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Mouvement contre Parcoursup à Lyon : mais ils sont où les lycéens ?
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Mouvement contre Parcoursup à Lyon : mais ils sont où les lycéens ?

actualisé le 10/05/2018 à 07h34

Alors que la mobilisation étudiante dure depuis plus d’un mois à Lyon, environ 350 personnes ont manifesté contre la loi ORE et Parcoursup. La mobilisation devait regrouper les étudiants ainsi que les lycéens, qui, eux, n’ont pas répondu à l’appel. 

Ce mercredi en milieu d’après-midi, se réunissaient étudiants et lycéens pour continuer la mobilisation. Le cortège a mis du temps à se mettre en place. C’est uniquement une heure après l’appel que les quelque 350 manifestants sont partis de la place dans une ambiance joyeuse. Une poignée de cheminots et personnels hospitaliers étaient également de la partie.

Les lycéens, les absents du jour et du mouvement contre Parcoursup

Une longue marche a démarré de Perrache, est passée par l’université Lyon 2, épicentre de la contestation, le rectorat, pour arriver place Guichard. Les slogans chantés sont les classiques de ces dernières mobilisations : « Dehors à ce gouvernement qui cassent nos grèves, et le service public, qui nous réprime et nous matraque » , « Lyon debout, soulève toi » ou « Emmanuel Macron, on va tout casser chez toi ».

Le but de l’appel était d’organiser une première manif sur un mot d’ordre 100% lycéen et étudiant. De manif en manif, les étudiants sont toujours environ 300. Néanmoins, selon notre comptage, seulement une vingtaine d’élèves du secondaire étaient présents.

« Je n’ai pas envie d’être soumis à cette sélection, comme si nous étions du bétail »

Comme sur un plan national, la mobilisation lycéenne lyonnaise n’a pas encore pris alors que les futurs bacheliers sont les premiers concernés par Parcoursup et que la fin d’année approche. Le 3 mai dernier, à Paris seulement une poignée d’entre eux ont essayé de bloquer leur lycée.

Quelques lycéens sont quand même venus exprimer leur mécontentement et leur colère comme Éloise, lycéenne à Saint-Just, un des lycées les plus représentés :

« Cette réforme me concerne totalement. Pour nous lycéens notre parcours universitaire c’est demain, donc je m’investis dans cette manifestation. Nous avons déjà eu la réforme du bac, ça suffit ! »

Pour Lino, lycéen à Saint-Exupéry (Croix-Rousse), Parcoursup représente un réel danger :

« Je suis contre la sélection à l’université. Dans quelques années nous serons à la place des étudiants qui manifestent aujourd’hui. Je n’ai pas envie d’être soumis à cette sélection, comme si nous étions du bétail. »

Cette faible mobilisation des lycéens vient d’un manque d’intérêt de leur part, comme l’explique Abel, lycéen à Belleville :

« Ils sont mal renseignés, et la politique ne les intéresse que très peu. Il y a un réel manque de politisation de notre génération. Et lorsqu’ils vont manifester ils le font uniquement car ils n’ont pas cours. C’est dommage car ils sont nombreux et pourraient faire bouger les choses.»

Le cortège de la manifestation devant l’université Lyon 2. ©SP/Rue89Lyon

« Les lycéens sont incapables de se mobiliser »

Après avoir mené un travail de mobilisation auprès des lycéens (distributions de tracts, explication de la loi,…), les étudiants grévistes espèrent toujours être rejoints par ces derniers lors des prochaines manifestations.

Toutefois Robin considère que « cela va être compliqué » :

« Ils sont encadrés par leurs professeurs, par leurs parents, par leurs amis. Tout le monde leur met la pression de partout. Mais je pense que lors des premiers résultats de Parcoursup, ils vont se réveiller et comprendront l’intérêt de notre mobilisation. »

Un de ses camarades poursuit :

« En plus de cela, ils ont le bac à la fin de l’année et je pense qu’ils sont focus dessus. La loi ORE est bien loin pour eux, même si c’est dommageable. C’est aussi aux professeurs de se mobiliser pour leur montrer la voie, sinon ils ne feront rien, c’est sûr. »

D’autres étudiants sont plus radicaux vis-à-vis de la mobilisation lycéenne, comme Arnaud, étudiant en sociologie à Lyon 2 :

« Les lycéens sont incapables de se mobiliser, ils sont totalement désorganisés. Ils ne sont même pas au courant de ce qu’il y a dans cette loi, ils s’en foutent. Ils laissent leur destin entre les mains de l’Etat. Qu’ils ne viennent pas pleurer après. »

Le 22 mai, date des premières réponses de la plateforme Parcoursup, la donne pourrait changer. On peut présager que beaucoup d’entre eux seront placés « en attente », et se trouveront dans le flou quant à leur orientation.

Le cortège sur le pont de la Guillotière. ©SP/Rue89Lyon


L'AUTEUR
Simon Pernin

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