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Actualités, enquêtes à Lyon et dans la région

À Lyon, nouvelle manifestation contre la réforme des retraites ce mardi 

À Lyon, nouvelle manifestation contre la réforme des retraites ce mardi 

Mardi 28 mars, l’intersyndicale appelle à une dixième journée de manifestation à Lyon contre la réforme des retraites. En parallèle, les actions continuent sur le terrain. 

>> La 10e journée de mobilisation à Lyon est à suivre en direct sur Rue89Lyon <<

Mardi 28 mars, l’intersyndicale appelle à une nouvelle manifestation à Lyon. La dixième depuis le début de ce mouvement de contestation contre la réforme des retraites. Comme d’habitude ou presque, le cortège partira de la Manufacture des Tabacs (Lyon 8è), jusqu’à la place Bellecour. Cette fois-ci, le coup d’envoi est fixé à 13 heures.

Après une légère baisse de la participation mi-mars, le passage en force du gouvernement, via l’application de l’article 49.3, a donné une nouvelle impulsion au mouvement. Jeudi 23 mars, les syndicats ont annoncé 55 000 manifestants dans les rues de Lyon, un chiffre record depuis le début du mouvement. La préfecture, elle, parlait de 22 000 personnes, soit presque autant que lors de celle du 7 mars, journée de la plus forte mobilisation.

manifestation retraites Lyon
Les manifestants regardent le blocage, quai Gailleton (Lyon 2e), le 23 mars 2023, dans le cadre d’une manifestation contre la réforme des retraites.Photo : PL/Rue89Lyon.

À Lyon, un flot d’actions contre la réforme des retraites à Lyon

La manifestation de mardi n’est qu’une partie des nombreuses actions en cours dans la ville. Depuis l’annonce de la mise en place du 49.3, le mouvement de contestation a pris de l’ampleur et des formes diverses.

En soirée, les manifestations sauvages sont devenues régulières. Jeudi 23 mars, une nouvelle a eu lieu, partant de la place des Jacobins (Lyon 2e). Celle-ci a été suivi de dégradations dans les pentes de la Croix-Rousse et de frictions avec les forces de l’ordre. Les pentes de la Croix-Rousse ont eu leur lot de mobiliers brûlés et de tirs de gaz lacrymogènes. Les terrasses de la place des Capucins (Lyon 1er) ont été vidées plusieurs fois.

En journée, les actions se sont poursuivies le vendredi. Un barrage filtrant pour faire une opération de traçage a été mis en place au niveau du pont de l’université (Lyon 2e). Une action des étudiants en école d’architecture a également eu lieu sur la place des Terreaux à 15h. Le campus de l’université de Lyon 2 à Bron a été bloqué durant la matinée. 

Rue89Lyon et les violences sexistes et sexuelles

Rue89Lyon et les violences sexistes et sexuelles

Qu’il s’agisse d’enquêtes sur des agressions et harcèlements sexuels ou de la prise en charge plus générale des victimes à Lyon, Rue89Lyon a choisi de consacrer beaucoup de son temps et de ses effectifs aux affaires de violences sexistes et sexuelles. Voici pourquoi.

Ces dernières années, Rue89Lyon a dévoilé deux affaires de violences sexistes et sexuelles. L’une implique un professeur de cinéma de l’université Lyon 2, l’autre le doyen de la fac de droit. Dans les deux cas, ce sont les victimes présumées de ces deux hommes qui ont alerté Rue89Lyon. Avec la même motivation : que cela cesse. Que ces deux enseignants ne soient plus au contact des étudiantes. 

Ces victimes ne souhaitent alors pas forcément porter plainte, ni se mettre en avant, et tiennent pour certaines à leur anonymat. Dans ces conditions, prévenir la presse est souvent la seule solution qui reste. 

À Rue89Lyon, nous avons une rédaction majoritairement féminine, sensibilisée aux violences sexistes et sexuelles. Nous croyons les victimes, et sommes persuadé·es que leurs histoires singulières sont le reflet et la conséquence de la société patriarcale dans laquelle nous vivons. Nous estimons que les affaires de violences sexistes et sexuelles nécessitent d’être décortiquées et analysées. Elles nécessitent également un travail d’enquête pour mettre en lumière ce dysfonctionnement sociétal et ses conséquences graves. 

L’impact de Rue89Lyon dans les affaires de violences sexistes et sexuelles

Dans ces deux affaires, on retrouve le même contexte bien particulier. Des relations de domination professeur-étudiantes, inhérentes au système universitaire français. Médiatiser les violences sexistes et sexuelles subies par ces étudiantes et ex-étudiantes permet aussi de mettre un coup de projecteur sur ce fonctionnement et ses travers.

Suite à nos enquêtes, les deux enseignants de Lyon 2 ont été sanctionnés par l’université : l’un suspendu pendant un an, l’autre révoqué. Dans les deux cas, ces décisions ont été publiées, comme il se doit, mais en préservant leur anonymat. Sans les articles de presse, les étudiant·es de Lyon n’auraient jamais été mis·es au courant des faits. 

Il n’est pas question de se substituer à la justice. Mais force est de constater que dans ces affaires-là, celle-ci est lente et trop souvent défaillante. Il en va de même pour les universités. C’est là que la médiatisation a souvent un rôle de catalyseur. Ainsi, concernant le doyen de la fac de droit, le parquet a ouvert une enquête trois jours après la publication de notre enquête. Aujourd’hui, l’affaire est entre les mains de la justice. 

Photo d'illustration, étudiante de l'université Lyon 2. Juin 2021. ©DD/Rue89Lyon
Photo d’illustration, étudiante de l’université Lyon 2. Juin 2021.Photo : DD/Rue89Lyon

La parole des victimes insuffisamment prise en compte par la presse généraliste

Rue89Lyon dénonce aussi l’insuffisance de la prise en compte de la parole des victimes. Leurs récits lorsqu’elles demandent à être crues, mais aussi quand elles demandent à voir leurs traumatismes reconnus et qu’elles exigent le droit à être soignées et prises en charge.

Nous nous sommes penché·es sur les séquelles laissées par des agressions sexuelles, des viols, des relations violentes. Qu’il s’agisse de symptômes visibles (fuites urinaires, crises d’angoisse, psoriasis ou tendance à la trichophagie) ou invisibles (dépressions, pensées parasites, perte de libido, douleurs gynécologiques), de nombreuses femmes ressentent au quotidien le fardeau de leurs traumatismes. À Lyon comme ailleurs, c’est le manque de moyen qui fait loi. Un manque de moyen égal au manque de considération pour ces fardeaux, portés en écrasante majorité par des femmes.

Pourtant – et Rue89Lyon le documente aussi – le nombre des femmes qui mettent des mots sur les agressions qu’elles ont vécu augmentent année après année depuis MeToo. Cependant, les conséquences et l’ampleur de ce type de traumatismes restent peu traitées dans la presse généraliste.

À Rue89Lyon, un long et délicat travail d’enquête sur les violences sexistes et sexuelles

Enquêter sur les affaires de violences sexistes et sexuelles n’est pas simple. Il faut mettre à distance bon nombre de stéréotypes et de pensées toutes faites via une documentation importante. Croire la parole de la ou des victime(s). En respectant leur rythme, il faut vérifier leurs dires, confronter les propos des un·es et des autres, poser des questions dures et examiner des preuves (quand il y en a) souvent difficiles à voir.

Marie, mère de 42 ans qui a été victime de violences sexuelles à Lyon. ©LS/Rue89Lyon
Marie, mère de 42 ans qui a été victime de violences sexuelles à Lyon.Photo : LS/Rue89Lyon

Un travail précis, long et méticuleux, qui peut prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Ces affaires sont ensuite suivies au long cours, parfois sur plusieurs années.

Ce qui nécessite des journalistes disponibles, du temps et donc des moyens. Des moyens, pour un journal comme Rue89Lyon, indépendant, ça implique des abonnements sur lesquels nous pouvons compter. 

À Rue89Lyon, nous sommes convaincu·es que notre travail sur les violences sexistes et sexuelles est essentiel. Si vous le pensez aussi, permettez-nous de continuer : abonnez-vous.

À Vaulx-en-Velin, les adolescents des Noirettes s’inquiètent pour l’avenir de leur city stade

À Vaulx-en-Velin, les adolescents des Noirettes s’inquiètent pour l’avenir de leur city stade

[Quartiers connectés] Au Mas du Taureau, à Vaulx-en-Velin, un projet de rénovation urbaine va reconfigurer le quartier et bousculer les habitudes des riverains. Les adolescents des Noirettes s’inquiètent de la destruction de leur city stade.

Une dizaine d’adolescents jouent au foot devant une des cages du city stade du chemin de la Ferme, à Vaulx-en-Velin. De l’autre côté du terrain, un groupe d’amis occupe la cage opposée. Une règle tacite et d’entente mutuelle répartit l’espace entre eux. Malgré la froideur de cette après-midi de mars, ces jeunes des Noirettes n’auraient manqué pour rien au monde leur rendez-vous hebdomadaire du mercredi au « city ».

« On fait un 180, mais moi je suis éliminé », nous explique un garçon posté au bord du terrain. Devant notre air perplexe, il prend le temps de nous expliquer les règles de ce jeu. Derrière les bruits de ballons et les rires des adolescents, une inquiétude pointe pourtant. « Ils vont nous enlever notre stade », nous confie Mamadou, 13 ans.

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Le city stade du chemin de la Ferme, à Vaulx-en-Velin, est toujours très fréquenté les mercredis après-midi.Photo : Marie Allenou/Rue89Lyon

Dans le projet de renouvellement urbain prévu sur le Mas du Taureau, le city stade du chemin de la Ferme doit en effet disparaître, et être remplacé par une voirie. Un projet qui vise au désenclavement du quartier, notamment par le passage du tramway T9. Du côté de l’aménageur, le groupe SERL, on explique qu’il reste des arbitrages à faire sur le quartier des Noirettes et sur les aménagements qui y seront réalisés, y compris les aménagements de loisirs.

Contactée par Rue89Lyon, la Ville de Vaulx-en-Velin confirme que ce city stade du chemin de la Ferme doit être détruit, mais promet qu’il sera remplacé.

« En été, comme on ne part pas toujours en vacances, on joue tous au city »

Le city stade est un lieu incontournable de la vie sociale des garçons du quartier des Noirettes, puisqu’il est libre d’accès. En semaine, il est plutôt occupé par des adolescents de 10 à 16 ans, et le week-end par des jeunes plus âgés. Parmi les ados interrogés, tous affirment s’y rendre plusieurs fois par semaine, comme Djamal, 14 ans :

« Je viens ici presque tous les jours depuis que je suis en primaire. C’est un endroit où je me rends avec mes amis, le soir, quand il y a du monde. En été, comme on ne part pas toujours en vacances, on joue tous au city. »

Alors, quand ces adolescents ont appris la destruction de leur city stade, début 2023, c’est une partie de leur univers qui s’est effondrée. Ce qui pose une épineuse question : comment prendre en compte les usages et les envies des habitants d’un quartier en pleine rénovation urbaine et comment les informer, quelque soit leur âge ? À mesure de nos échanges avec ces ados des Noirettes, tous désignent du doigt les immeubles où ils habitent, à quelques dizaines de mètres.

« Je pense que cette destruction, c’est décevant. Il y a plein de petits du quartier qui ont seulement le droit de venir ici. Les parents les laissent sortir car c’est juste à côté. Ils vont aller où ? », s’inquiète Noa, 13 ans.

city stade foot Vaulx-en-Velin
Au city stade du quartier des Noirettes à Vaulx-en-Velin, les adolescents jouent à différents jeux de ballon.Photo : Marie Allenou/Rue89Lyon

Ces adolescents aimeraient que le quartier dispose de plus d’espaces de jeux conçus pour eux, et pas seulement pour les jeunes enfants. Si leur city stade est détruit, sans être remplacé, où vont-ils passer leurs mercredis après-midi ?

« Je pense que je resterais chez moi, ou alors posé sur un banc, à discuter avec des amis », réfléchit Batour, 14 ans.

Le city stade des Noirettes remplacé par une route

Pour la Ville de Vaulx-en-Velin, la création d’une route à l’emplacement de ce city stade était une nécessité :

« Ces voiries doivent désenclaver le vaste quartier des Noirettes et mieux le relier, l’arrimer aux transformations du Mas du Taureau. La réorganisation de l’espace urbain en cours est demandée par les habitants pour notamment traiter des questions de sécurité. Les équipements municipaux et les espaces impactés seront reconstitués ou d’autres lieux seront proposés après concertation avec les habitants. »

Le bailleur social Est Métropole Habitat mène un projet de réhabilitation des espaces résidentiels depuis plusieurs années sur les Noirettes. Il ajoute que cette voirie permettra un « meilleur adressage » pour les habitants du quartier.

« Souvent, quand les habitants des grands ensembles donnent leur adresse, on ne trouve pas leur boîte postale. C’est le cas au chemin de la Ferme. Cette voirie leur permettra d’avoir une adresse claire et nette », détaille Sibille Gabriel, directeur de l’aménagement et de l’habitat durable chez Est Métropole Habitat.

Une concertation entre le bailleur et les habitants a été lancée pour déterminer comment seront aménagés les espaces qui bordent les immeubles. Celle-ci est toujours en cours.

« Chez Est Métropole Habitat, on continue de faire des aires de jeux pour les petits enfants, mais on ne fait plus d’aires de jeux pour les ados, explique Sibille Gabriel. On considère que c’est aux collectivités comme la Métropole ou la Ville de faire ce genre d’équipements, et qu’ils doivent être financés par l’impôt et non par les loyers. »

Concernant les jeux pour enfants, le directeur affirme que trois à quatre aires de jeux seront présentes dans le quartier à l’issue du projet.

Gymnase, skatepark, parcours sportifs et parc prévus à Vaulx-en-Velin

Alors, puisque le city stade doit être détruit, comment récréer un usage semblable ailleurs ? Depuis novembre 2019, l’aménagement de la Zone à construire (ZAC) du Mas du Taureau est confié au groupe SERL. Le projet se construit notamment autour de l’arrivée du tram T9 dans ce quartier populaire de Vaulx-en-Velin. La ligne doit ouvrir en 2026.

Du côté des espaces de loisirs, plusieurs aménagements sont envisagés, avec notamment deux équipements publics. Un « mail », comportera plusieurs terrains de sport près de la Grande mosquée. Un gymnase doit aussi être construit près de la Tour d’escalade, rue des Vergers.

« Son architecture, ses usages, les disciplines sportives qui y seront pratiquées seront comme d’habitude discutées et concertées avec les clubs sportifs », précise la Ville de Vaulx-en-Velin.

projet aménagement mas du taureau Vaulx-en-velin
Projet prévu sur la Zone à construite (ZAC) du Mas du Taureau à Vaulx-en-Velin. Source : groupe SERL

Arnaud Bourrel est référent renouvellement urbain et directeur de projets au groupe SERL. Il explique qu’un grand parc doit être aménagé dans le sud du quartier, avec des équipements sportifs en accès libre. L’idée d’un parcours sportif est aussi à l’étude.

« Sur ce grand parc, il y aura des jeux pour différents âges, précise Arnaud Bourrel. On a aussi travaillé sur un skatepark de 900 mètres sur la partie sud de ce parc, à la demande des enfants. Ce type d’aménagement n’existait pas dans le quartier. »

Arnaud Bourrel insiste aussi sur « le grand temps d’échange » qui a eu lieu fin 2022 et début 2023 avec des enfants et des adolescents du Mas du Taureau pour « penser des espaces de jeux ». Sur le quartier des Noirettes, il détaille les ateliers menés avec l’école Gagarine et le centre social, qui se sont déroulés avec des médiateurs pour arriver à ces propositions.

La Ville de Vaulx-en-Velin évoque également un « Pump track», un circuit composé de bosses, souvent utilisé par les BMX et les vélos, mais aussi des skateboards ou des trottinettes. Le projet a été validé sur le budget participatif de la Ville et sera inauguré durant l’été 2023 dans le secteur du centre-ville.

La Ville de Vaulx-en-Velin promet un city stade au Mas du Taureau

« C’est bien, mais il faudrait vraiment rajouter un city », insiste Batour, lorsque nous lui présentons les différents aménagements prévus sur le Mas du Taureau. D’autant plus qu’ils seront pour la plupart situés dans le sud du Mas du Taureau. Le quartier des Noirettes, lui, se trouve au Nord. « Il y a un travail en cours sur le réaménagement de tout le secteur nord qui n’est pas complètement abouti », reconnaît Arnaud Bourrel.

« Au Mas, il y aura bien sûr un city stade, assure la Ville de Vaulx-en-Velin. Les échanges se poursuivront d’ailleurs pour définir l’emplacement le plus adapté et les usages à venir car le conseil de quartier souhaite qu’il soit intergénérationnel, avec une vraie mixité d’usages garçons/filles afin que l’ensemble des vaudaises et des vaudais en profitent. »

Vaulx-en-Velin aménagement city stade
Projet d’aménagement sur la place François Mauriac à Vaulx-en-Velin. Source : Groupe SERL

Mais où ? Les yeux sont tournés vers la place François-Mauriac. Située à côté de la place Guy-Môquet, au cœur du quartier du Mas du Taureau, elle est à deux pas du chemin de la Ferme. La place doit changer de visage et proposer des espaces végétalisés et de loisirs, tout en permettant la tenue du marché. Sur le projet présenté aux habitants, on retrouve un emplacement prévu pour un terrain de sport. L’avenir du city stade des Noirettes semble encore bien incertain, suspendu à cette promesse de relocalisation.

Le bus à hydrogène de Wauquiez menace une zone riche en biodiversité près de Lyon

Le bus à hydrogène de Wauquiez menace une zone riche en biodiversité près de Lyon

Dossier vieux de trente ans, le projet de liaison Lyon-Trévoux (Ain) rentre dans sa phase opérationnelle. Mais le tracé du futur bus de Laurent Wauquiez menace un havre de biodiversité. Un collectif propose un tracé alternatif pour ne pas l’emprunter.

Depuis sa maison à Sathonay-Camp, Bénédicte peut rejoindre en quelques minutes une ancienne voie de chemin de fer. À l’abandon depuis une quinzaine d’années, le lieu est redevenu un refuge pour la biodiversité. Mais un projet de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, dirigée par Laurent Wauquiez (LR), menace ce coin de verdure au nord de Lyon qui sépare Sathonay-Camp et Sathonay-Village.

Biodiversité Wauquiez Vallon
Bénédicte s’oppose au passage d’un BHNS de Laurent Wauquiez qui menacerait la biodiversité des lieux. Crédits LMB/Rue89Lyon

Sur cette ancienne voie de chemin de fer reliant Sathonay-Camp à Trévoux, dans l’Ain, la Région ambitionne de faire rouler un bus à haut niveau de service (BHNS). Objectif : désengorger la rive gauche du Val-de-Saône, saturée par le trafic automobile aux heures de pointe. Avec ce BHNS, la Région espère offrir aux habitants un moyen de transport reliant Trévoux à Lyon en moins d’une heure.

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Report de la table ronde sur la médiatisation des violences sexistes et sexuelles

Report de la table ronde sur la médiatisation des violences sexistes et sexuelles

Alors que la mobilisation contre la réforme des retraites bat son plein à Lyon, Rue89Lyon a décidé de reporter sa table ronde sur les violences sexistes et sexuelles, prévue le mardi 28 mars.

Mardi 28 mars, Rue89Lyon devait organiser une table ronde sur le traitement médiatique des violences sexistes et sexuelles. Isabelle Garcin-Marrou et Aurélie Olivesi, deux chercheuses lyonnaises en sciences de l’information et de la communication, ainsi que Sarah Brethes, journaliste à Mediapart, devaient intervenir à cette occasion. Nous avons décidé de la reporter.

Rue89Lyon violences sexistes et sexuelles

La table ronde sur les violences sexistes et sexuelles de Rue89Lyon reportée

Pour cause, cette table ronde était prévue dans le Grand amphi de Sciences Po Lyon, mardi 28 mars. Une date choisie également par l’intersyndicale pour sa prochaine (grosse) manifestation contre la réforme des retraites. Une mobilisation à laquelle ne manqueront certainement pas de se joindre les étudiant·es, ceux de Sciences Po Lyon y compris, en bloquant leurs lieux d’études.

Dans ce contexte, Rue89Lyon a décidé de reporter cette table ronde à une date ultérieure – dès qu’Emmanuel Macron aura retiré sa réforme des retraites, par exemple. Nous ne manquerons pas de communiquer à nouveau dès que nous aurons fixé une nouvelle date.

En parallèle de cette riche actualité militante à Lyon, notre campagne d’abonnement est toujours en cours. Pour rappel, nous devons atteindre au moins les 1000 abonné·es d’ici le 31 mars pour survivre. Nous en sommes actuellement à 930… Abonnez-vous !

Rassemblement ce samedi à Villeurbanne contre la venue d’Éric Zemmour

Rassemblement ce samedi à Villeurbanne contre la venue d’Éric Zemmour

Contre à la venue d’Éric Zemmour ce samedi 25 mars, les antifascistes de la Jeune Garde appellent à un rassemblement. A la suite d’un arrêté préfectoral d’interdiction de manifester, le rendez-vous a été déplacé fixé à 12h au métro Flachet.

En déplacement à Villeurbanne ce samedi 25 mars, Éric Zemmour risque d’avoir droit à un comité d’accueil.

L’ex-candidat Reconquête à la présidentielle va venir dédicacer son dernier livre au Centre culturel et de la vie associative (CCVA) de Villeurbanne.

Éric Zemmour autorisé par le tribunal administratif de Lyon à venir à Villeurbanne

Le maire PS de Villeurbanne, Cédric Van Styvendael, avait pris ce mercredi 22 mars un arrêté pour interdire la tenue de l’événement, invoquant « un risque de troubles à l’ordre public mettant en danger la sécurité des personnes » et qui engagerait « [sa] responsabilité ». 

Profession foi Zemmour
Profession de foi d’Eric Zemmour, candidat d’extrême droite à l’élection présidentielle 2022. Photo BE/Rue89Lyon

Interrogé par Le Progrès, Cédric Van Styvendael avait affirmé que « la présence d’Éric Zemmour n’était pas mentionnée dans la demande de réservation de la salle, tout comme le nombre de personnes attendues ». D’après le quotidien, les militants Reconquête du Rhône avaient annoncé que 600 personnes s’étaient d’ores et déjà inscrites pour cet événement.

Suite à cette décision du maire, l’association Reconquête avait saisi le tribunal administratif de Lyon en référé-liberté.

Ce vendredi 24 mars, le tribunal a annulé l’arrêté du maire de Villeurbanne et a décidé « d’enjoindre au maire de la commune de Villeurbanne de mettre à sa disposition la salle en cause le samedi 25 mars 2023 de 14 heures à 20 heures ».

Un arrêté préfectoral d’interdiction de manifestation

L’arrêté municipal n’avait de toute manière pas découragé Éric Zemmour, qui avait décidé de maintenir sa visite à Villeurbanne ce samedi 25 mars.

Le maire de Villeurbanne, Cédric Van Styvandael, a de son côté réagi à l’annulation de son arrêté par le tribunal administratif, et a demandé des effectifs de police supplémentaires :

« Je prends acte de la décision du juge administratif. Dès lors qu’ils décident de maintenir leur événement, j’appelle les organisateurs à la responsabilité. Compte tenu du contexte de fortes tensions au niveau local et national, des risques d’atteinte à la sécurité des participants et autres usagers du CCVA, j’ai sollicité les services préfectoraux pour que des effectifs de police soient déployés aux abords de la salle et dans Villeurbanne. Nous leur apporterons notre soutien dans la limite des compétences qui sont les nôtres. »

Toujours en réaction à la décision du TA de Lyon, la préfète du Rhône a pris vendredi soir un arrêté d’interdiction de manifestation dans un large périmètre autour du lieu où doit venir Eric Zemmour. A noter que ce même samedi, Fabienne Buccio a également interdit de manifester dans une grande partie de la Presqu’île et autour de la préfecture du Rhône.

Un rassemblement maintenu mais déplacé ce samedi à Villeurbanne pour accueillir Éric Zemmour

Malgré la décision du tribunal administratif et l’arrêté préfectoral, les antifascistes de la Jeune Garde appellent toujours à un rassemblement à partir de 12h.

Le rendez-vous initialement prévu devant le palais des sports est déplacé à l’arrêt de métro Flachet.

Une journaliste de Rue89Lyon matraquée à la manifestation contre la réforme des retraites

Une journaliste de Rue89Lyon matraquée à la manifestation contre la réforme des retraites

Alors qu’elle couvrait la manifestation du 23 mars contre la réforme des retraites, notre journaliste Laure Solé a pris un violent coup de matraque sur la hanche. Rien de cassé, mais une inquiétude persistante : comment travailler alors que les tensions en manifestation et le maintien de l’ordre deviennent de plus en plus violents ?

Ce jeudi 23 mars, une manifestation contre la réforme des retraites s’est élancée vers midi, au départ de la Manufacture des Tabacs. Une manifestation qu’on peut voir comme le point culminant d’une semaine marquée par de nombreuses actions contre la réforme des retraites. À Lyon, on dénombrait 55 000 manifestants selon les syndicats, 22 000 selon la préfecture du Rhône.

C’est au cours de cette manifestation que Laure Solé, journaliste pour Rue89Lyon, a écopé d’un violent coup de matraque sur la hanche. Les faits se déroulent peu avant 13 heures, sur le cours Gambetta, au croisement de la rue Vendôme et de la rue Chavant (Lyon 7e).

Manifestation à Lyon : notre journaliste, identifiée comme telle, crie « presse » et se fait matraquer quand même

Alors que la tête du cortège est à l’arrêt, des groupes de manifestants essaient à deux reprises d’emprunter les deux rues adjacentes, jetant de multiples projectiles sur les forces de l’ordre. Les policiers repoussent les manifestants en bloc, jetant des gaz lacrymogènes dans la foule compacte. Alors que le cortège de tête est enfumé, un groupe retente de forcer le passage rue Chavant.

Notre journaliste Laure Solé est alors penchée sur son téléphone, documentant les événements pour le live de la journée, placée en retrait des affrontements, sur le parking de la placette.

Soudainement, des manifestants hurlent « charge ». Elle tourne la tête vers la rue Chavant, mais les forces de l’ordre viennent de l’opposé, de la rue Vendôme, et déferlent sur la place, pénétrant le cortège matraque à la main.

C’est durant cette charge que les forces de l’ordre confisquent l’une des deux banderoles du cortège de tête. Notre journaliste se plaque contre une voiture, statique, afin d’éviter d’être emportée dans le mouvement de foule. Dans la cohue, un manifestant la pousse entre deux voitures.

Deux policiers de la compagnie départementale d’intervention (CDI) s’engouffrent entre les deux voitures. Le premier passe devant notre journaliste sans s’arrêter, le second frappe violemment le premier manifestant au niveau des hanches, puis notre journaliste de la même façon en s’égosillant : « casse-toi de là », « dégage », « cassez-vous ». Notre journaliste hurle « presse ! » sans succès. Le policier disparaît dans la foule, brandissant sa matraque au-dessus de sa tête.

Aujourd’hui, un hématome, demain quoi ?

Abasourdie, elle reprend ses esprits sous un des arrêts de bus du cours Gambetta avant de reprendre son travail, documentant la manifestation jusqu’à 16 heures passées. Elle écope d’un hématome et de courbatures. Rien de grave. Même si les méthodes de maintien de l’ordre utilisées sur les manifestants comme sur les journalistes nous inquiètent.

Aujourd’hui, un hématome, demain, quoi ? Les journalistes de terrain doivent-ils craindre de recevoir des coups ou d’être blessés à chaque fois qu’ils partent documenter un mouvement social ?

Notre journaliste portait le brassard officiel lors de la manifestation

Laure Solé pense ne pas avoir été identifiée comme journaliste par le policier. Masquée pour ne pas être asphyxiée et aveuglée par les gaz, elle portait pourtant son brassard presse officiel de la Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels (CCIJP). Le seul signe distinctif reconnu par la profession, uniquement attribué par cette même commission.

Un petit brassard en cuir dans lequel les journalistes glissent leurs cartes de presse, que les forces de l’ordre doivent être formées à identifier.

Alors qu'elle documentait la manifestation du 23 mars contre la réforme des retraites, notre journaliste a pris un coup de matraque.
Le brassard presse de la CCIJP, seul signe distinctif reconnu par la profession, attribuée par la Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels

Questionnée à propos de ce coup de matraque, la préfecture du Rhône se dit « navrée » de ce qui est arrivé à notre journaliste mais peine à trouver une solution qui permettrait aux journalistes d’être mieux identifiables par les forces de l’ordre. De plus, celle-ci relativise le bénéfice du port du brassard de la CCIJP :

« Beaucoup de journalistes ne souhaitent pas être identifiés et décident de ne pas en porter. C’est compliqué de trouver une solution qui conviendrait à tout le monde. »

La préfecture rappelle la mise en place récente d’une boucle WhatsApp dans laquelle elle tente de prévenir les journalistes de Lyon des manœuvres des forces de l’ordre ainsi que d’éventuels débordements lors des manifestations lyonnaises.

Un dispositif salué par certains journalistes de Lyon. Cependant, cela ne règle en rien le problème : si les journalistes se mettent en retrait lors de moments potentiellement violents en manifestation, comment les couvrir et documenter les mouvements sociaux ?

La place Antonin Poncet sous les gaz lors de la manifestation contre la réforme des retraites du 23/03 ©LS/Rue89Lyon
La place Antonin Poncet sous les gaz lors de la manifestation contre la réforme des retraites du 23 mars 2023Photo : LS/Rue89Lyon

Depuis l’annonce du 49.3 le 16 mars, Rue89Lyon a déjà recueilli les témoignages de deux journalistes victimes du maintien de l’ordre à Lyon. Maéva, une journaliste indépendante qui couvrait la manifestation sauvage du 20 mars pour un média local, s’est retrouvée prise dans une nasse, rue Sébastien Gryphe (Lyon 7e).

Le même soir, Rodolphe Koller, journaliste pour Tribune de Lyon, a été victime d’un matraquage. Il a reçu un premier coup de matraque sur les doigts et le téléphone, puis un deuxième sur la cuisse.

La cour d’appel de Lyon ne livrera pas Vincenzo Vecchi à l’Italie

La cour d’appel de Lyon ne livrera pas Vincenzo Vecchi à l’Italie

Comme Rennes et Angers avant elle, la cour d’appel de Lyon a refusé ce vendredi 24 mars de renvoyer Vincenzo Vecchi en Italie. Ce militant risque 12 ans de prison dans son pays natal pour avoir participé au contre-sommet de Gênes, en 2001.

« Vous avez un choix moral à faire », avait lancé Vincenzo Vecchi au président de la cour d’appel de Lyon le 24 février dernier. Un mois plus tard, la juridiction lyonnaise a tranché. Et c’est le soulagement pour le militant et ses soutiens : Vincenzo Vecchi ne sera pas remis à l’Italie.

Pour rappel, Vincenzo Vecchi est un militant anticapitaliste et antifasciste italien, traqué par son pays depuis plus de dix ans. Son tort est d’avoir participé au contre-sommet de Gênes en 2001, qui a rassemblé près de 300 000 manifestant·es venu·es de toute l’Europe.

Vincenzo Vecchi Lyon
Une centaine de personnes de Lyon, de Bretagne ou encore de Milan sont venues soutenir Vincenzo Vecchi ce vendredi 24 février devant la cour d’appel de Lyon.Photo : OM/Rue89Lyon

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Lyon : une manifestation contre la loi immigration ce samedi

Lyon : une manifestation contre la loi immigration ce samedi

Après les rassemblements organisés par les collectifs anti-CRA contre le projet de loi asile et immigration, une nouvelle manifestation aura lieu à Lyon ce samedi 25 mars.

Après une semaine riche en grève et mobilisations contre la réforme des retraites, le collectif de soutien aux réfugiés et migrants Lyon 69 appelle à manifester samedi 25 mars contre la loi immigration portée par Gérald Darmanin. Le rendez-vous est donné sur la place Bellecour (Lyon 2e) à partir de 14 heures pour se rendre devant la préfecture, via la Guillotière.

A Lyon, le retrait du projet de loi immigration demandé

Le 1er février, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin présentait une première version de sa loi immigration au conseil des ministres. Pour rappel, le texte propose la régularisation automatique des étrangers qui travaillent dans les secteurs en tension. Avec cette loi, un non renouvellement de titre de séjour aboutirait à une obligation de quitter le territoire français (OQTF) et à un placement systématique en centre de rétention administrative (CRA). S’il est adopté, ce projet impliquera également la multiplication de ces centres de rétention administrative.

Le 22 mars, bousculé par la réforme des retraites, Emmanuel Macron a décidé de repousser l’examen du projet de loi, initialement prévu le 28 mars.

Mais les organisations maintiennent la manifestation :

« Macron a annoncé que le projet de loi ne sera pas retiré mais que les propositions du gouvernement seront reprises dans le cadre de différents textes, « présentés dans les semaines à venir ». L’objectif évident étant de diviser les résistances. Nous demandons le retrait du projet non pas son découpage en une, deux, ou trois lois ».

Darmanin loi immigration Lyon
Gérald Darmanin en 2019.Photo : Jacques Paquier/Wikimedia Commons

Cette manifestation du 25 mars à Lyon s’inscrit dans un appel national lancé par le collectif Uni·es contre l’immigration jetable (UCIJ) qui regroupe plusieurs associations, syndicats et collectifs. Ils dénoncent une volonté du gouvernement de criminaliser les migrants en les assimilant à des « délinquants », et en fermant les frontières pour empêcher leur arrivée.

[Direct] Après le 49.3, un regain de mobilisation contre la réforme des retraites à Lyon

[Direct] Après le 49.3, un regain de mobilisation  contre la réforme des retraites à Lyon

Après l’utilisation de l’article 49.3 et le rejet des motions de censure, la mobilisation contre la réforme des retraites reste forte à Lyon et en France. L’intersyndicale a organisé une journée d’actions et de manifestation ce jeudi 23 mars. Rue89Lyon l’a suivie en direct.

Depuis l’annonce de l’utilisation de l’article 49.3 de la constitution, jeudi 16 mars et l’échec, à neuf voix près, d’une des deux motions de censure, lundi 20 mars, la mobilisation ne faiblit pas contre la réforme des retraites. Lyon croule sous les actions militantes entre grèves reconductibles, manifestations sauvages le soir et blocages en journée.

Le monde de la culture, aussi, s’est mobilisé. L’Opéra de Lyon a vu ses spectacles bloqués pendant tout un week-end. Quelques mètres plus loin, le musée des Beaux-Arts est occupé par le collectif « Culture en lutte 69 » depuis le dimanche 19 mars.

À Lyon, une manifestation contre la réforme des retraites toujours importante

L’intersyndicale du Rhône avait appelé à une nouvelle journée de grève et de manifestations, ce jeudi 23 mars. Le départ de la manif s’est fait au niveau de la Manufacture des tabacs (métro Sans-Souci) à 11 heures et s’est terminé place Bellecour (Lyon 2e).

Le matin, plusieurs établissements d’enseignement supérieurs étaient bloqués à Lyon, notamment l’ENS, les deux campus de l’Université Lyon 2 et le campus de l’ENTPE et l’ENSAL à Vaulx-en-Velin. Le syndicat lycéen La Voix Lycéenne recensait aussi entre 15 et 20 lycées bloqués à Lyon.

Les syndicats se félicitent d’avoir réuni 55 000 manifestants (la plus grosse mobilisation depuis le début de la mobilisation en janvier), tandis que la préfecture annonçait 22 000 manifestants (moins que le 7 mars, avec 25 000 manifestants).

manifestation contre la réforme des retraites
La manifestation contre la réforme des retraites au niveau de la Guillotière, à Lyon, le 16 février 2023.Photo : PL/Rue89Lyon.

La dernière manifestation syndicale, du mercredi 15 mars, avait réuni 22 000 personnes selon les syndicats et 8500 personnes selon la préfecture. Les manifestations spontanées, qui se sont tenues le soir du 16 au 22 mars, avaient quant à elles réunis entre plusieurs centaines et milliers de personnes.

>> La rédaction de Rue89Lyon a suivi en direct cette journée d’actions du 23 mars.

Bonjour à tous et toutes !

Un petit point sur la grève dans les transports pour commencer. Au niveau de la circulation des trains, la grève est plutôt suivie avec un TER sur trois qui circule en moyenne nationale. Pour en savoir plus au niveau local, il faut consulter les horaires mis à jour par la SNCF. Du côté des TGV et INOUI, seul un train sur deux circule.

Sur le réseau TCL, la grève est en revanche assez peu suivie. Les métros circulent tous normalement, tout comme les funiculaires. Seulement trois lignes de tramway circulent avec des fréquences allégées :

    La ligne T2 circule avec une fréquence de 7 min La ligne T3 circule avec une fréquence de 9 min La ligne T4 circule avec une fréquence de 7 min

Concernant les bus :

    Les lignes suivantes circulent avec une fréquence allégée : C26, 15, 25, 63, 79, 80, 81, 86 et 88La ligne C12 circule uniquement entre « Hôpital Feyzin Vénissieux » et « Jean Macé »Les lignes suivantes ne circulent pas : C6E et C15E

L’aéroport Saint-Exupéry est aussi touché par les grèves, qui ont débuté mercredi 22 mars au soir et devraient se terminer vendredi 24 mars à 6h, a annoncé la Direction générale de l’Aviation civile.

Une nouvelle fois, les campus des quais et de Porte des Alpes de l’université Lyon 2 sont bloqués par des étudiants. L’université a annoncé que les cours ne pourront pas s’y tenir aujourd’hui.

L’ENS de Lyon, située à Lyon 7e, est également bloquée. «Toutes les activités administratives et d’enseignement sont annulées pour la journée sur les sites de Monod et Descartes», prévient l’établissement.

Quant aux lycées, la Voix Lycéenne de Lyon, syndicat lycéen, affirme qu’entre 15 et 20 lycées sont bloqués ce matin à Lyon « selon les premiers chiffres remontés ». Le syndicat évoque les lycées Ampère-bourse, lycée du Parc, lycée Charlie Chaplin, lycée Mérieux, lycée Récamier, Condorcet, Saint-Just, Lacassagne, la Martinière-Diderot, la Martinière Montplaisir et le lycée Marcel Sembat.

Un rassemblement doit avoir lieu ce matin à 8h30 devant la mairie de Rillieux-la-Pape. Il est organisé par les personnels de l’éducation du secteur de Rillieux. Leur but est de « protester contre une réforme des retraites à marche forcée et présentée comme la seule solution viable, alors même que d’autres sources de financement existent mais que le gouvernement se refuse à les évoquer ».

Un rassemblement symbolique, alors que le député LR de la circonscription, Alexandre Vincendet, ancien maire de Rillieux-la-Pape, n’a pas voté la motion de censure du 20 mars qui aurait pu rejeter la réforme des retraites. Pour rappel, il manquait 9 voix, qui auraient pu être trouvées chez Les Républicains.

Hier soir, mercredi 22 mars, une nouvelle manifestation sauvage contre la réforme des retraites était organisée dans les rues de Lyon. Plusieurs centaines de manifestants se sont élancés de la place des Terreaux. Il s’agissait de la cinquième depuis l’annonce du recours à l’article 49-3, jeudi 16 mars.

Rue89Lyon a analysé le maintien de l’ordre lors de ces manifestations, qui rappelle la répression du mouvement des gilets jaunes. Retrouvez notre article : Réforme des retraites, vers une « giletjaunisation » du maintien de l’ordre à Lyon

Fait rare : le campus de Vaulx-en-Velin des écoles ENTPE (ingénieurs) et de l’ENSAL (architectes) est bloqué ce matin. C’est la première fois depuis le début du mouvement contre la réforme des retraites, « et pour la première fois de son histoire», ajoute même une étudiante. Depuis 5h30 ce matin, une cinquantaine d’étudiant·es sont mobilisé·es pour bloquer l’accès aux établissements.

« Nous souhaitons le retrait de cette réforme injuste et injustifiée. L’urgence se situe au niveau de la crise écologique. Cette réforme cherche à augmenter la productivité du pays quand le 6e volet du rapport du GIEC vient de sortir et nous supplie de revoir en profondeur notre système économique car la croissance n’est pas soutenable », revendiquent les étudiant·es mobilisé·es.

Le campus de l’ENTPE, école d’ingénieur de Vaulx-en-Velin, bloquée le jeudi 23 mars au matin contre la réforme des retraites. DR
Le campus de l’ENTPE, école d’ingénieur de Vaulx-en-Velin, bloqué « pour la première fois de son histoire » le jeudi 23 mars au matin contre la réforme des retraites. DR

Il est 11h, la manifestation syndicale doit s’élancer de la manufacture des Tabacs. Le cours Albert Thomas encore clairsemé, commence à se remplir.

Le début de la manifestation du 23 mars contre la réforme des retraites à Lyon.Photo : LS/Rue89Lyon

Le syndicat CGT Lyonnais de l’énergie refait ses pancartes avant de partir. Fabio* nom d’emprunt, est mobilisé depuis 1996 et syndiqué depuis 1997.

« J’étais de toutes les luttes pour nos retraites. On est là pour l’intérêt général. Que le 49-3 soit passé ça nous renforce car le gouvernement n’a pas pris la pleine mesure de ce qu’il a fait», soutient-il.

Hier, jeudi 22 mars, les syndicalistes ont coupé l’électricité au siège de l’Hôtel de Région à Lyon. La collectivité est dirigée par Laurent Wauquiez, des Républicains. « C’est une manière de montrer notre savoir faire et d’interpeller. Ça montre le degré de mobilisation », explique-t-il.

Fabio (nom d’emprunt), à gauche, refait la banderole du syndicat CGT lyonnais de l’énergie avant le départ de la manifestation du 23 mars contre la réforme des retraites à Lyon.Photo : LS/Rue89Lyon


Manon Morel est présidente de l’Unef Lyon et en deuxième année de sciences politiques à Lyon 2. Elle fait un bilan de la matinée de mobilisation chez les étudiant·es.

« Aujourd’hui les universités Lyon 2 et Lyon 3 sont bloquées. C’est simple d’organiser le blocage des facs car le 49-3 a eu un impact sur les troupes, qui se sont remotivées. Sur toute la France plus de 75 établissements bloqués, même Assas à Paris (L’Université Paris-Panthéon-Assas est réputée pour être à droite, ndlr) »

Elle se félicite de voir « des cortèges de jeunes beaucoup plus grands que d’habitude », et considère que le 49-3 est « la dernière pierre d’un mépris » du gouvernement pour la population et pour les étudiant·es.

Manon Morel, présidente de l’UNEF à Lyon.Photo : LS/Rue89Lyon


Jean-Michel 64 ans, est inspecteur du travail. Il part dans un an à la retraite. Syndiqué à la CGT, c’est sa neuvième manifestation depuis janvier contre la réforme des retraites. À l’inspection du travail, une cinquantaine de personnes sont mobilisées depuis le début du mouvement. Pour lui, le 49-3 a ajouté de la colère à cette mobilisation.

« Il semblerait que le gouvernement ne comprenne que les actions radicale et les blocages, constate Jean-Michel. C’est lui qui exaspère la population. Maintenant, je ne vois pas comment on peut se faire entendre autrement. Peut-être qu’un référendum pourrait mettre en évidence que la réforme n’est pas suivie »

Jean-Michel (à gauche), inspecteur du travail, mobilisé avec ses collègues contre la réforme des retraites à Lyon.Photo : LS/Rue89Lyon

Cédric est électricien en centrale nucléaire, à Saint-Vulbas. Il fait partie de la CFE-CGC, avec qui il manifeste pour la 8e fois depuis début 2023 contre la réforme des retraites. « D’habitude, on est plutôt plutôt un syndicat réformiste, qui fait des propositions. Le 49-3, ça m’a un peu déprimé. Je n’imaginais pas que le gouvernement passerait, on voudrait se remettre autour d’une table », commence-t-il. Il propose de payer à égalité les hommes et les femmes, pour augmenter les cotisations et financer les retraites.

« C’est nécessaire de bloquer le pays, soutient-il à présent. Le gouvernement s’est félicité en janvier d’avoir des manifs citoyennes, mais elles n’ont pas forcément eu d’impact. Ça m’interroge. On peut réitèrer les manifs, mais on voit que ça ne marche pas. Tout ce qui n’a pas été traité démocratiquement dans l’hémicycle se retranscrit en une violence démonstrative, humaine. Elle est légitime. »

Cédric (à gauche), électricien en centrale nucléaire, manifeste pour la 8e fois contre la réforme des retraites.Photo : LS/Rue89Lyon

Béatrice a presque 60 ans et travaille à la CPAM, elle s’est surtout mobilisée contre cette réforme des retraites et milite à la CFDT. C’est la première fois qu’elle vient en manifestation depuis début janvier, même s’il s’agit de son quatrième jour de grève.

« J’ai vu des collègues partir à 60 ans. Que nous on doive travailler plus c’est inadmissible, je veux pas mourir avant d’avoir profité de ma retraite. Ce n’est pas juste ! », tonne-t-elle.

Pour qualifier le passage de la réforme avec le 49-3, la militante a des mots très durs, à la hauteur de sa colère : « C’est inadmissible, c’est dégueulasse. J’en suis tombée de ma chaise, j’étais en furie. On a proposé à Macron des négociations, qu’il a refusé, et maintenant il dit que c’est grave que des gens cassent. Je ne suis pas pour le vandalisme mais je peux comprendre »

« Tous ceux qui se sont battus pour les régimes spéciaux, on piétine leur mémoire. Il faut qu’on gagne », espère-t-elle.

Béatrice travaille à la CPAM. Elle manifeste pour la première fois contre la réforme et fait le signe de la victoire. Elle espère que le mouvement social gagne.Photo : LS/Rue89Lyon

Une petite sélection de pancartes qui parsèment la manifestation.

Les premières tensions entre la tête de cortège et les forces de l’ordre ont débuté au croisement du cours Gambetta et de la rue Vendôme. Un black bloc s’est constitué en tête du cortège, très dense, selon notre journaliste sur place.

Ses membres s’attaquent pour l’instant à des banques et panneaux publicitaires. Le dispositif policier est très important. Certains manifestent tentent de s’engouffrer dans les rues adjacentes mais sont repoussés et gazés par les forces de l’ordre.

Les policiers ont chargé le cortège des deux côtés, depuis la rue Chavant et depuis la rue Vendôme. Notre journaliste, pourtant signalée d’un brassard, vient de prendre un coup de matraque à la hanche.

Les charges n’ont pas suffit à faire reculer les manifestants, qui sont restés près de l’intersection. Les policiers ont reculé sous les jets de projectiles des manifestants.

Une banderole renforcée du cortège de tête a été récupérée par les forces de l’ordre.

Le cortège s’est remis à avancer. Dans leur chemin jusqu’à la place Gabriel Péri, un cordon de CRS tentait de les freiner avant de les laisser passer.

Les manifestants du cortège de tête attendent maintenant place Gabriel Péri. Le reste du cortège doit les rejoindre. Des policiers sont postés à toutes les intersections.

Le cortège arrive sur le pont de la Guillotière.

Pour avoir une idée de la densité du cortège de tête, le voici quelques minutes plus tôt sur le cours Gambetta.

Devant la rue de la Barre, pas de canon à eau. Les camions de gendarmes mobiles sont déployés, et les manifestants du cortège de tête restent statiques et leur font face, avec des insultes et des jets de projectiles. Les forces de l’ordre répliquent par une charge. Certains manifestants fuient en direction de la place Antonin Poncet, l’autre partie reste groupée près du pont de la Guillotière.

La manifestation n’est pas encore arrivée à Bellecour et que les affrontements continuent devant la rue de la Barre. Une de nos journalistes, place Bellecour, constate que toutes les rues adjacentes à la place sont bloquées par un dispositif policier.

La situation est particulièrement tendue rue de la Barre. Les forces de l’ordre sont retranchées près de leurs camions et subissent des jets de projectile en continu.

Le black bloc reste devant les forces de l’ordre. Derrière, le reste des manifestants passent au compte goutte sur le quai Gailleton mais uniquement le long du Rhône.

La situation se débloque enfin rue de la Barre, le black bloc a finalement avancé et le reste du cortège avec. Il y a eu finalement très peu de charges du côté de la police, ni même de gaz lacrymogènes.
Une partie des manifestants est descendu sur la route en contrebas et bloque la circulation. Mais ils sont vite dispersés par les forces de l’ordre avec force gaz lacrymogènes. Le nuage est si dense qu’il accompagne les manifestant qui s’acheminent place Bellecour.

L’intersyndicale annonce 55 000 manifestants, soit le plus haut niveau de mobilisation à Lyon depuis le début des manifestations contre la réforme des retraites à Lyon. De son côté, la préfecture annonce 22 000 personnes (contre 25 000 le 31 janvier et le 7 mars).

La situation reste tendue sur la trémie du quai Gailleton, près du bouquet de fleurs. Le service d’ordre de l’intersyndicale tente de protéger le reste du cortège qui essaie de rejoindre la place Bellecour, tandis que des manifestants plus radicaux continuent de jeter des projectiles sur les forces de l’ordre.

Il est presque 15h30 et la place Bellecour est encore remplie.

Un nouvel appel à manifester à Lyon le soir même circule dans les rangs de la manifestation. Le rendez-vous est donné à 19h, place des Jacobins (Lyon 2e), dans la même lignée que les manifestations spontanées qui ont eu lieu en soirée depuis l’annonce du recours au 49-3 le jeudi 16 mars.

La place se vide peu à peu, seul quelques groupes continuent d’affronter la police, qui réplique par des gaz lacrymogènes.

C’est la fin de ce live, merci à tous et toutes de l’avoir suivi !