Les vaudais.e.s tiennent à s’exprimer sur cette image négative qui colle à leur ville sur fond d’insécurité. En effet, Vaulx-en-Velin n’en finit plus de faire parler d’elle dans la presse locale, ou nationale.
Cette commune de l’Est lyonnais a été frappée pendant plusieurs semaines par des vagues de violences qui ont encore terni l’image de la ville.
Si nous avons rencontré des vaudais.e.s pour parler plus globalement de leur territoire, ils ont aussi leur mot à dire quant à la réputation négative qui colle peu à peu à la ville où beaucoup ont grandi.
« Ces temps-ci on avait peur de sortir »
Habitants, commerçants et lycéens, nombreux sont les vaudais.e.s qui avaient à cœur de s’exprimer au sujet de l’image de Vaulx-en-Velin.
Pour les anciens comme pour les plus jeunes interrogés devant les grilles du lycée Robert Doisneau, il n’y a pas de doute : la ville a mauvaise réputation. « Pas forcément à tort ».
Martine, fleuriste à Vaulx-en-Velin, décrit une image « catastrophique » de la commune ayant un impact très négatif sur son travail :
« Depuis les évènements je fais zéro, on passe même très près du dépôt de bilan ».
Au marché du Mas du Taureau, les commerçants et les clients confient un réel sentiment d’insécurité :
« Ces temps-ci on avait peur de sortir, surtout quand on entend des tirs et la police sans arrêt », explique Martine, habitante du quartier depuis de nombreuses années.
Affirmant une image de « mauvaise élève » de Vaulx-en-Velin, certains lycéens expriment même une certaine anxiété pour l’avenir :
« Si c’est écrit Vaulx-en-Velin sur nos dossiers pour les écoles, ils nous voudront pas » craint Cyril, étudiant au lycée Robert Doisneau.

« Il y a des gens bien »
Si les étudiants du lycée Robert Doisneau interrogés soulèvent également la question de la violence, leur sentiment d’insécurité s’avère beaucoup plus relatif.
La plupart des jeunes tiennent tout de même à préciser qu’il n’y a pas d’amalgame à faire :
« Ce sera toujours comme ça, Vaulx-en-Velin… De la violence », note Jordy.
Avant de finir par cette phrase, comme pour convaincre le monde autour de lui :
« Mais il y a des gens bien. »
Tous se rejoignent d’ailleurs sur le fait qu’il s’agisse uniquement de « mauvaises périodes », en dehors desquelles la ville serait plutôt paisible. D’autres sont plus catégoriques comme Romain :
« Il s’est passé d’autres choses dans d’autres villes, c’est juste parce-que c’est Vaulx-en-Velin qu’on en fait tout un truc ».
Armer les policiers, « c’est amener encore plus les jeunes vers le conflit »
Jeudi 31 mai dernier après les épisodes de violences dans la ville, la maire de Vaulx-en-Velin, Hélène Geoffroy, a annoncé un plan de renforcement des mesures sécuritaires. Parmi ces mesures, la volonté de doubler les effectifs de la police municipale d’ici à 2020 et d’armer les policiers.
« Ça ne sert à rien, c’est amener encore plus les jeunes en conflit » confie Martine, fleuriste, sur le fait d’armer la police municipale.
Walid, lycéen, est lui aussi assez pessimiste quant à cette mesure :
« On voit des camions de police de partout, ceux qui font des conneries ça les chauffe encore plus ».
Pour les habitants de la commune qui soulèvent ce problème d’insécurité, les mesures prises par la municipalité, si elles ne sont pas forcément mauvaises, risquent donc de rendre les choses encore plus difficiles qu’elles ne le seraient déjà.

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