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À Lyon, un nouveau squat “officiel” cours Lafayette
Actualité 

À Lyon, un nouveau squat “officiel” cours Lafayette

par Pierre Lemerle.
Publié le 8 juillet 2021.
Imprimé le 05 décembre 2021 à 21:52
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Mardi 6 juillet, la Métropole de Lyon a annoncé la signature d’un accord de médiation garantissant l’occupation d’un bâtiment métropolitain cours Lafayette, dans le 3e arrondissement. Accouché dans la douleur, cet accord ne soulève pas l’enthousiasme ni des habitants du squat, ni des soutiens.

Autre lieu, autre contexte. La Métropole de Lyon a annoncé la signature d’un accord de médiation avec les occupants du squat « Lafayette », dans le 3e arrondissement de Lyon. Après une première convention signée avec un squat à Vaise en mai dernier, la collectivité autorise l’occupation d’un bâtiment métropolitain et va effectuer des travaux pour le confort de vie des habitants. En échange : les squatteurs s’engagent à quitter les lieux le 30 juin 2022. Ce faisant, la Métropole acte ainsi la naissance d’un second squat “officiel” à Lyon.

squat Lyon cours Lafayette
Une chambre du squat “Lafayette”. Ces dernières vont probablement être réaménagées avec la signature de cet accord. © PL/Rue89Lyon

« On n’avait pas vraiment le choix, relève Fabrice, un Ivoirien de 25 ans. La finalité de tout ça : c’est que tout le monde va finir par être expulsé. » 

Dans ce grand bâtiment du cours Lafayette, les avis sont partagés sur l’intérêt de cet accord avec la Métropole de Lyon. Occupés depuis septembre 2019 et la fin du squat de l’amphi Z, les lieux accueillent 48 personnes, des migrants en provenance en majorité d’Afrique Sub-saharienne. 

« Certains étaient d’accord, d’autres non, commente un jeune camerounais, de passage. Le bon côté, c’est qu’ils vont rénover certaines pièces. Ça va être mieux. » 

Les murs décrépis lui donnent raison. Les habitants des lieux manquent de douches et de sanitaires dans ces anciens bureaux du planning familiale, cours Lafayette. Via cet accord, la Métropole s’engage notamment à la réalisation de travaux de mise en sécurité du site, la fourniture de l’eau et de l’électricité et la mise en place d’un accompagnement social aux côtés de l’Association action pour l’insertion et le logement (Alpil). 

« Comme dans le 9e arrondissement (…) nous souhaitons faire de notre territoire une Métropole accueillante et hospitalière, déclare dans un communiqué Renaud Payre, vice-président de la Métropole en charge de l’habitat, du logement social et de la politique de la ville. En proposant cette solution transitoire digne, innovante, et couplant accompagnement social et de première nécessite, notre Métropole répond à l’urgence sociale tout en préparant la sortie dans les meilleures conditions de ces occupations. »

Des négociations tendues autour de ce second “squat officiel” de Lyon

Huit mois après les annonces faites à Rue89Lyon, le vice-président peut se targuer d’avoir mis en place une mesure encore rare en France. Les squats autorisés par les institutions locales, via des accords de médiations ou des conventionnements restent rares.

Cependant, à la différence de Vaise, les négociations avec les collectifs de soutien et les habitants ont été plus musclées pour le “Lafayette”. 

« On nous a mis des bâtons dans les roues”, commente un membre de l’association la Komune.

Outil du Collectif Intersquats Exilé.e.s Lyon et Environs, l’association la Komune s’était proposée pour jouer le rôle de personne “morale” afin de signer l’accord. Une vingtaine d’habitants du squat font partie de la section “Lafayette” de cette association. Selon eux, la porte des négociations s’est au dernier moment refermée devant eux. La Métropole a choisi de signer l’accord avec quatre représentants des habitants.

« Ils ont empêché l’association de venir avec nous lors des négociations », regrette Fabrice. 

Avant cette signature, la Métropole était dans une procédure judiciaire visant à faire expulser les occupants du squat Lafayette. La collectivité avait fait appel à la suite d’une victoire des squatteurs en première instance, le tribunal judiciaire leur ayant laissé deux ans de délai. La Métropole, comme elle le reconnaît dans son communiqué de presse, a finalement accepté la mise en place d’une médiation pour arriver à la signature du dit accord. C’est la Cour d’appel qui a nommé comme médiateur, André Gachet – ancien responsable de l’Alpil (action pour l’insertion par le logement) et membre du même mouvement politique que le vice-président Renaud Payre. C’est par son biais que se sont fait les négociations.

Pour Fabrice, la voie était sans issue :

« On nous a un peu dit : “Si vous ne signez pas, vous allez dehors” », regrette-t-il. 

Du côté de l’association, on poursuit :

« Nous n’avons pas réussi à avoir des garanties sur des relogements après la fin du squat », regrette un membre de l’association la Komune. 

Il remarque toutefois que cette signature avec des habitants sans-papiers est une première.

“Le côté positif, c’est que ça montre qu’ils sont capables de signer des conventions.” Une première qui pourrait créer un précédent, selon ce membre.

Les habitants ont donc un peu moins d’un an pour trouver des solutions. Après le 30 juin 2022, le bâtiment sera récupéré par la Métropole. Un chantier pour créer des locaux associatifs devrait être lancé dès l’été 2022. 

L'AUTEUR
Pierre Lemerle

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