« Le squat de l’avenue Blanqui à Villeurbanne peut être expulsé à tout instant, dans le silence et les paradoxes. Nous sommes, nous, aidants citoyens et militants du droit au logement, en position de lanceurs d’alertes. Si nous reconnaissons des avancées en matière d’hébergement cet hiver et depuis les dernières élections locales de juin 2020, nous alertons, ici, sur les dangers d’une mise à la rue et sur ces paradoxes.
« Des personnes fragiles qui vont être expulsées »
Ce sont essentiellement cinq familles qui habitent actuellement dans le squat, qui vont être expulsées pour permettre l’extension d’un Ehpad.
Ces travaux et cette extension, certes nécessaires, vont notamment mettre à la rue sans solution un couple de personnes âgées et fragiles.
Une femme seule avec ses cinq enfants, qui a obtenu la protection subsidiaire (elle a échappé à un féminicide) est sans proposition de logement sous prétexte qu’elle constitue une trop grande famille pour les logements disponibles. Mais elle peut être mise à la rue avec ses enfants après s’être retrouvés dans la chambre étroite d’un squat ! Étrange notion de la protection subsidiaire où la violence patriarcale remplacée par la violence institutionnelle.
Dans ce squat de Villeurbanne, il vit aussi un couple avec une enfant de quatre ans, lui aussi fragile après avoir subi une opération du cœur à deux ans.
Une jeune femme seule et ses trois enfants en bas âges seraient aussi renvoyés à la rue parce qu’il n’y a pas de solution pour eux et elle. Alors que des centaines d’habitations sont libres et vacantes depuis des années et qu’il faut les ouvrir !

« A Villeurbanne ou ailleurs, le squat n’est que le moyen politique de mettre au jour un scandale »
Nous avons, nous associations et collectifs citoyens solidaires, parfois l’impression de suppléer à l’inertie institutionnelle en ouvrant en dernier recours des squats. Alors que le squat n’est que le moyen politique de mettre au jour un scandale : la production du sans-abrisme et du mal logement qui rend la honte plus honteuse. Nous ne voulons pas institutionnaliser le squat, qui reste une solution précaire, comme hébergement d’urgence.
On ne peut pas admettre que la vie de ces personnes fragiles – personnes âgées, enfants, femmes seules – puisse être mise entre parenthèses dans le silence des expulsions sans solution.
On nous parle d’« appel d’air », alors qu’il ne s’agit que d’appel humaniste. Inhumanité ou humanité, chacun fait son choix et/ou son fond de commerce. »

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