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Le propriétaire du local Bastion social à Lyon : « si j’avais su, je ne lui aurais pas loué »
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Le propriétaire du local Bastion social à Lyon : « si j’avais su, je ne lui aurais pas loué »

Depuis cet automne, le GUD, groupuscule d’extrême droite radicale, a changé de nom et a adopté celui de Bastion social. Le mouvement ambitionne, cette fois-ci, de fédérer les différents groupuscules nationalistes à l’échelle de l’Hexagone, en ouvrant des locaux associatifs.

En trois mois, Strasbourg, Lyon puis Chambéry et Aix-en-Provence ont vu fleurir ces nouveaux lieux.

C’est encore dans son fief revendiqué du Vieux Lyon que ces militants nationalistes ont inauguré un nouveau local « Pavillon noir » le 13 janvier dernier. Aujourd’hui, le propriétaire explique s’être fait tromper.

En décembre dernier, l’association « Lugdunum » représentée par Steven Bissuel, également président du Bastion social, a signé un bail commercial pour occuper un local de 60 m2 au rez-de-chaussée du 73, quai Pierre Scize.

En cas de « manquement du locataire à ses obligations », le propriétaire peut saisir le tribunal d’instance pour demander la résiliation du bail.
Le non-paiement des loyers reste le principal motif de résiliation. Le non-respect de la destination du local en est un autre.

A Chambéry, le propriétaire du local du Bastion social reconnaissait s’être fait « fait avoir ». Au Dauphiné Libéré, il expliquait avoir signé un bail en décembre avec “Les petits reblochons”. Une association qui a pour objet notamment “la promotion des saveurs et du patrimoine savoyard” .
S’estimant trompé sur la véritable destination du local (le siège d’une organisation politique), le propriétaire chambérien a annoncé saisir la justice pour demander la résiliation du bail.

Contacté par Rue89Lyon, le propriétaire du local du Bastion social de Lyon raconte la même ruse employée. Il a signé un bail avec l’association Lugdunum qui a notamment pour objet « la promotion des traditions locales ».

« J’ai signé avec Monsieur Bissuel qui m’a dit que son association défendait les traditions lyonnaises. Je n’ai pas loué au Bastion social. En aucun cas, il ne m’a dit qu’il s’agissait d’une organisation politique. Si je l’avais su, je ne lui aurais pas loué. »

Ce propriétaire lyonnais, qui précise ne pas adhérer aux idées défendues par le Bastion social, a lancé des « pistes de réflexion » pour savoir comment rompre le bail.

>> Cet article est un extrait de notre article :
Bastion social à Lyon : des voies légales pour fermer un local d’extrême droite