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Covid-19 : Auvergne-Rhône-Alpes face à un « mur »
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Covid-19 : Auvergne-Rhône-Alpes face à un « mur »

actualisé le 23/10/2020 à 11h51

[GRAPHIQUES] L’évolution de l’épidémie de Covid-19 en Auvergne-Rhône-Alpes continue de façon inquiétante. L’aggravation ces dernières semaines de certains indicateurs s’est brusquement traduite dans les hôpitaux. Les courbes des hospitalisations ressemblent par endroits à des « murs ». Dans les métropoles, notamment à Saint-Etienne, la dynamique de l’épidémie s’envole.

(Rue89Lyon propose un point hebdomadaire, celui que vous lirez ci-après a été effectué en date du 22 octobre)

En Auvergne-Rhône-Alpes, la situation a continué de se dégrader dans les grandes métropoles. Les métropoles de Saint-Etienne et de Lyon sont, avec Lille, celles présentant le taux d’incidence (dynamique de l’épidémie) le plus mauvais du pays.

Dans les autres départements de la région, les évolutions des indicateurs ne sont pas bons non plus. Notamment à l’hôpital. Après les annonces du premier ministre Jean Castex, ce jeudi 22 octobre, la quasi totalité de la région Auvergne-Rhône-Alpes se voit appliquer la mesure du couvre-feu de 21h à 6h (à l’exception du Cantal et de l’Allier).

Covid-19 : près de 40% de cas en plus en une semaine en Auvergne-Rhône-Alpes

Au 19 octobre, le taux d’incidence hebdomadaire (nombre de cas positifs pour 100 000 habitants) s’élevait à 457 cas à l’échelle de la région contre 280 cas au 12 octobre, soit une augmentation de près de 39% sur une semaine. Durant la semaine du 6 au 12 octobre, il avait déjà connu une augmentation du même ordre (37%). Au 6 octobre, il était de 175 cas, en augmentation déjà de 30% par rapport à la semaine précédente.

Les moins touchés restent les 0-9 ans (taux d’incidence au 19 octobre de 77 cas pour 100 000 habitants). Les 20-29 ans (730 cas) et les plus de 90 ans (896 cas) sont les catégories où le virus circule le plus. Les 60-90 ans, particulièrement à risques, sont moins touchés que les 30-60 ans. Toutefois, le taux d’incidence reste très fort dans ces tranches d’âges, de l’ordre de 360 cas en moyenne pour 100 000 habitants.

Covid-19 : les « murs » des courbes du taux d’incidence en Auvergne-Rhône-Alpes

A partir du 6 octobre, la dégradation s’est accélérée dans l’ensemble de la région.

Ainsi, entre le 6 et le 13 octobre, le taux d’incidence hebdomadaire a plus que doublé dans l’Ain (120 à 263 cas pour 100 000 habitants), dans l’Allier (de 46 à 115 cas) ou en Savoie et Haute-Savoie. Il a triplé en Ardèche sur la même semaine. Dans les autres départements, la hausse est légèrement plus faible, autour des 40%.

La hausse assez nette de la dynamique de circulation du virus se faisait sentir depuis le 29 septembre. Elle laisse maintenant place à des courbes qui ressemblent à des « murs », comme ici pour la Savoie (voir les graphiques par département plus bas).

 

Dans les métropoles régionales, les indicateurs du taux d’incidence affichent des niveaux très élevés. Les données disponibles sont récentes, impossible alors de voir l’intensité de l’aggravation sur un temps plus long. Toutefois, on note dans ces territoires une aggravation à partir de début octobre. Et une accélération par la suite.

Saint-Etienne, avec un taux d’incidence global de près de 800 cas pour 100 000 habitants au 17 octobre, est la métropole de France métropolitaine la plus touchée. La Métropole de Lyon avoisine elle les 600 cas. La situation n’est pas rassurante dans celle de Grenoble, bien moins peuplée que celle de Lyon mais qui présente pourtant un taux d’incidence quasiment égal. Celle de Clermont-Ferrand voit sa situation s’aggraver également, avec une dynamique moins importante.

 

 

Le « mur » des hospitalisations Covid-19, multipliées par deux en une semaine en Auvergne-Rhône-Alpes

Les courbes du nombre d’hospitalisations en cumulé ont connu de brusques flambées.

Dans certains départements, elles ont progressé à un rythme aussi voire plus élevé que durant le mois de mars dernier au début du confinement. Les évolutions sont très violentes. Parfois, les hospitalisations ont doublé en une semaine. C’est le cas en Ardèche, en Haute-Loire, dans la Drôme. Dans l’Ain, elle ont plus que triplé, passant de 52 personnes hospitalisées en simultané à 137 entre le 16 et le 22 octobre. Près de la moitié des départements d’Auvergne-Rhône-Alpes ont désormais largement dépassé leur niveau d’hospitalisations connu lors des mois de mars et avril 2020. C’est le cas de la Haute-Loire, du Puy-de-Dôme, l’Isère, le Cantal et l’Allier. (voir graphiques en détail plus bas)

Au 22 octobre, 2663 personnes atteintes de la Covid-19 étaient hospitalisées en d’Auvergne-Rhône-Alpes. Elles étaient 1367 au 14 octobre, soit une augmentation de 48% en une semaine. 375 patients se trouvaient en réanimation au 22 octobre, contre 218 au 14 octobre (+41% sur une semaine).

Dans les hôpitaux de Lyon, la situation devient critique. Dans son dernier point, la direction des Hospices Civils de Lyon (HCL), en date du 20 octobre, indique de près de la moitié de ses lits de réanimation est occupée par des patients Covid-19 (46%). Surtout, la quasi totalité des lits de réanimation sont occupés (94%) en comptant les patients non Covid-19.

Dans le Rhône, l’hôpital Nord-Ouest qui présente plusieurs sites à côté de Villefranche-sur-Saône, à Tarare ou encore Trévoux (Ain) et auxquels sont rattachés des Ehpad, indique que la totalité de ses lits sont sont saturés. Les personnels appellent à des renforts. Ils estiment cette « deuxième vague » plus forte que la première pour leurs établissements.

Reprise du dépistage en Auvergne-Rhône-Alpes

La recrudescence des cas entraîne logiquement une reprise du dépistage. Alors qu’il stagnait voire diminuait depuis plusieurs semaines dans la région après la forte hausse de la fin de l’été, le dépistage est reparti fortement à la hausse.

Au 13 octobre, ce sont près de 40 000 tests hebdomadaires supplémentaires qui ont été effectués par rapport à la semaine passée. Une hausse de près de 25% sur une semaine. Le dépistage continue toutefois de baisser dans le Rhône. Seul département dans ce cas en Auvergne-Rhône-Alpes.

 

 

 

 

>>La situation par départements en graphiques en page 2<<

Les indicateurs de l’évolution de la Covid-19 dans les départements d’Auvergne-Rhône-Alpes

Les indicateurs de la Covid-19 dans l’Ain

 

 

Les indicateurs de la Covid-19 dans l’Allier

 

 

 

Les indicateurs de la Covid-19 en Ardèche

 

Les indicateurs de la Covid-19 dans le Cantal

 

Les chiffres dans le département de la Drôme

 

Les chiffres dans le département de l’Isère

 

 

Les chiffres dans le département de la Loire

 

 

Les chiffres dans le département de la Haute-Loire

 

 

Les chiffres dans le département du Puy-de-Dôme

 

Les indicateurs de la Covid-19 dans le Rhône

 

Les chiffres dans le département de la Savoie

 

 

 

Les chiffres dans le département de la Haute-Savoie

 

 

Les données utilisées

Les données hospitalières de l’épidémie de Covid-19

Elles proviennent des chiffres de Santé Publique France. Il s’agit de données journalières pour le nombre d’hospitalisations, de personnes en réanimation et de personnes décédées. Pour le taux d’incidence, il s’agit de données établies de façon hebdomadaire.

Précisions :

Pour le nombre de patients hospitalisés ou en réanimation ou en soins intensifs, il s’agit de données journalières non cumulées et provenant des hôpitaux (hors Ehpad donc). Les chiffres représentent donc le nombre de personnes hospitalisées ou en réanimations à ce jour.

Pour le nombre de personnes décédées à l’hôpital, les chiffres présentés sont un cumul depuis le début de la publication des données, à savoir le 18 mars. Voilà pourquoi les courbes des décès sont différentes des autres. Elles se stabilisent mais ne diminuent donc pas.

Limites des données hospitalières de Santé Publique France :

  • Le système de déclaration des cas n’est pas exhaustif et le nombre d’établissements déclarant varie au cours du temps ;
  • Certains patients, présents dans la base de données hospitalières à un moment donné, sont retirés de la base de données par les établissements de santé lorsque le résultat biologique du patient est négatif par rapport au COVID-19.

Le taux d’incidence de l’épidémie de Covid-19

Le taux d’incidence correspond au nombre de tests positifs pour 100.000 habitants. Il est calculé de la manière suivante : (100000 * nombre de cas positif) / Population.

Il est permis grâce au Système d’Informations de DEPistage (SI-DEP). Le nouveau système d’information de dépistage (SI-DEP), en déploiement depuis le 13 mai 2020, est une plateforme sécurisée où sont systématiquement enregistrés les résultats des laboratoires des tests (RT-PCR) réalisés par l’ensemble des laboratoires de ville et établissements hospitaliers concernant le SARS-COV2.

Précision :

  • Sélection de la première date avec pcr positive si plusieurs prélèvements positifs pour un même patient

Limites :

  • Seuls les tests biologiques des personnes pour lesquelles le département de résidence a pu être localisé sont représentés sur les cartes. Les personnes dont le département n’a pas pu être remonté dans les données SIDEP ne sont comptabilisées qu’au niveau France entière. De ce fait la somme des tests indiqués dans les départements ou régions est inférieure au nombre de tests indiqué en France.
  • Le délai de remontée des tests peut excéder 9 jours dans certains cas. Les indicateurs sont ajustés quotidiennement selon la réception des résultats.

Concernant le taux d’incidence, nous travaillons ici avec des données hebdomadaires. Ceci pour éviter les fluctuations quotidiennes parfois importantes. Cette échelle de temps permet de visualiser une évolution plus significative à nos yeux.

Les données de Santé Publique France concernant cet indicateur sont disponibles à partir du 13 mai 2020. Ceci explique que nos tableaux commencent au 19 mai, terme de la première semaine de 7 jours de statistiques.

Comme indiqué ci-dessus, le temps de remontée de ces données est plus long. De fait, ceci explique que pour notre point hebdomadaire nous n’ayons pas à disposition les données des tous derniers jours nous permettant d’effectuer un calcul du taux d’incidence hebdomadaire à date de la publication. Nous attendons que les données nous permettent de calculer cet indicateur de 7 jours en 7 jours à compter du 13 mai.

Le nombre de tests de dépistage Covid-19

Quels tests ?

Il s’agit de ceux enregistrés dans le système SI-DEP. Le nouveau système d’information de dépistage (SI-DEP), en déploiement depuis le 13 mai 2020, est une plateforme sécurisée où sont systématiquement enregistrés les résultats des laboratoires des tests (RT-PCR) réalisés par l’ensemble des laboratoires de ville et établissements hospitaliers concernant le SARS-COV2.

Précisions : Si plusieurs prélèvements sont rapportés pour un même patient:

  • Sélection de la première date pour les pcr ayant le même résultat (par exemple première date si plusieurs pcr négatives)
  • Si pcr discordantes chez un même patient (N et P), la première pcr positive est conservée.
    Exclusion des résultats ininterprétables
  • A compter du 29/08, les indicateurs issus des données de laboratoires (SI-DEP) présentent des taux d’incidence, de positivité et de dépistage corrigés en fonction des dépistages réalisés dans les aéroports à l’arrivée des vols internationaux.

La correction s’applique sur l’ensemble des données postérieures à la date du 12 août.

Limites :

  • Seuls les tests biologiques des personnes pour lesquelles le département de résidence a pu être localisé sont représentés sur les cartes. Les personnes dont le département n’a pas pu être remonté dans les données SIDEP ne sont comptabilisées qu’au niveau France entière. De ce fait la somme des tests indiqués dans les départements ou régions est inférieure au nombre de tests indiqué en France.
  • Le délai de remontée des tests peut excéder 9 jours dans certains cas. Les indicateurs sont ajustés quotidiennement selon la réception des résultats.

L'AUTEUR
Bertrand Enjalbal et Colin Revault

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