Selon plusieurs témoignages concordants recueillis par Rue89Lyon, trois militants antifascistes se sont fait agresser par un groupe d’une dizaine de personnes, alors qu’ils se trouvaient sur le boulevard de la Croix-Rousse devant la terrasse du « Café des sept marches ».
Vers 22h30, mercredi, trois « antifa » collaient des affiches appelant à une manifestation ce samedi en hommage à Clément Méric, mort sous les coups d’un militant d’extrême droite.
Ils étaient sur le plateau de la Croix-Rousse, autrement dit, « chez eux ». Tout s’est passé extrêmement rapidement. « En une ou deux minutes », nous disent les trois militants qui se décrivent comme « autonomes », c’est à dire n’appartenant à aucune organisation. Ils ont accepté de témoigner anonymement.
Un des trois militants explique qu’après avoir reçu des coups, ils se sont retrouvés au sol où ils en ont encore reçu d’autres. Un des agresseurs aurait dit : « Clément Méric a mérité de crever ».
Le surlendemain de leur agression, les trois militants antifascistes sont formels :
« Ils avaient le look casual (Adidas Samba et vêtements de marque Fred Perry et Lonsdale) et leur mode opératoire fait beaucoup penser aux hooligans d’extrême droite du virage sud du stade de Gerland ».
Bilan de l’agression : aucune blessure grave mais un nez et une côte cassés pour le plus âgé des « antifa », qui doit retourner faire des radios pour déterminer le nombre d’ITT. Pour le plus jeune (17 ans), de multiples hématomes et cinq jours d’ITT.
Une plainte va être déposée. Le patron du bar situé à proximité confirme l’agression.
Deux manifs antifascistes en moins d’une semaine
Particulièrement concernée par les violences de l’extrême droite radicale, Lyon avait vu se rassembler un millier de personnes le soir même de la mort de Clément Méric, le 5 juin dernier.
Le dimanche 16 juin à 17 heures, devant le Veilleur de pierre de la place Bellecour, le Collectif 69 de vigilance contre l’extrême droite a rassemblé une centaine de personnes « pour rendre hommage » au militant antifasciste.
Une manifestation est également programmée pour ce samedi prochain, le 22 juin, au départ de la place Bellecour, à 14 heures.
Outre un hommage à Clément Méric, ces nouvelles manifs seront une nouvelle fois l’occasion pour le Collectif de vigilance d’exiger la fermeture des locaux des groupuscules d’extrême droite radicale, dont le local des identitaires dans le Vieux-Lyon.
Dans un communiqué, le collectif demande également une plus grande sévérité des autorités locales (politiques, justice, préfecture) à l’encontre de ces groupuscules :
« Des dossiers ont été montés, des récapitulatifs d’agressions ont été transmis mais aucune décision concrète (mise à part la fermeture du local néo-nazi de Gerland il y a deux ans) n’a été prise ».
Le soir de la mort de Clément Méric, le maire (PS) de Lyon, Gérard Collomb, avait reçu le Collectif de vigilance. Ses membres attendent désormais des actes.
Aller plus loin
Tous les articles sur l’extrême droite à Lyon sur Rue89Lyon
> Article mis à jour le 21 juin à 17h après l’agression de trois militants antifascistes le 19 juin

et les médias aux mains de milliardaires qui font monter l’extrême droite, il n’a jamais été aussi difficile de bien s’informer. Dans la cohue ambiante, une autre source d’information est nécessaire.
À Rue89Lyon, nous refusons la communication politique. Nous refusons les communiqués des partis repris sans contradiction. Nous refusons d’alimenter les débats stériles. À travers nos articles d’analyse, nos débunks… Nous soutenons qu’une autre voix est possible dans le paysage médiatique lyonnais.
Mais notre modèle économique est fragile, car nos lecteurs et lectrices sont les seuls garants de notre indépendance !
Vous pouvez faire vivre un autre journalisme à Lyon : aidez-nous à réunir 15 000 euros avant le 4 mars pour continuer à vous informer en 2027. Pour cela, deux choses sont possibles : l’abonnement ou le don.
À quoi servira votre soutien ?
> 15 000 euros : nous continuerons à vous informer en 2027.
> 20 000 euros : nous pérenniserons notre newsletter politique Mairie à tout prix.
>30 000 euros : nous embauchons un quatrième journaliste avec un même objectif : informer, enquêter, révéler, et défricher des terrains où les autres médias ne vont pas.
Tous les moyens sont bons ! N’hésitez pas à partager notre campagne ou à donner à Rue89Lyon.



Chargement des commentaires…