Politique 

Périph' Ouest : Collomb au TOP pour balayer le scénario « tout transport en commun »

Ce jeudi soir, se clôturait le débat public sur le « Tronçon Ouest du Périphérique » (TOP) autrement appelé « Anneau des Sciences ». Le maire de Lyon, promoteur du projet de bouclage du périphérique a balayé les arguments des partisans d’une alternative « tout transport en commun » qui s’appuient désormais sur une expertise indépendante.

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L’autoroute A6 à la sortie de Perrache, à Lyon. Crédit : Thomas Francillard

Depuis que le président PS du Grand Lyon a réactivé le projet de bouclage du périphérique lyonnais, dit « Tronçon Ouest du Périphérique » (TOP), sa position n’a pas bougé d’un iota. Pour la clôture du débat public, ce jeudi soir, à la Sucrière, il en était de même.

Et pourtant. Cette discussion organisée sous l’égide de la Commission national du débat public, a duré quatre mois et s’est terminé en fanfare avec la publication en début de semaine d’une expertise indépendante qui rend crédible les arguments des opposants à ce projet.

En tirant les enseignements des différentes contributions et points de vue, Gérard Collomb a rapidement balayé les principales limites que le cabinet TTK avait soulevées.

 

1/ Un étalement urbain engendré par le TOP ?

L’étude indépendante TTK demande surtout une série d’expertises sur les différents scénarios « transport en commun » et sur les conséquences des différents scénarios de transit routier (notamment en fonction du contournement de Lyon choisi par l’Etat).
Elle pointe toutefois quelques effets pervers possibles liées à la création de l’Anneau des sciences : il pourrait engendrer de l’étalement urbain. En clair, plus il y a d’autoroute, plus les habitants auraient tendance à habiter loin des centres urbains :

« Des projets routiers offrant une accessibilité routière améliorée vers des territoires peuvent étaler la pression foncière sur des espaces très vastes ».

C’est le premier argument qu’a balayé Gérard Collomb. Pour le président du Grand Lyon, la volonté politique (qui se matérialise dans des documents comme le Plan local d’urbanisme (PLU) ou le SCOT) permettront de densifier les centres urbains :

« Ce projet se situe dans une vision d’ensemble de l’agglomération. D’abord, nous avons fait le choix de lutter contre l’étalement urbain. Si nous développons beaucoup de projets urbains à l’intérieur du Grand Lyon, c’est pour que la ville ne s’étende pas à l’infini. Ensuite, nous avons fait le choix d’une ville multi-polaire. Nous ne voulons plus de cette façon de construire la ville, où il y a le centre et la banlieue ».

Les expertes de TTK considèrent toutefois que ces outils (SCOT et PLU) sont « nécessaires et pas suffisants pour structurer un territoire autour de pôle densifié ». Pour éviter l’étalement urbain, ils mettent en avant le rôle de « polarisation » des lignes fortes de transport en commun.

 

2/ La densité urbaine de l’Ouest lyonnais est-elle suffisante pour des tramways ou des TER ?

L’Ouest lyonnais aurait des densités démographiques supérieures à celles de l’Est. C’est l’un des points les plus surprenants de l’étude TTK. Chiffre à l’appui, ces experts montrent que La Mulatière, Sainte-Foy-les-Lyon ou Saint-Genis-Laval ont des densités supérieures à Décines, Meyzieu et Saint-Priest qui sont, elles, desservis par un tramway. Conclusion : il est possible de faire passer un tramway ou une ligne de TER par des communes.

Sur ce point, Gérard Collomb campe sur sa position en réaffirmant que « la solution « tout transport en commun » correspond à une massification des déplacements ». Sous-entendu, l’Ouest lyonnais n’étant, selon lui, pas suffisamment dense, on ne peut pas développer les tramways ou les trains.

 

3/ Le tram-train est-il possible en presqu’île ?

Outre les questionnements autour de la densité de population, un autre gros problème bloque le développement du tramway, du train ou de sa version mixte (lancé il y a peu dans l’Ouest lyonnais) le tram-train. Il s’agit de la liaison gare Saint-Paul (ou arrive les trains de l’Ouest et la Part-Dieu, nécessaire pour développer les transports en commun et mailler tout le réseau.

Certains ont évoqué une liaison souterraine. Mais elle paraît techniquement extrêmement difficile et financièrement trop coûteuse. TTK lance une nouvelle idée : une liaison en surface via la rue Grenette (2e arrondissement).
Ce qui a fortement fait réagir Gérard Collomb :

« Quand on me dit qu’on peut faire passer le tram rue Grenette, j’ai un gros doute. C’est le seul passage entre l’ouest et l’est de la ville ».

Le président du Grand Lyon semble toutefois oublier le tunnel sous la Croix-Rousse et l’hypothèse générale dans laquelle se situe le cabinet TTK, à savoir une piétonisation accrue de la Presqu’île.

 

4/ Peut-on re-qualifier dès maintenant l’autoroute l’A6/A7 ?

Les promoteurs du « périph’ ouest » et leurs adversaires du « tout transport en commun » se retrouvent sur un seul point, l’objectif final : requalifier le bout d’autoroute urbaine qui pénètre dans Lyon en un boulevard urbain.

Les experts de TTK lance une idée : supprimer l’autoroute A7 (entre Pierre-Bénite et Perrache) dès maintenant. Cette hypothèse a fortement fait réagir une partie de l’assistance qui ne croit pas qu’en « mettant un feu à Pierre-Bénite, on réglera tous les problèmes ».

L’étude de TTK laisse un peu songeur. Le seul argument majeur avancé est que l’hypothèse du maître d’ouvrage (le Grand Lyon) est « maximaliste » est qu’il vaut donc mieux partir sur un scénario d’une baisse de 25% du trafic plutôt que de 50%.

De la même manière, Gérard Collomb a exprimé ses « doutes ». Et c’est un euphémisme :

« J’ai un grand respect pour l’expertise indépendante. Mais enfin ! Quand on me dit qu’on peut requalifier de manière immédiate, sans que rien ne bouge, j’ai un doute ».

 

5/ Les pistes de solution : voitures électriques ou fort développement des transports en commun ?

L’étude TTK reprend une série de propositions des opposants au Périph’ ouest qu’elle juge crédibles. A titre d’exemple, on peut citer :

  • Des lignes de tramway Perrache / Basses-Barolles (Brignais) ou en rocade Pierre-Bénite / Gorge de Loup
  • Un RER Perrache / Bellecour / Part-Dieu

Le président du Grand Lyon n’est pas revenu sur ces scénarios. Il n’a posé qu’une question dont il avait la réponse :

« Qui peut croire que par l’installation de transports en commun, tous les problèmes seront résolus ? »

Ce jeudi soir, Gérard Collomb, dans la lignée de la promotion de la ville intelligente, a avancé un autre argument. Pour lui, les Lyonnais de demain utiliseront des véhicules électriques. Et il cite les futurs innovations qui vont fleurir :

  • Des véhicules qui se rechargeront grâce à l’électricité fournie par des bâtiments à énergie positive.
  • Bolloré qui va mettre en libre-service une flotte de voitures, fin 2013.

6/ Une question de curseur ou un choix de vie ?

Concernant ce débat sur l’Anneau des sciences, nombreux commentateurs évoque une question de curseur.

Même si les partisans du TOP ont insisté sur la nécessité d’articuler une politique de transports en commun ambitieuse avec un ring, ils mettent en avant comme solution principale aux problèmes de déplacement domicile/travail, le véhicule individuel qui peut aussi être électrique.

Quant aux opposants, ils préconisent une solution « tout transport en commun ». Ce qui signifie, concrètement, densifier davantage les agglomérations et, donc, faire le deuil du rêve de la villa individuelle et de son lopin de terre dans les zones périurbaines. Bref, c’est un choix de vie.

L’exécutif de la communauté urbaine de Lyon devrait définitivement arrêté sa décision à la fin de l’été. Elle ne fait guère de doute.

 

 

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L'AUTEUR
Laurent Burlet
Laurent Burlet
Journaliste à Rue89Lyon - politique - questions sociales - écologie.
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