C’est un serpent de mer qui s’enroule sur lui-même depuis des dizaines d’années : la tentation de réparer une absurdité urbaine, celle de deux autoroutes éventrant Lyon, plombant l’air de l’agglo et lui conférant une réputation sinistre chez ceux qui ne font que la traverser par le biais de ces voies constamment embouteillées (pendant les vacances notamment).
Gérard Collomb, président PS de la Métropole, a déclaré de longue date qu’il se positionnait en faveur de ce déclassement, sans pour autant batailler spécialement auprès de l’autorité compétente, l’Etat. Jusque là, il conditionnait ce déclassement à la réalisation d’un grand contournement à l’Ouest ou à l’Est doublé du bouclage du périphérique appelé Anneau des sciences (et autrefois encore TOP).
Désormais, les projets de contournement et de bouclage du périph se faisant de moins en moins probables, au regard des coûts, il semblerait que les discussions s’engagent sur les A6 et A7 sur un terrain plus ouvert. Au sortir d’un rendez-vous avec Alain Vidalies, secrétaire d’Etat en charge des transports, Gérard Collomb a déclaré au Progrès qu’une réponse de l’Etat « devrait intervenir avant le 1er mai ».

C’est aussi au cours d’une visite dédiée à la presse faite dans le quartier Confluence, niché juste sous un pan de l’autoroute, que Gérard Collomb a lâché qu’il faisait actuellement avancer le dossier du déclassement. Quoi de plus normal pour un maire qui s’appuie dans sa communication sur les constructions neuves, innovantes selon lui, de ce quartier, pour modifier et moderniser l’image de Lyon.
Le mètre carré à Confluence peut atteindre les 6000 euros à l’achat, soit l’un des montants les plus élevés pour l’immobilier lyonnais. Mais difficile de convaincre de s’installer dans ce « nouveau centre de Lyon », avec la promesse d’une autoroute quasi suspendue au-dessus de la tête.
Gérard Dutal, propriétaire d’un appartement à Perrache dont les fenêtres donnent directement sur l’autoroute, est un fervent défenseur du déclassement, particulièrement actif sur les réseaux sociaux. Pour lui, le passage des camions est notamment insoutenable.
Entre autres raisons. Gérard Collomb a donc replacé le dossier dans l’actualité. Reste à savoir si l’on peut imaginer un boulevard quelque peu plus fréquentable, verdi sur ses abords, agrémenté de pistes cyclables et de trottoirs. De quoi, là aussi et au-delà des constructions immobilières et commerciales de la Confluence, parler d’un nouveau visage de la ville.
Le déclassement des A6/A7 repose la question de la façon dont Lyon se rendra à l’avenir joignable par voie routière : la mise en place d’un péage urbain a été évoqué à plusieurs reprises. Solution également soutenue par les écologistes lyonnais, ce péage pousserait les véhicules à emprunter un contournement gratuit plutôt qu’à payer un droit de passage dans la ville -dont les Lyonnais seraient exemptés.

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