Covid-19 : une progression inquiétante de l’épidémie dans la Loire
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Covid-19 : une progression inquiétante de l’épidémie dans la Loire

actualisé le 17/10/2020 à 13h07

[Data] Dans la Loire, les chiffres de l’épidémie de Covid-19 sont les plus élevés de la région Auvergne-Rhône-Alpes. En augmentation constante depuis la fin de l’été, le taux d’incidence atteint semaine après semaine son niveau le plus élevé depuis la sortie du confinement. Le 6 octobre, il approchait les 300 cas positifs pour 100 000 habitants. Dans les hôpitaux, la pression continue d’augmenter.

Nombre de cas positifs : le taux d’incidence évolue de +43% en une semaine

Depuis début septembre, le taux d’influence (un des indicateurs de la dynamique de l’épidémie) dans le département de la Loire a dépassé le seuil d’alerte et ne cesse d’augmenter. Entre le 30 septembre et le 6 octobre, il est passé de 168 cas positifs pour 100 000 habitants à 294 cas (+43%). Si davantage de tests PCR (1000 supplémentaires environ) ont été effectués par rapport à la semaine précédente, l’augmentation est réelle, pour toutes les tranches d’âges. (voir tableau)

Le taux de positivité (nombre de tests positifs rapportés au nombre de tests réalisés) est passé nettement au-dessus du niveau rouge (à partir de 10 %), puisqu’il est actuellement de 16,61 %, total le plus élevé de la région. Pour les 90 ans et plus, il a plus que doublé en une semaine, passant de 10,04 % à 24,6 %, chiffre le plus élevé toutes tranches d’âge confondues.

Dans les hôpitaux, la pression continue d’augmenter. Depuis quinze jours, le nombre d’hospitalisations en simultané progresse de 30% par semaine. Même chose pour le nombre de patients Covid-19 en réanimation. Les chiffres sont encore loin des « pics » relevés durant les mois de mars et avril. Les courbes montrent, pour ces deux indicateurs, des évolutions moins rapides que durant la seconde quinzaine de mars et début avril. Mais les taux de progression restent importants.

Les chiffres dans le département de la Loire

 

 

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(Rue89Lyon propose un point hebdomadaire, celui que vous lirez ci-après a été effectué en date du 14 octobre)

Depuis mercredi 14 octobre au soir, les trois grandes métropoles de la région Auvergne-Rhône-Alpes sont fixées. À partir de ce samedi 17 octobre, un « couvre-feu » sera en vigueur de 21h à 6h du matin pour une durée d’un mois minimum. Huit autres métropoles et l’ensemble de l’Île-de-France sont également concernées.

Couvre-feu dans les métropoles de Lyon, Grenoble et Saint-Étienne

Dans les communes des métropoles de Lyon, Grenoble et Saint-Étienne il faudra donc -sauf dérogation- être rentré chez soi au plus tard à 21h. Comme pendant le confinement au printemps dernier, une attestation de déplacement sera disponible pour déroger à la règle. Il sera possible de sortir entre 21h et 6h en cas de :

  • urgence sanitaire
  • travail débutant ou finissant après 21h
  • de déplacement pour aider un proche en situation de dépendance
  • de vol ou train arrivant ou partant après 21h
  • sortie avec son animal de compagnie

Tous les établissements recevant du public devront également fermer à 21h. À l’exception des :

  • établissements médico-sociaux,
  • hôtels,
  • restaurants proposant un service de livraison à domicile

Les théâtres notamment ont déjà commencé à s’organiser à Lyon. En avançant l’heure des représentations notamment.

Par ailleurs, une nouvelle mesure restrictive entre en vigueur. Elle concerne les fêtes privées organisées dans des lieux recevant du public, tels que les mariages dans les salles des fêtes. Elles étaient jusqu’ici limitées à 30 personnes dans les communes des métropoles de Lyon, Grenoble et Saint-Étienne. Elles sont désormais interdites.

De 6h à 21h, des règles toujours en vigueur

Entre 6h et 21h, les mesures actuelles restent inchangées :

  • Fermeture totale des bars dans les communes des métropole de Lyon, Grenoble et Saint-Étienne (pas dans le reste des départements du Rhône, de l’Isère et de la Loire). Fermeture à 22h pour ceux de la métropole de Clermont-Ferrand (actuellement en zone d’alerte renforcée)
  • Les restaurants peuvent rester ouverts mais un protocole encore plus strict leur est demandé : groupes limités à 6 personnes par table (contre 10 auparavant), recensement des clients, paiement à table.
  • A Lyon, limitation d’affluence dans les centres commerciaux et grands magasins, selon une jauge de 4m2 par client, ce qui devrait fortement impacter les grands centres commerciaux comme celui de la Part-Dieu à Lyon
  • Jauge obligatoire à 50% dans les établissements d’enseignement supérieur et universités (certains établissements de la Métropole l’avaient déjà anticipé)
  • Fermeture d’une liste de grands établissements recevant du public (ERP) (cinémas, théâtres, musées ne sont pas concernés). A savoir : les ERP de type P (salles de jeux, casinos), les ERP de type T (lieux d’expositions, foires et salons), les ERP de type L (salles des fêtes et salles polyvalentes) et les ERP de type CTS (tentes, chapiteaux et structures extérieures).

Pour la métropole de Lyon et le Rhône, l’arrêté préfectoral du 9 octobre complète d’autres mesures déjà en place sont également maintenues. Pour rappel :

  • Jauge à 1000 personnes pour les grands rassemblements, concerts, salons
  • Rassemblement dans l’espace public : 10 personnes maximum
  • Fermetures des salles de sports et équipements sportifs clos (sauf pour les mineurs)
  • Fermeture possible des piscines
  • Le télétravail est à favoriser
  • Les grands évènements déclarés sont interdits (fêtes locales ou étudiantes)

Taux d’incidence : +30% en une semaine à l’échelle d’Auvergne-Rhône-Alpes

Personne n’y coupe. Entre le 29 septembre et le 6 octobre, le taux d’incidence (nombre de cas positifs pour 100 000 habitants) a augmenté dans l’ensemble des tranches d’âge de la population de la région. Au final, l’indicateur augmente de 30% sur une semaine (passant de 120,62 cas à 175 cas pour 100 000 habitants) à l’échelle d’Auvergne-Rhône-Alpes.

L’indicateur, qui participe à la mesure de la dynamique de l’épidémie, a évolué très négativement chez les plus âgés durant cette période. A la défaveur de quelques clusters, en Haute-Loire par exemple, l’indicateur s’envole par exemple chez les plus de 90 ans. Il fait plus que doubler sur la semaine étudiée. Il progresse de 33% chez les sexagénaires ou de 32% dans la tranche d’âge des septuagénaires.

Depuis un mois le virus circule plus rapidement chez les plus âgés

Il est en augmentation également de 17% chez les 20-29 ans. La tranche d’âge reste celle présentant le taux le plus élevé, 354 cas pour 100 000 habitants au 6 octobre. Mais depuis un mois environ, elle n’est pas celle pour qui la situation s’est le plus aggravée. En un mois, depuis la mi-septembre, le taux d’incidence chez les vingtenaires a progressé de 40%. Sur la même période, entre le 8 septembre et le 6 octobre, le virus semble avoir circulé bien plus activement dans les tranches d’âges bien plus âgées :

  • 40-49 ans: +61%
  • 50-59 ans: +60%
  • 60-69 ans : +64%
  • 70-79 ans: +64%
  • 80-89 ans : +58%

Une dégradation, parfois forte, dans l’ensemble des départements

Département par département, on constate une situation nettement dégradé.

Lors de notre point la semaine passée, la moitié des départements de la région avait connu quelque temps auparavant une stagnation voire une amélioration de leur taux d’incidence. Entre le 29 septembre et le 6 octobre, il est en très forte hausse dans presque tous les départements. C’est dans le Rhône et l’Isère, les deux départements les plus peuplés, qu’il a finalement le moins progressé. Dans le Rhône, le taux d’incidence a augmenté de +21% et dans l’Isère il a cru de +23% (voir le détail par département plus bas, en page 2).

Ailleurs, les hausses sont très élevées. C’est le cas notamment dans l’Ain (+37%), dans la Loire (+42%) et dans l’Allier (+43%). La Haute-Savoie, département présentant une situation sanitaire moins dégradée qu’ailleurs dans la région, a vu son taux d’incidence progresser de +40% entre le 29 septembre et le 6 octobre.

Dans les autres départements, notamment de l’ancienne Auvergne, les hausses sont encore plus élevées : + 48% dans le Puy-de-Dôme, +50% dans le Cantal, +62% dans la Haute-Loire, qui a connu deux clusters importants dans des Ehpad. En Ardèche, il augmente de +56%.

Des augmentations qui concernent les plus âgés auxquelles s’ajoutent des évolutions négatives d’un autre indicateur : le taux de positivité. En Ardèche et dans le Cantal par exemple, dont le taux d’incidence a fortement augmenté, celui de positivité des tests a doublé ou presque dans le même temps sur la même semaine. Même chose en Haute-Loire.

Une dégradation qui se ressent à l’hôpital

Les évolutions négatives de ces dernières semaines se traduisent logiquement dans les hôpitaux de la région. La pression continue d’augmenter.

Par endroits, les indicateurs sont très mauvais. Le Puy-de-Dôme et le Cantal présentaient au 14 octobre un nombre record d’hospitalisations de patients Covid-19 en simultané. Des chiffres que les hôpitaux n’avaient même pas connu pendant la période de confinement au printemps dernier. En Isère, les hôpitaux du département continuent de se rapprocher du pic du printemps dernier en matière d’hospitalisations. Le département avait toutefois était relativement épargné lors de cette « première vague », par rapport à d’autres départements de la région.

Au 7 octobre, la région comptabilisait 987 personnes hospitalisées et 174 en réanimation, selon les chiffres de Santé Publique France. Au 14 octobre, 1367 étaient hospitalisées en simultané (+28%) et 218 se trouvaient en réanimation (+20%). Dans la Loire et la Drôme, le nombre d’hospitalisations et de personnes en réanimation a doublé depuis le depuis du mois. Il y a dans la Loire deux fois plus de personnes hospitalisées qu’en Isère, département pourtant presque deux fois plus peuplé.

Dans son dernier point, au 13 octobre, les Hospices Civils de Lyon indiquaient un taux d’occupation des lits de réanimation d’un peu plus de 35%. Ce taux était de 30% environ au 29 septembre.

Légère hausse du dépistage en Auvergne-Rhône-Alpes

Le nombre de tests PCR hebdomadaires est reparti légèrement à la hausse entre le 29 et le 6 octobre. Un peu plus de 6000 tests supplémentaires ont été effectués par rapport à la semaine précédente.

Là où le taux d’incidence (et parfois de positivité) a fortement augmenté entre le 29 septembre et le 6 octobre, on remarque que le dépistage n’est pas forcément en hausse lui aussi. C’est le cas notamment dans le Cantal ou l’Allier.

 

 

 

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Les indicateurs de l’évolution de la Covid-19 dans les départements d’Auvergne-Rhône-Alpes

Les indicateurs de la Covid-19 dans l’Ain

 

 

Les indicateurs de la Covid-19 dans l’Allier

 

 

 

Les indicateurs de la Covid-19 en Ardèche

 

Les indicateurs de la Covid-19 dans le Cantal

 

Les chiffres dans le département de la Drôme

 

 

 

Les chiffres dans le département de l’Isère

 

 

Les chiffres dans le département de la Loire

 

 

Les chiffres dans le département de la Haute-Loire

 

 

Les chiffres dans le département du Puy-de-Dôme

 

 

Les indicateurs de la Covid-19 dans le Rhône

 

 

Les chiffres dans le département de la Savoie

 

 

Les chiffres dans le département de la Haute-Savoie

 

 

Les données utilisées

Les données hospitalières de l’épidémie de Covid-19

Elles proviennent des chiffres de Santé Publique France. Il s’agit de données journalières pour le nombre d’hospitalisations, de personnes en réanimation et de personnes décédées. Pour le taux d’incidence, il s’agit de données établies de façon hebdomadaire.

Précisions :

Pour le nombre de patients hospitalisés ou en réanimation ou en soins intensifs, il s’agit de données journalières non cumulées et provenant des hôpitaux (hors Ehpad donc). Les chiffres représentent donc le nombre de personnes hospitalisées ou en réanimations à ce jour.

Pour le nombre de personnes décédées à l’hôpital, les chiffres présentés sont un cumul depuis le début de la publication des données, à savoir le 18 mars. Voilà pourquoi les courbes des décès sont différentes des autres. Elles se stabilisent mais ne diminuent donc pas.

Limites des données hospitalières de Santé Publique France :

  • Le système de déclaration des cas n’est pas exhaustif et le nombre d’établissements déclarant varie au cours du temps ;
  • Certains patients, présents dans la base de données hospitalières à un moment donné, sont retirés de la base de données par les établissements de santé lorsque le résultat biologique du patient est négatif par rapport au COVID-19.

Le taux d’incidence de l’épidémie de Covid-19

Le taux d’incidence correspond au nombre de tests positifs pour 100.000 habitants. Il est calculé de la manière suivante : (100000 * nombre de cas positif) / Population.

Il est permis grâce au Système d’Informations de DEPistage (SI-DEP). Le nouveau système d’information de dépistage (SI-DEP), en déploiement depuis le 13 mai 2020, est une plateforme sécurisée où sont systématiquement enregistrés les résultats des laboratoires des tests (RT-PCR) réalisés par l’ensemble des laboratoires de ville et établissements hospitaliers concernant le SARS-COV2.

Précision :

  • Sélection de la première date avec pcr positive si plusieurs prélèvements positifs pour un même patient

Limites :

  • Seuls les tests biologiques des personnes pour lesquelles le département de résidence a pu être localisé sont représentés sur les cartes. Les personnes dont le département n’a pas pu être remonté dans les données SIDEP ne sont comptabilisées qu’au niveau France entière. De ce fait la somme des tests indiqués dans les départements ou régions est inférieure au nombre de tests indiqué en France.
  • Le délai de remontée des tests peut excéder 9 jours dans certains cas. Les indicateurs sont ajustés quotidiennement selon la réception des résultats.

Concernant le taux d’incidence, nous travaillons ici avec des données hebdomadaires. Ceci pour éviter les fluctuations quotidiennes parfois importantes. Cette échelle de temps permet de visualiser une évolution plus significative à nos yeux.

Les données de Santé Publique France concernant cet indicateur sont disponibles à partir du 13 mai 2020. Ceci explique que nos tableaux commencent au 19 mai, terme de la première semaine de 7 jours de statistiques.

Comme indiqué ci-dessus, le temps de remontée de ces données est plus long. De fait, ceci explique que pour notre point hebdomadaire nous n’ayons pas à disposition les données des tous derniers jours nous permettant d’effectuer un calcul du taux d’incidence hebdomadaire à date de la publication. Nous attendons que les données nous permettent de calculer cet indicateur de 7 jours en 7 jours à compter du 13 mai.

Le nombre de tests de dépistage Covid-19

Quels tests ?

Il s’agit de ceux enregistrés dans le système SI-DEP. Le nouveau système d’information de dépistage (SI-DEP), en déploiement depuis le 13 mai 2020, est une plateforme sécurisée où sont systématiquement enregistrés les résultats des laboratoires des tests (RT-PCR) réalisés par l’ensemble des laboratoires de ville et établissements hospitaliers concernant le SARS-COV2.

Précisions : Si plusieurs prélèvements sont rapportés pour un même patient:

  • Sélection de la première date pour les pcr ayant le même résultat (par exemple première date si plusieurs pcr négatives)
  • Si pcr discordantes chez un même patient (N et P), la première pcr positive est conservée.
    Exclusion des résultats ininterprétables
  • A compter du 29/08, les indicateurs issus des données de laboratoires (SI-DEP) présentent des taux d’incidence, de positivité et de dépistage corrigés en fonction des dépistages réalisés dans les aéroports à l’arrivée des vols internationaux.

La correction s’applique sur l’ensemble des données postérieures à la date du 12 août.

Limites :

  • Seuls les tests biologiques des personnes pour lesquelles le département de résidence a pu être localisé sont représentés sur les cartes. Les personnes dont le département n’a pas pu être remonté dans les données SIDEP ne sont comptabilisées qu’au niveau France entière. De ce fait la somme des tests indiqués dans les départements ou régions est inférieure au nombre de tests indiqué en France.
  • Le délai de remontée des tests peut excéder 9 jours dans certains cas. Les indicateurs sont ajustés quotidiennement selon la réception des résultats.

L'AUTEUR
Bertrand Enjalbal et Colin Revault

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