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Actualités, enquêtes à Lyon et dans la région

Sorties à Lyon : la sélection culture de la rédaction du 15 au 22 mars

Sorties à Lyon : la sélection culture de la rédaction du 15 au 22 mars

C’est une semaine sorties à Lyon où l’on risque de voir double avec un Barbe-bleue en deux-temps, un diptyque théâtral de contes napolitains et un drôle de duo musical. Une sélection à compléter par vos bons plans en commentaires.

Les Chants de Mars

Le festival Les Chants de Mars a trois particularités. D’abord, il célèbre la chanson en français dans ses plus grandes largeurs, de la chanson dite traditionnelles au rap, en passant par la pop la plus sucrée. Ensuite, il investit l’ensemble, ou quasi, des salles de l’agglomération. Ce qui permet des concerts à différentes échelles suivant la notoriété des invités. Enfin, il organise quelques événements savoureux comme les 24h du mot (des auteurs-compositeurs ont pour défi de composer une chanson en 24h) ou un concert de chorales amateur. Invités phares cette année : Pierre de Maere, Renan Luce, Johan Papaconstantino et Voyou.

Les Chants de Mars. Dans les salles de l’agglomération du 15 au 25 mars.

Leurs années sauvages

Dans le genre mariage surprise, on peut difficilement faire mieux. D’un côté, Lee Ranaldo, ci-devant guitariste légendaire de Sonic Youth, dont la carrière se poursuit dans les sillons les plus tortueux de l’avant-garde musicale. De l’autre, Wild Classical Music Ensemble, une formation belge bâtie autour de membres en situation de handicap (et de sévère punkitude) et versant dans la plus sauvage improvisation. Autour d’un travail de performance commune, changée en disque, les deux se livrent à une tournée qui promet d’être sacrément échevelée. Et qui passe par le Marché Gare.

Lee Ranaldo & Wild Classical Music Ensemble. Au Marché Gare le 17 mars.

Théâtre à l’italienne

Bien connue des théâtreux lyonnais, la dramaturge et metteuse en scène sicilienne Emma Dante est de retour à Lyon. Une saison seulement après Misericordia, joué au TNP. Cette fois, c’est aux Célestins qu’elle dévoile un diptyque attendu, à voir à la suite : La Scortecata et Pupo di Zucchero (présentés respectivement à 18h30 et 21h). Soit l’adaptation de deux contes napolitains (on reste dans le sud de l’Italie). L’histoire d’un roi libidineux qui, en voulant séduire une jeune femme, se fait avoir par deux vieilles dames (ça peut arriver). Et celle d’un vieillard qui, le jour de la fête des morts, est envahi par les souvenirs de disparus en préparant les figurines en sucre censées leur rendre hommage. Le tout bourré de poésie baroque.

La Scortecata et Pupo di zucchero. Aux Célestins jusqu’au 25 mars.

Nature peinture

Attention à cette jeune peintre argentine tombée dans la peinture dès l’enfance dans le studio de sa mère. L’œuvre de Flora Castiglia a longtemps été d’inspiration musicale. Elle a d’ailleurs réalisé de nombreuses pochettes de disques. Mais la référence la plus immédiate de son travail est bien Matisse, à qui on la rattache souvent. Ses mélanges de textures et de contrastes, de trames géométriques et de jeux sur la perspective (ou l’absence de) rappellent notamment à les œuvres de gouache découpée du génie français. Mais on trouve aussi du Basquiat et du Kandinsky chez l’Argentine. Et surtout du Castiglia.

Sorties à Lyon Flora Castiglia
Flora Castiglia. Photo Partnership Editions.

Flora Castiglia. In-Out. À la galerie Slika jusqu’au 25 mars.

La Barbe

Nombreuses sont les relectures (on ne parle même pas du cinéma) scéniques et opératiques de Barbe-Bleue, le célèbre conte popularisé par Perrault. Celle-ci est l’œuvre du Hongrois Bartok, dont ce fut d’ailleurs le seul opéra, sous influence Debussy (Pelleas et Melisande). L’œuvre étant courte (à peine une heure), entre autres, le metteur en scène ukrainien en propose deux lectures. L’une plus émotive et psychologique ; l’autre, plus visuelle, s’attardant davantage sur la monstruosité de l’amour de Barbe-Bleue.

Le Chateau de Barbe-Bleue de Béla Bartók. À L’Opéra de Lyon

Réforme des retraites : retour sur une semaine de mobilisations à Lyon

Réforme des retraites : retour sur une semaine de mobilisations à Lyon

Depuis le 7 mars, de nombreuses actions ont été organisées contre la réforme des retraites à Lyon. Rue89Lyon fait le bilan d’une semaine militante à quelques heures d’une nouvelle mobilisation ce mercredi 15 mars.

Depuis le début du mois de mars, les actions se multiplient contre la réforme des retraites. Ce troisième mois de mobilisation a un mot d’ordre abondamment relayé par les syndicats : bloquer le pays à partir du 7 mars. Des manifestations ont été organisées en ce sens à Lyon. Petit coup de regard dans le rétroviseur.

7 mars : coup d’envoi des blocages à Lyon contre la réforme des retraites

Mardi 7 mars a été le premier rendez-vous général donné ce mois-ci. À Lyon, plusieurs lieux stratégiques ont été bloqués. Dès le début de matinée, le périphérique nord a été coupé pendant deux heures au niveau de la sortie de la Doua. Concernant les établissements scolaires, les lycéens et étudiants ont répondu à l’appel : Science Po, Lyon 2, l’ENS, Lyon 3 mais aussi les lycées Juliette-Récamier, Condorcet et Diderot ont été bloqués.

Toujours aux aurores, la raffinerie de Feyzin a elle aussi été bloquée, avec environ 80 % de grévistes selon BFM Lyon. Les agents de la centrale hydroélectrique de Cusset ont répondu à l’appel à la grève du syndicat CGT lyonnais de l’énergie. Celui-ci a revendiqué 90 % de grévistes le 7 mars. Le trafic TCL était aussi perturbé, avec un délai d’attente rallongé.

À Lyon, une manifestation est partie à 11 h 30 de la Manufacture des Tabacs (Lyon 8e) et a ensuite rejoint la place Bellecour. Durant le parcours, la manifestation a été émaillé d’incidents. La préfecture faisait état de sept blessés côté manifestants et 35 policiers. Six interpellations ont eu lieu pendant cette mobilisation, toujours selon la préfecture. Au total, les syndicats ont compté 50 000 manifestants (25 000 selon la préfecture).

retraites Lyon
Faite de table et de chaises, une barricade s’est monté rue des marronniers lors de la manifestation du 7 mars contre la réforme des retraites.Photo : PL/Rue89Lyon

Un 8 mars contre une réforme des retraites jugée sexiste à Lyon

Plusieurs mobilisations ont eu lieu à Lyon pour le 8 mars, journée internationale des droits des femmes. La réforme des retraites était, là aussi, au cœur des revendications. Pour cause, elle est jugée particulièrement pénalisante pour les travailleuses qui devront travailler plus longtemps que leurs collègues masculins.

Dès l’aube, plusieurs lieux ont été à nouveau bloqués comme le campus de l’université Lyon 2, à Bron, et le port Édouard-Herriot. La direction régionale de Pôle-Emploi a quant à elle été occupée pour demander le retrait de la réforme des retraites et de l’assurance chômage.

Les syndicats ont appelé à un rassemblement dès le matin, à 11 heures, devant le Medef pour la reconnaissance des travailleuses essentielles. À l’initiative du collectif Droits des Femmes 69, une manifestation plus large est partie à 17 heures de la place Bellecour (Lyon 2e) pour rejoindre Jean-Macé (Lyon 7e). 10 000 personnes ont pris part au cortège d’après les organisatrices, 5000 d’après la police.

retraites Lyon
La manifestation contre la réforme des retraites au niveau de la Guillotière, à Lyon.Photo : PL/Rue89Lyon.

9 mars : la jeunesse se mobilise

Au lendemain de la journée internationale des droits des femmes, le 9 mars a été choisi pour une journée de mobilisation de la jeunesse au niveau national. Dans l’agglomération lyonnaise, cinq lycées ont été bloqués : Saint-Exupéry à Lyon 4e, Georges Lamarque à Rillieux, Jean-Paul Sartre à Bron, ainsi qu’un lycée à Sain-Bel et à Chaponost.

Au niveau de l’enseignement supérieur, le campus de l’université Lyon 2 Bron a de nouveau fait l’objet d’un blocage, ainsi que l’ENS. Une manifestation étudiante est partie à 14 heures de la place Jean-Macé, jusqu’à la place Guichard (Lyon 3e), rejointe par les personnels de vie scolaire et les AESH.

Dès 11 heures, les grévistes de la centrale hydraulique de Cusset se sont également mobilisés sur le site alors fermé. Ils ont été rejoints par des cheminots et d’autres grévistes venant de différents secteurs de l’énergie. Les salariés du port Édouard-Herriot étaient également de la partie. Les accès du port ont été bloqués, comme la veille. Du côté de la raffinerie de Feyzin, les grévistes ont voté pour une grève prolongée jusqu’au 15 mars.

Un samedi de manif pour clore une semaine de lutte contre la réforme des retraites à Lyon

Samedi 11 mars, l’intersyndicale du Rhône a appelé à une journée de mobilisation interprofessionnelle. Le cortège est parti à 14 heures du métro Jean-Macé, pour rejoindre les Brotteaux (Lyon 6e). Malgré le mauvais temps, 18 000 personnes ont défilé dans les rues de Lyon ce jour-là selon les syndicats (7000 selon la police).

Et ce n’est pas fini. La semaine du 13 mars a déjà commencé fort, avec un énième blocage du campus de Lyon 2 Bron. Ce mercredi 15 mars, l’intersyndicale du Rhône appelle à une nouvelle journée de mobilisation. Une manifestation partira à 13 heures de la Manufacture des Tabacs (Lyon 8e) jusqu’à la place Bellecour (Lyon 2e).

Cette date n’a pas été choisie au hasard : il s’agit du jour où le texte de la réforme des retraites doit être examiné par une commission mixte paritaire (CMP). Composée de sept députés et de sept sénateurs, cette CMP aura la lourde tâche de s’accorder sur un texte commun, qui pourrait bien être la version finale de cette réforme controversée. Leurs conclusions seront lues le jeudi 16 mars au Sénat.

« Massacre social et éditorial » en cours à Euronews

« Massacre social et éditorial » en cours à Euronews

Le 2 mars, la direction de la chaîne de télévision Euronews, implantée à Lyon, a annoncé le licenciement de 197 personnes. Les syndicats dénoncent les conséquences sociales mais aussi éditoriales de cette décision.

« Un massacre social et éditorial. » C’est ainsi que les syndicats de journalistes qualifient le vaste plan de licenciement annoncé le 2 mars dernier chez Euronews. Cette chaîne de télévision multilingue, implantée à Lyon, comptait 349 salarié·es. Plus de la moitié vont perdre leur emploi : 197 salarié·es sont concerné·es, dont 128 journalistes, 58 technicien·e·s et 12 administratifs.

Euronews
Des salariés d’Euronews ont manifesté contre la réforme des retraites avec leurs revendications, le 7 mars 2022.Photo : Laure Solé

Vague de licenciements et délocalisation d’Euronews

Créée en 1993, la chaîne Euronews a été rachetée en juin 2022 par le fonds d’investissement portugais Alpac Capital. Le directeur général, Guillaume Dubois, avait lancé une première réorganisation un mois plus tard, supprimant déjà quelques postes au passage. Le 2 mars dernier, il a motivé ces 197 licenciements par un redéploiement de l’entreprise à Bruxelles et dans d’autres capitales européennes.

« Notre nouvelle organisation et notre transformation éditoriale vont renforcer l’identité européenne de la chaîne. Nous voulons d’abord être un média d’information européen pour les Européens », assurait-il aux Échos.

Mais, même ailleurs, les salarié·es licencié·es n’ont en réalité aucune garantie de retrouver leur emploi, dénoncent les syndicats dans un communiqué publié ce mardi 14 mars :

« Tous les postes ne sont pas recréés et pour ceux qui le sont, ils seront ouverts au recrutement externe. Les salarié·es licencié·es n’ont aucune garantie de retrouver leur propre emploi, quand celui-ci est recréé. »

Certain·es d’entre eux risquent de se retrouver dans une situation particulièrement délicate. Les syndicats alertent sur le devenir « des consœurs et des confrères russes et turcs qui ne peuvent pas rentrer dans leur pays sous peine d’être emprisonné·es. »

Euronews
197 postes vont être supprimés à Euronews.Photo : DR

Le détricotage d’Euronews par Alpac Capital

En plus des conséquences humaines de cette vague de licenciements, les syndicats souhaitent attirer l’attention sur le devenir éditorial d’Euronews. Ils dénoncent un glissement des tâches journalistiques vers un travail robotique :

« Demain, le travail des journalistes des bureaux nationaux consistera à corriger, amender et mixer une traduction automatique d’articles et commentaires vidéo écrits dans une autre langue ».

Au revoir, le multilinguisme de qualité qui faisait la richesse d’Euronews, impossible à assurer sans les effectifs nécessaires.

Les syndicats s’inquiètent aussi de la suite. D’après eux, Alpac Capital a décidé de sous-traiter toutes les activités de tournage et de production de magazines, laissant présager une nouvelle vague de licenciements. À terme, le fonds d’investissement souhaiterait carrément se débarrasser de l’emblématique bâtiment vert pomme qu’Euronews occupe dans le quartier de la Confluence (Lyon 2e).

Liquidation judiciaire de Place du Marché à Lyon : quelle responsabilité des Bahadourian ?

Liquidation judiciaire de Place du Marché à Lyon : quelle responsabilité des Bahadourian ?

Deux mois après le placement en liquidation judiciaire de Place du Marché, (anciennement Toupargel à Lyon) les ex salarié·es exigent d’être dédommagé·es par les frères Bahadourian qu’ils et elles accusent d’avoir sciemment coulé l’entreprise.

« Bahadourian, charlatan », s’égosillent les ex salarié·es de Toupargel devant l’échoppe Bahadourian, ce vendredi 24 février au petit matin. Ils et elles sont une trentaine à avoir fait le déplacement dans les Halles Paul Bocuse (Lyon 3e).

Sifflets assourdissants, mégaphones, gilets jaunes, doudounes fluo ou drapeaux de la CGT sur les épaules… Impossible de rater ceux et celles qui ont été licencié·es économiquement suite à la mise en liquidation judiciaire de l’enseigne de vente par correspondance Place du Marché, ex Toupargel, le 13 janvier dernier.

Devant l’attroupement qui occupe toute l’allée de l’échoppe Bahadourian, une jeune femme mène le petit groupe, mégaphone à la main :

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#Liquidation

Des militantes féministes violentées par des vigiles du centre commercial de Lyon Part-Dieu

Des militantes féministes violentées par des vigiles du centre commercial de Lyon Part-Dieu

Le 8 mars, un groupe de militantes féministes ont mené une action pour dénoncer le « pinkwashing » du centre commercial de Lyon Part-Dieu, qui organisait notamment un concours de danse pour « révéler [son] potentiel féminin ». Elles racontent avoir fait l’objet de violences physiques et verbales de la part des vigiles.

Le centre commercial de Lyon Part-Dieu a choisi de célébrer la journée internationale des droits des femmes en s’associant à la troisième édition du festival « Les Lumineuses ». Fondé par des femmes d’affaires et entrepreneuses, celui-ci s’est tenu du 3 au 9 mars, avec un programme proche du cliché : concours de cuisine, dégustation de vin, concours de danse et conférences sur le « potentiel féminin ». Une drôle de manière de mettre l’accent sur les droits des femmes, qui a suscité l’indignation chez certaines Lyonnaises.

Le 8 mars au centre commercial de Lyon Part-Dieu : du « pinkwashing »

Un groupe de militantes féministes antifascistes a décidé de le faire savoir. Elles ont choisi le 8 mars, jour où se tenait le concours de danse, intitulé « Révèle ton potentiel féminin », entre les murs du centre commercial de la Part-Dieu.

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Reports, absence de fonds… Le Lyon – Bordeaux de Railcoop va-t-il dérailler ?

Reports, absence de fonds… Le Lyon – Bordeaux de Railcoop va-t-il dérailler ?

[Enquête] Lancée en 2020, la coopérative ferroviaire Railcoop peine à attirer des investisseurs pour lancer son offre voyageur entre Lyon et Bordeaux. Au-delà de la frilosité des banques, les difficultés techniques et économiques s’accumulent, malgré un plan de communication bien rôdé.

Carte Railcoop Lyon Bordeaux
La ligne de train Lyon Bordeaux proposée de Railcoop ne cesse d’être retardé.Photo : Railcoop

Il faudra attendre l’été 2024 (au moins) pour – peut-être – voir circuler des trains Railcoop sur la ligne Lyon-Bordeaux. La coopérative, qui défend l’idée d’un « ferroviaire citoyen », vient d’acter un nouveau report de son offre voyageur entre les deux métropoles. Faute de garanties financières suffisantes, le projet actuel table sur un lancement « frugal », dixit Railcoop. C’est à dire un aller par jour et par sens. Une fréquence très loin des annonces initiales, qui prévoyaient deux allers-retours par jour entre Lyon et Bordeaux, deux entre Lyon et Limoges, et un entre Lyon et Montluçon.

Lors d’une conférence de presse, jeudi 9 mars, la direction de la société a affiché sa confiance quand à la finalisation du projet. Pourtant, de nombreuses zones d’ombre subsistent, sur le recrutement de personnel qualifié, la maintenance des trains ou encore l’achat de billets. Détail non négligeable, Railcoop doit (encore) lever 4,1 millions d’euros pour parvenir à ce lancement « a minima ».

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Réforme des retraites : trois nouvelles mobilisations à Lyon

Réforme des retraites : trois nouvelles mobilisations à Lyon

Après la grande mobilisation du 7 mars contre la réforme des retraites, trois nouveau rendez-vous ont été donnés à Lyon. La première manifestation aura lieu ce jeudi 9 mars à 14 heures.

Après les chiffres record du mouvement de grève national contre la réforme des retraites du mardi 7 mars, trois nouvelles dates sont venues s’ajouter au calendrier à Lyon. Deux mobilisations sont prévues cette fin de semaine, suivie d’une troisième la semaine suivante.

Rendez-vous dans les rues de Lyon les 9, 11 et 15 mars

À Lyon, les derniers jours ont été marqués par des taux importants de grévistes et des blocages de lycées et d’établissements de l’enseignement supérieur contre la réforme des retraites, mais aussi Parcoursup, la loi « immigration » de Darmanin, le SNU ou plus largement la précarité étudiante.

Dans la continuité de cette semaine militante, l’intersyndicale soutient l’appel des organisations de jeunesse à se mobiliser jeudi 9 mars. Une manifestation partira à 14 heures de la place Jean Macé (Lyon 7e), pour aller jusqu’à la place Guichard (Lyon 3e) .

L’intersyndicale du Rhône appelle à une seconde mobilisation, cette fois interprofessionnelle pour ce samedi 11 mars. À Lyon, le cortège partira là aussi à 14 heures du métro Jean Macé, pour rejoindre les Brotteaux (Lyon 6e).

Deux enseignantes en primaire, mobilisées contre la réforme des retraites à Lyon, le 7 mars. ©LS/Rue89Lyon
Deux enseignantes en primaire, mobilisées contre la réforme des retraites à Lyon, le 7 mars.Photo : LS/Rue89Lyon

La semaine prochaine, rebelote. L’intersyndicale du Rhône appelle à une nouvelle journée de mobilisation le mercredi 15 mars. Une manifestation partira à 13 heures de la Manufacture des Tabacs (Lyon 8e) jusqu’à la place Bellecour (Lyon 2e).

Cette date n’a pas été choisie au hasard, il s’agit du jour où le texte de la réforme des retraites doit être examiné par une commission mixte paritaire (CMP). Composée de sept députés et de sept sénateurs, cette CMP aura la lourde tâche de s’accorder sur un texte commun, qui pourrait bien être la version finale de cette réforme des retraites si controversée. Leurs conclusions seront lues le jeudi 16 mars au Sénat.

La réforme des retraites entre les mains du Sénat

Après l’Assemblée nationale, la réforme des retraites est pour le moment entre les mains du Sénat. Jusqu’à ce dimanche 12 mars à minuit, le Sénat devra débattre et voter les 13 articles restants, ainsi que les nouveaux amendements déposés entre temps. 

Durant ces quatre dernières journées, les articles 8, 9, 10 et 13 seront suivis de près. Ces derniers concernent les carrières longues, la prise en compte de l’usure professionnelle, la revalorisation de la pension minimale et le cumul emploi-retraite. Cette nuit, le Sénat a déjà voté largement en faveur de l’article 7 qui repousse l’âge légal de départ à la retraite de 62 à 64 ans (201 voix pour et 115 contre).

Répartition inéquitable des annonces légales : Rue89Lyon attaque la préfecture du Rhône

Répartition inéquitable des annonces légales : Rue89Lyon attaque la préfecture du Rhône

Malgré nos multiples sollicitations, la préfecture du Rhône refuse de diffuser des annonces légales sur Rue89Lyon, alors que ce sont des aides indirectes à la presse. Elle choisit systématiquement le Progrès et le Tout Lyon. Nous refusons ce statu quo et avons décidé de saisir le tribunal administratif ce 5 mars. Explications.

Création d’une société, déménagement du siège social mais aussi enquêtes publiques et avis à la population… Il existe une foule d’actes administratifs qui obligent à publier une annonce légale sur un média habilité à cet effet.

Cela concerne l’entreprise du coin comme la préfecture du Rhône qui publie de longues annonces légales, au moins une fois par semaine, qui pourraient représenter une source de revenu non négligeable pour un petit média comme Rue89Lyon.

Problème : la préfecture choisit de diffuser ses annonces légales uniquement dans les colonnes ou sur les sites Internet des acteurs historiques de la presse lyonnaise possédés par des banques (Le Progrès, groupe Ebra, propriété du Crédit mutuel) ou des fonds d’investissement (Legal to digital pour le Tout Lyon). 

L’argent public est ainsi utilisé dans le sens d’une concentration des médias alors même que des médias indépendants, comme Rue89Lyon, en auraient besoin. 

À travers cette question des annonces légales, nous voulons porter publiquement ce débat sur les conditions économiques du pluralisme de la presse. Explications.

Les annonces légales : l’espoir d’une nouvelle source de financement

Depuis 2020, Rue89Lyon, comme les autres pure players ont la possibilité – s’ils remplissent un certain nombre de conditions, notamment d’audience – de diffuser ces annonces légales. Ce qui peut représenter un complément de revenu non négligeable.

Progressivement, malgré les difficultés rencontrées au plus fort de la crise Covid, nous avons commercialisé cette diffusion des annonces légales.

Naïvement, nous pensions que la préfecture du Rhône allait spontanément diffuser une partie de ses annonces légales sur notre média.

Ne voyant rien venir, nous avons sollicité à plusieurs reprises le cabinet du préfet de l’époque, Pascal Mailhos. De décembre 2021 à décembre 2022, nous n’avons reçu aucune réponse. Face à ce silence, nous avons saisi le préfet d’un recours gracieux.

Annonces légales dans le Rhône : le préfet nous oppose son « pouvoir discrétionnaire »

À notre recours gracieux, le préfet nous a répondu début janvier 2023 d’un courrier lapidaire :

« J’exerce mon pouvoir discrétionnaire en choisissant librement une publication de presse sur la liste des supports habilités à recevoir des annonces légales ».

Ce faisant, la préfecture du Rhône s’assoit sur une valeur fondamentale consacrée par le Conseil constitutionnel : le pluralisme de la presse.

De la diversité des titres de presse dépend ce pluralisme.

L’État en est « l’ultime garant », comme l’a affirmé la Cour européenne des droits de l’homme dans un arrêt du 24 novembre 1993.

La préfecture du Rhône choisit systématiquement les acteurs historiques de la presse lyonnaise

Afin de garantir ce pluralisme, l’État devrait assurer une juste répartition des aides directes et indirectes à la presse.

Au niveau de l’État central, nous savons que les aides directes sont inégalement réparties. La Cour des comptes l’a souligné à plusieurs reprises. Récemment, la Lettre A a rappelé que les principaux bénéficiaires en sont les titres de presse possédés par des milliardaires et des banquiers.

Précisons que Rue89Lyon a touché pour la première fois en décembre 2022 une aide directe : 26 168 euros au titre de l’« aide au pluralisme ».

Au niveau local, la préfecture participe au financement de la presse en diffusant régulièrement des annonces légales. Or, la préfecture du Rhône choisit systématiquement le Progrès ou le Tout Lyon, et beaucoup plus rarement, Tribune de Lyon.

De notre point de vue, elle devrait, au contraire, répartir la publication de ses annonces entre tous les supports habilités, en suivant des critères objectifs, et non en fonction des habitudes des services.

Ce sera au tribunal administratif de Lyon de trancher.

annonces légales Rhône
Quelques exemples d’annonces légales de la préfecture du Rhône publiées sur le Progrès et le Tout Lyon. Illustration Rue89Lyon.

Transition nécessaire vers les abonnements

Cette absence d’annonces légales de la préfecture du Rhône, mais aussi d’autres collectivités et structures para publiques comme les bailleurs sociaux, est un des facteurs qui explique les graves difficultés économiques que Rue89Lyon traverse.

Cela nous a amené à accélérer notre transition vers un modèle économique fondé majoritairement sur les abonnements.

Pour hâter cette transition et pour une question de survie, nous avons lancé une grande campagne de soutien. Abonnez-vous !

Maryse et Fadila, deux femmes pénalisées par la réforme des retraites à Lyon

Maryse et Fadila, deux femmes pénalisées par la réforme des retraites à Lyon

Maryse Simula et Fadila Bellahcen, 55 et 53 ans, sont deux caissières de la métropole de Lyon. La réforme des retraites va particulièrement les pénaliser, du fait de leurs petits salaires, de leur carrière hachée et à temps partiel, comme beaucoup d’autres femmes.

« Essentielles », « premières lignes ». Au plus fort de l’épidémie de covid-19, Maryse Simula et Fadila Bellahcen ont continué de tenir les caisses de leurs supermarchés, à Villeurbanne et Saint-Genis-Laval. Aujourd’hui, les deux hôtesses de caisse, comme elles se présentent, sont aussi les premières témoins de l’inflation et du nombre grandissant de clients qui peinent à joindre les deux bouts. Quand elles ne se retrouvent pas elles-mêmes à compter leur sous.

À plus de 50 ans, ces deux mères de famille gagnent à peine plus de 1300 euros net. La réforme des retraites voulue par le gouvernement – qui prévoit le report de l’âge légal de départ à 64 ans – va les toucher de plein fouet (voir encadré).

Leurs deux histoires, pourtant différentes, illustrent concrètement ce que sont les parcours de vie spécifiques aux femmes, entre temps partiels, congés parentaux, carrières morcelées et salaires plus faibles que les conjoints.

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Sorties à Lyon : la sélection culture de la rédaction du 8 au 14 mars

Sorties à Lyon : la sélection culture de la rédaction du 8 au 14 mars

Beaucoup de musique, un peu de sport (et de cinéma) et même le corps décortiqué par l’art contemporain, voilà pour les suggestions de sorties à Lyon de cette semaine. À compléter par vos bons plans en commentaires.

C’est Jesper son prénom

Il y a peu, l’acteur Ryan Gosling, filmait une coloscopie effectuée après un pari perdu – et sensibilisait à la prévention du cancer du colon. Rien de tel dans l’IRM cérébrale passée par Matt Dillon au son d’une symphonie de Mahler. Ici, il s’agit d’un film expérimental de l’artiste contemporain danois Jesper Just. C’est l’une des attractions du trio d’expositions consacrées au corps proposé par le Musée d’Art Contemporain (avec N. Djurberg & H. Berg et Incarnations). L’œuvre s’appelle Interfears et explore la transcription visuelle, mais pas seulement, des émotions.

Sorties à Lyon Interfears Jesper Just Mac Lyon
Interfears. Jesper Just. Photographie de tournage.

Jesper Just – Interfears, au Musée d’Art Contemporain jusqu’au 9 juillet.

Festival de Kahane

Chaque fois qu’il passe en Europe, Gabriel Kahane s’arrête à Lyon et c’est heureux. Souvent il choisit des cadres originaux. Après les Subs et la Chapelle de la Trinité, le songwriter pop américain, trop méconnu et flirtant toujours avec le classique et le contemporain, investit l’Opéra Underground. Cet arrangeur hors-pair se produira avec un Quatuor à cordes – le Quatuor Momentum, à la revisite de ses plus belles chansons. Moment suspendu en perspective.

Gabriel Kahane & Quatuor Momentum, à l’Opéra Underground le 9 mars.

Le Magicien Moz

Pour tout fan de rock britannique et/ou lecteur des Inrocks de la grande époque, voici un concert événement. Morrissey, ex-chanteur des Smiths et diva pop devant l’éternel arrive en ville. Il aurait déjà du se produire à Lyon il y a sept ans, avant qu’une gastro collective ne décime son groupe à deux jours de son concert. Cette fois semble être la bonne – croisons les doigts. L’occasion pour beaucoup de se replonger dans des tubes inoubliables période Smiths ou en solo. Ou pour les plus assidus de tester en concert les productions des derniers albums, car le Moz continue de publier à un rythme de métronome.

Morrissey, à l’Amphi 3000 le 12 mars.

La Bibliothèque rock

Après l’exposition, Lyon, Capitale du Rock, en 2019, sur la scène punk lyonnaise, la Bibliothèque municipale de Lyon propose une exposition qui pourrait en constituer la suite. En tout cas, elle continue de vouloir défricher le patrimoine musical régional. Ici, à travers la période 1980-1999, ce sont les musiques alternatives et la culture cassette qui sont explorées en marge des hits synthétiques qui inondaient alors le Top 50. Une série d’événements et d’animations ponctuelles émailleront le temps de l’exposition jusqu’en août. Ce vendredi 10 mars par exemple, la diffusion du documentaire Other, Like Me est consacré à deux groupes phares de la musique industrielle.

Contre-bande, à la Bibliothèque municipale de Lyon jusqu’au 19 août.

Soyons sport

C’est déjà la 10e édition du festival de l’Institut Lumière consacré au sport (une grande idée). Si on reste parfois un peu sur notre faim face à une programmation qui privilégie souvent l’hommage un peu convenu (Jeannie Longo, Vincent Barteau, Nathalie Ianneta) à l’audace (Les Chariots de feu est vu et revu, y compris au festival, idem pour La Castagne), il y a quand même de quoi faire pour l’amateur de sport et de cinéma. Notamment avec une double programmation dédié au roi Pelé, décédé il y a quelques semaines (O’Rei, L’histoire de Pelé, prodige devenu Roi et New York Cosmos, sur sa fin de carrière). Mais il faut aussi noter un documentaire consacré à Georges Eddy, le monsieur NBA de Canal+, en sa présence.

Festival Sport, Littérature et Cinéma, à l’Institut Lumière du 8 au 11 mars.

#Amphithéâtre 3000