Un lycéen agressé, une manifestation de soutien à la Palestine attaquée, du matériel de grève volé et des slogans anti immigrés criés dans le centre-ville de Lyon : les groupuscules d’extrême droite lyonnais se sont montrés particulièrement virulents ces derniers jours.
Ce lundi 24 octobre, le maire de Lyon, Grégory Doucet a adressé une lettre au président de la République, Emmanuel Macron. Il lui demande une entrevue pour échanger à ce sujet.
Extrême droite à Lyon : le maire demande la fermeture des locaux fascistes
« La mobilisation de l’État pour agir contre l’extrême droite et l’ultra droite à Lyon, mais aussi sur l’ensemble du territoire français est essentielle. Nous devons agir ensemble et démontrer la pleine et entière coopération des élus locaux et nationaux quand il s’agit de défendre notre République. »
Ce courrier n’est en réalité pas le premier que le maire écologiste de Lyon adresse au sommet de l’État sur le sujet. Fin janvier 2022, l’édile avait déjà envoyé une demande à Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur : fermer les locaux qui abritent des groupuscules identitaires dans le Vieux Lyon.
La Traboule et l’Agogée, un bar et une salle de boxe, abritaient feu Génération identitaire, une association d’extrême droite dissoute par le gouvernement. Les deux locaux avaient réouvert par le biais d’une nouvelle association, « Les Remparts », en 2021. Vendredi 21 octobre, la Traboule a notamment « fêté » ses 10 ans lors d’une soirée organisée par Les Remparts.
Dans son courrier du 24 octobre, Grégory Doucet demande à nouveau la dissolution des groupes liés aux Remparts, et la fermeture de ces locaux.
De son côté, le préfet du Rhône, Pascal Mailhos a également condamné les «les propos xénophobes et de haine» tenus lors de la manifestation du 21 octobre. Il a annoncé, auprès de nos confrères du Progrès, avoir saisi le procureur de la République.
Mardi 25 octobre, le parquet indique à BFM Lyon avoir ouvert une enquête du chef de « provocation publique à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion ».
Une succession d’actions coup de poing de l’extrême droite à Lyon depuis septembre
Le vendredi 21 octobre dernier au soir, une mobilisation était organisée en hommage à Lola, adolescente tuée à Paris le 14 octobre par une jeune femme de 24 ans, ressortissante Algérienne et sous le coup d’une Obligation de quitter le territoire français (OQTF). Cette manifestation a été le théâtre d’une démonstration de racisme dans les rues de Lyon. Sur des vidéos publiées sur les réseaux sociaux, on entend des manifestants crier « immigrés assassins ».
« Immigré assassin » voilà le slogan des milices de l’extrême-droite dans les rues de Lyon ce soir. Grosse vigilance svp, ne sortez pas seul ! pic.twitter.com/EcSwLnjlW3
— Raphaël Arnault (@ArnaultRaphael) October 21, 2022
Le vendredi précédent, le 14 octobre, ces groupes lyonnais ont également revendiqué deux attaques sur le canal Télégram Ouest Casual, attaques que Rue89Lyon a documentées. Les militants d’extrême droite s’en sont pris à des manifestants rassemblés en soutien à la Palestine, et ont molesté l’un d’eux. Deux jours plus tard, les grévistes de la gare Perrache se sont fait voler leur matériel de grève, sans qu’il n’y ait d’attaques physiques.
Le 22 septembre, un lycéen a été attaqué alors qu’il rentrait chez lui. Il tentait de décoller un sticker marqué d’une croix celtique, un symbole d’extrême droite. Quelques jours plus tard, le jeune homme a retrouvé des tags néonazis sur la porte de son immeuble. Rue89Lyon a pu le rencontrer, ainsi que ses parents.

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