Ils grignotent les orteils des petits enfants. Ce sont de gros rats qui vivent dans les bidonvilles de la périphérie lyonnaise, à côté de familles Roms qui tentent de s’installer en France et dont les squats sont régulièrement évacués, préfet après préfet, année après année. D’autres sont aussitôt créés. Et les rats déboulent à ce rythme-là.
La presse locale fait écho de ce feuilleton désespérément régulier, avec un style bien défini pour chaque canard.
Ce vendredi, Le Progrès (payant) s’est donc inquiété dans ses pages Villeurbanne, à la rubrique « environnement », d’où vont aller les rats du camp de Roms de la Feyssine, l’un des plus importants de l’agglomération lyonnaise, évacué cette semaine ainsi que deux autres, situés à Vaulx-en-Velin et à Saint-Priest.
L’article décrit comment les lieux vont être nettoyés, la façon dont ils vont être dératisés, mais aussi le degré de soulagement des riverains qui ne voisineront plus avec les habitants du camp. Roms et rats compris. Pas d’échelle de valeur dans cet article.
La situation des habitants avait été « traitée » le lendemain de l’expulsion et les semaines précédentes.
Ces lieux insalubres ont été évacués ; c’est aujourd’hui que le quotidien local s’interroge sur les rongeurs avec lesquels ces familles Roms avaient dû vivre. Ces rats menacent désormais les habitations voisines mais, à la veille du nettoyage mené par des spécialistes en combinaison, leurs occupants parlent de « la fin d’années de souffrance ».
En 2013, Le Progrès avait déjà publié un article sur la présence de « milliers de rats », sur un terrain de Vaulx-en-Velin (quartier Tase), lui aussi alors tout juste évacué. Décrivant des habitants n’osant plus sortir leurs chiens, de peur que leurs animaux attrapent des maladies.
Le directeur de Tribune de Lyon, dans son edito, s’est lui aussi penché sur cette actu de la semaine apparemment estampillée « hygiène et migrations ». Et le voilà qui s’agace de voir certains se « révolter » lorsque les bidonvilles sont rasés et leurs habitants évacués avec leurs affaires.
Pas de solution miracle dans Tribune de Lyon, personne ne se vanterait de ça, mais un simple constat fait, celui que ces squats sont insalubres. C’est même son propre médecin qui a fait le récit au directeur de presse de ce qui se passe dans ces camps : il a reçu un jour dans son cabinet un petit enfant Rom avec l’orteil rongé par un rat.
Si le boss de l’hebdo lyonnais est certain que « les adeptes d’une forme de bien-pensance tout à fait contre-productive en termes de droits humains » parlent des Roms sans avoir jamais mis les pieds dans un de leurs camps, on se félicite qu’il soit lui-même bien informé par son médecin.
Quoi de neuf, docteur ?


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