Covid-19 : pas d’amélioration tangible en Auvergne-Rhône-Alpes
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Covid-19 : pas d’amélioration tangible en Auvergne-Rhône-Alpes

[GRAPHIQUES] Les indicateurs de l’épidémie de Covid-19 en Auvergne-Rhône-Alpes sont toujours globalement mauvais. La région reste la plus touchée de France depuis plusieurs semaines et la dynamique de l’épidémie est encore forte. Toutefois, dans certains territoires elle montre des signes de légère accalmie. Le nombre de patients hospitalisés a encore fortement augmenté en une semaine mais à un rythme moins élevé.

(Rue89Lyon propose un point hebdomadaire, celui que vous lirez ci-après a été effectué en date du 11 novembre. Voir le détail département par département)

Depuis plus d’un mois maintenant, Auvergne-Rhône-Alpes est la région française la plus touchée par l’épidémie de Covid-19. Si dans certains territoires sa dynamique semble très légèrement ralentir (comme la Loire), elle continue de progresser fortement dans d’autres. C’est le cas notamment de la Savoie et de la Haute-Savoie qui atteignent voire dépassent le taux d’incidence de la Loire, jusqu’ici département le plus durement touché.

Auvergne-Rhône-Alpes, une dynamique encore forte mais qui semble ralentir

Au 8 novembre, le taux d’incidence régional (sur une semaine glissante, du 2 au 8 novembre) s’élevait à 841 cas pour 100 000 habitants. Il était de 866 cas durant la semaine du 26 octobre au 1er novembre. Des chiffres qui, s’ils se confirmaient, montreraient un ralentissement de la dynamique de l’épidémie. Il est sûrement encore trop tôt pour le dire.

Elle reste malgré tout la région la plus touchée de France, devant la région Bourgogne-Franche-Comté et ses 595 cas pour 100 000 habitants sur une semaine au 8 novembre. Durant cette même semaine il y avait ainsi près de 2,5 fois moins de cas positifs détectés en Île-de-France qu’en Auvergne-Rhône-Alpes et 4 fois moins en Bretagne, proportionnellement à la population.

 

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En observant les données consolidées, cette baisse n’est pas encore visible. Au 3 novembre, le taux d’incidence hebdomadaire s’établissait dans la région à 924 cas contre 822 cas au 27 octobre. Soit une augmentation de 11% encore sur une semaine. Durant les premiers jours de novembre, Auvergne-Rhône-Alpes semblait donc connaître une dynamique de l’épidémie globalement moins rapide que les semaines précédentes (où elle progressait de 30% en moyenne).

La Savoie et la Haute-Savoie désormais plus touchées que la Loire

La Loire n’est plus le département le plus touché de la région (et de France). Au 8 novembre, sur une semaine glissante, les départements de la Haute-Loire, de la Savoie et de la Haute-Savoie présentaient des taux d’incidence plus élevés. Les différences restent toutefois minimes.

Toutefois, si cette évolution devait se confirmer elle montrerait une stabilisation de l’épidémie dans la Loire. En effet, dans la Métropole de Saint-Étienne le taux d’incidence était en baisse ces derniers jours (voir tableau plus bas) tout comme dans le département (-1,5% depuis notre dernier point hebdomadaire). La Loire est avec l’Ardèche (-5%), le seul département de la région à voir son taux d’incidence baisser sur une semaine entre le 27 octobre et le 3 novembre. Le Puy-de-Dôme a connu une évolution stable durant la même semaine. Partout ailleurs, l’indicateur a encore évolué à la hausse.

Cette évolution montre surtout la forte dégradation, évoquées les semaines précédentes et toujours en cours, en Haute-Loire (hausse de 11% du taux d’incidence) et dans les deux Savoie (+30% en Savoie et +24% en Haute-Savoie).

Vous pouvez également visualiser l’évolution du taux d’incidence par communes sur cette carte (zoomer ou rechercher la commune par son nom) :

Covid-19 : un possible effet couvre-feu dans les métropoles

Du 17 au 31 octobre, les métropoles de Lyon, Grenoble et Saint-Étienne ont vécu sous couvre-feu nocturne (à partir du 24 octobre pour celle de Clermont-Ferrand). Un dispositif censé endiguer l’emballement de l’épidémie courant octobre et démarré au mois de septembre. Malgré tout, il n’a pas empêché la mise en place d’un nouveau confinement. Néanmoins, il a peut-être contribué à ralentir la dynamique de l’épidémie dans ces territoires avant l’entrée en vigueur du confinement.

La semaine passée, on notait déjà dans ces territoires un ralentissement de l’épidémie. Une semaine plus tard, l’évolution du taux d’incidence est à la baisse dans toutes les métropoles de la région.

 

 

La baisse est très légère dans celle de Grenoble (-1,5%). Elle est plus marquée en revanche dans celle de Saint-Étienne (-30%) ou de Clermont-Ferrand (-10%). Dans la métropole de Lyon, le taux d’incidence semble se stabiliser. Son niveau hebdomadaire au 7 novembre était quasiment identique à celui constaté au 24 octobre dernier.

Ces chiffres ne montrent toutefois pas encore une baisse constante et demandent à être confirmés dans le temps. Surtout, ils se maintiennent à des niveaux encore élevés, presque deux fois supérieurs à moyenne nationale.

Près de 7000 patients Covid-19 hospitalisés en Auvergne-Rhône-Alpes

 

1000 patients Covid-19 supplémentaires en une semaine. C’est le rythme qu’ont vécu les hôpitaux de la région entre le 4 et le 11 novembre. Ils accueillaient au 11 novembre 6880 patients Covid-19 en hospitalisation conventionnelle contre 5883 au 4 novembre (+15%), selon les chiffres de Santé Publique France. Et pourtant c’est un rythme deux fois inférieur à celui connu les semaines précédentes. Les patients Covid-19 hospitalisés étaient 3951 au 27 octobre, soit une augmentation de 42% des hospitalisations en simultané en quinze jours. L’évolution de l’épidémie, encore forte ces derniers jours dans la région, ne laisse pas espérer une rapide amélioration des indicateurs hospitaliers.

Au 11 novembre, 832 patients Covid-19 se trouvaient en réanimation ou en soins intensifs dans les hôpitaux d’Auvergne-Rhône-Alpes. Ils étaient 717 une semaine plus tôt (+14%). L’évolution des hospitalisations comme des admissions en réanimation a toutefois augmenté de façon moins rapide cette dernière semaine. Les hospitalisations connaissaient ces dernières semaine des hausses hebdomadaires de l’ordre de 30% quand les réanimations avaient bondi au 4 novembre de 40% sur une semaine.

Dans le détail des âges, on voit que dans la région les plus touchés sont les plus âgés. Les patients âgés de 70 à 90 ans constituent plus de la moitié des hospitalisations Covid-19. Un tiers environ des patients en réanimation dans la région ont entre 70 et 80 ans. Les deux tiers des personnes hospitalisées ont entre 60 et 80 ans. En date du 11 novembre, un quart des décès à l’hôpital imputés à la Covid-19 concerne des personnes de plus de 90 ans. Près de la moitié concerne des personnes âgées de 80 à 90 ans.

A Lyon, les HCL quasiment au maximum de leur capacité

Même si le rythme des hospitalisations et des admissions en réanimation s’est quelque peu ralenti ces derniers jours dans la région, la tension ne devrait pas retomber très rapidement dans les hôpitaux. C’est le cas notamment au sein des Hospices Civils de Lyon (HCL).

Le 10 novembre, ils ont fait savoir qu’ils étaient quasiment au maximum de leur capacité d’accueil. En effet, à cette date 272 lits de réanimation avaient été mis en place. Le directeur général des HCL indiquait que la capacité maximale était de 290 lits de réanimation. A cette date, le taux d’occupation des lits de réanimation était de près de 90% malgré une nouvelle augmentation de la capacité par rapport à la semaine précédente. 64% d’entre eux étaient occupés par des patients Covid-19.

Depuis le 19 octobre, date des premiers transferts de patients, 11 patients de réanimation ont été transférés dans d’autres hôpitaux de la région Auvergne-Rhône-Alpes. 35 ont été transférés dans d’autres régions.

 

Un dépistage toujours en hausse

Le dépistage a continué d’augmenter dans la région ces derniers jours. Au 27 octobre, le nombre de tests PCR effectués de façon hebdomadaire avait quasiment doublé en un mois. Sur une semaine, entre le 27 octobre et le 3 novembre, ce sont 15 000 tests supplémentaires qui ont été réalisés.

Si les taux d’incidence de l’épidémie semble se stabiliser dans la région (voire amorcer une légère baisse dans certains territoires), un bémol subsiste : le taux de positivité des tests. Il ne baisse quasiment nulle part dans la région, à l’exception de l’Ardèche (-3 points en une semaine) et de la Loire (-0,5 point). Parfois, les hausses sont encore très fortes, comme dans l’Ain (+15 points sur une semaine entre le 27 octobre et le 3 novembre).

 

 

 

Les données utilisées

Les données hospitalières de l’épidémie de Covid-19

Elles proviennent des chiffres de Santé Publique France. Il s’agit de données journalières pour le nombre d’hospitalisations, de personnes en réanimation et de personnes décédées. Pour le taux d’incidence, il s’agit de données établies de façon hebdomadaire.

Précisions :

Pour le nombre de patients hospitalisés ou en réanimation ou en soins intensifs, il s’agit de données journalières non cumulées et provenant des hôpitaux (hors Ehpad donc). Les chiffres représentent donc le nombre de personnes hospitalisées ou en réanimations à ce jour.

Pour le nombre de personnes décédées à l’hôpital, les chiffres présentés sont un cumul depuis le début de la publication des données, à savoir le 18 mars. Voilà pourquoi les courbes des décès sont différentes des autres. Elles se stabilisent mais ne diminuent donc pas.

Limites des données hospitalières de Santé Publique France :

  • Le système de déclaration des cas n’est pas exhaustif et le nombre d’établissements déclarant varie au cours du temps ;
  • Certains patients, présents dans la base de données hospitalières à un moment donné, sont retirés de la base de données par les établissements de santé lorsque le résultat biologique du patient est négatif par rapport au COVID-19.

Le taux d’incidence de l’épidémie de Covid-19

Le taux d’incidence correspond au nombre de tests positifs pour 100.000 habitants. Il est calculé de la manière suivante : (100000 * nombre de cas positif) / Population.

Il est permis grâce au Système d’Informations de DEPistage (SI-DEP). Le nouveau système d’information de dépistage (SI-DEP), en déploiement depuis le 13 mai 2020, est une plateforme sécurisée où sont systématiquement enregistrés les résultats des laboratoires des tests (RT-PCR) réalisés par l’ensemble des laboratoires de ville et établissements hospitaliers concernant le SARS-COV2.

Précision :

  • Sélection de la première date avec pcr positive si plusieurs prélèvements positifs pour un même patient

Limites :

  • Seuls les tests biologiques des personnes pour lesquelles le département de résidence a pu être localisé sont représentés sur les cartes. Les personnes dont le département n’a pas pu être remonté dans les données SIDEP ne sont comptabilisées qu’au niveau France entière. De ce fait la somme des tests indiqués dans les départements ou régions est inférieure au nombre de tests indiqué en France.
  • Le délai de remontée des tests peut excéder 9 jours dans certains cas. Les indicateurs sont ajustés quotidiennement selon la réception des résultats.

Concernant le taux d’incidence, nous travaillons ici avec des données hebdomadaires. Ceci pour éviter les fluctuations quotidiennes parfois importantes. Cette échelle de temps permet de visualiser une évolution plus significative à nos yeux.

Les données de Santé Publique France concernant cet indicateur sont disponibles à partir du 13 mai 2020. Ceci explique que nos tableaux commencent au 19 mai, terme de la première semaine de 7 jours de statistiques.

Comme indiqué ci-dessus, le temps de remontée de ces données est plus long. De fait, ceci explique que pour notre point hebdomadaire nous n’ayons pas à disposition les données des tous derniers jours nous permettant d’effectuer un calcul du taux d’incidence hebdomadaire à date de la publication. Nous attendons que les données nous permettent de calculer cet indicateur de 7 jours en 7 jours à compter du 13 mai.

Le nombre de tests de dépistage Covid-19

Quels tests ?

Il s’agit de ceux enregistrés dans le système SI-DEP. Le nouveau système d’information de dépistage (SI-DEP), en déploiement depuis le 13 mai 2020, est une plateforme sécurisée où sont systématiquement enregistrés les résultats des laboratoires des tests (RT-PCR) réalisés par l’ensemble des laboratoires de ville et établissements hospitaliers concernant le SARS-COV2.

Précisions : Si plusieurs prélèvements sont rapportés pour un même patient:

  • Sélection de la première date pour les pcr ayant le même résultat (par exemple première date si plusieurs pcr négatives)
  • Si pcr discordantes chez un même patient (N et P), la première pcr positive est conservée.
    Exclusion des résultats ininterprétables
  • A compter du 29/08, les indicateurs issus des données de laboratoires (SI-DEP) présentent des taux d’incidence, de positivité et de dépistage corrigés en fonction des dépistages réalisés dans les aéroports à l’arrivée des vols internationaux.

La correction s’applique sur l’ensemble des données postérieures à la date du 12 août.

Limites :

  • Seuls les tests biologiques des personnes pour lesquelles le département de résidence a pu être localisé sont représentés sur les cartes. Les personnes dont le département n’a pas pu être remonté dans les données SIDEP ne sont comptabilisées qu’au niveau France entière. De ce fait la somme des tests indiqués dans les départements ou régions est inférieure au nombre de tests indiqué en France.
  • Le délai de remontée des tests peut excéder 9 jours dans certains cas. Les indicateurs sont ajustés quotidiennement selon la réception des résultats.

L'AUTEUR
Bertrand Enjalbal et Colin Revault

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