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Queue dans la rue et sur Internet : comment les étrangers sont traités par la préfecture du Rhône
Société 

Queue dans la rue et sur Internet : comment les étrangers sont traités par la préfecture du Rhône

actualisé le 18/06/2019 à 23h29

De mois en mois, les conditions d'accueil des étrangers à la préfecture du Rhône à Lyon se dégradent. Usagers, associations et avocats alertent. Mais les queues s'allongent toujours sur le trottoir et les délais pour obtenir un rendez-vous explosent.

Ces deux derniers mois, nous nous sommes rendus plusieurs fois, à différents moments de la journée et de la semaine, devant le 97 rue Molière où siège la Direction de la citoyenneté, de l'immigration et de l'intégration, le service d'accueil des étrangers.

 

Mardi 16 avril 2019, il est 22h30. Une silhouette féminine sort d’une voiture qui stationne rue Molière.

On nous interpelle : « Vous aussi, vous venez pour les papiers ? ». Inès (le prénom a été modifié), une Algérienne de 24 ans, est étudiante en droit à Lyon. Elle va sans cesse répéter cette question à tous les nouveaux arrivants.

Minuit passé, ils sont maintenant six, dehors, assis sur des couettes, des tabourets ou bien à même le sol, devant les portes de la « Direction de la citoyenneté, de l'immigration et de l’intégration » de la préfecture du Rhône, 97 rue Molière, à Lyon 3e.

Plus prévoyant, Marat, un arménien de 36 ans, stationne dans sa Berlingo garée sur une place de parking.

Tous vont passer la nuit à l’extérieur pour être parmi les premiers à pouvoir accéder aux tickets qui leur permettra de renouveler les récépissés de trois mois, arrivés à expiration.
Un usager du service d'accueil des étrangers "Je ne comprends toujours pas leur organisation"
Inès, sourire aux lèvres, explique les raisons de son arrivée anticipée :

« Je suis déjà venue lundi matin, malheureusement il manquait une photo pour renouveler mon récépissé. C’est pour ça que je suis là ce soir. La dernière fois, j’ai vu plusieurs personnes se faire recaler, car il ne restait plus de tickets. Ils étaient venus vers 9h du matin, trop tard pour espérer pouvoir rentrer. Un monsieur derrière moi leur a conseillé de revenir le lendemain, vers minuit. J’ai suivi son conseil pour éviter de me retrouver comme eux. »

D’autres arrivées se font au cours de la nuit, ils seront 80 à patienter dès 6h30. Parmi eux, Kamel, un algérien de 36 ans :

« Les démarches sont longues et c’est répétitif. C’est ma quatrième fois devant la préfecture : là, il s’agit d’une demande de permis, mais d’habitude c’est pour les récépissés. Je viens là tous les trois mois, mais je ne comprends toujours pas leur organisation. »

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L'AUTEUR
Nicolas Mayart et Laurent Burlet

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