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Pour la 3ème fois à Lyon, le local du Bastion social attaqué par des antifas
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Pour la 3ème fois à Lyon, le local du Bastion social attaqué par des antifas

C’est la troisième fois en un mois. Le local lyonnais du Bastion social, quai Pierre Scize (5e arr.) a été la cible d’une attaque de militants antifascistes, le 1er mai, en fin d’après-midi.

Depuis cet automne, le GUD, groupuscule d’extrême droite radicale, a changé de nom et a adopté celui de « Bastion social ». Le mouvement extrémiste ambitionne, cette fois-ci, de fédérer les différents groupuscules nationalistes à l’échelle de l’Hexagone, en ouvrant des locaux associatifs.

En quatre mois, Strasbourg, Lyon puis Chambéry, Aix-en-Provence et Marseille ont vu fleurir ces nouveaux lieux.

Pétitions, manifestations. Dans ces villes, les mouvements antifascistes s’organisent afin de faire pression sur les autorités pour faire fermer ces locaux. C’est le cas à Lyon avec le « Collectif pour la fermeture du Pavillon noir ».

Et l’on trouve aussi des antifas partisans d’actions directes, comme l’attaque des locaux. Ces initiatives violentes ne sont pas soutenues par l’ensemble des mouvements se présentant comme antifascistes, comme nous l’expliquions ici.

Trois séries de dégradations en un mois du « Pavillon noir »


« Bastion social » : le GUD change de costume
C’est dans leur fief revendiqué du quartier du Vieux Lyon que les militants nationalistes du Bastion social ont inauguré le « Pavillon noir », leur nouveau local, le 13 janvier dernier, après l’occupation en mai dernier et durant trois semaines, d’un bâtiment public dans le centre de Lyon.
Anti-immigrés, inspirés des Italiens de Casapound, les militants du Bastion social entendent mettre en pratique, à leur manière, la préférence nationale.
>Lire en détail ici.

Dans certaines villes où des locaux se sont ouverts, le Bastion social s’est fait attaquer. C’est le cas à Lyon où a été créé ce mouvement d’extrême droite. Dans la nuit du 3 au 4 avril, une vitre de la devanture a été brisée et des tags ont été inscrits.

Une semaine après, les dégradations ont été plus importantes. Toujours de nuit, du 9 au 10 avril, la porte d’entrée a notamment été murée et des slogans antifascistes ont été tagués à côté d’affiches.

Le « Groupe antifasciste Lyon et environs », autrement appelé la Gale, a revendiqué cette action via un post Facebook titré « Lyon, nous avons fermé le Bastion » :

« Nous sommes de ceux et celles qui pensons que traiter avec la mairie est, au mieux, un signe de faiblesse, au pire, un signe de trahison. Nous n’avons rien à attendre de ces institutions. De plus, les démarches administratives sont toujours longues et laborieuses or actuellement, nous sommes dans l’urgence. (…) Suite à la création du mouvement Bastion Social dans plusieurs villes de France de nombreuses attaques fascistes ont eu lieu notamment contre les mouvements d’occupation dans les facs, et à Lyon contre des locaux dit de gauche comme des bars, des locaux d’orga politique ou de syndicats ».

Les antifas de la Gale font référence aux attaques des locaux des anarcho-syndicalistes de la CNT et des communistes des Pentes de la Croix-Rousse qui s’étaient déroulées quelques semaines plus tôt.

Le local du Bastion social à Lyon, le lendemain de l'attaque revendiquée par les antifas de la Gale. ©DR

Le local muré du Bastion social à Lyon, le lendemain de l’attaque revendiquée par les antifas de la Gale. ©DR

Une nouvelle attaque un 1er mai

Dans ce contexte d’attaques de locaux à répétition, la police nationale lyonnaise a décidé de communiquer sur le sujet. Une première en matière de dégradations de locaux à destination politique. La Direction départementale de la sécurité publique (DDSP) ne l’avait jamais fait, par exemple, pour les locaux du PCF ou de la CNT.

Dans la synthèse quotidienne envoyée aux rédactions lyonnaises, la DDSP du Rhône annonce que le 1er mai, vers 17h50 ces dégradations ont été constatées « au préjudice de l’association Bastion social ».

« Une trentaine d’individus encapuchonnés tentaient de pénétrer dans l’association en forçant les volets et brisant des vitres. Des bombes lacrymogènes étaient jetées à l’intérieur. Le local était vide au moment des faits. Plusieurs tags pro extrême gauche étaient relevés sur les murs ainsi qu’aux abords ».

Il n’y a pas eu d’interpellation.

Cette fois-ci, la Gale n’a pas revendiqué mais s’est « félicitée », dans un post Facebook, de cette nouvelle attaque.

L’année dernière, également après le défilé du 1er mai, la vitrine du salon de tatouage « le Point d’encrage » tenu par un dirigeant du GUD avait été vandalisée.
Selon un porte-parole de la Gale, il s’agissait de « personnes proches de la Gale ».

La façade du local du Bastion social le 2 mai, le lendemain d'une troisième attaque. ©DR

La façade du local du Bastion social le 2 mai, le lendemain d’une troisième attaque. ©DR

Cette troisième attaque intervient après une rixe entre militants de la Gale et du Bastion social qui avait éclaté le 11 avril en marge d’un concert non loin du local d’extrême droite.

Pour l’instant, le déroulé de la soirée est difficilement retraçable. Sept personnes ont été mises en examen pour « violences aggravées » dont six membres du Bastion social, au premier rang desquels le président de l’association Steven Bissuel. Un des responsables de la Gale est également poursuivi pour les mêmes motifs. Une instruction a été ouverte.