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Un bar de la Croix-Rousse encore attaqué par l’extrême droite radicale
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Un bar de la Croix-Rousse encore attaqué par l’extrême droite radicale

Le bar « La Pinte Douce », situé place Colbert dans les pentes de la Croix-Rousse (Lyon 1er), a été victime une nouvelle fois d’une attaque jeudi 19 décembre au soir. Une attaque revendiquée par l’extrême droite radicale en recomposition actuellement à Lyon.

Une vingtaine d’individus cagoulés, armés de fumigènes et de barres de fer, ont attaqué le bar encore fréquenté jeudi soir. Des objets ont été lancés et des vitrines brisées.

Clémence Boussac, sa gérante, a déposé plainte. Elle a expliqué que ce n’était pas la première fois que l’établissement était pris pour cible :

« Depuis très longtemps le bar de la place Colbert est la cible de l’extrême droite (…) On a subi une première attaque au début de l’année où on a eu le temps de s’enfermer à l’intérieur et où les mecs ont essayé de péter la porte à coups de bélier »

L’attaqué n’a pas causé de blessures graves aux clients, mais les pompiers sont cependant intervenus pour un blessé léger.

L’extrême droite radicale a revendiqué l’attaque

La descente a ensuite été revendiquée sur le canal Telegram de la page Ouest Casual. Elle est signée par le groupe « Jeunesse Lyon ». Une appellation qui ne fait pas directement référence à un groupe identifié.

« Bastion social » : le GUD change de costume

A Lyon, les gudards sont connus pour leurs actions violentes. A l’automne 2017, le GUD a changé de nom et a adopté celui de Bastion social. Le mouvement ambitionnait de fédérer les différents groupuscules nationalistes à l’échelle de l’Hexagone.

>Lire en détail ici.

Avant même la mesure de dissolution, les locaux du Bastion ont été fermés administrativement ou par le mouvement lui-même. En novembre 2018, la Ville de Lyon avait ainsi pris un arrêté de fermeture, un véritable coup porté au mouvement dans son fief d’origine. En mars, c’est celui de Clermont-Ferrand qui a fermé. Au début du mois d’avril, les deux bars tenus par le mouvement à Marseille et Aix-en-Provence ont fait de même.

Cinq autres associations, en plus du Bastion Social et de l’association Lugdunum, ont été dissoutes. Il s’agit selon le ministère de l’Intérieur de :

  • « Les Petits Reblochons » (à Chambéry),
  • « Cercle Frédéric Mistral » (Aix-en-Provence),
  • « Cercle Honoré d’Estienne d’Orves » (Marseille),
  • « Association Arvernis » (Clermont-Ferrand)
  • et « Solidarité Argentoratum » (Strasbourg).

La mouvance nationaliste à Lyon est en pleine recomposition depuis la dissolution du Bastion Social en conseil des ministres, en avril dernier (voir ci-contre). Il n’a pas tardé à renaître de ses cendres à travers notamment le groupe Audace Lyon.

D’autres groupes sont apparus, sur les réseaux sociaux mais dans la rue aussi pour des campagnes de tractage, comme « Lyon populaire ». Des actions sur le terrain qui ont donné lieu ces derniers temps à des confrontations avec des militants d’extrême gauche.

Le bar de la Croix-Rousse, estampillé antifasciste par l’extrême droite, attaqué jeudi soir l’avait déjà été cette année. Une action revendiquée cette fois-là par le groupe « Jeunesse Lyonnais », une appellation similaire.

La revendication via le canal de Ouest Casual est une signature. Celle de l’extrême droite radicale tendance hooligans, dont les groupes mènent parfois des actions communes.

C’est aussi la page Facebook Ouest Casual qu’étaient revendiquées les actions violentes lors des manifestations des « Gilets Jaunes » à Lyon début 2019. Dans les cortèges, les affrontements avec des militants d’extrême gauche étaient fréquents et violents. Des membres du Bastion Social, pas encore dissous, étaient notamment présents.

On se souvient, par exemple, du 19 janvier dernier et de l’attaque violente menée par une trentaine de militants du Bastion social et de l’Action française aidés par des hooligans quai de la Pêcherie.

Photo de famille de militants d'extrême droite du 2 samedi 2 mars postée sur la page Facebook Ouest Casual.

Photo de famille de militants d’extrême droite du samedi 2 mars postée sur la page Facebook Ouest Casual.

Des attaques répétées ces dernières années

Ce n’est pas la première action de ce type. Le procédé est connu : ces dernières années, d’autres attaques revendiquées par l’extrême-droite ont déjà eu lieu dans des bars. C’était par exemple le cas de cinq établissements en 2013, tous implantés à Croix-Rousse ou dans le quartier de la Guillotière. Mais aussi la station Radio Canut, attaquée plusieurs fois, comme le local de la CNT.

En septembre 2019, c’est le local du Parti communiste qui avait ainsi été visé une nouvelle fois. Treize vitres avaient été brisées par des individus cagoulés. Trois jeunes connus pour appartenir à la mouvance royaliste avaient été interpellés. Ils avaient ensuite été condamnés à quatre mois de prison avec sursis et des heures de travaux d’intérêt général. Deux des trois hommes étaient connus pour avoir participé à des actions du Bastion social.

Quelques réactions politiques pour condamner l’action

Sur le réseau social Twitter, David Kimelfeld, le président de la Métropole de Lyon, a condamné l’attaque.

D’autres politiques ont réagi et condamné l’assaut, comme Sandrine Runel, conseillère métropolitaine, ou Nathalie Perrin-Gilbert, maire du 1er arrondissement.

Le PCF est allé un cran plus loin et accuse le maire Gérard Collomb qui n’a pas, à l’heure où nous mettons en ligne cet article, réagi à cette attaque. Dans un communiqué, la secrétaire de section Aline Guitard et l’élue Isabelle Granjon « exigent à nouveau » la fermeture des locaux « identitaires et fascistes de Lyon » :

« Notre Ville récolte l’insécurité semée par Gérard Collomb et son Exécutif depuis de nombreuses années à force de laxisme à l’égard des groupuscules identitaires qui ont fait de Lyon leur laboratoire ».

Pour le moment, seule la salle de boxe des identitaires est ouverte. Le bar associatif « La Traboule » est toujours fermé.

L'AUTEUR
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