Société 

Après la mort de Clément Méric : un rassemblement et une manif antifasciste à Lyon

actualisé le 03/01/2014 à 03h42

Ils étaient plus d’un millier de personnes (1 100 selon la police) à se réunir à Lyon, devant l’opéra, après la mort de Clément Méric, à l’appel du collectif 69 de vigilance contre l’extrême droite.

 

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Rassemblement à Lyon ce jeudi soir, entre l’opéra et l’Hôtel de Lyon. Photo : Laurent Burlet/Rue89Lyon

 

Frappé mercredi soir à Paris, le jeune homme, étudiant en première année à Sciences-Po Paris, syndicaliste et militant antifasciste, est décédé ce jeudi en fin d’après-midi. Selon les termes de Manuel Valls, l’agression porte « la marque de l’extrême droite ».

Sept personnes, jeudi soir, étaient en garde à vue. Le Point.fr cite « une source policière » selon laquelle ces jeunes « graviteraient, pour certains », autour du « noyau dur » des Jeunesses nationalistes révolutionnaires. Ce jeudi matin, le leader du groupe, Serge Ayoub, a démenti.

Dans un communiqué de presse, le collectif 69 de vigilance, qui regroupe une trentaine d’organisations de gauche*, « condamne ce meurtre » imputable à « l’extrême droite radicale » :

« La stratégie de la peur qu’utilisent ces groupes fascistes doit être combattue fermement, pour qu’ils ne puissent plus cogner et assassiner dans nos rues ».

Le collectif rappelle que « si à Lyon, pour l’instant, aucune mort n’est à déplorer, les agressions des groupuscules fascistes ont entraîné plusieurs blessés grave ».

A l’appui de cette affirmation, des chiffres : « 500 jours d’ITT, 39 agressions et 2 tentatives de meurtre » comptabilisés à Lyon depuis près de trois ans.

 

Gérard Collomb demande la dissolution des groupuscules d’extrême droite

Juste avant le rassemblement, ce jeudi soir, le maire (PS) de Lyon a reçu une délégation du collectif 69 contre l’extrême droite. Il leur a réaffirmé, ce qu’il avait déjà déclaré le matin même au Talk Orange-Le Figaro (repris sur son blog):

« Depuis plusieurs mois, j’ai vu se multiplier, dans l’agglomération lyonnaise, les actions et les agressions commises par des groupes et des mouvements développant une idéologie xénophobe, antisémite, qui appellent à la haine de l’autre(…) Il faut dissoudre ces groupes qui se situent en dehors de l’ordre républicain. »


Après avoir attendu plusieurs mois ce type de déclaration publique du maire de Lyon, les animateurs du collectif contre l’extrême droite espèrent que ces annonces seront suivies des faits sur le plan national, comme à Lyon. Thomas Rigaud, le président de SOS Racisme Rhône voudrait une position forte de la préfecture comme du maire sur trois points :

  • La dissolution des groupuscules de l’extrême droite radicale.
  • L’interdiction de leurs manifestations.
  • La fermeture des locaux de ces groupuscules, notamment celui des identitaires dans le Vieux-Lyon.

« Avant les manifs anti-mariage gay, les autorités avaient interdit plusieurs rassemblements. Mais depuis plusieurs mois, ils manifestent librement dans les rues, sans avoir aucune autorisation. Ce qui s’est passé à Paris aurait pu se passer à Lyon. Après ce moment de deuil, il faudra des actes ».

 

Manif sauvage antifasciste

Après une heure de rassemblement, environ 300 personnes ont défilé derrière une banderole « Clément Méric, ni pardon, ni oubli », en criant des slogans antifascistes (« pas de quartier pour les fascistes, pas de fascistes dans nos quartiers »).

Le groupe est allé jusqu’à la place Bellecour puis a tenté de traverser la Saône pour atteindre le local des identitaires, la Traboule. La police a bloqué tous les ponts permettant de gagner le Vieux-Lyon. Il n’y a pas eu d’incidents sur le trajet de la manif.

Certains militants antifascistes étaient masqués. Un de ceux-là s’en explique :

« On ne veut pas être reconnu sur les photos et ensuite être pris pour cible par l’extrême droite, comme ce qui est arrivé à Clément Méric ».

 

Le maire de Lyon pris à partie par des manifestants antifascistes

Selon Lyonmag.com, le maire de Lyon, Gérard Collomb, a été pris à partie par des manifestants antifascistes lorsqu’il sortait de l’Hôtel de ville.

La scène se serait produite vers 20h45. Gérard Collomb sortait à pied de la mairie, le téléphone à l’oreille.

Sur la place, il restait une centaine de personnes venues au rassemblement en hommage à Clément Méric.

Certains manifestants ont interpellé le maire puis lui auraient couru après sur plusieurs mètres.

 Gérard Collomb a finalement été « exfiltré » dans une voiture des policiers de la BAC, encore présents sur place.

*Attac, CCRASS, CGA, CGT Educ’Action, CGT Vinatier, CNT, COVRA, EELV, Fédération Rhone-Alpes des MJC, PCF, PG, GU, GA, Alternatifs, FASE, CA, FSU, HES, JEL, LDH, Planning Familial, MRAP, NPA, PS, Ras l’Front, RESF, Résistance Citoyenne, SOS Racisme, Sud Education, Union Syndicale Solidaires, UJFP, Les Voraces

> Article mis à jour à 21h40 après le rassemblement à Lyon

> Mis à jour le 7 juin à 12h, suite à l’information de lyonmag.com

 

 

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