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En Rhône-Alpes, un nouveau concert de black metal néonazi
Société 

En Rhône-Alpes, un nouveau concert de black metal néonazi

actualisé le 05/02/2018 à 08h56

Après un premier « Call of terror » il y a un an, un concert de black metal néonazi est de nouveau organisé dans la région.

On prend les mêmes et on recommence. Ce samedi 3 février, « en Rhône-Alpes », on attend plus de 400 personnes en provenance des quatre coins de la France pour un concert de la scène National Socialist Black Metal (NSBM).

Sur la page Facebook de l’événement « Call of terror fest II », les organisateurs restent toujours aussi évasifs et parlent de Rhône-Alpes. Comme habituellement, ils indiqueront au dernier moment aux participants l’endroit exact où il leur faudra se rendre.

Quel maire va se faire « gruger » par les organisateurs néonazis ?

Les forces de l’ordre disent ne connaître, elles aussi, qu’au dernier moment le lieu précis de ce type de rassemblement. Ce qui s’était produit pour les tournois de free-fight ou les autres concerts organisés par la mouvance Blood and Honour, qui est toujours à la manœuvre pour cette date du 3 février.

Pour la première édition de « Call of terror », les organisateurs avaient jeté leur dévolu sur la salle des fêtes de la commune de Saint-Genix-sur-Guiers, à 80 km de Lyon, à limite de l’Isère et de la Savoie.

Selon divers témoignages, plus de 400 personnes avaient assisté au concert. Le maire de la commune reconnaissait dans les colonnes du Dauphiné s’être fait « gruger » puisque la soirée avait été réservée « pour une réunion de motards ».

Pour cette édition 2018, contrairement à l’année dernière, aucune rencontre n’est prévue le lendemain du concert entre les fans et certains groupes. Cette rencontre avait eu lieu au « Pavillon noir », le local du GUD devenu Bastion social. Cette transformation du GUD en « mouvement politique » recherchant la respectabilité explique peut-être cela.

Le mouvement National Socialist Black Metal en plein essor

Suite à la première édition de « Call of terror », nous avions publié le récit d’un participant, un amateur non pas de « NSBM » mais de metal, chanteur dans un groupe et « curieux de tout ce qui touche le metal ».

Il n’était pas dupe du pedigree de certains groupes comme « Baise ma hache » dont le logo (une hache et un fémur) est une référence aux jeunesses hitlériennes.

Comme d’autres témoins, il décrivait les participants à la première édition de « Call of terror » comme un public de métalleux lambda mais qui passait à faire des saluts nazis.

« Je m’intéresse à ces personnes qui passent des minutes entières la main droite en l’air. Mais qui peuvent-ils bien être ? Est-ce qu’ils savent que le mec qui a inventé ce geste a décimé l’Europe il y a quelques décennies en massacrant des peuples industriellement ? Et est-ce qu’ils savent qu’encore aujourd’hui on paye tous très cher les pots cassés de cette guerre plus de 70 ans après ?
Je constate que ce sont des gens plutôt lambda, allant de la gamine de 16 ans au métalleux moyen ».

De cette expérience de concert NSBM et d’autres, il en tirait cette conclusion :

« Le mouvement NSBM en plein essor est à la mode [dans le milieu black metal, ndlr], radicalement décomplexé et sans retenu. Et ça va pas en s’arrangeant. Avec l’apologie du nazisme, de la violence et de l’intolérance la plus primaire pour certains et beaucoup d’effet de groupe.
Ce n’était pas la première fois que j’assistais à des manifestations de la promotion du nazisme malgré moi, mais là, c’était impressionnant par la densité et sa « décomplexion ».

Des références explicites au nazisme

Au vu de la programmation, le « Call of terror fest II » va se dérouler de la même manière que la première édition.
Cinq groupes vont se succéder pour ce concert. Parmi ces groupes, trois étaient présents au festival metal organisé en juillet 2016 dans l’Ain, le Ragnard Rock Fest.

Ils sont de tendance « Folkish », qui mêle musique metal et mouvement völkisch, courant intellectuel issu de l’Allemagne de la fin du XIXème siècle qui mêlait spiritualité païenne, mythologie germanique et antisémitisme. Les thèmes développés dans leurs textes ne sont pas directement politiques mais portent sur l’histoire, la nature ou les mythes.

Voici quelques éléments sur trois des groupes :

  • Le groupe grec Naer Mataron a pour bassiste le député du parti d’extrême droite Aube Dorée, Giorgos Germenis, qui a été incarcéré pour « direction d’une organisation criminelle ».
  • Les Ukrainiens de Noktural Mortum se sont produits en soutien du mouvement ultra-nationaliste ukrainienne Azov à la fois organisation paramilitaire et parti politique en 2014 et en 2015. Dans son répertoire, le vieux groupe a cette chanson « The call of the Aryan Spirit » (« L’appel de l’esprit aryen ») avec des paroles comme : « Cracher à la gueule des Juifs, les découper en morceaux » (« Spit in jewish faces, cut them into pieces »).
  • Quant à Temnozor, c’est un groupe NSBM « culte » qui regroupe plusieurs figures de Russie et d’Ukraine. Egalement très proche du Régiment Azov et de Secteur Droit, une autre organisation ultra-nationaliste. Il fait partie du « Pagan Front », une organisation-label qui vise à promouvoir « les valeurs aryennes » dans la musique black metal. Le groupe considère Adolf Hitler comme étant l’une de ses « influences ».

Quelques jours avant la première édition, l’association « Agir pour l’égalité », avait demandé l’interdiction de ce type de rassemblement néonazi à la préfecture de région. Sans succès.

A Lire les articles de Rue89 sur « Burzum », considéré comme le père fondateur du NSBM scandinave folkish

Le néonazi norvégien arrêté en Corrèze, une légende du black metal
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