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[Portrait électeur 3/10] Grégory de Lyon 3ème : « Dans une ville, il ne devrait pas y avoir de voiture »
Elections 2020 : l’oeil des étudiants de Lyon 2  Politique 

[Portrait électeur 3/10] Grégory de Lyon 3ème : « Dans une ville, il ne devrait pas y avoir de voiture »

actualisé le 09/03/2020 à 11h53

Grégory effectue tous ses déplacements à vélo, pour lui, la question de la place de la voiture et de la mobilité est centrale dans ces élections municipales de 2020. Il pense voter pour la liste de Grégory Doucet, Europe Ecologie Les Verts, et espère une revalorisation du monde associatif, trop délaissé selon lui.


Avec « L’œil des étudiants de Lyon 2 », nous inaugurons une nouvelle rubrique consacrée aux élections municipales et métropolitaines de mars 2020 dans l’agglomération lyonnaise.
Nous ouvrons nos colonnes à huit étudiants en dernière année du Master Nouvelles Pratiques Journalistiques de l’université Lyon 2.

Au Parc de la Tête d’or, Grégory profite des rares rayons du soleil pour se promener avec son fils Hugo, âgé de 8 mois. A 35 ans, il est technicien de maintenance dans une entreprise privée.
Pour les élections municipales de 2020, Grégory compte voter pour Grégory Doucet, tête de liste d’Europe EELV. « Un vote logique ». Depuis ces débuts électoraux, il alterne entre la France insoumise et le parti écologique :

« Les Verts me plaisent bien ; à part eux, j’ai du mal à trouver des politiques d’avenir. Souvent, ils se basent sur les cinq prochaines années car c’est le temps des mandatures ».

Pour lui, cette absence de projet sur du long terme, témoigne de la situation économique française :

« En France, il faut qu’une boîte soit rentable au bout de six mois. C’est pour ça qu’elles périclitent, personne ne veut investir dans une entreprise rentable dans 10 ans. »

« Il faut laisser vivre le monde associatif »

À 46 ans, Grégory Doucet est à la tête de la liste Europe écologie les verts pour les élections municipales à Lyon. En juin 2019 aux élections européennes, la liste dont il faisait partie a obtenu 21% des voix  à Lyon. Depuis 2009, il est directeur au sein de l’ONG Handicap International où il est en charge des opérations en Afrique de l’Ouest.

L’enjeu de ces municipales, serait pour lui d’installer une politique plus durable, en supprimant les grands projets d’infrastructures. Grégory veut que l’on s’oriente sur le “vivre en ville”, en commençant par s’ouvrir sur le monde associatif.

Pour lui, les politiques locales ont tendance à s’approprier les idées des associations :

« On a l’impression que ce sont les politiques qui arrivent et qui ont tout fait, mais en réalité, ce sont les associations qui sont derrière depuis le début ».

Grégory prend l’exemple des composts collectifs placés en bas des immeubles :

« Maintenant c’est la Métropole qui les installe mais, à l’origine, ce sont des associations qui le faisaient, aujourd’hui ces mêmes associations n’existent plus ».

Il ajoute que la municipalité devrait d’autant plus écouter les associations sur la question des transports en commun et de la place de la voiture.

Grégory, qui se déplace uniquement en vélo et non en voiture, votera Grégory Doucet pour le 1er tour des municipales de 2020. ©Hélène Duros

Grégory, qui se déplace uniquement en vélo et non en voiture, votera Grégory Doucet pour le 1er tour des municipales de 2020. ©Hélène Duros

Le vélo et la marche mais pas de voiture

Grégory utilise le vélo pour tous ces déplacements, il alterne entre son propre vélo et les Vélo’v.

« Si je vais rejoindre des amis le soir, je préfère prendre un Vélo’v, comme ça, je suis plus libre », explique-t-il.

Aujourd’hui les Vélo’v marchent plutôt bien, cependant il n’a pas oublié les nombreuses anomalies qui ont suivi le renouvellement de contrat des Vélo’v fin 2017.

« C’était la cacophonie pendant un an. Il y avait plein de vélos qui ne marchaient pas, ils n’étaient pas testés, plusieurs fois je me suis retrouvé avec un anti-vol bloqué ».

Pour lui, plus on va optimiser les Vélo’v, plus il y aura de problèmes techniques pour les usager. Ainsi, il fait le rapprochement avec les vélos électriques, disponibles depuis février sur la métropole lyonnaise :

« Je ne suis pas sûr que ça valait l’investissement de 2 millions d’euros. Peut-être que pour ceux qui habitent sur les hauteurs comme Croix-Rousse ou Sainte-Foy-lès-Lyon seront contents, mais moi je n’en vois pas l’utilité ».

« Les trottinettes devraient être plus encadrées »

Depuis l’apparition des trottinettes électriques dans les rues lyonnaises, Grégory a assisté à de nombreux débordements :

« Tous ces systèmes sont très accidentogènes ».

Selon lui, il est urgent d’établir une réglementation autour de ce moyen de transport :

« Si c’est pour quelles finissent dans le Rhône ou garées n’importe comment dans la rue, je n’en vois pas l’utilité ».

Il serait nécessaire de créer plus d’emplacement pour les garer :

« On pourrait supprimer des emplacements de voiture pour y mettre 10 trottinettes »;

Et il ajoute :

« Pour moi en ville, il ne devrait pas y avoir de voiture ».

Il tient aussi à mettre en garde sur ces moyens de transports, qui deviennent pour lui un substitut à la marche à pieds.

« Le vélo sans assistance ça a des avantages ! C’est une activité physique, j’ai essayé le vélo électrique, même avec le plus bas niveau on ne pédale pas. »

« L’étalement urbain est une hérésie »

Depuis quelque temps, Grégory s’intéresse beaucoup aux transports en commun et de plus en plus à l’urbanisme.

« Au début, je disais qu’il fallait des transports en commun partout, mais finalement non, c’est aberrant ».

Il se positionne contre le projet de créer une ligne de métro E. Initié par Gérard Collomb, ce projet qui s’élève à 1 milliard d’euros a pour objectif de relier l’Ouest Lyonnais.

« Un métro pour desservir qui ? Ce qui m’énerve dans toutes ces discussions, c’est que c’est toujours la course à la croissance. Personne n’évoque le bilan carbone des grande villes ».

Il conclut en se questionnant sur l’étalement urbain qui est pour lui une « hérésie » :

« Quand on compare l’empreinte carbone d’une ville de 2 millions d’habitants et celle de 100 000 habitants, on comprend qu’il faut arrêter l’accroissement ».

L'AUTEUR
Hélène Duros, étudiante en Master 2 Nouvelles Pratiques Journalistiques à Lyon 2

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