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Un « lieu de répit » ouvert dans le 1er arrondissement : une solution temporaire pour les mineurs isolés à la rue
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Un « lieu de répit » ouvert dans le 1er arrondissement : une solution temporaire pour les mineurs isolés à la rue

C’est l’été et, comme l’année dernière, un grand nombre de mineurs isolés étrangers sont à la rue. Face à cette situation, une salle associative a été mise à disposition de la Coordination urgence migrants (Cum) par la maire du premier arrondissement de Lyon pour héberger ces « mineurs non accompagnés ». Une première en matière d’accueil des migrants. Et Nathalie Perrin-Gilbert l’a fait savoir.

Cela fait 11 jours que le lieu d’accueil a été ouvert et depuis son « inauguration » le 20 juillet, il ne désemplit pas. Entre 15 et 20 mineurs sont accueillis ici quotidiennement à partir de 17h. Ils sont accompagnés par des bénévoles, comme Berthe Thomas-Rouvière de la Coordination urgence migrants (Cum), association qui coordonne l’infrastructure. Elle raconte :

« Quand la mairie du premier a demandé à la Cum de coordonner ce projet, et de se porter garante du bon fonctionnement, nous avons répondu favorablement. C’est un lieu de répit, après si on peut faire plus que l’accompagnement hygiénique, on le fait. Mais l’objectif ici n’est pas de faire ce que les collectivités et l’État devraient faire. Le but est que les jeunes soient au moins entourés d’adultes bienveillants ».

Retraités, militants politiques, étudiants, habitants ou membres d’associations, les bénévoles se relayent toute la semaine afin d’assurer l’encadrement des jeunes migrants. Un encas journalier est assuré par le Secours Populaire et complété par les dons des bénévoles. Les jeunes peuvent également se doucher à la mairie du premier arrondissement le soir.

« Il en est de notre responsabilité morale »

C’est la maire du 1er arrondissement, Nathalie Perrin-Gilbert, qui a décidé d’ouvrir cette salle destinée habituellement aux associations, à la suite de signalements d’habitants des Pentes de la Croix-Rousse qui avaient remarqué des mineurs à la rue.

Dans son communiqué de presse daté du 24 juillet, la maire explique avoir fait remonter ses préoccupations à David Kimelfeld, président de la Métropole de Lyon, compétente en matière de protection de l’enfance. Une absence de réponse d’urgence justifie pour « NPG » d’ouvrir ce « lieu de répit » :

« Considérant qu’il est de notre responsabilité morale de mettre à l’abri ces mineurs et d’organiser leur accueil dans les meilleures conditions possibles, nous avons décidé de mettre à disposition un équipement de proximité géré par la mairie d’arrondissement et vacant durant l’été. Même si cette solution est imparfaite, nous la considérons préférable à la rue et ses pièges. »

lieu de répit - ©Rue89Lyon/CamilleSimonet

Un maximum de 15 mineurs peuvent dormir la nuit sur des matelas. © CS/Rue89Lyon

Saturation à la Métropole de Lyon

Évaluation pour examiner la minorité

Avant d’être pris en charge par la Métropole, les jeunes migrants passent une évaluation à Forum réfugiés afin de déterminer s’ils sont mineurs ou pas. Ils devraient être accueillis en principe cinq jours. Mais ce séjour a tendance à s’allonger de trois à quatre jours étant donné le délai de traitement de la Meomie (qui valide les évaluations) et le manque d’hébergement. Cela induit également des problèmes d’entrée dans le processus d’évaluation. D’où le nombre de mineurs isolés dans les rues lyonnaises.

Au sein du lieu de répit, les bénévoles partent du principe que le jeune est mineur, comme en témoigne Berthe Thomas-Rouvière :

« Ce n’est pas possible d’ignorer le périple de ces jeunes. On ne vérifie pas l’évaluation, ni même leurs papiers d’identité, pour nous ils sont mineurs.

Tout mineur non accompagné relève de la protection de l’enfance qui est la compétence des départements. A Lyon, c’est la Métropole qui s’en charge.

Mais face à une augmentation continuelle de ces jeunes, qui sont passés de 600 en 2016 à 1000 en 2017 dans la Métropole, les services d’accueil qui s’en occupent – la Meomie, (le service de la Métropole) et depuis avril l’association Forum réfugiés – se retrouvent saturés.

Actuellement, une quarantaine de mineurs seraient à la rue, selon Forum réfugiés, mais pour Berthe Thomas-Rouvière, ils seraient bien plus :

« Je pense que c’est bien au-dessus. Ici, on a des nouveaux tous les jours, la demande est continuelle. D’autant plus que les personnes qui pourraient les accueillir chez eux en temps normal (on en a parlé ici) sont en vacances. »

Un maximum de 15 mineurs peuvent être accueillis la nuit. ©CS/Rue89Lyon

Un maximum de 15 mineurs peuvent être accueillis la nuit dans ce « lieu de répit ». ©CS/Rue89Lyon

Les mouvements de gauche montent au créneau

De nombreuses associations, en plus de la Cum, comme le Réseau Education Sans Frontières (RESF), le Secours Populaire, Médecins du Monde ou encore L’Ouvre porte, participent à ce « lieu de répit » en apportant des ressources alimentaires, vestimentaires et hygiéniques, mais également en partageant l’information en interne pour encourager le bénévolat.

L’ouverture de ce lieu est soutenu par tous les alliés de Nathalie Perrin-Gilbert qui font partie de la majorité du premier arrondissement : La France insoumise, Le PCF, Ensemble mais aussi Génération.s, le mouvement de Benoît Hamon.

Certains des militants de ces formations de gauche font partie des bénévoles. Politiquement, elles dénoncent, chacune dans un communiqué, l’ « inaction de David Kimelfeld » et appellent la Métropole à « prendre ses responsabilités ».

Pour l’heure, il est prévu que ce « lieu de répit » reste ouvert jusqu’au 31 août.

L'AUTEUR
Camille Simonet
Camille Simonet

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