[MàJ] Son départ avait été annoncé à de très nombreuses reprises dans la presse locale, et la question lui était désormais posée par les journalistes sous forme de running joke.
Cette fois, c’est officiel, Jean-François Carenco, qui a tenu depuis 2010 la fonction de préfet du Rhône et de la région Rhône-Alpes, met les voiles en direction de Paris, comme il le réclamait en haut lieu depuis quelques temps. La demande a enfin abouti, il a été promu préfet de Paris et d’Île-de-France, lors du conseil des ministres de ce mercredi.
Il est parti lundi 30 mars. Son successeur, Michel Delpuech est arrivé ce mardi 31 mars. La première annonce du nouveau préfet à la presse qu’il a conviée le 2 avril a été le lancement d’un compte Twitter @prefetrhone. Ce n’est pas Michel Delpuech qui tiendra la plume mais le service communication de la préfecture. Le compte permettra d’informer de l’activité du préfet et des visites ministérielles. Aucun dialogue avec les twittos n’est prévu.
Prise de fonction Michel DELPUECH 1er avril Parc Tête d’Or et Veilleur de Pierre aux côtés d’élèves du lycée Ampère pic.twitter.com/0H2hoFy9dh
— Préfet Rhône (@prefetrhone) April 2, 2015
L’action de Jean-François Carenco à Lyon aura été marquée par une « très bonne collaboration » avec Gérard Collomb, selon le propos que le sénateur-maire PS lui-même avait tenu en 2012, date à laquelle la rumeur d’un départ est née.

A ce moment, le gouvernement passe de droite à gauche et une vague de mouvements s’opère alors dans les officines de l’action d’Etat, ministérielles ou territoriales.
Mais le maire socialiste de Lyon ne voit pas pourquoi on lui enlèverait son préfet. Les échanges sont bons, la relation fluide, les questions de sécurité peu abondantes ou peu médiatiques ; tout roule au niveau local selon le maire de la ville. Jean-François Carenco aura ainsi vu naître sur son territoire la création d’une collectivité d’un nouveau genre, la Métropole de Lyon.
Son passage à Lyon aura été marqué par différentes expérimentations réalisées uniquement sur le département, tel qu’Andatu, un programme d’ « intégration » de personnes Roms, stoppé récemment. Sur la question des sans-papiers, Jean-François Carenco a toujours mené ses actions discrètement, les régularisations pourtant bel et bien menées n’étant pas très populaires et pouvant alimenter, selon lui, le « discours de l’extrême-droite ».
Pas chauds pour Twitter
Il a souvent eu dans le viseur les groupes actifs identitaires et/ou nationalistes, faisant interdire plusieurs de leurs manifestations. Il a mené en 2014 un recours contre leur participation (celle d’ultra-nationalistes exclus du FN, Alexandre Gabriac et Yvan Benedetti) aux élections municipales à Vénissieux -aboutissant à leur annulation totale.
C’est notamment ce qu’a relevé ce mercredi Jean-Jack Queyranne, président PS de Rhône-Alpes, qui voit dans les convictions de Jean-François Carenco une ligne de conduite pour « combattre tous les extrémismes qui menacent l’intégrité de notre pays ».
Sur les questions industrielles, le préfet désormais sur le départ s’était notamment saisi du dossier épineux de Kem One.
Jean-François Carenco a aussi marqué les esprits avec un ton très « café du commerce ». Qu’il ne voulait surtout pas voir reproduit dans les articles de presse. Et devant l’éventualité d’ouvrir un compte Twitter, le préfet du Rhône était resté sceptique, « méfiant vis-à-vis de ces nouveaux moyens de communiquer ».
Son remplaçant n’en a pas davantage. Il s’agit de Michel Delpuech qui arrive de Bordeaux. L’actuel préfet d’Aquitaine et de Gironde est âgé de 62 ans et a notamment travaillé au cabinet de Michèle Alliot-Marie lorsqu’elle était ministre de l’Intérieur. Il a officié auparavant en Corse, dans les Hauts-de-Seine et en Picardie.

Selon le site Objectif Aquitaine, Michel Delpuech est « considéré comme bon négociateur […] qui a eu à gérer d’épineux sujets tels que celui de Ford Aquitaine Industries. Ou encore Uber, le service de transport payant de particuliers par des chauffeurs non professionnels, implanté récemment en Gironde et contre qui il a pris un arrêté de police générale pour en assurer l’interdiction. »
Il verra pour sa part un autre pan de la réforme territoriale s’appliquer, soit la fusion des régions Rhône-Alpes et Auvergne.
> Mis à jour le 31 mars à 11h avec la date de l’arrivée de Michel Delpuech à Lyon
> Mis à jour le 2 avril après la première rencontre de Michel Delpuech avec la presse.

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