Après cet épisode de Covid-19, « nous allons faire de la psychiatrie de guerre »
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Après cet épisode de Covid-19, « nous allons faire de la psychiatrie de guerre »

actualisé le 21/04/2020 à 08h53

Marie est psychologue depuis dix ans et docteure en psychologie depuis un peu plus d'un an. Elle a étudié la prise en charge des personnes vulnérables présentant addiction et psychose. En cette période de confinement, elle livre son témoignage sur son travail et l'organisation de ses consultations qui se retrouvent bouleversées.

Elle évoque l'« après", celui que les personnes les plus vulnérables vont subir de plein fouet, ce qui l'inquiète elle et son mari exerçant le même métier.

Marie parle des lourdes conséquences psychologiques liées à la pandémie et au confinement, dont il faudra ensuite s'occuper.

De plusieurs façons, la situation actuelle, liée à la pandémie et au confinement semble atteindre notre mental. Les Hôpitaux de Lyon l'ont bien compris en déployant une cellule d’aide psychologique à destination de ses équipes sur le terrain, en première ligne pour gérer cette crise. Cependant, ils ne sont pas les seuls à être impactés psychologiquement. Marie nous parle ici de ses patients et de la façon dont leur prise en charge est une nouvelle fois reléguée au second plan.


Une réorganisation des services hospitaliers à cause de la pandémie
Je travaille à mi-temps à l’hôpital - dans un service de pédopsychiatrie, où nous accueillons seulement des adolescents (12 à 18 ans). Nous faisons aussi des suivis thérapeutiques ambulatoires et nous avons un hôpital de jour pour les adolescents.

Le reste du temps, je suis dans mon cabinet libéral.

Face à la pandémie, il y a d’abord eu une première semaine de flou artistique entre la direction, les chefs de pôle et l’ARS [Agence régionale de la Santé, ndlr].

Actuellement, le service a dû annuler les gens qui venaient en journée dans le dispositif hôpital de jour. Ces visites ont été remplacées par un appel hebdomadaire.

De même, les suivis thérapeutiques sont comme suspendus. Nous appelons de manière hebdomadaire les jeunes les plus fragiles. Pour les autres, l'appel, c’est seulement « en cas de besoin » en attendant de reprendre le dispositif et notre cadre habituel.

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L'AUTEUR
Marie
Psychologue depuis dix ans

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