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Des filières locales de malt et de houblon en pleine maturation en Auvergne-Rhône-Alpes

actualisé le 11/04/2018 à 17h29

Aujourd’hui, une micro-brasserie s’ouvre tous les trois jours. Alors qu’elles étaient moins de 50 en 1998, en janvier, l’association Houblons de France en a comptabilisé 1247.La région Auvergne-Rhône-Alpes occupe la place de leader en nombre de brasseries artisanales, autour des 150 unités.

Ces petits (et moyens) brasseurs rencontrent un souci, et de taille : ils rament pour s’approvisionner en orge brassicole et en houblon, surtout en bio, et en circuit court. 

La production ne parvient tout simplement plus à suivre la demande. Plusieurs acteurs planchent sur une filière malt et houblon 100% Auvergne-Rhône-Alpes. L’année dernière, nous avions consacré un long papier (à lire ici) sur ces projets. Aujourd’hui, où en est-on?

Dans un article de mai 2015, le site happybeertime rappelait que le « houblon est devenu l’ingrédient roi de la bière mis en avant par les microbrasseries. » Au cours de la dernière décennie, la consommation de cette fleur aurait « quadruplé », toujours selon ce site. La demande en houblon n’a jamais connu un tel précédent. Dans le milieu brassicole, on parle même d’ « or vert ».

Pour éviter à la fois une pénurie de certaines variétés (surtout en bio) et une augmentation à moyen terme du prix de la bière, l’une des solutions, pour les brasseurs artisanaux, serait de s’approvisionner de plus en plus localement. En Auvergne-Rhône-Alpes, on l’a bien compris. Depuis plusieurs années, différents acteurs travaillent sur l’élaboration d’une filière régionale de houblon.

L’idée consiste à trouver des personnes intéressées par la culture de cette plante, les professionnaliser, créer des synergies collectives (par exemple, mutualiser l’achat de matériel…).

Si ce projet a mis du temps à se lancer – puisqu’on part de zéro -, une nouvelle dynamique s’est enclenchée depuis quelques mois.

Qui sont les acteurs de la filière ?

Depuis quelques années, l’association Biera (une association de brasseurs indépendants d’une trentaine d’adhérents présidée par Laurence Langlois, responsable de la brasserie Terre de Bières, à Villefranche-sur-Saône), planche sur la création d’une filière régionale de houblon. Le but ? S’organiser entre néo (et futurs) producteurs, répondre à une demande croissante (le COPIL de projet de filière estime à 13 tonnes secs de houblons en 2016 pour couvrir les besoins des brasseries d’Auvergne-Rhône-Alpes. Ce chiffre est tiré d’une enquête réalisée sur 34 des 218 brasseurs de la région), mutualiser le matériel et qui sait, un jour, la production. En un mot, la jouer collectif. Sur le terrain, le projet est co-animé par Cluster Bio et l’association Auvergne-Rhône-Alpes Gourmand. On trouve aussi le pionnier de la filière houblon:  Emmanuel Feraa, un paysan-brasseur de 29 ans, qui gère la brasserie Les Trois Becs , à Gigors-et-Lozeron, au pied du Vercors.

« Cartographie, voyage au Canada » : action/réaction

Souvenons-nous, début 2017, tous les acteurs évoquaient un « beau projet ». Il y avait des idées, de l’envie, de louables intentions. Emmanuel Feraa, un brasseur fermier, s’était porté volontaire pour planter du houblon.

Cluster Bio et Auvergne-Rhône-Alpes Gourmand co-organisaient des réunions d’informations (depuis 2016) pour les futurs producteurs de houblon. La toute dernière s’est tenue en avril dernier, du côté de l’Isère.

On y parle du fonctionnement d’une houblonnière, du type de matériel à utiliser… Sur place, les profils sont assez variés, de l’agriculteur qui souhaite diversifier son activité – le houblon est une activité très lucrative – à celui qui se retrouve en reconversion professionnelle, qui ne pipe pas (encore) un mot du métier.

Tous les voyants semblaient donc au vert. Et pourtant :

« On avance avec les moyens du bord. On aimerait aller plus vite », avait concédé Lucie Mestrallet, chargée de mission filière à Cluster bio.

À l’époque, il manquait d’argent pour structurer et professionnaliser cette filière. Et pas qu’un peu pour atteindre la barre des  50 000 euros, soit l’estimation du projet.

A Rue89Lyon, Diana Ouerdani, cheffe de projet au comité Auvergne-Rhône-Alpes Gourmand, détaille :

« Cet argent sert à animer la filière, produire des documents de travail, des documents techniques, proposer des formations ou encore organiser un voyage d’étude au Canada. »

La fondation Alpes Contrôles a été sollicitée. Celle-ci a mis la main au porte-monnaie. Mais surtout, tous les regards étaient pointés en direction de la Région. Une demande de financement a été déposée par l’association Biera. Fin juin, gros soulagement dans les rangs. Une subvention de 25 000 euros a été accordée lors d’une délibération de la commission permanente.

« Sans l’aide de la Région, comment aurions-nous fait ? », s’interroge Laurence Langlois, présidente de l’association Biera.

Du coup, « on a été plus serein dans les actions à mener », reconnaît volontiers Diana Ouerdani.

En juillet 2015, après un an de réflexion et en attendant de trouver un terrain, Emmanuel Feraa est devenu officiellement paysan brasseur. Il ouvre la brasserie Les Trois-Becs, à Gigors-et-Lozeron, au pied du Vercors. À terme, il souhaite produire 1 000 hectolitres de bières par an. En parallèle, il monte un projet de culture d’orge et de houblon pour atteindre, à terme, une autosuffisance en matières premières. L’association Biera l’a soutenu financièrement en réalisant une précommande d’une partie du houblon. Une avance de trésorerie indispensable pour qu’il puisse supporter les coûts d’implantation de cette culture dont l’investissement s’est élevé, au total, à quelque 30 000 euros (Biera a investi autour des 5 000 euros). ©Emmanuel Feraa

Un projet de filière similaire en Aquitaine

Cette filière de houblon made in Auvergne-Rhône-Alpes n’est pas unique en France. Un autre projet est en route en l’Aquitaine, intitulé Hopen Terre de Houblon. Aux manettes, Fanny Madrid et Lucie Le Bouteiller, fraîchement diplômées d’une école d’agronomie. Après avoir réalisé une grosse étude de marché, ce duo au féminin a pu mesurer ô combien il s’avère pertinent de développer une filière de A à Z de houblon durable et locale dans le sud ouest de la France. Quels sont les objectifs? « Soutenir les agriculteur aquitains grâce à une culture de diversifications et non de spécialisation à très haute valeur ajoutée », indique Fanny Madrid à Rue89Lyon. Mais aussi « répondre à la demande croissante des artisans brasseurs en houblon aromatique de qualité » et recréer « du lien entre le houblon et le terroir et produire localement ».

Une fois la subvention accordée par la Région, le projet de filière a véritablement passé la seconde. Dans le cadre d’un programme de formation payant (la formation a été prise en charge par les fonds Vivea), un expert technique est intervenu à trois reprises l’année dernière. Il s’agit de Freddy Merkling, bien connu dans le milieu.

Une quinzaine de personnes (producteurs et futurs producteurs de houblons de la région) ont participé à ce programme avec une « partie théorique et une partie pratique sur des parcelles de houblons déjà plantées », nous précise Lucie Mestrallet.

En 2018, ce projet de filière devrait poursuivre sur sa bonne lancée.

Voici les actions qui seront menées :

  • Une cartographie des producteurs de houblon sera réalisée conjointement par Cluster Bio et Auvergne-Rhône-Alpes Gourmand « pour voir sur le territoire qui fait quoi », résume Lucie Mestrallet.
  • Un référentiel technico-économique sur le houblon sera prêt d’ici mi mai. A l’intérieur, on devrait trouver des références techniques et économiques spécifiques à la culture du houblon sur le territoire: les coûts de production, les maladies, les techniques culturales….
  • Contractualisation. « On souhaite informer les producteurs et les brasseurs sur les notions de contractualisation », indique Lucie Mestrallet.
  • Un voyage d’étude au Canada, organisé début juin par l’association Biera, Cluster Bio et Auvergne-Rhône-Alpes Gourmand. 16 personnes (brasseurs, producteurs brasseurs ou producteurs de houblon de la région) feront partie de la délégation.
 Le marché du houblon, en quelques chiffres

Aujourd’hui, 96% de la production française de houblons se concentre en Alsace. Soit « 0,8% de la production mondiale », déclare à Rue89Lyon Antoine Wuchner, responsable de la filière céréales au Comptoir agricole. À des années-lumières des Etats-Unis et de l’Allemagne, les leaders du marché. Selon le site l’Usine Nouvelle, l’Union européenne concentre 60% de la surface de houblon, soit 26 500 hectares (ha), et en produit annuellement 50 000 tonnes sur les 80 000 à 100 000 tonnes mondiales. En France, selon l’association Houblons de France, 480 ha de houblon ont été récoltés en France en 2017, en hausse de 4,6 %. Ici, la carte des néo-houblonnières en France produite par l’association Houblons de France.

La certification du houblon, l’autre gros chantier

Structurer une filière régionale de houblon, c’est bien. Mais ce n’est pas tout. Car derrière, une fois que la production est lancée, que le matériel est acheté (seul ou à plusieurs), que le houblon est récolté, il faut penser également à le vendre. Et là, c’est une autre paire de manches. Enfin pour l’instant.

D’après un règlement européen (lire ici et ici),  le houblon doit faire l’objet d’un contrôle préalable par un centre de certification afin d’être mis sur le marché.

En France, deux organismes agréés par FranceAgriMer sont centre de certification: la Coophounord, dans le nord de la France et surtout le Comptoir agricole, en Alsace (une grosse machine, 300 salariés, dont 7 dédiés à la filière houblon, un chiffre d’affaires de 5,6 millions d’euros en 2017, une production de 710 tonnes de houblons répartis sur 450 hectares, une quinzaine de variétés, 47 producteurs).

Aujourd’hui, plusieurs voix s’élèvent pour faire bouger les lignes. À Rue89Lyon, Maxime Bocquentin, 25 ans, évoque un règlement européen « obsolète ».

Pour ce néo-houblonneur – par ailleurs Monsieur houblon de la société Une petite mousse – celui-ci serait simplement destiné « aux grosses brasseries industrielles ». Et donc pas forcément adapté aux microstructures.

Maxime Bocquentin a lancé un premier champ pilote à Saint-Martin d’Uriage (38), à vingt minutes de Grenoble, sur 7 000 mètres carrés, en bio. 140 kilos de houblon ont été récoltés en 2017. En vitesse de croisière, le jeune homme espère en produire 700 kilos. Maxime a également gagné, avec sa cousine, un appel à projet de la collectivité Grenoble-Alpes Métropole. Il portait sur un terrain de 3,4 hectares. Là-dessus, Maxime va planter 5 100 plants bio sur deux hectares début printemps ou à l’automne (à terme, deux tonnes de houblon seront produits). Un hectare sera dédié au maraichage (sa cousine s’installe à son compte) et les 0,4 hectare restant constituera un espace commun. © Julie Jarrand de la société Une Petite Mousse.

Vincent Marconnet, en reconversion professionnelle avec son frère, pour devenir houblonniers, nous explique :

« En tant que petits producteurs, il n’est pas réaliste d’envoyer nos productions de houblon dans le nord ou en Alsace.  Ce n’est pas du tout dans notre éthique de développement local et de circuit court. »

Du coup, la tendance serait de voir émerger d’autres centres de certifications, enfin « lorsque les houblonniers seront organisés au niveau national et régional », précise le plan d’action Houblon 2017 produit par l’association Houblons de France.

Une perspective qui n’inquiète pas outre-mesure Antoine Wuchner du Comptoir Agricole. Contacté par Rue89Lyon, il veut éteindre toute polémique. Et assure voir d’un bon œil la potentielle éclosion d’autres centres dans l’Hexagone. Pour lui :

« On ne veut absolument pas garder la mainmise. On souhaite juste que le houblon soit de qualité. »

Houblonnerie Marconnet

Installés dans la Drôme, les frères Marconnet espèrent devenir houblonniers à plein temps. En 2017, pour la première année, ces amateurs de bières artisanales ont produit autour de 50 kilos de houblons bio sur un demi-hectare. Ils avaient tablé sur 150 kilos mais quelques aléas ont fait baisser leur objectif de départ. Cette année, ils tablent sur une production, à minima, de 200 kilos. À terme, les frangins souhaitent développer leur structure et planter 4 à 5 hectares de houblons. © Houblonnerie Marconnet.

Qui a fondé l’Aphara? 

Il s’agit des frères Marconnet, Maxime Bocquetin, Colin, Dorian et Eliott de la ferme brasserie Les Gens Sérieux. Mais aussi Bastien Actis, un ouvrier agricole de 38 piges. En ce moment, il s’installe en tant que producteur de houblon. Fin 2017, il a acheté trois hectares de terrain en friche sur la commune de Saint Laurent du Pape (Ardèche). Deux hectares serviront à la production de houblons bio. À terme, Bastien espère produire deux tonnes par an. Le dernier hectare servira à la culture de plantes aromatiques. Le coût de son projet est estimé entre 100 000 et 150 000 euros. Enfin, il y a Xavier Peyrard, lui aussi en reconversion professionnelle pour devenir houblonnier. Le garçon – qui est également coordinateur du groupe d’action Bibliographie à l’association Houblons de France –  espère planter entre trois et six hectares dans le Haut-Diois (Drôme) pour une production d’une tonne de houblon à l’hectare.

Un centre de certification dans la Région ?

Un centre de certification pourrait voir le jour en Auvergne-Rhône-Alpes. C’est tout du moins l’objectif d’un groupe de cinq néo-houblonniers situés dans la Drôme et l’Ardèche. Pour prétendre obtenir le fameux agrément délivré par FranceAgriMer, ils se sont organisés en un groupement local sous la forme d’une association à but non lucratif loi 1901, nommée Aphara (Association des Producteurs de Houblon en Auvergne-Rhône-Alpes).

Elle a été présentée lors du comice du houblon, le 2 février dernier, à Paris. Les adhésions devraient être possibles au printemps. D’ici là, quelques détails administratifs restent encore à régler.

Ils possèdent déjà un local qui servira à héberger ce (futur) centre de certification ainsi qu’un laboratoire pour procéder aux analyses. Vincent Marconnet s’est déjà porté volontaire pour prélever les échantillons de houblon chez les producteurs – il dispose de compétences techniques en la matière – avant de les analyser dans le laboratoire (contrôle d’humidité, de pureté…).

Ces cinq néo-houblonniers ont également élaboré l’ébauche d’une procédure d’échantillonnage et de contrôle « propre à garantir la qualité minimum requise par le règlement européen », informe Vincent Marconnet à Rue89Lyon. Ce document, qui servira de base de travail et de discussion, a été adressé en janvier à FranceAgriMer. Pour l’heure, aucun retour n’a été effectué.

Xavier Peyrard estime que :

« La décision devrait prendre du temps. Je serais très étonné que l’on devienne organisme certificateur en 2018. Mais, au moins, on montre qu’on est là, volontaire, prêt à collaborer du mieux possible. »

Si l’Aphara devient centre de certification, plusieurs interrogations resteront en suspend. Elles porteront surtout autour des « moyens nécessaires à l’investissement et au fonctionnement d’une telle structure », peut-on lire dans un courrier adressé au représentant de FranceAgriMer en charge des questions relatives à la certification du houblon.

Les autres objectifs de l’Aphara

D’après les cinq fondateurs, l’Aphara n’a pas seulement vocation à devenir centre de certification.  L’association vise également à « développer et promouvoir la filière régionale houblon, mutualiser du matériel, être solidaire (en cas de sinistre par exemple avec la capacité de soutenir le producteur défaillant auprès de ses clients pour les fournir) », précise Vincent Marconnet.

Colin Appruzesse, 25 ans, de la brasserie Les Gens sérieux, soulève une autre problématique :

« Certifier le houblon de tout le monde, d’un point de vue économique et écologique, c’est compliqué. Il faut conserver une logique de territoire. A l’Aphara, on est plutôt prêt à encourager toutes les personnes motivées à monter le même type de structures que nous. »

Bastien Actis nous confirme:

« On ne va pas garder la mainmise sur la certification. On veut montrer l’exemple. »

En attendant, pour l’année 2018, Edouard Roussez, co-fondateur et président de l’association Houblons de France, nous fait savoir, qu’à l’issue de plusieurs réunions avec FranceAgriMer et afin de solutionner les certifications hors coopératives (Coophounord et Comptoir Agricole),

« FranceAgriMer s’est engagé à mettre en place une solution provisoire pour la récole 2018 des néo-houblonniers qui en feront la demande via Houblons de France. »

Colin, Dorian et Eliott sont de toutes jeunes paysans-brasseurs, installés à Crest (26). Le trio a l’objectif d’être autosuffisant en matières premières « le plus rapidement possible », note Colin, à Rue89Lyon. En 2018, ils espèrent produire 800 hectolitres de bières. © Les Gens Sérieux

La coopérative Malteurs Echos grandit

En France, la grande majorité des brasseurs achètent leur malt en Belgique ou en Allemagne. Avec le développement des micro-brasseries est apparue une vraie demande pour du malt local. Aujourd’hui, les malteries artisanales se comptent sur les doigts d’une main.

On en recense quatre: une en Bretagne, une dans le Tarn, près d’Albi, les deux autres en Auvergne-Rhône-Alpes (en 2018, une nouvelle malterie devrait être lancée du côté des Vosges).

Chez nous, on ne présente plus la coopérative Malteurs Echos, fondée en 2012  par Guillaume et Marie Bourdon ainsi que Baptiste François, dans le village de Beauchastel (Ardèche).

En 2017, avec un peu de retard, celle-ci a franchi un nouveau cap avec le déménagement de l’outil de production sur la commune de Vernoux-en-Vivarais, dans une ancienne friche propriété de la communauté d’agglomération Privas Centre Ardèche, à 18 kilomètres de l’ancien site.

Un site jugé trop petit et peu adapté aux exigences de la production. Guillaume Bourdon explique :

« On est passé de 400 mètres carrés à quelque 1 800 mètres carrés avec une zone de stockage extérieure ».

Niveau investissement, la coopérative a sorti de sa poche autour des 750 000 euros (achat de nouveaux matériels). De son côté, la collectivité a aménagé les locaux « qui répondent aux attentes de l’entreprise », informe le service communication de la communauté d’agglomération, à Rue89Lyon. Et le loyer couvre « les investissements (opération blanche pour la collectivité) ».

La nature des travaux porte sur la « création d’une plate-forme pour l’installation de silos, l’adaptation des lieux et des espaces de travaux (germination, labo, bureaux, sanitaires) ainsi qu’un accès aux réseaux (électricité, eau, téléphone) ».

En 2018, les trois fondateurs de Malteurs Echos veulent poursuivre leur développement autour de nouveaux projets. Pour Guillaume Bourdon,

« On souhaiterait développer de nouveaux malts, plus caramélisés, d’ici le second semestre. L’idée serait également de lancer une malterie école ayant une double vocation: accompagner des porteurs de projets dans leur aspect entrepreneurial mais aussi leur mettre à disposition, sur notre site, un espace de 200 mètres carrés. Un porteur de projet pourrait malter ses premiers orges, venir se tester sur nos anciens équipements. Ceci pourrait être un levier intéressant en complément des formations théoriques existantes. »

Aujourd’hui, la coopérative Malteurs Echos compte autour de 150 clients, dont les deux tiers viennent d’Auvergne-Rhône-Alpes. En 2018, celle-ci va produire 650 tonnes de malt pour à terme, atteindre les 700-750 tonnes. Le prix de la tonne tourne autour des 1 200 euros. Depuis 2014, la coopérative a déjà accompagné une soixantaine de porteurs de projets.  © Malteurs Echos.

Une nouvelle malterie dans la région

Désormais, la coopérative Malteurs Echos n’est plus la seule dans la région. Une deuxième malterie artisanale est sortie de terre à Saint-Germain-Lembron, à dix bornes d’Issoire (Puy-de-Dôme). La production a démarré en décembre. Il s’agit de la malterie des Volcans, créée par Lucile Comptour, 34 ans. Titulaire d’un BTS en agriculture, elle s’approvisionne chez des céréaliers de la région.

La jeune femme nous raconte avoir toujours eu envie, avec son mari, « de produire quelque chose par soi-même et de pouvoir en vivre. »

Mais pourquoi le choix du maltage?

« On possède des chevaux pour le plaisir. On les nourrit avec de l’orge germé. C’est un peu la base du maltage. Un jour, mon père m’a demandé pourquoi je n’essayais pas de malter. La vie a fait que l’on a rencontré des brasseurs. Du coup, j’ai suivi des stages ainsi qu’une formation de deux jours à l’IFBM de Nancy. En sortant, ce fut une évidence. »

Cela tombe plus bien, puisque la demande est là. Il y a un réel besoin des brasseurs artisanaux du coin. Lucile a réalisé une étude de marché à l’échelle de l’Auvergne et du Limousin, où « 600 tonnes possibles de malt sont consommés par an », informe-t-elle.

En revanche, d’un point de vue financier, tout n’a pas été rose. En sortant la calculette, le projet se chiffre autour des 200 000 euros. Selon elle,

« Les gens sont frileux, car le métier n’est pas connu. De notre côté, on a eu la chance d’obtenir une belle subvention de la part de la Région, à hauteur de 40%. Cette aide a été l’élément déclencheur pour les banques. »

Dans son exploitation, Lucile produit des malts d’orge, de blé, de sarrasin et de seigle, ingrédients essentiels au brassage de la bière. Le bâtiment neuf et isolé, loué par le couple, s’étire sur 360 mètres carrés. Pour la première année, la jeune femme espère produire autour des 100 tonnes de malt. En rythme de croisière, la production devrait atteindre les 300 tonnes en bio et en conventionnel. Le malt est vendu par sacs de 25 kilos à des brasseurs professionnels, ou par 5 kilos à des amateurs. Selon elle, le prix de la tonne de malt peut varier entre 900 euros et 1 800 euros.© La Malterie des Volcans.

Pour le moment, Lucile bosse toute seule. Son mari a conservé son activité professionnelle. Il lui donne un coup de main le week-end, dès qu’il a un moment de libre.

« C’est un travail physique », lâche-t-elle. « Mais je savais à quoi m’attendre. »


L'AUTEUR
Damien Renoulet
Damien Renoulet
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