Covid-19 : en Auvergne-Rhône-Alpes la « vague » plus haute qu’au printemps
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Covid-19 : en Auvergne-Rhône-Alpes la « vague » plus haute qu’au printemps

actualisé le 31/10/2020 à 19h51

[GRAPHIQUES] Les indicateurs de l’épidémie de Covid-19 en Auvergne-Rhône-Alpes poursuivent leur nette dégradation. La région, spécialement la partie Rhône-Alpes, est celle où la circulation du virus a été la plus forte ces derniers jours en France. Le nombre d’hospitalisations a atteint le pic d’avril dans beaucoup de départements, comme le Rhône. Par endroits, ce pic est même déjà deux à trois fois supérieur.

(Rue89Lyon propose un point hebdomadaire, celui que vous lirez ci-après a été effectué en date du 27 octobre. Voir le détail département par département)

En Auvergne-Rhône-Alpes, la situation sanitaire continue de se dégrader fortement et rapidement.

Dans certains départements, l’état de certains indicateurs est déjà bien plus dégradé qu’au plus fort de la « vague » du printemps. Des niveaux qui avaient alors été atteints après plusieurs semaines de confinement strict, le plus souvent au début du mois d’avril.

Là, le confinement n’a pas encore débuté. Ce sera le cas à compter du vendredi 30 octobre, comme l’a annoncé ce mercredi 28 octobre au soir le président de la République Emmanuel Macron. Si l’évolution des indicateurs suit la même tendance qu’au printemps avant de s’infléchir, les niveaux actuels pourraient donc continuer leur dégradation.

Depuis 15 jours, la région Auvergne-Rhône-Alpes est le territoire le plus touché

Du 19 au 25 octobre, la région Auvergne-Rhône-Alpes a connu une très forte progression de l’épidémie (voir carte plus bas). A l’exception de l’Allier et du Cantal, dans tous les autres départements de la région le taux d’incidence -qui permet de mesurer la dynamique de l’épidémie- était supérieur (souvent largement) à 300 cas pour 100 000 habitants.

Durant cette semaine, comme  la précédente, la région Auvergne-Rhône-Alpes est celle où la progression de l’épidémie est la plus forte en France. Devant l’Île-de-France ou les Hauts-de-France. Elle est donc depuis deux semaines « l’épicentre » de l’épidémie dans le pays.

Covid-19 : une progression hebdomadaire toujours proche des 40% en Auvergne-Rhône-Alpes

Selon les données harmonisées de Santé Publique France, le taux d’incidence hebdomadaire régional s’élevait à 514 cas pour 100 000 habitants au 20 octobre. Au 13 octobre, il s’élevait à 309,5 cas. Soit une progression d’environ 40% sur une semaine. Durant la semaine du 6 au 12 octobre, il avait déjà connu une augmentation du même ordre (37%). Depuis fin septembre, l’indicateur progresse de 30 à 40% chaque semaine dans la région.

Les moins touchés restent toujours les 0-9 ans même si le taux d’incidence de cette tranche d’âge ne cesse d’augmenter depuis fin septembre. Surtout, depuis cette date, aucune tranche d’âge n’a, à l’échelle régionale, connu de ralentissement de la propagation du virus. Les hausses sont mêmes très importantes. Entre le 22 septembre et le 20 octobre 2020, voici l’évolution des taux d’incidences par tranches d’âge :

  • +60% chez les 0-9 ans
  • +63% chez les 20-29 ans
  • +80% chez les 30-39 ans, les 40-49 ans, les 50-59
  • +83% chez les 60-69 ans, 70-79 ans
  • +85% chez les 80-89 ans
  • +88% chez les + de 90 ans.
  • +76% au total

 

Covid-19 : le taux d’incidence continue de s’envoler dans les métropoles de Lyon, Saint-Etienne et Grenoble

Dans le détail, on note de fortes augmentations du taux d’incidence dans la partie Rhône-Alpes de la région (voir le détail par départements).

Le taux d’incidence a ainsi quasiment triplé en une semaine en Haute-Savoie, plus que doublé en Isère et quasiment doublé en Savoie, en Ardèche et dans l’Ain. Il a été multiplié par 1,5 dans la Loire et le Rhône. Dans la partie Auvergne, il est resté plutôt stable dans le Cantal. Ailleurs, il a là aussi augmenté fortement (Allier et Haute-Loire notamment).

Dans les métropoles régionales, les indicateurs du taux d’incidence affichent des niveaux toujours très élevés et en progression. Les mesures de couvre-feu imposées n’ont semble-t-il pour l’heure pas ou pas encore montré leurs effets.

La Métropole de Saint-Etienne est celle qui présente le pus fort taux d’incidence, assez vertigineux, dépassant les 1100 cas pour 100 000 habitants au 24 octobre (+30% par rapport à la semaine précédente). La Métropole de Lyon dépassait les 800 cas pour 100 000 habitants (+28%).

La situation n’est toujours pas rassurante dans celle de Grenoble, bien moins peuplée que celle de Lyon mais qui présente pourtant un taux d’incidence proche : 756 cas pour 100 000 habitants (+32%). Dans la métropole de Clermont-Ferrand, la dynamique moins forte la semaine passée, s’est depuis accéléré. Le taux d’incidence progresse de 38% par rapport à la semaine précédente.

 

 

Les hospitalisations atteignent par endroits des niveaux supérieurs à la « vague » du printemps

La semaine passée, certains indicateurs hospitaliers montraient une situation proche de celle des mois de mars et avril derniers. La circulation toujours plus active du virus a continué d’aggraver la situation dans les hôpitaux. Désormais, la quasi totalité des départements d’Auvergne-Rhône-Alpes a retrouvé un niveau d’hospitalisation équivalent à celui de la « première vague ». Dans certains, il a déjà doublé voire triplé.

Au 27 octobre, l’Allier enregistrait un nombre d’hospitalisations en simultané de patients Covid-19 quasiment trois fois supérieur à son pic d’avril dernier. Même chose dans le Cantal ou la Haute-Loire. Les départements de l’ancienne Auvergne, plus épargnés au printemps, sont cette fois davantage touchés.

A cette même date, le Rhône avait retrouvé son niveau d’hospitalisations maximal du printemps. En Isère, deuxième département le plus peuplé mais relativement épargné au printemps, les hospitalisations en simultané au 27 octobre étaient plus de deux fois supérieures au maximum enregistré en avril dernier.

La Haute-Savoie, la Drôme et l’Ardèche, parmi les plus touchés au printemps rapportés à leur population, n’ont pas encore retrouvé les niveaux du printemps. Mais, là aussi, le nombre de patients Covid-19 hospitalisés augmente fortement et devrait dépasser les statistiques enregistrées au printemps.

Au 27 octobre, 3951 patients Covid-19 étaient ainsi hospitalisés dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. Un tiers d’entre eux l’étaient dans le Rhône (1232 patients). Lors de notre dernier point hebdomadaire, le nombre d’hospitalisations étaient de 2663, soit une augmentation sur une semaine de 32%.

Des patients d’Auvergne-Rhône-Alpes transférés dans une autre région

Au sein des Hospices Civils de Lyon (HCL), 554 patients Covid-19 étaient hospitalisés au 27 octobre dont 107 en réanimation. Sur une semaine, le taux d’occupation des lits de réanimation par des patients Covid-19 était d’environ 60% (contre 45% la semaine passée). Une augmentation nette. Alors même que le nombre de lits de réanimation a été augmenté par les services des HCL, passant de de 169 à 200 lits disponibles par rapport à la semaine précédente. Des premiers patients ont été transférés et sont désormais hospitalisés dans des établissements de la région Pays de la Loire.

A l’échelle régionale, 476 personnes atteintes de la Covid-19 se trouvaient en réanimation au 27 octobre. Une augmentation de 20% par rapport à la semaine passée. Malgré cette hausse, le nombre de patients Covid-19 en réanimation semble encore relativement faible.

C’est pour l’heure la seule différence positive par rapport au printemps dernier. La progression des admissions en réanimation évolue de façon moins rapide qu’au printemps alors que les hospitalisations explosent par endroits. Malgré tout, l’Isère et la Haute-Loire font exception. Ils présentent actuellement un nombre de patients Covid-19 en réanimation supérieur (pour l’Isère) ou équivalent (pour la Haute-Loire) au plus haut de la vague du printemps.

Un taux de positivité qui augmente assez faiblement

Autre point plus positif : l’évolution du taux de positivité (part des tests positifs dans l’ensemble du dépistage effectué). Elle est relativement faible, au regard notamment d’un dépistage toujours en augmentation ces dernières semaines (+20% au 20 octobre par rapport à la semaine précédente).

Il est ainsi resté stable dans l’Ain et l’Allier. Il a même diminué en Ardèche et dans le Cantal (rare département à avoir connu une baisse du dépistage). Il est en très légère hausse dans le Puy-de-Dôme, le Rhône et la Haute-Savoie (+ 1 point). En Isère et dans la Loire, départements parmi les plus touchés par l’épidémie, il augmente de 3 points, plus fortes hausses au 20 octobre par rapport à la semaine précédente.

 

 

 

 

Les données utilisées

Les données hospitalières de l’épidémie de Covid-19

Elles proviennent des chiffres de Santé Publique France. Il s’agit de données journalières pour le nombre d’hospitalisations, de personnes en réanimation et de personnes décédées. Pour le taux d’incidence, il s’agit de données établies de façon hebdomadaire.

Précisions :

Pour le nombre de patients hospitalisés ou en réanimation ou en soins intensifs, il s’agit de données journalières non cumulées et provenant des hôpitaux (hors Ehpad donc). Les chiffres représentent donc le nombre de personnes hospitalisées ou en réanimations à ce jour.

Pour le nombre de personnes décédées à l’hôpital, les chiffres présentés sont un cumul depuis le début de la publication des données, à savoir le 18 mars. Voilà pourquoi les courbes des décès sont différentes des autres. Elles se stabilisent mais ne diminuent donc pas.

Limites des données hospitalières de Santé Publique France :

  • Le système de déclaration des cas n’est pas exhaustif et le nombre d’établissements déclarant varie au cours du temps ;
  • Certains patients, présents dans la base de données hospitalières à un moment donné, sont retirés de la base de données par les établissements de santé lorsque le résultat biologique du patient est négatif par rapport au COVID-19.

Le taux d’incidence de l’épidémie de Covid-19

Le taux d’incidence correspond au nombre de tests positifs pour 100.000 habitants. Il est calculé de la manière suivante : (100000 * nombre de cas positif) / Population.

Il est permis grâce au Système d’Informations de DEPistage (SI-DEP). Le nouveau système d’information de dépistage (SI-DEP), en déploiement depuis le 13 mai 2020, est une plateforme sécurisée où sont systématiquement enregistrés les résultats des laboratoires des tests (RT-PCR) réalisés par l’ensemble des laboratoires de ville et établissements hospitaliers concernant le SARS-COV2.

Précision :

  • Sélection de la première date avec pcr positive si plusieurs prélèvements positifs pour un même patient

Limites :

  • Seuls les tests biologiques des personnes pour lesquelles le département de résidence a pu être localisé sont représentés sur les cartes. Les personnes dont le département n’a pas pu être remonté dans les données SIDEP ne sont comptabilisées qu’au niveau France entière. De ce fait la somme des tests indiqués dans les départements ou régions est inférieure au nombre de tests indiqué en France.
  • Le délai de remontée des tests peut excéder 9 jours dans certains cas. Les indicateurs sont ajustés quotidiennement selon la réception des résultats.

Concernant le taux d’incidence, nous travaillons ici avec des données hebdomadaires. Ceci pour éviter les fluctuations quotidiennes parfois importantes. Cette échelle de temps permet de visualiser une évolution plus significative à nos yeux.

Les données de Santé Publique France concernant cet indicateur sont disponibles à partir du 13 mai 2020. Ceci explique que nos tableaux commencent au 19 mai, terme de la première semaine de 7 jours de statistiques.

Comme indiqué ci-dessus, le temps de remontée de ces données est plus long. De fait, ceci explique que pour notre point hebdomadaire nous n’ayons pas à disposition les données des tous derniers jours nous permettant d’effectuer un calcul du taux d’incidence hebdomadaire à date de la publication. Nous attendons que les données nous permettent de calculer cet indicateur de 7 jours en 7 jours à compter du 13 mai.

Le nombre de tests de dépistage Covid-19

Quels tests ?

Il s’agit de ceux enregistrés dans le système SI-DEP. Le nouveau système d’information de dépistage (SI-DEP), en déploiement depuis le 13 mai 2020, est une plateforme sécurisée où sont systématiquement enregistrés les résultats des laboratoires des tests (RT-PCR) réalisés par l’ensemble des laboratoires de ville et établissements hospitaliers concernant le SARS-COV2.

Précisions : Si plusieurs prélèvements sont rapportés pour un même patient:

  • Sélection de la première date pour les pcr ayant le même résultat (par exemple première date si plusieurs pcr négatives)
  • Si pcr discordantes chez un même patient (N et P), la première pcr positive est conservée.
    Exclusion des résultats ininterprétables
  • A compter du 29/08, les indicateurs issus des données de laboratoires (SI-DEP) présentent des taux d’incidence, de positivité et de dépistage corrigés en fonction des dépistages réalisés dans les aéroports à l’arrivée des vols internationaux.

La correction s’applique sur l’ensemble des données postérieures à la date du 12 août.

Limites :

  • Seuls les tests biologiques des personnes pour lesquelles le département de résidence a pu être localisé sont représentés sur les cartes. Les personnes dont le département n’a pas pu être remonté dans les données SIDEP ne sont comptabilisées qu’au niveau France entière. De ce fait la somme des tests indiqués dans les départements ou régions est inférieure au nombre de tests indiqué en France.
  • Le délai de remontée des tests peut excéder 9 jours dans certains cas. Les indicateurs sont ajustés quotidiennement selon la réception des résultats.

 

L'AUTEUR
Bertrand Enjalbal et Colin Revault

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