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Actualités, enquêtes à Lyon et dans la région

L’épopée d’un photographe de Lyon victime de violences policières pour obtenir justice

L’épopée d’un photographe de Lyon victime de violences policières pour obtenir justice

[Info Rue89Lyon] Eric Le Roux a été victime de violences policières à la manifestation sauvage du 18 mars dernier à Lyon. Il a été matraqué et a perdu connaissance. Souffrant d’une perte de mémoire, c’est une vidéo qui l’a aidé à recoller les morceaux. Rue89Lyon a pu y avoir accès. Une enquête de l’IGPN a été ouverte.

Eric Le Roux a 54 ans, il est photographe scientifique. Depuis sa séparation il y a quatre ans, il passe son temps libre à photographier les mouvements sociaux et se définit lui-même comme « photographe indépendant ». Il s’est donc rendu autant que son travail lui permettait de le faire aux mobilisations contre la réforme des retraites.

Il se décrit comme très peu politisé, « ni du côté des flics, ni du côté des manifestants ». Un profil pour le moins atypique parmi ceux qui se rendent aux manifestations dites « sauvages » (car non déclarées en préfecture). Eric Le Roux n’en a pas raté une seule et c’est au cours de l’une de ces premières mobilisations du soir qu’il a été victime de violences policières.

« Je sentais que le climat avait changé. J’en ai fait 150 des manifestations, mais avec le 49-3, on était passés à quelque chose de différent, de plus violent. »

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Abonné·es : Gagnez des places pour le concert de Godspeed You! Black Emperor au Transbordeur

Abonné·es : Gagnez des places pour le concert de Godspeed You! Black Emperor au Transbordeur

Rue89Lyon offre à ses abonné·es cinq places pour deux personnes pour le concert de Godspeed You! Black Emperor le vendredi 14 avril au Transbordeur.

Pour ceux et celles qui ne connaissent pas encore ce groupe de Montréal, voici la présentation du Transbordeur :

« Formé en 1994 et étroitement lié à l’histoire du prestigieux label Constellation Records, Godspeed You! Black Emperor se pose en collectif artistique engagé, foncièrement anticapitaliste, utopiste, et évoluant sous les radars de l’ère du média omniscient. Inspiré par la pandémie, leur septième album enregistré masqué et distancié prend des airs de bande-son de fin du monde. Un voyage épique et orageux qui confirme une certaine vision de la musique, nourrie de jazz, de musique électronique, de classique et d’expérimentation; cassant les formats, les rythmiques, les structures et les usages ».

Avec Marisa Anderson en première partie.

> Vendredi 14 avril à 19h30. Toutes les infos ici.

Pour gagner des places, il faut être abonné·e à Rue89Lyon et envoyer un mail à hello@rue89lyon.fr :

    Dans l’objet, indiquez « concert Godspeed You! Black Emperor » Dans le corps du mail, notez votre nom et prénom

Les places sont à retirer directement à la billetterie le soir du concert.

Vous n’êtes pas encore abonné·e ? Alors rendez-vous par ici !

[Mise à jour le lundi 10 avril : Nous n’avons malheureusement plus de place à offrir aux abonné·es]

Affaire Perdriau : nouvelle garde-à-vue pour le maire de Saint-Étienne

Affaire Perdriau : nouvelle garde-à-vue pour le maire de Saint-Étienne

Mardi 4 avril, Gaël Perdriau, maire de Saint-Étienne, a été de nouveau placé en garde-à-vue avec trois autres protagonistes. Les quatre garde-à-vues ont été prolongées le lendemain et sont toujours en cours. Pour le moment, Gaël Perdriau n’a toujours pas démissionné de ses fonctions de maire et président de la Métropole de Saint-Étienne. Chronologie des nombreux rebondissements de cette affaire de chantage à la sextape.

C’est un véritable scandale politique qui secoue la ville de Saint-Etienne depuis la fin de l’été 2022. En cause : un chantage à la sextape visant le premier adjoint au maire, Gilles Artigues. Ce père de famille, très investi dans la communauté catholique, a été filmé à son insu dans une chambre d’hôtel en compagnie d’un escort boy. Cette vidéo a ensuite été utilisée pour faire pression sur lui. Un complot qui aurait été savamment orchestré par l’équipe du maire de Saint-Étienne.

Le 13 octobre 2022, nous avions fait une première chronologie de cette affaire. Ce 8 décembre, alors que Gaël Perdriau (ex-LR) est toujours en poste, nous vous proposons une (nouvelle) mise à jour. Retour en détail sur cette affaire.

Lyon Saint-Etienne Perdriau
Le président de la Métropole de Saint-Etienne, Gaël Perdriau, le 17 mai 2021.Photo : OM/Rue89Lyon

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Beaujolais : le #MeToo du vin nature devant la justice ce jeudi

Beaujolais : le #MeToo du vin nature devant la justice ce jeudi

Jeudi 6 avril, Isabelle Perraud, vigneronne dans le Beaujolais, près de Lyon, et présidente de Paye ton pinard, l’association ayant lancé le « #MeToo du vin », comparaît devant le tribunal de Bourges. Elle est attaquée en justice par le vigneron Sébastien Riffault pour diffamation. Il lui reproche d’avoir relayé des articles l’accusant de harcèlement et d’agressions sexuelles.

Ce jeudi 6 avril, le tribunal de Bourges aura à démêler une affaire qui met en émoi le monde du vin nature. Depuis cet été, un conflit dure entre Isabelle Perraud, vigneronne dans le Beaujolais et présidente de l’association Paye ton pinard et Sébastien Riffault, vigneron à Sancerre (Centre-Val-de-Loire). 

Viticulteur « star » dans le milieu du vin nature, il l’accuse d’avoir relayé des propos diffamatoires tenus à son encontre. Dans ces derniers, le vigneron est accusé d’être l’auteur de harcèlement et de violences sexuelles. 

Pour comprendre cette affaire, il faut revenir au Danemark, en février dernier. Sans donner de nom, un témoignage de Lisa Lind Dunbar, publié sur un blog, met en cause un « vigneron français bien connu » pour des faits de harcèlement et d’agressions sexuelles. À la suite de cette publication, la journaliste danoise Maya Tekeli recueille pour le média Frihedsbrevet des témoignages accusant cette « star » viticole de faits similaires, toujours sans nommer le vigneron.

L’affaire s’emballe. Bien qu’il ne soit pas cité, Sébastien Riffault est identifié par ses clients. Certains retirent leurs vins de leurs cartes dont les responsables du Noma, le très prestigieux restaurant de Copenhague, comme l’indique le média spécialisé dans le vin Vitisphere. Sur le réseau social Reddit, des commentaires anonymes mettent en cause directement le vigneron. Enfin, un caviste de New-York l’affiche littéralement sur les réseaux sociaux en reprenant ces accusations et en le citant.

Vignes
Dans les vignes du Beaujolais.Photo : PL/Rue89Lyon.

#MeToo du vin : les articles relayés jusqu’en France par Paye ton pinard

Jusqu’alors à l’étranger, l’affaire arrive en France via Paye ton pinard, en mai 2022. L’association, regroupant une cinquantaine d’adhérent·es, reprend sur ses réseaux le témoignage de la blogueuse danoise. Elle reprend également l’article de la journaliste et la publication du caviste new-yorkais. Une décision « collective », précise la vigneronne Isabelle Perraud à Rue89Lyon. En tant que présidente de Paye ton pinard, c’est elle qui va être attaquée en justice.

En juin, un groupe se monte pour soutenir Sébastien Riffault. Une trentaine de professionnels du vin « donnent l’alerte à propos du lynchage médiatique » que connaît, selon eux, le vigneron. L’avocat de ce dernier met en demeure le caviste new-yorkais pour son post, qui est retiré. Il met ensuite en demeure Paye ton pinard de faire la même chose. L’association refuse alors de retirer sa publication.

« J’ai subi des pressions pour ne pas parler de l’affaire avant qu’elle sorte en France, nous assurait Isabelle Perraud dans un précédent article. C’est ce qui m’a paru louche… »

Après une audience le 1er septembre dernier, le juge des référés (en charge des procédures d’urgence) a demandé le retrait d’une publication le 22 septembre – celle postée par le caviste new yorkais. Il a également condamné Isabelle Perraud à verser 500 euros à Sébastien Riffault. Mais l’affaire n’a pas été jugée sur le fond.

« Est-ce qu’on doit céder et ne plus en parler ? »

Depuis, la tension ne fait que monter entre les deux protagonistes de l’affaire. Confronté à une importante perte de son chiffre d’affaires, Sébastien Riffault met la responsabilité sur les épaules d’Isabelle Perraud.

« Sur les accusations au Danemark, mon nom n’est mentionné nulle part, rappelait le vigneron à Rue89Lyon dans un précédent article. On est seulement dans un rapport de cause à effet. Je ne peux rien faire ! »

Il le rappelle : aucune plainte n’a été déposée contre lui. Il s’agit donc, selon lui, uniquement de « rumeurs » colportées par une « blogueuse ». En face, Isabelle Perraud met, elle, en avant le travail d’enquête de la journaliste Maya Tekeli, à côté du témoignage paru en amont. Elle précise avoir été plusieurs fois en contact avec cette journaliste.

Isabelle Perraud à l'édition 2022 de Sous les pavés la vigne. Une photo par Houcine Haddouche
Isabelle Perraud à l’édition 2022 de Sous les pavés la vigne.Photo : Houcine Haddouche

#MeToo du vin : deux témoins devant la justice pour soutenir Isabelle Perraud

Depuis le début de l’affaire, elle a aussi perdu un nombre important de clients. Si certains se taisent, d’autres prennent position pour le vigneron. Dans ce contexte, elle comprend d’autant plus celles qui n’osent pas prendre la parole contre les agressions sexuelles.

« Est-ce qu’on doit céder et ne plus en parler ? Cette attaque nous dit clairement : taisez-vous ! », nous expliquait-elle il y a quelques mois.

Après plusieurs audiences de procédure, le tribunal devra juger le dossier sur le fond ce jeudi. Dans cette affaire, Sébastien Riffault va tenter de faire condamner la présidente de Paye ton pinard pour diffamation. Isabelle Perraud devra, elle, prouver sa « bonne foi ». 

De nouveau contactée avant la parution de l’article, elle précise que deux témoins de Suède et du Danemark seront présentes. Une lanceuse d’alerte et une femme ayant directement eu à faire au vigneron. Des preuves qui, elle l’espère, seront suffisantes pour la faire sortir de « l’enfer » qu’elle connaît depuis plusieurs mois.

Sorties à Lyon : la sélection de la rédaction du 5 au 11 avril

Sorties à Lyon : la sélection de la rédaction du 5 au 11 avril

Semaine particulièrement éclectique pour les sorties à Lyon : on y plonge dans l’ère nucléaire, on explore musicalement le trouble du spectre autistique ou les jeux vidéos, tout en suivant une campagne présidentielle. Avec vos bons plans en commentaires, bien sûr.

Déjà 20 ans de street art

Nous évoquions la semaine dernière l’exposition de Shepard Fairey (Obey) initiée par la galerie Spacejunk au Musée Guimet. Eh bien, la galerie spécialisée dans les formes d’art émergentes (enfin, émergentes il y a dix piges), le street art, le pop surréalisme et tout ce qui fait image dans la pop culture contemporaine, fête ses 20 ans. En effet, Spacejunk a été fondée en 2003 à Grenoble, avant d’ouvrir à Lyon six ans plus tard. Au menu de l’anniversaire, des œuvres d’artistes tels que Nicolas Thomas, Caia Koopman, Todd Schörr, Petite Poissone, et bien d’autres dont Shepard Fairey. Vous avez jusqu’à fin mai pour combler votre retard en low brow et autres subtilités artistiques d’aujourd’hui.

20 ans de Spacejunk. À la galerie Spacejunk jusqu’au 20 mai.

Sorties à Lyon Nicolas Thomas Spacejunk
L’Humanité Sauvage en série de Nicolas Thomas à Spacejunk

De la bombe

Dans Atomic Alert, Frédéric Sonntag joue avec deux choses : les images, et la paranoïa engendrée dans les années 50 par la menace nucléaire – celle qui vit tant de fois des écoliers plonger sous leur pupitre pour simuler une attaque atomique. Le metteur en scène pioche ainsi dans des films et documentaires des années 50 américaines et les transforme en film catastrophe en les faisant doubler par cinq comédiens présents sur scène. Images et textes se téléscopent et c’est aussi jouissif que la manipulation opère au cœur de ce grand détournement. .

Atomic Alert. Au TNG du 4 au 6 avril.

Sorties à Lyon TNG Atomic Alert Frédéric Sonntag
Atomic Alert de Frédéric Sonntag

Se faire et défaire un prénom 

Du fait de son prénom que personne ne semble en mesure de prononcer correctement, la vie de Tünde Deak n’est qu’un immense et interminable malentendu phonétique. À partir de là, autant en jouer. C’est donc ce que fait la jeune femme, artiste associée à la Comédie de Valence. Dans Tünde, elle s’invente autant de personnages qu’il existe de prononciations possibles (ou impossibles) pour écorcher son prénom. Une réflexion sur l’onomastique et la manière dont notre nom détermine qui nous sommes et comment nous sommes.

Tünde. À la MJC Saint-Just les 6 et 7 avril.

Sorties à Lyon Tünde MJC saint Just
Tünde de Tünde Deak. Photo : Christophe Raynaud de Lage

Autistes mais surtout artistes

Astéréotypie, comme son nom l’indique, est un groupe singulier. D’abord parce que ses membres – qui chantent et écrivent les textes – sont pour partie autistes. Ensuite, parce qu’on en vient à oublier assez vite cette réalité tant la puissance poétique et sonique de la formation prend le pas sur tout le reste. Dans un mélange de punk-rock et de textes slammés avec rage. Formé dans un institut médicoéducatif au gré des ateliers, Astéréotypie existe depuis dix ans mais est à géométrie variable. Il a explosé sur le devant de la scène rock avec le délicieux Aucun mec ne ressemble à Brad Pitt dans la Drôme.

Astéréotypie. À l’Epicerie Moderne le 7 avril.

Meurice président !

Les auditeurs de France Inter connaissent évidemment les micro-trottoirs à la fois provocateurs et candides (c’est un métier) de Guillaume Meurice. Où l’humoriste-journaliste part à la rencontre des plus beaux spécimens de réac’… pardon, de passants, pour les soumettre à des questions d’actualité. Du genre : « Pour ou contre les Brav-M ? » Mais, en plus d’être le chanteur du groupe macroniste The Disruptives, Meurice sévit également en one-man-show. Galvanisé par un parrainage d’élu (non sollicité) pour la dernière présidentielle, l’humoriste a décidé de se présenter à la prochaine. Et fait sa campagne sur scène. Ça s’appelle Meurice 2027 et c’est évidemment à pleurer. De rire, mais pas que.

Guillaume Meurice – Meurice 2027. À la Bourse du Travail le 7 avril.

Fantasy symphonique

Non seulement les jeux vidéos sont adaptés au cinéma ou en série mais, véritables œuvres d’art à part entière, ils bénéficient de leurs propres bandes originales (BO). Lesquelles sont bien souvent aussi cultes que les jeux qu’elles supportent. Il est donc un peu logique que, comme c’est le cas pour les musiques de films, ces BO aient droit à leurs propres récitals. Surtout quand elles ont valeur de chef d’œuvre comme les pièces symphoniques présentées ici par l’Orchestre national de Lyon, qui accompagnent des sagas comme Final Fantasy, signées Nobuo Uematsu ou Yoko Shimomura. Les fans devraient délaisser leurs consoles et PC pour quelques heures.

Vidéo Games – Final Fantasy & Co. À l’Auditorium les 7 et 8 avril.

La Fondation Abbé Pierre s’alarme de la hausse de l’habitat précaire à Lyon

La Fondation Abbé Pierre s’alarme de la hausse de l’habitat précaire à Lyon

Mardi 4 avril, la Fondation Abbé Pierre a présenté, à Lyon, son rapport 2023 sur le mal-logement dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. Focus sur l’habitat précaire (squats, cabanes, bidonvilles, caravane…), qui concerne 1800 ménages dans le Rhône.

Chaque matin, une file d’attente se crée devant les locaux de la Fondation Abbé Pierre, rue de Créqui (Lyon 7e), constituée de personnes en galère. Ce mardi 4 avril, ce sont les journalistes qui y sont accueillis. L’organisme présente son 28e rapport de l’état du mal-logement en Auvergne-Rhône-Alpes, édition 2023.

Tout comme le Samu Social 69, géré par l’association Alynéa, la Fondation Abbé Pierre recense 10 522 personnes qui ont demandé un hébergement d’urgence dans la métropole de Lyon en 2021. La Fondation a aussi voulu mettre particulièrement en lumière la question de l’habitat précaire, « zone grise » du mal-logement selon elle. Cela concerne, en zone urbaine, les squats, bidonvilles, campements et habitats de fortune comme les cabanes.

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À Lyon, une réponse ce mercredi pour les victimes de la pollution de Grézieu-la-Varenne 

À Lyon, une réponse ce mercredi pour les victimes de la pollution de Grézieu-la-Varenne 

Ce mercredi 5 avril, le tribunal de Lyon va rendre son délibéré sur une affaire de pollution industrielle des sols, à Grézieu-la-Varenne. Une des nombreuses victimes, Audrey Marcodini, attend des réponses avec impatience. 

Ce n’est qu’une affaire judiciaire parmi tant d’autres sur la pollution connue à Grézieu-la-Varenne. Mais celle-ci a quelque chose de symbolique. Ce mercredi 5 avril, le tribunal de Lyon va rendre son délibéré concernant le dossier d’Audrey Marcodini. Après avoir acheté, sans être mise au courant, une maison sur un sol pollué, cette jeune mère de famille espère obtenir réparation.

En 2019, les habitants du Tupinier, un quartier de Grézieu-la-Varenne, découvrent qu’ils vivent sur un terrain pollué. Une pollution venant des établissements Mercier et Dasi (Dégraissage, application, silicone et ignification) installés sur place des années 50 aux années 90. Or, cet héritage enterré est loin d’être inconnu. Il avait été révélé par la presse au milieu des années 80. Pourtant, aucun vendeur, ou notaire, n’a trouvé opportun de les en avertir.

La vie d’Audrey Marcodini prend un tournant en août 2020. Elle apprend alors qu’elle est la plus impactée par la pollution. Dans son domicile, les analyses de la Dreal (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) font état d’une concentration de trichloréthylène de 8148 μg/m3. Une substance chlorée qui est extrêmement cancérigène. 

Du jamais vu, de l’aveu même des services de l’Etat. En théorie, la concentration dite « normale » est de 10 μg/m3. Dans la chambre de sa fille, le taux relevé est de 2137 μg/m3. C’est le choc. La Dreal l’appelle et lui apprend qu’elle va être évacuée. Sidérée, elle enchaînera après les événements un arrêt de travail de plusieurs mois.

Lyon pollution
Audrey Marcodini, victime de la pollution de Grézieu-la-Varenne, et son avocate, Louise Tschanz, au tribunal de Lyon.Photo : PL/Rue89Lyon.

Pollution à Grézieu-la-Varenne : l’annulation de la vente demandée au tribunal de Lyon

Depuis, elle fait partie des nombreuses victimes à tenter d’obtenir justice. Les vendeurs, disant ne pas avoir été mise au courant de la pollution, se sont retournés contre Colette Mercier, gérante de la société ID Mercier et fille de Louis Mercier, le propriétaire de l’entreprise condamnée pour pollution. 

En 2015, Colette Mercier a vendu le bien à un jeune couple, sans évoquer la pollution laissée par son père. Elle assure n’avoir jamais été mise au courant de l’affaire et tient le même discours que son neveu Cyrille Mercier, petit-fils de Louis Mercier, que nous avions interviewé. Ce dernier a lui aussi vendu une maison située sur le terrain pollué par son grand-père.  

Devant le tribunal, l’avocate de Colette Mercier, a ainsi argumenté :

« J’imagine que si elle en avait eu connaissance, elle n’aurait pas installé sur le site sa mère, 96 ans, et sa fille, peut-on lire dans le Progrès, qui était présent au procès. Je ne dis pas que ce n’est pas pollué, mais vous devez le prouver. »

En réponse, Audrey Marcodini grince :

« Et moi, j’ai été relogée juste pour le plaisir. »

Le tribunal va devoir trancher : qui est responsable de cette pollution et de la non-transmission de cette information ? À aucun moment les acheteurs n’ont été mis au courant de cette problématique. Louise Tschanz, avocate du cabinet Kaizen et défenseure d’Audrey Marcodini, a notamment demandé la condamnation des notaires pour manquement à leur devoir de conseil et du vendeur pour manquement à son devoir d’information et notamment défaut de délivrance conforme.

« Au vu de toutes ces fautes, nous demandons l’annulation des ventes et la réparation des préjudices subies par Mme Marcodini et sa fille », marque l’avocate.

Lyon pollution
De gauche à droite, Audrey Marcodini, Marie-Louise Simard et Mélanie Devers, victimes, à différentes époques, de la pollution à Grézieu-la-Varenne.Photo : PL/Rue89Lyon.

Pollution à Grézieu-la-Varenne : plus d’une vingtaine de plaignants au civil et au pénal

Le verdict du tribunal de Lyon doit tomber ce mercredi 5 avril. Après ça, Audrey Marcodini espère « reprendre une vie normale », loin de ce « taudis pourri, un loft qu’on nous avait vendu comme un lieu idéal ».

Cependant, ce ne sera sûrement pas son dernier passage devant les tribunaux. Ce jugement n’est qu’une partie de l’impressionnant scandale né à Grézieu-la-Varenne. En tout, Louise Tschanz suit six dossiers de plaignants au civil. L’affaire de Mélanie Devers, dont nous avions parlé, est actuellement en cassation. Une plainte a également été déposée au pénal pour écocide. Dans ce dossier pénal, 20 personnes se sont constituées partie civile. 

Harcèlement sexuel : comment le patron de Cerise et Potiron a protégé son frère

Harcèlement sexuel : comment le patron de Cerise et Potiron a protégé son frère

[Info Rue89Lyon] À Cerise et Potiron, un comportement exemplaire est demandé aux salariés sous peine de lourdes sanctions. À quelques exceptions près. Éric Chetail, président-fondateur du groupe, a toujours protégé son petit frère malgré le harcèlement sexuel commis par ce dernier. 

Il y a les paroles puis il y a les actes. Nous sommes le 11 octobre 2017. Dans une note de service adressée à tous ses employés que Rue89lyon s’est procuré, Éric Chetail, patron du groupe Cerise et Potiron, se fait cérémonieux :

« Le respect de l’autre est une des valeurs fondamentales que je souhaite voir s’appliquer au sein de notre entreprise. Toute personne se comportant différemment ne sera JAMAIS (sic) soutenue par moi-même, ou n’importe quel autre membre de la direction. Tout acte de harcèlement de nature morale ou sexuelle, toute injure, toute insulte ou autre comportement inadmissible ne sera JAMAIS cautionné. »

Il ajoute « ni l’ancienneté, ni le nom, ne pourront protéger qui que ce soit ».

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Les Verts ferment le bar historique des Valseuses dans les Pentes de la Croix-Rousse

Les Verts ferment le bar historique des Valseuses dans les Pentes de la Croix-Rousse

À la suite d’arrêtés municipaux, le bar historique des pentes de la Croix-Rousse les Valseuses, anciennement le Bistroy, et son voisin, l’Ambuscade, sont fermés à Lyon. Soutenu par tout un pan de la culture lyonnaise, le responsable Mouz, dénonce la décision d’un exécutif censé être plus « à gauche » que ses prédécesseurs. Côté Ville, on met en avant une obligation réglementaire et technique. Retour sur un lieu d’histoire.

C’est une décision qui met en émoi une bonne partie du monde culturel lyonnais. Depuis début mars, le bar les Valseuses, rue Chappet (Lyon 1er), dans les pentes de la Croix-Rousse est endormi. À la suite d’un arrêté municipal en date du 1er mars, ce lieu emblématique de la culture underground lyonnaise a dû fermer ses portes. Son voisin direct, l’Ambuscade, est dans la même situation.

En cause ? Un contrôle de police réalisé dans ces deux lieux. Ces derniers ont abouti à une demande de mise en conformité du lieu en matière de sécurité par le service des Établissements recevant du public (ERP) de la Ville de Lyon. Une fermeture, sans mise en demeure d’après son responsable, qui n’est pas passé chez bon nombre d’acteurs de la culture.

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Quel travail pour l’anthropocène ? 

Quel travail pour l’anthropocène ? 

Alors que le débat sur la réforme des retraites bat son plein, les équipes de Radio Anthropocène s’interrogent plus globalement sur la question du travail. 

Produite par l’association Cité Anthropocène, les équipes de Radio anthropocène invitent ce mercredi 5 avril entre 16h et 20h dessinateurs, philosophes, syndicalistes, sociologues, et bien d’autres intervenant·e·s pour discuter ensemble de ces enjeux… laborieux ! Et à partir de 19h, retrouvez Les Mercredis de l’Anthropocène, un plateau débat avec Julien Rivoire, syndicaliste et militant altermondialiste, et Dominique Méda, philosophe et sociologue, avec qui nous nous poserons la question : Quel travail pour l’anthropocène ?

Big Quitt, interpellation des diplômé·e·s de Grandes écoles, recomposition des pratiques syndicales, etc. Le changement global est partout et impose de reconfigurer la manière dont nous envisageons le travail et la place que nous souhaitons collectivement lui donner dans le futur. 

Quel avenir pour nos retraites dans un monde qui se réchauffe ?

« Fin du monde, fin du mois même combat » lit-on parfois dans les slogans des manifestants ; qu’en est-il vraiment ?  Comment favoriser l’emploi des seniors à l’heure où ces derniers connaissent des fins de carrière parfois dominées par le chômage et la maladie ?  Quel avenir pour les métiers de la première et seconde ligne mis en lumière par la pandémie, quand on sait que 25% des Français·e·s les plus pauvres sont déjà morts à 62 ans ?

Entre expérimentation de la semaine de quatre jours, ou la prise en compte du travail domestique quand les carrières des femmes demeurent hachées et que ces dernières restent largement moins bien payées que les hommes, les alternatives sont multiples. Nous interrogeons la pertinence de rallonger l’âge légal de départ à la retraite quand la France est l’un des pays qui compte le plus fort taux de chômage des séniors et des jeunes dans l’OCDE .

Comment redonner du sens au travail à l’heure de l’anthropocène ?

A l’heure où l’automatisation des tâches croissante met en doute l’avenir de certains métiers, où l’abondance des ressources est un mirage du passé, où productivisme et consommation massive engendrent directement érosion de la biodiversité et pollutions, faut-il travailler plus pour gagner plus ? Ou bien travailler moins pour vivre mieux ?

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Radio Anthropocène du 23 Avril 2023

Une production Cité Anthropocène, en partenariat avec Radio Bellevue Web et le soutien de la Ville de Lyon.