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« Anti-présidentielles » : un petit rassemblement, une manif sauvage et 12 interpellations

actualisé le 05/02/2017 à 17h11 : avec les chiffres des interpellations de la journée de samedi 4 février

« Blocage et sabotage » étaient annoncés en amont de ce rassemblement contre les élections présidentielles, à l’occasion d’un week-end très chargé en meetings.

C’est d’abord un rassemblement déclaré en préfecture. Plus de 200 personnes se sont rendues place Raspail, à la Guillotière.
A 11 heures, sous haute surveillance policière, les manifestants rejoignaient la placette, certains subissant déjà une fouille à la sortie du métro.
Depuis que le rassemblement est déposé, la police est sur les dents.

 

« Sabordons les élections » et « Piratons 2017 »

Les autorités ont en mémoire les casses de la précédente manif anti-FN, il y a deux ans.
Cette fois-ci, deux appels étaient lancés.
Le premier appel, relayé par Rebellyon, se place dans la lignée des actions du mouvement contre la loi Travail. Le texte évoque « blocage », « sabordage » et autres perturbations. Il émane de Unité communiste, le Groupe antifasciste de Lyon et Environ (GALE) et des autonomes. L’idée étant de mettre en avant un message antifasciste, anticapitaliste et de « lutte contre les violences policières ».

Dès ce samedi matin, des banderoles ont ainsi été affichées sur l’autoroute ou à proximité de la Cité Internationale, où se tiennent les assises du FN.

Le deuxième appel provenait de « Piratons 2017 », un mouvement « apartisan » (selon leurs termes) issu de Nuit Debout. C’est ce week-end que la dizaine de militants (selon leurs chiffres) lancent leur mouvement, en s’associant également à une MJC.
Ils prônent des actions non-violentes de désobéissance civile à la manière de l’ANV COP21.
Leur volonté est de « reprendre la parole en tant que citoyen » et de « chasser la langue de bois ».


Rassemblement puis manif sauvage dans les rue de la Guillotière

Tout ce monde là, aux propos et méthodes parfois divergents, s’est retrouvé pendant une heure place Raspail. Dans le calme et sans prise de parole.
Les antifascistes étant bien plus nombreux que les « Piratons 2017 ».
Mais contrairement à la précédente manif anti-FN, le gros des troupes était lyonnais.
Vers 12h30, quelques individus se sont rangés derrière une banderole et ont lancé un mouvement de manif spontanée (non-déclarée). Autrement dit une manif sauvage.

Environ 150 personnes, certaines le visage masqué, ont sillonné au pas de course les rues de la Guillotière. Les militants de « Piratons 2017 » ont rejoint de leur côté la MJC des Rancy où une assemblée générale devait avoir lieu.

Quelques slogans étaient repris, ceux entendus dans le cortège de tête lors de la loi travail : « ah anticapitaliste » ou « tout le monde déteste la police ».
Et la police est partie à leurs trousses.
Au moins une vitrine et un distributeur de billets ont été cassés. Un morceau de bois a été lancé en direction d’une voiture de police.
Comme d’habitude, personne ne disait connaître l’objectif de cette manif. Certains parlaient de rejoindre l’AG de cette manière-là.

 La manif sauvage a sillonné rapidement les rues de la Guillotière à Lyon. ©LB/Rue89Lyon

La manif sauvage a sillonné rapidement les rues de la Guillotière à Lyon. ©LB/Rue89Lyon

Fouilles et contrôles d’identité systématiques

Le cortège s’est rapidement disloqué. Et la police a pu intervenir sans difficulté, au bout de la rue Sébastien Gryphe, à peine 20 minutes après le départ.

Ironie du sort, les manifestants ont été bloqués devant la librairie libertaire, la Gryffe, fermée.
Un tir de grenade lacrymogène et les hommes de la BAC et de la compagnie départementale d’intervention (CDI) ont pris en tenaille une quarantaine de personnes.
Pendant plus d’une heure, ils ont procédé à des contrôles d’identité et des fouilles systématiques. La vingtaine de soutiens qui s’étaient regroupés cours Gambetta ont également subi le même sort.

Résultat : douze interpellations de militants d’extrême gauche, selon la police. Pour des défauts de papier d’identité et des ports d’arme (en l’occurrence des couteaux).

La « nasse », comme certains appellent ce dispositif, a été réalisé à grands renforts de forces de l’ordre. On comptait au moins 20 camions de CRS et gendarmes mobiles. Le cours Gambetta est resté fermé à la circulation entre Saxe-Gambetta et la place Gabriel Péri jusqu’à 14 heures et la fin des contrôles d’identité.

Fouilles et contrôles d'identité des participants à la manif sauvage. ©LB/Rue89Lyon

Fouilles et contrôles d’identité systématiques des participants à la manif sauvage. ©LB/Rue89Lyon

Sur l’ensemble de la journée de samedi, la préfecture annonce que la police a interpellé 32 personnes. 12 le matin, donc, et une vingtaine de « personnes d’extrême droite » qui tentaient de perturber le meeting d’Emmanuel Macron à Gerland.

> Mis à jour le 5/02 à 10h avec les chiffres (préfecture) des interpellations du samedi

 

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L'AUTEUR
Laurent Burlet
Laurent Burlet
Journaliste à Rue89Lyon - politique - questions sociales - écologie.
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