneronne dans le Beaujolais depuis 2009, s’en est allée. Photo d’octobre 2022Photo : PL/Rue89Lyon.

Julie Balagny, une vigneronne talentueuse et généreuse

En octobre 2022, nous avions pu la rencontrer en amont du Salon du vin nature. Humble, joviale et généreuse… Au delà du talent de la vigneronne, c’est la gentillesse et l’humour d’une femme amoureuse du vin, qui nous avait séduit. 

Il avait fallu se battre contre l’insistance de la vigneronne pour éviter de remplir à ras-bord notre coffre de bouteilles. Exceptionnellement, nous avions fait une entorse à la déontologie journalistique en acceptant une ou deux. De toute manière, face à un tel caractère, nous n’avions pas vraiment le choix.

Adoptée par le Beaujolais, elle laisse un vide dans le milieu du vin nature. 

À l’hôpital psychiatrique Saint-Jean-de-Dieu : « On est proches de l’effondrement »

À l’hôpital psychiatrique Saint-Jean-de-Dieu : « On est proches de l’effondrement »

L’hôpital psychiatrique Saint-Jean-de-Dieu de Lyon a encore supprimé une vingtaine de lits durant ce mois de juin 2023. Depuis quelques mois, la structure a recours à des prestataires extérieurs pour sa médecine du travail, les médecins du travail de l’établissement ayant claqué la porte. Pour les soignantes, un point de non-retour a été franchi. Enquête.

C’est dans le 8e arrondissement de Lyon que l’hôpital psychiatrique Saint-Jean-de-Dieu maintient son plan blanc, année après année. Il s’agit pourtant d’un dispositif de gestion de crise exceptionnelle pour un établissement de santé. Déclenché dans tous les établissements de France ou presque pendant la crise Covid, le plan blanc y dure depuis plus de trois ans. Mais aucun retour à la normale n’est prévu. Pénurie de personnel, fermeture de lits et d’unités d’hospitalisation… Les conditions de travail des soignantes s’aggravent graduellement.

En avril 2019 déjà, la Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté avait rendu un rapport de visite alarmant sur l’établissement lyonnais. Absentéisme avoisinant les 10% chez les soignantes, turn-over supérieur à 14%… Elle déclarait :

« Le mal-être et la souffrance au travail sont clairement exprimés par l’ensemble du personnel soignant. […] Les conditions de travail difficiles des personnels (sous-effectifs), la prise en charge des patients pas toujours respectueuse de leurs droits (sur occupation, isolement, contention), ont rendu le climat social tendu. »

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Du Congo Kinshasa à Lyon : le récit d’une ancienne prostituée

Du Congo Kinshasa à Lyon : le récit d’une ancienne prostituée

[2/2] Ancienne prostituée à Lyon, Gloria* a arrêté le travail de rue depuis deux ans. Bénéficiaire d’un Parcours de sortie de la prostitution (PSP), son témoignage montre autant les avantages de ce dispositif que ses difficultés. À lire en complément de notre enquête consacrée à ce sujet.

« Je vais tout vous raconter ». Ce jeudi matin, Gloria* est déterminée à faire le récit de son enfer. Nous la rencontrons au local de l’Amicale du Nid dans le cadre de notre enquête consacrée au Parcours de sortie de la prostitution (PSP). Bénéficiaire de cet outil provenant de la loi du 13 avril 2016, elle nous a confié une histoire complète de galères, allant du Congo à Lyon, en passant par Grenoble et Paris.

Son histoire commence en République Démocratique du Congo, en Afrique centrale. Elle est arrêtée lors d’une manifestation par les forces de l’ordre de son pays. À partir de là, un cadre de la police locale commence à la harceler sexuellement. Une situation qui l’obligera à fuir non loin de là, au Congo Brazzaville, traversant tant bien que mal le fleuve frontalier. Hébergée par une amie de sa grande sœur, cette dernière lui explique qu’elle va devoir « travailler » pour vivre avec elle. Elle sous-entend alors se prostituer.

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