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Extrême droite : environ 500 manifestants pour la fermeture du local Bastion social de Lyon
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Extrême droite : environ 500 manifestants pour la fermeture du local Bastion social de Lyon

actualisé le 07/03/2018 à 10h38

Après un premier rassemblement en janvier, le « collectif pour la fermeture du Pavillon Noir » organisait une manifestation ce samedi pour demander la fermeture du local du Bastion social de Lyon.
Environ 500 personnes – 400 (selon la police) et 700 personnes (selon les organisateurs) – ont défilé en Presqu’île. Il n’y a pas eu d’incident.


« Bastion social » : le GUD change de costume
Depuis cet automne, le GUD, groupuscule d’extrême droite radicale, a changé de nom et a adopté celui de Bastion social. Le mouvement ambitionne, cette fois-ci, de fédérer les différents groupuscules nationalistes à l’échelle de l’Hexagone, avec Lyon comme base. C’est encore dans son fief revendiqué du Vieux Lyon que ces militants nationalistes ont inauguré le « Pavillon noir », leur nouveau local, le 13 janvier dernier, après l’occupation en mai dernier et durant trois semaines, d’un bâtiment public dans le centre de Lyon.
Anti-immigrés, inspirés des Italiens de Casapound, les militants du Bastion social entendent mettre en pratique, à leur manière, la préférence nationale.
>Lire en détail ici.

Parti vers 14h de la place des Terreaux, le cortège a descendu les quais de Saône jusqu’à Bellecour pour revenir devant l’hôtel de ville, par la rue de la République.

Depuis la manifestation organisée contre le FN en novembre 2014, c’est la première fois qu’il y a autant d’organisations de gauche et d’extrême gauche qui se retrouvent au sein d’un collectif sur la question de l’extrême droite.

Sont membres de ce collectif, une trentaine d’organisations. On trouve notamment la FSU, la CGT, Solidaires, Attac ou le Parti communiste dont le local de la Croix-Rousse a été la cible de dégradations dans la nuit du 16 au 17 octobre. Pour les responsables du PCF, il ne fait aucun doute, cette cinquième attaque est le fait de l’extrême droite.

L' »horloger de Saint-Paul », Philippe Carry, dont la boutique a également été attaquée, appelait également à participer à cette manifestation dans un texte envoyé à la presse :

« L’ouverture d’un nouveau local par un groupuscule radical est une très mauvaise chose pour nous Lyonnai-se-s et pour les amoureux du patrimoine culturel. (…) L’installation de ces groupuscules dans divers locaux s’accompagnent systématiquement d’une escalade des violences physiques, des menaces et des intimidations à l’encontre des habitant-e-s, des commerçant-e-s et des acteurs associatifs ».

> La liste des signataires est ici.

En tête du cortège « pour la fermeture du Pavillon noir », la maire du 1er arrondissement de Lyon Nathalie Perrin-Gilbert (écharpe tricolore); à sa droite la secrétaire de la section lyonnaise du PCF, Aline Guitard. ©DR

En tête du cortège « pour la fermeture du Pavillon noir », la maire du 1er arrondissement de Lyon Nathalie Perrin-Gilbert (écharpe tricolore); à sa droite la secrétaire de la section lyonnaise du PCF, Aline Guitard. ©DR

« Le maire de Lyon doit s’exprimer »

A très court terme, les organisations membres de ce collectif veulent obtenir une expression publique de la mairie de Lyon, à l’image de Strasbourg et Chambéry, deux villes où ont ouvert des locaux du Bastion social. Ces conseils municipaux ont récemment voté des voeux symboliques pour demander au gouvernement la dissolution du Bastion Social et la fermeture de leurs locaux.

Jean-Luc Autef, en charge de l’extrême droite de la CGT du Rhône, insistait sur ce point :

« Les pouvoirs publics sont d’une grande passivité sur le sujet. Le maire de Lyon doit s’exprimer et dénoncer la présence de ces groupuscules ! ».

A la suite de l’attaque de la boutique de l’« horloger de Saint-Paul » en septembre dernier, le maire de Lyon, Georges Képénékian avait fait une déclaration en ouverture d’un conseil municipal « pour condamner ces attaques qui procèdent d’une volonté de terroriser les acteurs de notre cité » :

« nous restons bien sûr très soucieux de ces faits, qui ont tendance à s’ancrer dans le Vieux Lyon. »

Depuis, silence.