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Extrême droite : procès d’une expédition punitive ce mardi à Lyon
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Extrême droite : procès d’une expédition punitive ce mardi à Lyon

par Oriane Mollaret.
Publié le 12 septembre 2022.
Imprimé le 05 octobre 2022 à 23:45
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Un antifasciste et un militant d’extrême droite seront jugés ce mardi 13 septembre à Lyon pour des faits de violences qu’ils auraient commis en avril 2018, lors d’une bagarre qui avait opposé des antifas et des membres du Bastion social. Initialement, huit militants d’extrême droite avaient été mis en examen.

Ce mardi 13 septembre, un antifasciste lyonnais et un militant d’extrême droite, membre du groupuscule d’extrême droite le Bastion social, aujourd’hui dissous, seront jugés par le tribunal correctionnel de Lyon pour des faits de violences.

L’histoire remonte au 11 avril 2018, en marge d’un concert au Rock’n Eat, dans le 9e arrondissement de Lyon. Une bagarre avait éclaté, opposant quelques antifascistes proches du Groupe antifasciste Lyon et environs (Gale) à une bonne dizaine de membres du Bastion social.

Initialement, un antifasciste et huit militants d’extrême droite avaient été mis en cause. Le 13 septembre, ils ne seront pourtant que deux à la barre : toujours le même antifasciste et un seul militant d’extrême droite, les autres ayant bénéficié d’un non-lieu ou du statut de témoins assistés.

C'est devant le bar-concert Rock n'Eat, quai Arloing (Lyon 9e) que la rixe entre les antifascistes proche du Groupe antifasciste Lyon et environs (Gale) et les membres du Bastion social a eu lieu
C’est devant le bar-concert Rock’n Eat, quai Arloing (Lyon 9e) que la rixe entre les antifascistes proche du Groupe antifasciste Lyon et environs (Gale) et les membres du Bastion social a eu lieu. ©LB/Rue89Lyon

À Lyon, un concert dégénère en bagarre entre antifascistes et membres du Bastion social

Le 11 avril 2018, une association musicale organise un concert estampillé « No racism, no sexism, no fascism » au Rock’n Eat, un bar-concert des quais de Saône, dans le 9e arrondissement de Lyon. Mais vers 22h, la soirée doit être interrompue alors que le premier groupe termine son set. Et pour cause, devant la salle, dans la cour de l’immeuble, a éclaté une violente bagarre entre une dizaine de militants d’extrême droite du Bastion social et une poignée d’antifascistes.

Des témoins présents ce soir-là, que nous avions interrogés à l’époque, décrivaient une véritable expédition punitive des militants d’extrême droite – peut-être en guise de représailles suite au murage par les antifascistes du local du Bastion social. Ces témoins assurent avoir vu un taser, des barres de métal et des matraques télescopiques entre les mains des militants d’extrême droite.

L’un des antifascistes décide alors d’utiliser sa voiture pour aller récupérer ses camarades dans la mêlée et s’enfuir. « Aucune personne n’a été renversée », assurait l’un des témoins à l’époque.

À l’issue de cette bagarre, neuf belligérants ont été interpellés et placés en garde-à-vue : huit militants d’extrême droite, membres du Bastion social, et le conducteur de la voiture, un antifasciste de Lyon.

Huit militants du Bastion social interpellés en 2018, un seul jugé ce mardi à Lyon aux côtés de l’antifasciste

Ce mardi, il sera de nouveau question de cette voiture devant le tribunal correctionnel de Lyon. L’antifasciste qui la conduisait est en effet accusé d’avoir exercé des violences à l’aide de son véhicule à l’encontre de l’un des militants d’extrême droite, qui s’est constitué partie civile, ainsi que d’une personne non identifiée par la justice.

Un des policiers qui est intervenu ce soir-là s’est lui aussi constitué partie civile pour des violences que le militant antifasciste aurait exercées sur lui, lui valant quelques jours d’ITT. De son côté, l’antifasciste avait lui aussi porté plainte, accusant le policier de lui avoir cassé le nez. Celle-ci a été classée sans suite.

Un autre protagoniste dans cette bagarre est le vigile du Rock’n Eat. Pour le moment, celui-ci ne s’est pas constitué partie civile.

Nouveau palais de justice. Février 2017. Lyon ©Léo Germain/Rue89Lyon
Ce mardi 13 septembre, se tiendra au tribunal correctionnel de Lyon le procès d’un antifasciste et d’un membre de l’ex-Bastion social, accusés de violences lors d’un concert au Rock n’Eat, il y a plus de quatre ans. ©Léo Germain/Rue89Lyon

De l’autre côté, les huit militants d’extrême droite initialement mis en examen pour violences aggravées – dont un mineur – ont toujours plaidé la légitime défense. La grande majorité s’en sort bien : il n’y en aura qu’un à la barre ce mardi.

Le mineur, accusé d’avoir cassé une des vitres de la voiture de l’antifasciste, a déjà été jugé. Il a écopé d’une peine légère. Sur les sept autres, deux étaient ressortis de garde-à-vue avec le statut de témoins assistés et les cinq autres ont bénéficié d’un non-lieu, prononcé le 15 juin 2021, dont celui qui s’est constitué partie civile.

Ce mardi, il ne restera donc à juger que Tristan Conchon, trésorier puis leader de l’ex-Bastion social, qui s’est ensuite mué en un nouveau groupuscule d’extrême droite : Audace Lyon. Il est accusé de violences sur une personne non identifiée, sans ITT.

Non-lieu ou statut de témoin assisté pour des figures de l’extrême droite lyonnaise

Parmi ceux qui avaient initialement été mis en examen, on trouve quelques membres du gratin de l’extrême droite lyonnaise. En tête de liste : Steven Bissuel, leader du GUD de Lyon puis du Bastion social dès sa création en 2017, qui s’est vraisemblablement retiré des affaires après avoir été condamné à six mois de prison avec sursis pour incitation à la haine raciale. Il fait partie des cinq militants d’extrême droite à avoir bénéficié d’un non-lieu le 15 juin 2021.

Concernant les témoins assistés, il faut citer Eliot Bertin, un des leaders de Lyon Populaire, un groupuscule d’extrême droite héritier lui aussi du Bastion social. Le jeune homme s’est notamment illustré fin juin 2021, lors d’affrontements qui ont eu lieu rue Mercière après un match de foot.

Ces deux-là ne seront donc pas à la barre ce mardi. Le procès se tiendra au tribunal correctionnel de Lyon, à partir de 14h. La Gale a d’ores et déjà appelé à un rassemblement une demi-heure avant, devant le tribunal.

L'AUTEUR
Oriane Mollaret
Oriane Mollaret

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