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Covid-19 : une brusque et forte dégradation en Haute-Savoie
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Covid-19 : une brusque et forte dégradation en Haute-Savoie

actualisé le 14/11/2020 à 09h27

[Graphiques] En Haute-Savoie, les indicateurs de l’épidémie de Covid-19 ont montré durant l’été une situation plus favorable qu’ailleurs dans la région. Avant de se dégrader très fortement et très rapidement à partir de début octobre. Visualiser l’évolution des indicateurs en graphiques.

Point hebdomadaire effectué en date du04 novembre 2020. Voir le dernier point régional et les chiffres par département en Auvergne-Rhône-Alpes.

La Haute-Savoie est longtemps restée l’exception à la règle. Depuis le mois d’août, les indicateurs se sont progressivement dégradés dans les départements d’Auvergne-Rhône-Alpes. La Haute-Savoie a, au contraire, connu un relatif répit durant l’été et le mois de septembre, faisant presque figure d’ « exception sanitaire ».

Depuis le début du mois d’octobre, la situation s’est brusquement dégradée dans le département. La Haute-Savoie est même devenue ces derniers jours le département de la région où l’épidémie a le plus fortement progressé. Entre le 20 et le 27 octobre, le taux d’incidence a plus que doublé en une semaine.

Covid-19 : en Haute-Savoie le calme durant l’été avant la tempête en octobre

Au 20 octobre, le taux d’incidence sur une semaine en Haute-Savoir s’établissait à 413 cas pour 100 000 habitants. Une semaine plus tard, au 27 octobre, il atteignait 880 cas. Entre le 29 septembre et le 27 octobre, le niveau de cet indicateur -qui participe à la mesure de la dynamique de l’épidémie de Covid-19- a été multiplié par 13,5 environ. Il a donc plus que décuplé.

Lors de l’annonce du nouveau confinement, le président de la République, Emmanuel Macron, a évoqué une aggravation subite de la situation sanitaire qui ne pouvait être anticipée.

« Comme tous nos voisins, nous sommes submergés par l’accélération soudaine de l’épidémie, par un virus qui semble gagner en force à mesure que l’hiver approche. Nous sommes tous en Europe, surpris par l’évolution du virus. »

Pourtant, en Auvergne-Rhône-Alpes du moins, les signes de reprise sont, dans certains départements, sensibles depuis la mi-aôut. Dans ces départements, le taux d’incidence n’a cessé d’augmenter depuis, lentement à la fin de l’été, mais sans réel ralentissement. Toutefois, le point de vue du chef de l’Etat s’applique assez bien à la situation de la Haute-Savoie.

Depuis le début de la décrue dans les hôpitaux du département, autour du 20 avril, le nombre d’hospitalisations en simultané n’a cessé de baisser jusqu’à la fin du mois d’août. Il s’est ensuite stabilisé jusqu’à la fin du mois de septembre, avant d’augmenter très légèrement dans les premiers jours d’octobre puis d’exploser.

Idem pour le taux d’incidence, resté quasiment stable en Haute-Savoie de fin juillet à début septembre. Il a ensuite augmenté avant de se stabiliser durant tout le mois de septembre puis d’exploser lui aussi durant le mois d’octobre. Une évolution qui laisse présager d’une aggravation à venir des indicateurs hospitaliers dans le département. Même chose enfin pour le taux de positivité, resté relativement stable et à des niveaux assez bas durant tout l’été et le mois de septembre. Avant d’être multiplié par un peu plus de 4 durant le mois d’octobre.

 

 

Une centaine d’hospitalisations cumulées supplémentaire en moins d’une semaine

Au 4 novembre, 379 patients Covid-19 étaient hospitalisés en Haute-Savoie. Ils étaient 23 en simultané le 4 octobre. Sur les seuls premiers jours de novembre, les hôpitaux de Haute-Savoie ont accueilli près d’une centaine de patients Covid-19. Depuis la mi-octobre, le nombre de décès augmente selon une évolution bien plus forte que durant la « première vague » du printemps.

Pour l’heure, le niveau d’hospitalisations en réanimation cumulées n’atteint pas le pic du printemps dernier. Mais il s’en rapproche. L’évolution de cet indicateur ne montre pas, pour l’heure, une dynamique semblable à celle du printemps. La courbe reste plus « plate » malgré des hospitalisations qui s’envolent.

Les données utilisées

Les données hospitalières de l’épidémie de Covid-19

Elles proviennent des chiffres de Santé Publique France. Il s’agit de données journalières pour le nombre d’hospitalisations, de personnes en réanimation et de personnes décédées. Pour le taux d’incidence, il s’agit de données établies de façon hebdomadaire.

Précisions :

Pour le nombre de patients hospitalisés ou en réanimation ou en soins intensifs, il s’agit de données journalières non cumulées et provenant des hôpitaux (hors Ehpad donc). Les chiffres représentent donc le nombre de personnes hospitalisées ou en réanimations à ce jour.

Pour le nombre de personnes décédées à l’hôpital, les chiffres présentés sont un cumul depuis le début de la publication des données, à savoir le 18 mars. Voilà pourquoi les courbes des décès sont différentes des autres. Elles se stabilisent mais ne diminuent donc pas.

Limites des données hospitalières de Santé Publique France :

Le système de déclaration des cas n’est pas exhaustif et le nombre d’établissements déclarant varie au cours du temps ;
Certains patients, présents dans la base de données hospitalières à un moment donné, sont retirés de la base de données par les établissements de santé lorsque le résultat biologique du patient est négatif par rapport au COVID-19.
Le taux d’incidence de l’épidémie de Covid-19

Le taux d’incidence correspond au nombre de tests positifs pour 100.000 habitants. Il est calculé de la manière suivante : (100000 * nombre de cas positif) / Population.

Il est permis grâce au Système d’Informations de DEPistage (SI-DEP). Le nouveau système d’information de dépistage (SI-DEP), en déploiement depuis le 13 mai 2020, est une plateforme sécurisée où sont systématiquement enregistrés les résultats des laboratoires des tests (RT-PCR) réalisés par l’ensemble des laboratoires de ville et établissements hospitaliers concernant le SARS-COV2.

Précision :

Sélection de la première date avec pcr positive si plusieurs prélèvements positifs pour un même patient

Limites :

Seuls les tests biologiques des personnes pour lesquelles le département de résidence a pu être localisé sont représentés sur les cartes. Les personnes dont le département n’a pas pu être remonté dans les données SIDEP ne sont comptabilisées qu’au niveau France entière. De ce fait la somme des tests indiqués dans les départements ou régions est inférieure au nombre de tests indiqué en France.
Le délai de remontée des tests peut excéder 9 jours dans certains cas. Les indicateurs sont ajustés quotidiennement selon la réception des résultats.

Concernant le taux d’incidence, nous travaillons ici avec des données hebdomadaires. Ceci pour éviter les fluctuations quotidiennes parfois importantes. Cette échelle de temps permet de visualiser une évolution plus significative à nos yeux.

Les données de Santé Publique France concernant cet indicateur sont disponibles à partir du 13 mai 2020. Ceci explique que nos tableaux commencent au 19 mai, terme de la première semaine de 7 jours de statistiques.

Comme indiqué ci-dessus, le temps de remontée de ces données est plus long. De fait, ceci explique que pour notre point hebdomadaire nous n’ayons pas à disposition les données des tous derniers jours nous permettant d’effectuer un calcul du taux d’incidence hebdomadaire à date de la publication. Nous attendons que les données nous permettent de calculer cet indicateur de 7 jours en 7 jours à compter du 13 mai.

Le nombre de tests de dépistage Covid-19

Quels tests ?

Il s’agit de ceux enregistrés dans le système SI-DEP. Le nouveau système d’information de dépistage (SI-DEP), en déploiement depuis le 13 mai 2020, est une plateforme sécurisée où sont systématiquement enregistrés les résultats des laboratoires des tests (RT-PCR) réalisés par l’ensemble des laboratoires de ville et établissements hospitaliers concernant le SARS-COV2.

Précisions : Si plusieurs prélèvements sont rapportés pour un même patient:

Sélection de la première date pour les pcr ayant le même résultat (par exemple première date si plusieurs pcr négatives)
Si pcr discordantes chez un même patient (N et P), la première pcr positive est conservée.
Exclusion des résultats ininterprétables
A compter du 29/08, les indicateurs issus des données de laboratoires (SI-DEP) présentent des taux d’incidence, de positivité et de dépistage corrigés en fonction des dépistages réalisés dans les aéroports à l’arrivée des vols internationaux.

La correction s’applique sur l’ensemble des données postérieures à la date du 12 août.

Limites :

Seuls les tests biologiques des personnes pour lesquelles le département de résidence a pu être localisé sont représentés sur les cartes. Les personnes dont le département n’a pas pu être remonté dans les données SIDEP ne sont comptabilisées qu’au niveau France entière. De ce fait la somme des tests indiqués dans les départements ou régions est inférieure au nombre de tests indiqué en France.
Le délai de remontée des tests peut excéder 9 jours dans certains cas. Les indicateurs sont ajustés quotidiennement selon la réception des résultats.

L'AUTEUR
Bertrand Enjalbal
Bertrand Enjalbal
Journaliste à Rue89Lyon

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