Société 

Les Monts du Lyonnais aux prises avec l’extrême droite radicale

actualisé le 09/11/2013 à 16h49

Depuis plus de dix ans, la campagne lyonnaise, connaît tags, autocollants et bastons racistes. En toile de fond, le développement de groupuscules d’extrême droite radicale qui font des vertes collines de l’ouest de Lyon, l’une de leurs terres de prédilection. Parmi les élus et habitants, certains s’inquiètent, quand d’autres voudraient étouffer le phénomène.

 


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« Dans cette campagne lyonnaise, il y a plus de potentiel qu’à Lyon. C’est un véritable réservoir. Même la police est surprise de voir autant de jeunes venir des Monts du Lyonnais pour nos manifs ».

C’est en ces termes qu’Alexandre Gabriac, conseiller régional exclu du FN pour des saluts nazis, juge la verte campagne lyonnaise, à 20 kilomètres au sud-ouest de la place Bellecour. Dès la fondation, il y a un an, de son groupuscule, les Jeunesses Nationalistes, les autocollants ont fleuri, sur les murs des bourgades des collines qui séparent Lyon et Saint-Etienne.
Mais ils ne sont pas les seuls à considérer l’ouest de Lyon comme un fief. Damien Rieu, le porte-parole de « Rebeyne », branche locale du mouvement national Génération identitaire, évoque une « terre de résistance » et explique en termes choisis que « là-bas, il n’y a pas de mélange » :

« Ce sont des jeunes français de souche qui n’acceptent pas la dictature de la racaille ».

Dans ces villages, cette « résistance » et ce « gros potentiel » d’une certaine jeunesse des Monts du Lyonnais s’illustrent surtout par des faits qui ne peuvent pas être réduits à des bagarres de buvettes.

1. Dix ans d’actes racistes

2. Ces jeunes qu’on appelle les « Lonsdale »

3. Des nostalgiques de Pétain aux identitaires

4. Vogues et baloches : scènes de la violence

5. Et d’autres jeunes qu’on appelle les « survêt »

6. « Comment peut-on dire vive l’Europe blanche » à 20 ans ? »

7. « Moins on en parle, mieux c’est »

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Le village de Thurins particulièrement concerné par l’extrême droite radicale. Crédit : Laurent Burlet

1. Dix ans d’actes racistes

Depuis une dizaine d’années, les éditions locales du Progrès de l’ouest lyonnais se font l’échos d’actes plus ou moins graves portant tous la marque d’une certaine façon de penser.

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Les panneaux du village Brindas avec un autocollant de l’Oeuvre française, un groupuscule pétainiste. Crédit : Laurent Burlet

Les premières protestations sont venues des associations et des MJC. En plus de SOS Racisme, toutes les organisations anti-racistes de la région lyonnaise (MRAP, LICRA ou la Ligue des Droits de l’Homme) suivent ce problème des Monts du Lyonnais.
Ce sont parfois aussi les habitants de ces villages qui se sont mobilisés. En plusieurs actes :

  • Le « Collectif pour une politique citoyenne dans les Monts du Lyonnais », créé en 2002 au lendemain de l’accession au second tour de Jean-Marie Le Pen, constitue une « commission » pour « lutter contre les actes racistes et xénophobes » fréquents dans les bals de village.
  • En septembre 2003, le festival « Melting Potage » voit le jour. Depuis cette date, chaque année concerts et prises de parole alternent pour dénoncer les dérives racistes.
  • Le 14 juin 2008, à Saint Symphorien-sur-Coise, une manifestation sur le thème « Les Monts du Lyonnais disent non au racisme » a rassemblé plus de 300 personnes.

 

2. Ces jeunes qu’on appelle les « Lonsdale »

Il n’y a pas que les actes violents qui inquiètent mais également l’attirance d’une grande partie de la jeunesse des Monts du Lyonnais pour des idées racistes et homophobes.

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Un blouson Lonsdale porté lors de la manifestation des Jeunesses nationalistes à Lyon le 14 janvier 2012. Crédit : Mickaël Draï

Gendarmes, enseignants, animateurs de MJC, ou élus, tous les appellent les « Lonsdale », du nom de la marque de vêtements que ces jeunes, entre 15 ans et 25 ans, portent. Finis les bombers et lacets blancs sur les rangers. La « mode raciste » est passe-partout mais truffée de codes.

Une enseignante en histoire et éducation civique, qui souhaite garder l’anonymat, décrit les difficultés à aborder certaines questions avec certains élèves :

« Ce n’est pas un délit de sale marque. Mais à chaque fois qu’un élève porte ces blousons ou ces sweats Lonsdale, ils se revendiquent comme racistes ».

Ce phénomène est décrit comme un « problème qui est cadré » :

« En début d’année, on lit le règlement intérieur en insistant sur le fait qu’on ne tolèrera aucune discrimination. Et quand on aborde certains sujet où l’on sait que ça va déraper, comme la colonisation, je préfère prévenir et dire que je ne veux rien entendre sur la supériorité de l’homme blanc ou quoi que ce soit de goût là. »

Un gendarme de la circonscription de Vaugneray analyse :

« Pour avoir le sentiment d’exister, d’appartenir à un groupe, ils vont porter du Lonsdale ou coudre des drapeaux français sur leur blouson. Ils se déclarent racistes même s’ils sont incapables souvent de dire pourquoi ».

Depuis que les skinheads racistes se sont réappropriés cette marque car elle contient les lettres centrales NSDA, une allusion au National Sozialistische Deutsche Arbeiter Partei (NSDAP) d’Adolf Hitler, porter le logo Lonsdale signifie avoir un penchant pour l’extrême droite. Et dans les Monts du Lyonnais, c’est systématique.
D’autant plus que d’autres marques complètent la panoplie. Ce qui donne à ces jeunes le look « casual » adopté par les skinheads (racistes ou non) depuis quelques années.

Dans certains établissements du territoire, comme au collège de Brindas ou à la MJC de Saint-Martin-en-Haut, on demande désormais d’enlever les vêtements de ces marques.

 

3. Des nostalgiques de Pétain aux identitaires

Difficile d’évaluer le nombre de « Lonsdale ». Ils représenteraient plusieurs dizaines de personnes dans les communes qui seraient, selon les forces de l’ordre, l’épicentre de ce phénomène : Vaugneray, Thurins, Messimy, Saint-Martin-en-Haut et Rontalon.

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Des croix celtiques et un signe « ss » tagués cet été sur un transformateur à Messimy. Crédit : DR

Selon la gendarmerie, les plus visibles, c’est-à-dire les plus jeunes, seraient une cinquantaine sur l’ensemble de la circonscription de Vaugneray. Mais la police municipale de Thurins donne le chiffre de 30 jeunes rien que pour sa commune.

Ce sont des adolescents comme des jeunes adultes. Ils ont leurs lieux de squat favoris : devant la mairie, la salle de sport ou sous l’abri bus.
Le policier municipal de Thurins décrit la situation :

« Les plus grands se rassemblent le vendredi soir ou le samedi soir. Ils boivent une ou deux bières. Ça se passe très bien. Certes, ils montrent leurs idéaux mais ne revendiquent pas un groupe d’appartenance ».

D’après la gendarmerie, tous les groupuscules sont représentés : les nationalistes nostalgiques de Pétain comme les identitaires qui veulent s’unir avec le FN de Marine Le Pen.

Mais très peu de jeunes sont encartés dans ces organisations.

« Ils sont multicartes », reconnaît Alexandre Gabriac, le leader des Jeunesses nationalistes. « Ils vont là où ça bouge ».
Les vagues régulières de collages d’autocollants ou d’affiches de ces mouvements d’extrême droite montrent une présence qui dépasse la seule sympathie.

Les nationalistes bénéficient, selon les forces de l’ordre, de plusieurs bars où les patrons ne cachent pas leur sympathie. C’est le cas par exemple d’un bar à Larajasse, où un « barbecue nationaliste », en juin dernier, avait marqué le lancement officiel du mouvement de Gabriac dans cette campagne lyonnaise.

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Manifestation des Jeunesses nationalistes d’Alexandre Gabriac à Lyon le 14 janvier 2012. Crédit : Mickaël Draï

Pour le groupe qui se fait appeler aujourd’hui Génération identitaire, l’Ouest lyonnais est un vivier historique.
C’est dans ce secteur-là qu’ils ont pour l’une des premières fois fait parler d’eux dans la région lyonnaise : en 2004, ils avaient distribué leurs premiers tracts contre le festival « Melting Potage ».

Le siège de l’association « Les Petits Lyonnais », dont le secrétaire a été récemment condamné à 5 mois de prison ferme pour des violences, se situe d’ailleurs dans l’un de ces villages, à Saint-Maurice-sur-Dargoire.
Damien Rieu le porte-parole des Identitaires confirme la forte implication de son groupe dans l’Ouest Lyonnais, mais pour l’instant, hormis quelques actions, les soirées se font dans un cadre privé.

 

4. Vogues et baloches : scènes de la violence

Même s’il ne faut pas réduire la question à des faits divers de campagne, l’alcool semble expliquer beaucoup de passages à l’acte.
C’est le constat fait par les forces de l’ordre (police municipale et gendarmerie).
A titre d’exemple, la gendarmerie de Vaugneray cite l’édition 2011 de la vogue de Thurins, qui a lieu chaque année en juillet:

« Tout est parti autour de la buvette. Quelqu’un aurait allumé un joint. Les fachos ont commencé à se battre après avoir demandé de l’éteindre. On est venu pour séparer. Dix contre quinze à coups de casques et de bancs. On est intervenu avec des bombes lacrymos. Ils sont revenus contre nous. Ils étaient tous très alcoolisés, ils nous criaient « vive la blanche, sale traitre » et faisant des salut hitlériens, car un gendarme était d’origine maghrébine ».

Le meneur du groupe, un habitant de Brindas âgé de 24 ans, surnommé « Jerrican », a été condamné à quelques semaines de prison. A sa sortie, avec trois autres camarades, il a peint des tags racistes sur les murs de plusieurs communes, en décembre 2011. Il a été arrêté en janvier. A son domicile, les gendarmes ont notamment découvert un drapeau arborant la croix celtique et des armes qui n’étaient pas déclarées : un fusil de chasse à canon scié calibre 12 et un pistolet 22 LR.
Un des enquêteurs déclarait alors dans le Progrès :

« Il n’y a pas de trace d’une organisation politique derrière tout ça, mais ils sont clairement dans la mouvance radicale d’extrême droite ».

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Une croix celtique sur la MJC Vaugneray taguée dans la nuit du samedi 29 septembre 2012, en marge de la vogue organisée le jour même. Crédit : DR

Conséquence, depuis quatre ans, les temps festifs sont très contrôlés. La vente d’alcool est limitée lors des vogues et la présence des gendarmes se fait plus visible. Certaines communes n’organisent plus de bal. A Thurins, comme à Saint-Martin-en-Haut, on exige la présence de parents et parfois de vigiles.
Dans ces conditions, les associations, comme l’amicale des chasseurs ou autre, se font rares, comme confirme la mairie de Thurins :

« Aucune association ne veut se lancer dans l’organisation car on leur demande trop d’encadrement pour la sécurité « .

 

5. Et d’autres jeunes qu’on appelle les « survêt' »

En face des « Lonsdale », il y a aussi du répondant. Ceux qui sont pris pour cible parce qu’ils portent un survêtement, écoutent du rap ou fument un joint, peuvent réagir violemment.
Les responsables des MJC parlent de « groupes en confrontation » : ceux qui revendiquent une « culture banlieusarde » et ceux « qui se revendiquent comme racistes ».
Les enseignants ou les animateurs jeunesse les appellent les survêt’, les « Lacoste » ou les « casquettes ». Et ils ne sont pas nécessairement d’origines étrangères.
Entre les deux groupes, les frontières ne sont pas figées. Benoît (prénom d’emprunt) a 20 ans. Il nous raconte son parcours:

« Au début, j’étais raciste car les gens de ma famille l’étaient. Pour moi, une racaille, c’était quelqu’un qui fumait un joint et portait un survêt ».

C’est par le biais de rencontres faites au lycée qu’il a évolué. Désormais, il porte un survêt et fume des joints. « Neutre » à l’origine, il se considère de plus en plus comme « anti-facho » car, dit-il, ses copains ont subi plusieurs agressions.
Selon les forces de l’ordre, chacun a ses lieux de squats, dans la rue, qui peuvent être très proche. « La cohabitation se passe bien tant qu’il n’y a pas d’alcool », affirme la gendarmerie.

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Rassemblement des identitaires le 9 septembre contre le festival anti-raciste des Monts du Lyonnais. Cette photo a été retirée du site de Rebeyne. Certainement parce qu’on voit deux extincteurs lacrymogènes dont le « transport est interdit sans motif légitime ».

A la sortie d’un bar de Thurins, dans la nuit du 27 au 28 mai, suite à des insultes, des « anti-facho » ont agressé trois jeunes identifiés comme des « Lonsdale ». Résultat : des blessures graves avec notamment une mâchoire fracturée sous les coups d’un maillet. Cette rixe ferait suite à plusieurs bagarres dans la boîte de nuit du coin, le Madison, un mois et demi auparavant. Deux Thurinois avaient fini à l’hôpital.

Samedi 9 septembre, en marge de la vogue de Messimy, sept jeunes âgés de 18 ans ont reçu des coups de poings mais aussi des jets de bouteilles. Trois jeunes ont été envoyés à l’hôpital. Parmi les agresseurs, les victimes ont reconnu des personnes qui avaient, quelques heures plus tôt, déployé une banderole des Jeunes identitaires aux abords du festival anti-raciste « Melting Potage », qui se tenait dans un village voisin, à Vaugneray. Les identitaires rejettent naturellement la paternité de cette action. Selon une des victimes, les agresseurs cherchaient les auteurs des coups de maillet.

 

6. « Comment peut-on dire « vive l’Europe blanche » à 20 ans ? »

La conseillère régionale (PS), Florence Perrin, est élue de Thurins, parle d’un « choc entre deux mondes » :

« Les campagnes se transforment. Les urbains envahissent les ruraux, qui peuvent avoir tendance à se replier sur eux-mêmes dans une sorte de communautarisme ».

Le maire de Thurins, Roger Vivert, se montre au moins aussi inquiet :

« Ça représente beaucoup de jeunes. En tant que maire ça me préoccupe et me désole. Comment peut-on dire « vive l’Europe blanche » à 20 ans ? Et ça dure depuis une bonne dizaine d’années ».

Sur un plan factuel, la gendarmerie comme le maire de Thurins, mettent en avant les plus vieux qui entraînent les plus jeunes à faire les « conneries ».
Mais sur le fond, le maire de Thurins « aimerait bien avoir l’explication ».

SOS Racisme Rhône s’investit depuis de longue année sur le territoire. L’un de ses membres connaît très bien la situation et donne ses éléments d’explications :

« Comme dans tous les villages, les plus jeunes regardent avec admiration les plus grands et les bagarres sont monnaie courante. Ce qui change c’est le fondement idéologique profondément raciste. Si la plupart ne sont que des sympathisants qui se limitent à porter du Lonsdale et à faire des blagues racistes, d’autres deviennent très radicaux. Entre agression des « survêts » ou des quelques jeunes un peu typés qui fréquentent les bals, collages d’autocollants, tags racistes et ratonnade, « la relève » comme les appellent les plus grands, gagne ses galons en fonction de la radicalité de l’acte ».

Pour SOS Racisme, cette tradition « raciste et ultraviolente » daterait des années 80 et de la création, dans le village de Messimy, du club de supporters les Bad Gones. En 1987, ils choisissent comme l’un de leurs symboles la croix celtique :

« un certain « Odin » a embrigadé les jeunes du coin dans ses idéaux tout en créant le milieu « ultra » des supporters de l’Olympique Lyonnais ».

Aujourd’hui, les Bad Gones rejettent tout lien avec l’extrême droite.

 

7. « Moins on en parle, mieux c’est »

Alors que, de leur côté, les acteurs de terrains (animateurs jeunesse, gendarmerie, enseignants, associations) pointent un phénomène « inquiétant », les élus ont tendance à minimiser le phénomène, en cours depuis une dizaine d’années. A l’exception de quelques élus (dont celle, notable, du maire de Thurins), pour beaucoup, la ligne est « moins on en parle, mieux c’est ».
Pour le maire de Vaugneray, le chef-lieu du canton, « les incidents sont rares » et « le territoire des Monts et Vallons du Lyonnais n’est pas plus touché que Lyon par les phénomènes identitaires ».  Daniel Julien considère qu’en parler, « serait monter les uns contre les autres ».

Les animateurs des centres jeunes sont aux premières loges. Parce qu’ils sont au contact de ce public mais aussi parce que leurs locaux, des MJC, notamment celles de Vaugneray et Thurins, sont régulièrement taguées ou couvertes d’autocollants des groupuscules d’extrême droite.
Ils travaillent toutefois ensemble au sein d’un groupe de travail sur les discriminations depuis trois ans, au sein de la Communauté de Communes des Vallons du Lyonnais (CCVL).
Un groupe de travail a été mis en place après les conclusions d’une enquête portant sur la santé des 12-15 ans, réalisée en 2009. Il ressortait une nouvelle fois de ce diagnostic qu’il y avait des difficultés en matière de racisme et d’homophobie.
De ce groupe de travail sont nées plusieurs actions :

  • Chaque automne, une « rentrée sans discrimination » est organisée avec concerts, animation et projection-débat.
  • En janvier 2012, une réunion publique s’est tenue pour informer sur l’extrême droite radicale.

Mais qu’on ne se méprenne pas, ces initiatives ne sont pas le signe d’un problème, explique le maire de Vaugneray, c’est de la « prévention ». Cette mobilisation des acteurs jeunesses sur le sujet ne se retrouve pourtant quasiment pas ailleurs dans l’agglomération lyonnaise.

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L'AUTEUR
Laurent Burlet
Laurent Burlet
Journaliste à Rue89Lyon - politique - questions sociales - écologie.
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