La date du 17 novembre n’a pas été choisie au hasard par le Comité de liaison contre les violences policières pour rendre publique son enquête. Jour anniversaire du mouvement des Gilets jaunes (dont le premier acte remonte au 17 novembre 2018), elle coïncide avec la discussion à l’Assemblée nationale de la proposition de loi relative à la “sécurité globale” qui prévoit de punir la diffusion malveillante d’images des forces de l’ordre en intervention.
Constitué à Lyon pendant le mouvement des Gilets jaunes, le Comité de liaison s’est attaché à retracer le parcours d’une vingtaine de victimes de violences policières commises à Lyon lors des manifestations – ou en marge de celles-ci, s’appuyant sur leurs témoignages, ceux de leurs avocat·es et la lecture des dossiers pénaux. Le rapport de 32 pages [à lire ici] commence ainsi :
“Deux années de plaintes de manifestant·es, de tentatives menées pour déclencher des enquêtes, ou encore de renoncements à saisir la justice établissent que cette dernière constitue une formidable machine à fabriquer de l’oubli.”
Violences policières durant le mouvement des Gilets jaunes : à ce jour, 100% des plaintes classées sans suite
A ce jour, d’après les informations que nous avons pu obtenir, les plaintes déposées durant le mouvement des Gilets jaunes suite à des violences policières ont toutes donné lieu à un classement sans suite. [Voir les affaires de Thomas, Mélodie ou encore Nicolas].
Sollicité à plusieurs reprises, le parquet de Lyon a refusé de répondre à nos demandes. Assurant qu’il n’existe en interne aucune statistique judiciaire spécifique sur le mouvement des Gilets jaunes, le service communication se contente d’assurer « que toute plainte déposée contre les forces de l’ordre donne lieu à une enquête, confiée principalement aux services de l’IGPN.”
Pourtant, en novembre 2019, nous avions pu obtenir des statistiques spécifiques concernant les personnes interpelées et condamnées dans le cadre de manifestations de Gilets jaunes. A cette époque, soit un an après le début du mouvement social, le parquet dénombrait 303 personnes mises en garde à vue et 149 déférées devant le Parquet. Le taux de classement sans suite pour les manifestants arrêtés était quant à lui de l’ordre de 12%.
C’est cette fabrique de l’impunité, chiffres et dossiers à l’appui, que le Comité de liaison contre les violences policières à Lyon a souhaité comprendre à travers son travail.
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