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A Lyon, des marchandises vont arriver en centre-ville par péniche
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A Lyon, des marchandises vont arriver en centre-ville par péniche

par Pierre Lemerle.
Publié le 4 octobre 2021.
Imprimé le 03 décembre 2021 à 17:59
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A partir de juin 2022, un pousseur avec barge va faire un aller-retour chaque jour du pont Morand au port Edouard-Herriot de Lyon pour alimenter les commerces du centre-ville via un système mêlant navire et vélo. Objectif : verdir le transport de marchandises et libérer de la place sur la voirie.

Et si on faisait passer les marchandises par le fleuve plutôt que par la route ? Ce lundi 4 octobre, la société alsacienne ULS (Urban Logistic solutions) a été officiellement choisie à la suite d’un appel à projet lancé par Voies navigables de France (VNF) et la compagnie nationale du Rhône (CNR), en juin dernier.

Début 2022, l’entreprise de transport va acheminer des marchandises du port Edouard-Herriot de Lyon, au Pont Morand, non loin des péniches du Rhône. Après un débarquement réalisé grâce à une grue, une dizaine de vélos cargo électriques récupéreront les marchandises pour les porter aux commerçants, aux particuliers, aux restaurateurs, etc. du secteur. Les cyclistes (salariés de l’entreprise) couvriront les commerces présents à dix minutes en vélo du pont Morand.

« Ils pourront livrer toute la presqu’île jusqu’à Perrache », indique Cécile Avezard, directrice territoriale Rhône Saône.

Via un navire d’une vingtaine de mètres de long, ULS doit transporter jusqu’à 40 tonnes de marchandises dans le centre de Lyon (l’équivalent de 50 camionnettes). Ce dernier effectuera une rotation six jours sur sept. En tout, l’entreprise table sur 8 000 tonnes transportés par an, a minima, via ce point d’attache.

A terme, l’entreprise souhaite faire tourner deux navires de 122 tonnes sur Lyon avec comme objectif 50 000 tonnes transportés par an. Au retour, les navires reviendront chargés de déchets en direction du port. La société a indiqué vouloir verdir totalement ses navires d’ici 2025-2026. En attendant, ce dernier fonctionne pour l’instant au GTL (gas to liquid), un carburant constitué à partir de gaz naturel liquide.

Pierre Meffre Cécile Avezard Jean-Charles Kohlhaas
Pierre Meffre, directeur valorisation Portuaire de la CNR, Cécile Avezard, directrice territoriale de VNF Rhône Saône et Jean-Charles Kohlhaas pour la Métropole de Lyon. ©PL/Rue89Lyon.

A Lyon : verdir le transport de marchandises et libérer de la place sur la voirie.

Parti prenante dans la sélection des candidats de l’appel à projets, l’exécutif écologiste, à la ville comme à la Métropole, s’est réjouit de cette initiative. Evoquant la mise en place prochaine de la Zone à faible émission (ZFE), Jean-Charles Kohlhaas, vice-président à la Métropole de Lyon en charge des déplacements, de l’intermodalité et de la logistique urbaine a rappelé que le fleuve pourrait être utile pour sortir les camions des routes saturées de bouchons.

« Il y a d’autres projets que celui d’ULS en cours, indique-t-il. Ce secteur est dans une bonne lancée et j’espère qu’il aura beaucoup d’autres projets. »

Il note que ce type d’initiative pourra être encouragée, côté Métropole, notamment en modifiant certaines réglementations. Pour lui, l’idée serait de réduire le nombre d’heures de livraison dédiées aux véhicules polluants, et d’augmenter les possibilités de livraison pour les moyens de transport décarbonnées.

De quoi pousser à emprunter la voie fluviale. Dans cette optique, deux autres projets devraient voir le jour d’ici la fin de l’année, un au niveau du Pont Wilson et un au niveau du pont Lafayette.

Petit à petit, un retour du transport fluvial entre Rhône et Saône

« L’idée de l’appel à projet était de réceptionner le plus de projets possibles, commente Cécile Avezard. La récolte faite, d’autres idées intéressantes vont émerger. »

La directrice territoriale de VNF se réjouit ainsi de voir revenir (petit à petit) sur le devant de la scène le transport fluvial mis de côté depuis de nombreuses années. Depuis longtemps, son institution se bat pour mettre en avant le fleuve comme moyen de transport. « On a du mal à y revenir », concède-t-elle.

Une illustration de cette réalité ? Valentin Lugenstrass, adjoint au maire de Lyon en charge des mobilités et de la logistique urbaine, a rappelé qu’un travail de pédagogie serait nécessaire auprès des habitants. « Il va falloir expliquer pourquoi il y a ces navires qui circulent sur le Rhône. » Une preuve que ce dernier n’a pas l’habitude d’accueillir beaucoup de trafic.

Du transport de marchandises à celui de passagers : quelle place pour les fleuves à Lyon ?

Forte de deux fleuves, la ville de Lyon utilise peu son réseau fluvial pour le transport de marchandises, comme de passagers. Mise à part le Vaporetto côté Saône ou les péniches touristiques, la voie d’eau reste en retrait, malgré des demandes, notamment, du côté du conseil de quartier du 9e arrondissement, pour la mise en place d’une navette fluviale.

Ces premières initiatives semblent donc faire office de premier pas. Avec ce projet, Lyon suit l’exemple de Strasbourg en développant ce moyen de transport plus vert. La capitale alsacienne a été une des premières à tenter l’expérience avec la mise en place de pousseurs avec barge par cette même société ULS en juillet 2020.

Article actualisé le 05/10/2021 à 16h49
L'AUTEUR
Pierre Lemerle

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