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[Tribune] Après l’accord de Gérard Collomb avec LR : « Calice et le maire »
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[Tribune] Après l’accord de Gérard Collomb avec LR : « Calice et le maire »

actualisé le 31/05/2020 à 11h00

En amont du second tour des élections métropolitaines et municipales, Gérard Collomb, maire de Lyon et candidat à la Métropole de Lyon, a trouvé un accord avec la droite.

Cela a suscité un déferlement de réactions, notamment dans le camp du maire de Lyon, avec des défections et/ou cris d’orfraie sans précédent dans cette ville.

Si ce n’est pas Charles Millon se faisant élire à la Région avec les voix du Front National… Pierre Desmaret, metteur en scène et observateur de la vie politique locale, a soumis à Rue89Lyon un texte qu’il a intitulé « Calice et le maire » (par ici pour la référence), à l’occasion de ce petit drame lyonnais.

Pour rappel, Gérard Collomb s’est effacé devant le candidat LR François-Noël Buffet pour mener la course à la Métropole, en échange de quoi Etienne Blanc, le vice-président de Laurent Wauquiez à la Région et candidat LR à la mairie, s’est rangé derrière Yann Cucherat, candidat et poulain de Gérard Collomb. Partage des tâches inattendu qui place au second plan (pour le moment), le « baron local » autrefois socialiste. Les instances nationales de LREM ont même décidé de retirer l’investiture à Yann Cucherat.

« Cette alliance va masquer des réalisations sociales bien réelles »

A la fin du film de Nicolas Pariser, Fabrice Luchini, qui joue un maire de Lyon, perdait, certes, mais avec les honneurs, ayant été manifestement victime de manœuvres d’appareil (socialiste en l’occurrence), échouant à imposer sa « real politique humaniste » locale.

Le réalisateur qui n’est pas Costa Gavras n’avait pas imaginé un tel revirement et la réalité engendre l’affliction dans le microcosme lyonnais. On peut dire, honnêtement, que cette alliance entérine une politique locale largement colorée à droite, parce qu’adossée à l’encouragement frénétique de l’attractivité économique de Lyon.

Dans les derniers jours du confinement, les vidéos de la violence managériale du maire nous ont aussi permis de comprendre, rétrospectivement, le départ de ses anciens ami(e)s sans parler de l’oubli crasse des règles de la société du spectacle. Pourtant, c’est le plus étonnant, cette alliance, ces bêtises de débutant, vont masquer des réalisations sociales, notamment en politique de la ville, bien réelles.

Très curieusement, ce volet, comme la décision effective de reconduire en 2020 et en l’état, les subventions culturelles de l’année dernière, ou encore une gestion pas si catastrophique de la crise sanitaire, auraient dû, naturellement, porter Gérard Collomb vers un virage à gauche. Et pourtant c’est l’inverse qui s’est produit !

« Lyon s’est sans doute (re)découverte, de fenêtre à fenêtre »

Y-a-t-il vraiment de la ciguë dans le calice et est-ce un suicide politique ? Encore une fois, la première élection de « Gégé » avait été possible grâce à un large désaccord de la droite lyonnaise, majoritaire à Lyon, et Raymond Barre, dégouté, incapable de trouver un dauphin digne de ses attentes (tiens donc ?) avait joué à l’époque un billard à trente-six bandes, favorable in fine au moustachu du 9ème arrondissement.

D’une certaine façon -Gégé y-a-t-il pensé ?- les électeurs sont aujourd’hui au pied du mur et les choses sont claires. Ce n’est pas si mal. Une certaine affinité entre les personnalités des camps écolos et… des ex-Collomb, ex-En marche (quelle couleur politique au fait ?), remarquée dans quelques débats, (notamment la culture) semble augurer un rassemblement de circonstance, une alliance « contre ».

Pourtant, la percée des listes vertes laissaient entrevoir, au lendemain du premier tour, la possibilité, si ce n’est d’une île, au moins d’un vrai changement de gestion municipale et peut-être métropolitaine. Une alliance entre les « contre » va-t-elle polluer un vote « pour » un programme, « pour » un véritable changement, assorti d’un renouvellement salutaire des élus ?

Les enjeux sont tellement importants qu’il ne faudrait pas que les candidats « progressistes » cherchent à tirer un avantage promotionnel d’une alliance qui -peut-être– rencontrera une adhésion, dans les urnes, plus large que prévue… Lyon s’est sans doute (re)découverte, de fenêtre à fenêtre, de balcon à balcon, pendant le confinement. Il faut espérer que cela se retrouve, aussi, par une participation massive donnant aux uns ou autres une véritable majorité.

L'AUTEUR
Pierre Desmaret
Metteur en scène et fondateur de la compagnie Le Fanal

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